Sunday 05 November 2006 à 16:14
| QUOTE (Cléo 31 @ 05 Nov 2006 à 11:53) |
| D'un autre côté, la monarchie au XIXème sicècle, ne devait pas trop se sentir tenue par cette déclaration. |
Je n'irais pas aussi loin dans le temps, juste au lendemain de cette Déclaration pour montrer en quoi elle fut la fumée pour cacher la domination d'une nouvelle classe, la Bourgeoisie sur le reste de la population.
En effet les députés du Tiers, qui appartenaient à la Bourgeoisie, ne se soucièrent peu des contradictions qui marquèrent leur oeuvre, persuadés qu'en servant les intérets de leur classe, ils sauvegardaient la Revolution.
Ainsi les droits civils ne furent pas accordés à tous les Français. L'esclavage aboli en France en septembre 1791, fut maintenu aux colonies car son abolition aurait lésé les intérets des grands planteurs représentés à l'Assemblée. Meme les hommes de couleur libres virent contester leurs droits politiques, fin septembre 1791 l'Assemblée constituante décida que tous les hommes de couleur seraient privés des droits de citoyen.
Aux travailleurs, l'Assemblée interdit l'association et la grève par la loi Le Chapelier en juin 1791 pour interdire aux ouvriers de s'associer pour défendre leurs intérêts.
A coté de cela, les droits politiques furent réservés à une minorité. La Déclaration proclame que tous les citoyens ont le droit de concourir à l'établissement de la loi pourtant en décembre 1789, la Constituante n'accorda le droit de suffrage qu'aux possédants. Les citoyens furent répartis en trois catégories.
Les citoyens passifs étaient exclut du droit électoral, car exclus du droit de propriété. Selon Sieyes qui inventa cette nomenclature, ils ont droit "à la protection de leur personne, de leurs propriétés, de ler liberté" mais non "à prendre une part active dans la formation des pouvoirs publics". Environ 3 millions de Français furent ainsi privés du droit de vote.
Les citoyens actifs étaient d'après Sieyes "les vrais actionnaires de la grande entreprise sociale", ils payaient au minimum une contribution directe égale à la valeur locale de trois journées de travail. Au nombre de plus de 4 millions, ils se réunissaient en assemblées primaires pour désigner les électeurs.
Enfin les électeur environ 50 000 pour toute la France, payaient une contribution égale à la valeur locale de dix journées de travail.
Pour l'historien de la Revolution Française, Albert Soboul, l'aristocratie de naissance, faisait succéder l'aristocratie d'argent, le peuple était éliminé de la vie politique.
Ceci fut dénoncé par quelques députés qui combattaient pour les intérets du peuple comme Robespierre qui le 22 octobre 1789 déclara à l'Assemblée : " Tous les citoyens quels qu'ils soient ont droit de prétendre à tous les degrés de représentation. Rien n'est plus conforme à votre Déclaration des droits, devant laquelle tout privilège toute distinction toute exception doivent disparaitre. La Constitution établit que la souveraineté réside dans le peuple, dans tout les individus du peuple. Chaque individu a donc droit de concourir à la loi par laquelle il est obligé et à l'administration de la chose publique qui est la sienne, sinon il n'est pas vrai que tous les hommes soient égaux en droits, que tout homme est un citoyen."
Marat écrivit dans L'ami du peuple le 18 novembre 1789 : "Ainsi, la représentation devenue proportionnelle à la contribution directe remettra l'empire entre les mains des riches, et le sort des pauvres toujours subjugués et toujours opprimés toujours soumis ne pourra jamais s'améliorer par des moyens paisibles. C'est là sans doute une preuve frappante de l'influence des richesses sur les lois. Au reste, les lois n'ont d'empire qu'autant que les peuples veulent bien s'y soumettre, et s'ilst ont brisé le joug de la noblesse, ils briseront même celui de l'opulence."
Enfin Camille Desmoulins soulignait cette transgression de la Déclaration des droits par la Bourgoeoisie dans le numéro 3 des Révolutions de France et de Brabant : "Il n'y a qu'une voix dans la capitale, bientot il n'y en aura qu'une dans les provinces contre le décret du marc d'argent. Il vient de constituer la France en gouvernement aristocratique, et c'est la plus grande victoire que les mauvais citoyens aient remportée à l'Assemblée nationale. Pour faire sentir toute l'absurdité de ce décret, il suffit de dire que Rousseau, Corneille, Mably n'auraient pas été éligibles... Mais que voulez vous dire avec ce mot de citoyen actif tant répété ? Les citoyens actifs sont ceux qui ont pris la Bastille, ce sont ceux qui défrichent les champs, tandis que les fainéants du clergé et de la Cour, malgré l'immensité de leurs domaines, ne sont que des plantes végétales pareilles à cet arbre de votre Evangile, qui ne porte point de fruits et qu'il faut jeter au feu."
Ce message a été modifié par Hadora - Sunday 05 November 2006 à 16:15.