samedi 03 mars 2007 à 19:37
Voilà tout à fait le genre de débat dont je déteste me méler, mais au vu des trucs hallucinants que je viens de lire, pour une fois, je vais ouvrir ma gueule en grand .
Je suis végétarienne depuis bientôt vingt ans, et végétalienne depuis peu.
A l'époque, il n'était pas question de mode .
Pour recadrer les choses, je préciserais que j'ai été élevée dans une ferme, et mon grand plaisir, était d'attendre que mon père ai fini de dépecer le lapin qui venait de se prendre un coup sur la nuque pendu par une patte, afin de récuperer le dit membre et de me le trimballer partout comme un doudou. Et je passerais sur mes rires d'enfant a voir les poules courir sans tête... C'était la normalité , pour moi et mes frères.
J'ai poussé à la viande de cheval crue, et même aujourd'hui, je dirais que son goût est fabuleux.
Et puis en grandissant, ce goût de la chair animale dans ma bouche m'est devenu insupportable, puis ce fût l'odeur, puis, à l'âge ou vient la conscience, ce fût le reste ...
Hors de question pour moi aujourd'hui de mettre un cadavre dans ma bouche. Je conseille ( et déconseille aussi) aux meilleurs carnassiers, d'aller entendre un veau crier à l'abattoir dans l'attente de son exécution. Parce qu'un veau, ça crie comme un enfant qui pleure. Allez voir le regard des boeufs , des vaches...Ils le sentent, ils le savent... Visitez les élevages porcins, leurs pattes ne connaissent que le béton. Aucun commentaires sur les poules qui ne voient jamais la lumière du jour , abruties sous des lampes plus que dans la nature.
Je vois venir les détracteurs de tous poils, et je dis : OK, si chacun devait fournir sa viande de part la chasse ou son élevage perso. ça, d'accord. Mais ce qu'on fait subir à ces animaux, c'est vraiment bas.
Pour couper l'herbe sous le pied aux ronchons de tous poils, je tiens à préciser que je vis avec un carnivore, et que je lui cuisine de la viande à sa guise, parce que mes choix n'engagent que moi. Pareil pour les enfants, je ne leur ai jamais rien imposé, mais juste expliqué le pourquoi de mon alimentation, en leur laissant le choix de leurs convictions.
A part mes amis très proches, les gens ne savent pas que je suis végétalienne, tout simplement parce que mon respect de l'autre ne m'autorise pas à les emmerder lors des repas conviviaux. Je chipote, je fais style j'ai pas faim, mais je n'imposerais jamais mes préférences.
Pour finir, j'enfonce le clou, en disant que non seulement je digère mal l'agonie, mais qu'en plus, je n'ai pas pour habitude de manger mes amis.
J'oubliais une chose, plus directe...dire que la personne avec qui l'on est doit de plier à un régime carnassier, c'est aussi de la dictature, pour ne citer personne.