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vendredi 21 juillet 2006 à 19:55
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LA GAUCHE DOIT RECONQUERIR LE LIBERALISME, IL LUI APPARTIENT

Zeev Sternhell, historien, spécialiste de la droite française, explique comment les valeurs libérales ont été, à tort, associées au capitalisme. Il rappelle que ces valeurs de liberté ont été introduites par la révolution de 1789, et qu'historiquement le socialisme en est l'héritier

La gauche francaise parle sans cesse de construire "un front antilibéral "Vous historien des lumières , historien des idées de liberté cela vous choque- t-il ?

C'est vrai que le mot "libéralisme" vise le capitalisme sauvage qui lui doit être combattu ou plutot maitrisé , mais dans le libéralisme il y a aussi des valeurs libérales qui sont des valeurs de liberté Il faut rappeller que le contenu intellectuel du libéralisme n'est pas du tout associé aux valeurs du capitalisme. La révolution de 1789 était aussi une révolution libérale, les deux révolutions qui ont précédé les révolutions américaines et anglaises étaient des révolutions libérales Le libéralisme est un terme noble . Historiquement le socialisme est l'héritier du libéralismel , il ne doit pas en être le fossoyeur . Ainsi le socialisme démocratique plus a gauche que la social démocratie qui n'a plus beaucoup de sens , celui du tournant du XXe siècle, allie précisément les valeurs égalitaires du socialisme avec l'idée de liberté du libéralisme. Si nous nous réclamons encore aujourd'hui du socialisme, c'est parce que nous ne pensons pas que l'égalité entraîne une diminution de la liberté ou que la liberté est contraire à l'égalité. Le vrai sens de la gauche aujourd'hui, c'est que liberté et égalité sont compatibles. Comme il y a cinquante ans, comme il y a cent ans, les principes n'ont pas changé. Se dire antilibéral, ce n'est pas seulement se proclamer anticapitaliste mais se dire en même temps opposé aux valeurs libérales. C'est un très mauvais service qu'on rend à la gauche, à la liberté, à la démocratie, en associant les valeurs intellectuelles et morales du libéralisme avec l'exploitation capitaliste de la pire espèce. Un très mauvais slogan qu'on vend à la gauche française aujourd'hui, qui n'est pas utile politiquement et intellectuellement faux.

Le « libéralisme » est pourtant devenu maintenant le synonyme de capitalisme sauvage et injuste...

On oublie que des régimes de tyrannie et de dictature se réclament aussi du capitalisme tout en étant contre les valeurs de liberté. Comme le fascisme entre les deux guerres. Les révolutions libérales la Révolution française étant la plus importante ont ouvert l'ère de la modernité. Ce qui, au temps des Lumières, au XVIIIe siècle, constituait une démarche intellectuelle s'est traduit en termes politiques et ce n'est pas un hasard si la liberté a été fondée et préservée dans ces pays. La différence commence à s'estomper entre les pays qui ont fait une révolution libérale et les autres comme l'Allemagne, par exemple, qui n'a jamais connu de démocratie jusqu'à ce qu'elle lui soit apportée, accrochée aux chars américains. Quand la gauche française craint d'assumer le terme « libéralisme », c'est une perversion idéologique : elle abandonne le terme libéral à la droite. Il faut oser dire que la droite, elle, n'est pas libérale, elle est conservatrice. Mais la droite a eu ce coup de génie d'annexer le « libéralisme » et les « valeurs libérales » et de déclarer que c'est la gauche qui renonce aux libertés. Il faut que la gauche se batte contre cet épouvantail qu'on agite en Europe et aux Etats-Unis qui prétend que si vous voulez plus d'égalité vous perdez plus de liberté, qu'une société plus juste c'est automatiquement une société plus autoritaire. En paraphrasant Guy Mollet, selon lequel « les communistes ne sont pas à gauche, ils sont à l'Est », il faut dire à la droite : « Vous n'êtes pas libéraux, vous êtes conservateurs. » La gauche doit montrer qu'il n'y a pas de liberté sans une conception de l'égalité. La liberté de coucher sous les ponts n'est pas une liberté. La gauche doit reconquérir le libéralisme, il lui appartient. Aux Etats-Unis c'est le contraire, « libéral » veut encore dire gauche ou gauchiste l'ennemi des néoconservateurs. Au point que le dernier livre contre Hillary Clinton dénonce le « fascisme libéral » et la compare à Mussolini (Liberal Fascism : The Totalitarian Temptation from Mussolini to Hillary Clinton). Aux Etats-Unis, dans le Parti républicain tout entier et pas seulement les néoconservateurs, les évangélistes, les cinglés et à la Maison Blanche, « libéralisme » est péjoratif. La droite néoconservatrice dénonce les libéraux et le libéralisme, qui représentent un danger parce qu'ils mettraient en cause les structures de l'Etat, évoquant le communisme, Staline, Mao, Pol Pot... Quand on dit que c'est une honte que 50 ou 60 millions d'Américains ne possèdent aucune assurance médicale, que quelques dizaines de millions d'entre eux n'ont qu'une sécurité sociale partielle, et qu'il faut changer cela au nom de la dignité humaine associée à un minimum d'idée d'égalité, vous êtes tout de suite un dangereux révolutionnaire... Ce qui explique qu'une société aussi riche puisse admettre des conditions sociales dignes du XIXe siècle. Les néoconservateurs américains osent dire maintenant que les programmes sociaux du New Deal de Franklin Roosevelt entraînaient l'Amérique dans un régime socialiste et même communiste, ce qui est idiot mais certaines formes de démagogie continuent de marcher. Cette perversion des termes tient à la grande question posée par les Lumières qui demeure aujourd'hui : « Le monde peut-il être changé ? » Est-il normal que les hommes aspirent à un monde meilleur ? Ou toute utopie risque-t-elle de déboucher sur un régime totalitaire, un Auschwitz ou un Goulag ?

Il n'y a aucune raison méthodologique de penser que nous sommes arrivés à ce que la droite conservatrice, dans les années 90 aux Etats-Unis, a appelé « la fin de l'histoire ». L'idée développée par le philosophe américain Francis Fukuyama (la Fin de l'histoire ) est que nous sommes arrivés au bout. On ne peut pas faire mieux, il n'y a plus qu'à préserver ce qui est. La démocratie libérale telle qu'elle existe aux Etats-Unis est l'optimum, la victoire finale contre le fascisme et le communisme. Le capitalisme est un idéal atteint. Aller au-delà est l'utopie et l'utopie c'est le désastre, Staline, etc. Aujourd'hui, les néoconservateurs veulent préserver un ordre existant parce que c'est celui qui leur convient. La grande réussite des néoconservateurs est d'avoir réussi à convaincre les Américains que les problèmes essentiels dans la vie des hommes ne sont pas les problèmes économiques, leur situation sociale, mais les problèmes culturels. J'ai d'ailleurs compris que Bush allait gagner les élections quand j'ai vu qu'on appelait à voter pour lui dans les églises noires de Floride en raison de son respect pour la religion, la famille et les valeurs morales. Et, dans l'Ohio industriel, qui avait perdu 300 000 emplois pendant les quatre premières années de la présidence Bush, on appelait aussi à voter pour lui, toujours au nom de ces valeurs morales et patriotiques. Les préservatifs sont alors devenus plus importants politiquement que le chômage et la guerre en Irak. Et, en même temps, les néoconservateurs au pouvoir ont commencé à détruire l'héritage de la législation libérale américaine des années 60-70, le droit à l'avortement, l'aide sociale... Ils ont commencé à saper les acquis de façon très intelligente, pas à pas. Il suffit de modifier la Cour suprême pour empêcher toute velléité de résistance du Sénat, même si les démocrates y regagnent la majorité.

Vous écrivez que la culture critique des Lumières doit gagner contre les conservateurs si on veut éviter à l'homme du XXIe siècle de « sombrer dans un nouvel âge glacé du conformisme. » La bataille continue ?

Les Lumières nous ont appris que la libération de l'individu est l'alpha et l'omega d'une bonne société. L'individu autonome, ce que Kant appelait l'« accession à la maturité ». Les Lumières françaises et leur allié Kant, Voltaire et Rousseau, les encyclopédistes ont forgé tous ensemble une idéologie qui est d'abord une machine de guerre contre l'absolutisme, contre le totalitarisme. La Déclaration des droits de l'homme de 1 789 va en résumer le contenu en quelques phrases, c'est le manifeste de la pensée éclairée. Un socialisme qui n'est pas fondé sur les valeurs des Lumières n'a pas de raison d'exister : ces valeurs constituent le fondement de la liberté, de l'autonomie de l'individu. Pour les néoconservateurs, ennemis des Lumières, c'est le contraire : l'individu n'est pas autonome mais un instrument aux mains de la société ou de la nation. Et la nation a tous les droits, y compris celui d'affirmer sa vocation messianique comme on le voit avec l'Amérique qui cherche à modeler le monde à son image. Au point de penser et de croire qu'elle allait instaurer la démocratie libérale en Irak... Les anti-Lumières disent que l'individu n'est pas lui-même l'objet ou l'objectif de toute action politique et sociale. C'est la conception organique de la société qui persiste depuis le XVIIIe siècle : l'individu n'est qu'une feuille d'un arbre, le tronc c'est la nation. La tradition anti-individualiste oppose l'histoire à la raison, le passé au présent. Or l'histoire morcelle l'humanité alors que la conception des Lumières ne nie pas les spécificités il y a des Blancs, des Noirs, des Jaunes, des gens qui ont des habitudes différentes, etc. , mais ces différences sont secondaires face à la qualité de l'homme, être rationnel capable de se libérer de l'emprise de l'histoire. Qui n'est pas esclave de son passé. Ces deux visions du monde s'affrontent depuis le XVIIIe siècle. Ainsi, la Révolution française a accordé la citoyenneté à des hommes de l'extérieur, comme elle l'a fait pour un idéologue de la révolution américaine venu en France participer à la Révolution française et qui ne parlait pas français (à la Convention, on a traduit ce qu'il disait et ce qui était dit). Il devient alors citoyen français parce que les hommes peuvent choisir. Et on retrouve le débat d'aujourd'hui sur l'immigration... Dans les années 1770, le quarante-quatrième volume de l'Encyclopédie définit la nation comme un ensemble d'hommes (de personnes) vivant à l'intérieur des frontières d'un même Etat et soumis à un même gouvernement. C'est tout. Rien sur l'histoire, la culture, la langue. C'est une définition politique et juridique de la nation. Pour les anti-Lumières, et cela sera repris par le fascisme et l'hitlérisme, on privilégie l'histoire, la culture pour définir la citoyenneté. Et on arrive à décider, comme l'a fait le gouvernement de Vichy, que les Juifs n'appartiennent pas à la nation, ne sont plus des citoyens français comme les autres. L'autoritarisme stalinien reprendra aussi les idées contre les Lumières avec le culte de l'Etat, de la force politique, ces conceptions qui vont fonder à partir du tournant du XXe siècle les différentes formes de l'autoritarisme ou ce qu'on appellera plus tard le totalitarisme. Les mêmes courants politiques se développeront en Italie et en Allemagne avec l'idée que la démocratie met en danger la nation, le pays. Ces idées réussiront à abattre la tradition des Lumières en France au moment des crises, dans les années 30 et 40, culminant avec Vichy. En 1940, Maurras et la droite française arrivée au pouvoir en 1940 réussissent à détruire la République en six mois, comme si la Révolution française n'avait pas eu lieu. L'idée que les Lumières sont la raison de la décadence de la civilisation chrétienne commence dès la fin du XVIIIe siècle et, deux siècles et demi plus tard, ces valeurs universelles, les droits de l'homme, la tradition occidentale rationaliste et surtout la critique de l'ordre établi continuent d'être attaqués. Pourtant, le monde tel qu'il est n'est pas un produit de la nature mais de l'histoire. Or tout ce qui est produit de l'histoire peut changer. .



original.gif



vendredi 21 juillet 2006 à 20:12
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Pourquoi pas mettre ca en Histoire ? original.gif
vendredi 21 juillet 2006 à 20:13
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Ce serait plus logique.
vendredi 21 juillet 2006 à 21:12
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ou pas...
vendredi 21 juillet 2006 à 21:14
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On voit encore qu'a l'image des anglo saxons, certains n'arrivent pas a differencier libéralisme social et économique.
vendredi 21 juillet 2006 à 21:16
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QUOTE (Ehrgeiz @ 21 Jul 2006 à 21:14)
On voit encore qu'a l'image des anglo saxons, certains n'arrivent pas a differencier libéralisme social et économique.

clair.
vendredi 21 juillet 2006 à 21:41
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lol.

Les anglo-saxons arrivent très très bien a différencier les deux, tout cela n'est qu'une question de langage. Et ce que dit ce brave monsieur, c'est que le libéralisme éco et politique ne sont pas forcément antagonistes.

Après il dit aussi beaucoup de conneries, manifestement le néoconservatisme, il ne comprend pas bien ce que c'est.
vendredi 21 juillet 2006 à 22:51
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Allez, direction Histoire. sleep.gif .
samedi 22 juillet 2006 à 12:38
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Je suis très gênée par l'intitulé de l'article et la façon dont il est rédigé.

Comment peut-on dire le libéralisme appartient à la gauche?
Puis, selon moi, il fait mille et un amalgames qui nuise à sa thèse.

Si le but était de défendre l'idée que le(s) socialisme( s) défendait autant la liberté que l'égalité, il aurait été plus judicieux de reprendre les écrits des premiers socialistes pour le démontrer.


QUOTE
Zeev Sternhell, historien, spécialiste de la droite française, explique comment les valeurs libérales ont été, à tort, associées au capitalisme. Il rappelle que ces valeurs de liberté ont été introduites par la révolution de 1789, et qu'historiquement le socialisme en est l'héritier


Ce n'est absolument pas si évident que cela pour moi.
1789 est une révolution impulsée par la bourgeoisie, détentrice du pouvoir économique qui souhaitait aussi jouer un rôle politique fort. Ce quela monarchie française ne permettait pas.
Les droits de l'Homme de 1789 reconnaissent même le droit de propriété. Ils sont surtout l'affirmation au niveau politique d'un homme ontologique coupé de ses appartenance sociales...le pendant de l'homo économicus des théories économiques classiques et néo-classiques.
Je ne suis pas sûre que la liberté des socialistes réponde à cette définition. Je pense même qu'ils s'y opposent.
A mon avis, ils se réclameraient plutôt de la révolution de 1848 ou pour les droits écrits du préambule de la constitution de 1946.

QUOTE
C'est vrai que le mot "libéralisme" vise le capitalisme sauvage qui lui doit être combattu ou plutot maitrisé , mais dans le libéralisme il y a aussi des valeurs libérales qui sont des valeurs de liberté Il faut rappeller que le contenu intellectuel du libéralisme n'est pas du tout associé aux valeurs du capitalisme. La révolution de 1789 était aussi une révolution libérale, les deux révolutions qui ont précédé les révolutions américaines et anglaises étaient des révolutions libérales Le libéralisme est un terme noble . Historiquement le socialisme est l'héritier du libéralismel , il ne doit pas en être le fossoyeur .


Les deux dernières phrases me choquent un peu: un historien qui plus est des idées, n'a pas à porter de
jugement moral ("terme noble"). Il n'a pas non plus à lancer des phrases "incantatoires" qui n'expliquent rien.
Comme d'autres l'on dit, il me semble mélanger les différentes formes de liberté:
la liberté politique est une chose, la liberté économique en est une autre.
Quand au capitalisme, c'est un mode de production qui repose sur l'accumulation du capital, il n'est ni libéral, ni anti-libéral par essence. Il ne faudait pas le confondre avec le néo-libéralisme économique qui effectivement prône le "laisser-faire économique".
Ensuite, il existe de nombreux courant qui se sont réclamés de la liberté: on trouve des anarchistes de droite comme des anarchistes de gauche.

QUOTE
Les révolutions libérales la Révolution française étant la plus importante ont ouvert l'ère de la modernité. Ce qui, au temps des Lumières, au XVIIIe siècle, constituait une démarche intellectuelle s'est traduit en termes politiques et ce n'est pas un hasard si la liberté a été fondée et préservée dans ces pays. La différence commence à s'estomper entre les pays qui ont fait une révolution libérale et les autres comme l'Allemagne, par exemple, qui n'a jamais connu de démocratie jusqu'à ce qu'elle lui soit apportée, accrochée aux chars américains.


wacko.gif comment un historien peut dire une chose pareille?
Déjà, on ne peut pas comparer les révolutions anglaise, française et américaine sans les resituer chacune dans leur contexte.
Ensuite, l'Allemagne a évolué sans révolution car Bismark a mené au XIXème une politique sociale forte pour renforcer l'unité du pays. h***** a pris le pouvoir dans un pays démocratique en se faisant élire. On oublie qu'en France, il existait des fractions d'extrême droite très actives dans les années 30 aussi. Et tous les français n'ont pas résisté...

En plus, un peu plus bas, il se contredit en disant que les droits de l'Homme ont vite été oublié sous Vichy. A moins que je n'ai mal compris...

QUOTE
Les Lumières nous ont appris que la libération de l'individu est l'alpha et l'omega d'une bonne société. L'individu autonome, ce que Kant appelait l'« accession à la maturité ». Les Lumières françaises et leur allié Kant, Voltaire et Rousseau, les encyclopédistes ont forgé tous ensemble une idéologie qui est d'abord une machine de guerre contre l'absolutisme, contre le totalitarisme. La Déclaration des droits de l'homme de 1 789 va en résumer le contenu en quelques phrases, c'est le manifeste de la pensée éclairée. Un socialisme qui n'est pas fondé sur les valeurs des Lumières n'a pas de raison d'exister : ces valeurs constituent le fondement de la liberté, de l'autonomie de l'individu.


Rousseau associé à voltaire huh.gif . Tous ces auteurs (Rousseau, Kant, Voltaire, les encyclopédistes) n'ont pu forger UNE idéologie. Ils ont tous une pensée qui leur est propre et qui en ce qui concerne Kant ou Rousseau me semble vraiment trop riche pour pouvoir la synthétiser comme çà. Ils ont sûrement des liens, il serait peut-être intéressant de les comparer aux socialistes. Mais balancé tel que, çà fait "auteurs alibis" pour convaincre.
St Simon, Proudhon, Fourier se sont fondés sur la DDHC de 1789? En partie peut-être et encore, je crois qu'il faudrait vraiment vérifier.


Franchement, tenter un rapprochement entre les socialistes et les lumières auraient pu être super intéressant.
Mais pas fait de cette manière. C'la ressemble plus à de la propagande qu'à un article d'historien. c'la me donne presque envie de prendre le contre pied de la thèse défendue. sad.gif
samedi 22 juillet 2006 à 14:29
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QUOTE
Quand la gauche française craint d'assumer le terme « libéralisme », c'est une perversion idéologique : elle abandonne le terme libéral à la droite. Il faut oser dire que la droite, elle, n'est pas libérale, elle est conservatrice.


Je trouve se genre d'argument un peu limite. Effectivement l'auteur n'arrive pas à dépasser le clivage entre libéralisme politique et économique. Dés lors pour lui la droite, plus libérale économiquement que la gauche, mais moins sur le plan social, est conservatrice. Or je trouve que depuis quelque temps une certaine partie de la droite fait des avancées sur le plan sociétal (mariage homo, droit de vote des étrangers, etc...). Dés lors ce texte serait complètement anachronique.

QUOTE
Aux Etats-Unis c'est le contraire, « libéral » veut encore dire gauche ou gauchiste l'ennemi des néoconservateurs.


Encore le même problème. Le libéralism américain désigne un individu qui certes accepte et encourage le libéralisme politique et social, mais qui combat le libéralisme politique, le désengagement de l'Etat, etc... Donc pourquoi ce terme, "liberal", irait mieux à la droite qu'à la gauche, ici comme outre-Atlantique, étant donné que chacune des peux parties s'en est approprié une part.

Bon après il part en vrille sur les néoconservateurs, accusés de contester les programmes sociaux jugés "communistes", de promouvoir la lutte contre l'avortement, de vouloir faire de l'homme un objet aux mains de la société et de donner tous les droits à la nation...

Et là, il confond tout simplement les conservateurs traditionnels (les paléo-conservateurs ?) avec les néoconservateurs. Certains d'entre-eux se situent à gauche de l'échéquier politique américain, arguant que s'ils désirent un Etat fort à l'intérieur pour diffuser des valeurs de justice social, il est logique, que l'Etat soit tout aussi fort à l'extérieur pour diffuser des valeurs encore absentes, celles de liberté et de démocratie. D'autres sont économiquement libéraux, sans doute, mais ce ne sont certainement pas eux qui sont les plus virulents contre les programmes sociaux. De même on ne peut sans doute pas les accuser d'ètre conservateurs sur le plan des valeurs : nés dans la tradition libérale (Strauss), le neoconservatisme refuse à l'Etat le droit de juger ce qui est bon ou pas pour l'homme, tant que les droit naturels soient respéctés par lui. Ainsi, quasiment tous approuvent le droit à l'avortement, et nombreux sont ceux à ètre favorables au mariage gays....

samedi 22 juillet 2006 à 16:17
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Le conservatisme n'est pas l'opposé du Liberalisme. La gauche a adopté une tout autre direction : le réformisme. Par essence, le conservatisme s'est opposé au réformisme et non au liberalisme : on peut être économiquement liberal, et socialement conservateur. Dans ce cas de figure, il faut différencier entre capitalisme et liberalisme. Sachant que ce dernier englobe le premier, ainsi que d'autres valeurs que peuvent porter des anti-capitalistes.
samedi 22 juillet 2006 à 17:03
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J'ai l'impression d'etre le seul mais je rejoins en partie les propos de l'auteur ne, j'ai vu dans son analyse une thèse aussi défendu par l'historien américain Eric Hobsbawn qui je pense va plus loin dans ses idées en affirmant que le danger pour le libéralisme n'est pas la gauche mais la droite.

Le libéralisme introduit des valeurs qui sont chères à la gauche comme par exemple : instauration des droits et des libertés civiques, la liberté d'expression par le débat public, l'éducation, l'amélioration de la condition humaine. Telles sont par exemple les valeurs que les gouvernements libéraux du XIX siècles ont tenté de développer.

Le libéralisme politique a connu un recul au XXeme siècle evident. Comme le souligne Hobsbawn on compte en 1920 : 35 gouvernements constitutionnels et élus, jusqu'en 1938 il y eut quelque 17 Etats de ce genre et en 1944 ils n'étaient pas plus de 12 sur un total de 64 Etats.

Hosbsbaw rappel que ce recul est du à la droite et que la menace pour le libéralisme durant l'après 1945 n'était pas la gauche meme sous sa forme communiste, l'URSS s'étend renfermer sur elle meme dès Staline ce qui met un terme à la propagation de la revolution sociale, mais venait de la droite.

Je cite l'auteur :

QUOTE
La droite était une menace idéologique pour la civilisation libérale en tant que telle, et un mouvement potentiellement mondial, pour lequel l'appellation de "fascisme" est insuffisante sans pour autant manquer totalement de pertinence.


Outre la droite sous sa forme fasciste, qui marqua un recul important des valeurs libérales , je ne reviens pas sur l'épisode fasciste... la droite engendra ce que Hobsbawm appele "des regimes d'étatisme organique" c'est un dire des régimes conservateurs, "appliqués non pas tant à défendre un ordre traditionnel qu'à recréer délibérément ses principes pour mieux résister à l'individualisme libéral comme au défi du mouvement ouvrier et du socialisme."

Ainsi ces états se nourrisait de la nostalgie idéologique d'une societe féodale dans laquelle prenait acte de l'existence de classes ou de groupes économiques, mais où l'on conjurait le spectre de la lutte des classes en acceptant la hiérarchie sociale en admettant que chaque groupe social avait son role à jouer dans une société organique. L'exemple de ces états se retrouve bien souvent dans les pays catholiques ainsi au Portugual de Salazar le plus durables des régimes antilibéraux de droite d'Europe (1927-1974) ou encore l'Espagne de France ou encore en Amérique du Sud.

Je ne vais pas rappeler la haine de l'Eglise catholique envers les valeurs libérales qu'introduirent les Lumières au XVIII pendant la Révolution Française. Il est clair que l'Eglise éprouvait une haine profonde pour la démocratie, le libéralime et le communisme...

Ainsi au XXeme siècle la droite fasciste ou non fasciste ont partagé de nombreuses valeurs comme le nationalisme, l'anticommunisme et l'antilibéralisme de par la multiplication des états autoritaires a provoqué la chute du libéralisme qui avait marqué le XIX.
lundi 24 juillet 2006 à 01:40
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Je pense que c'est une erreur de faire un clivage gauche/droite.
Si on doit étaloner la politique, ce ne doit pas être sur un plan en 1 dimension car il y a un certain nombre de critères qui doivent être pris en compte. Gauche, c'est quoi? Droite c'est quoi? Qu'est-ce que ça signifie?
A la base, c'est seulement la position des partis politiques dans l'assemblée.
Mais on considère par tradition que la droite a des positions conservatrices et la gauche des positions réformatrices et est plus habituée à la contestation.
Si un socialiste ou un communiste se dit réformateur ou contestataire, un libéral, un néo-conservateur ne le sera pas moins et n'a pas moins de raisons de contestater la politique, mais d'un point de vue différent. Un libéral doit-il être à gauche?
Pour étalonner les positions politiques, il faudrait le faire sur un plan en plusieurs dimensions, qui tient compte par ex de l'interventionisme économique, la politique sociale, des valeurs traditionelles, de la liberté,...
Mais la difficulté alors sera que ce graphique sera plus complexe, abstrait, difficile à lire.
jeudi 03 août 2006 à 00:30
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Je suis pour que la gauche reconquière le libéralisme !

Comme ça, elle pourra le mettre à la poubelle.
vendredi 04 août 2006 à 14:29
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QUOTE (landru @ 03 Aug 2006 à 00:30)
Je suis pour que la gauche reconquière le libéralisme !

Comme ça, elle pourra le mettre à la poubelle.

tu es kiffant. ya pas à dire.
jeudi 29 novembre 2007 à 20:45
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Compte tenu de la pression patriotique j'admire les gens de gauche en Israel , en Amérique rolleyes.gif
est ce que vous valez mieux en France
désolé si j'insiste mais regardez vous franchement,
vous êtes aussi raciste, ensuite vous vendez de la liberté au marché public,
puatin le drame avec les valeurs de la république.
La république, elle passe ces week end en regate
puis se prostitue de toutes part pour un airbus ou une frégate,
elle execute dans une grotte des opposants canaques
et mange à table avec des gars style Giancanna
puis explose le rainbow warriors
et dessine les frontières du tiers monde à la térasse du Mariot,
sponsorisent les fanatiques aux 4 coins du monde,
les entrainent aux combats et manipuler les bombes
le collier casse, ces cons échappent à tous controles
et quand ils mordent la main du maitre alors on crie aux monstres.





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