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Derniers Sujets

jeudi 17 juillet 2008 à 08:42
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Actualités : Morale laïque

Nedim Gürsel : un romancier
Le Monde - Paris,France

Même s’il se défend d’avoir cherché à offenser, de toute façon, la Turquie laïque ne devrait pas, selon le romancier franco turc, condamner les blasphèmes. ...
http://istanbul.blog.lemonde.fr/2008/07/16...l-un-romancier/

ETATS-UNIS – Offensé par la Bible, un homosexuel assigne des ...
CPDH - France

Si, évidemment, elle qualifie l'homosexualité de péché, il ne faut pas oublier que le péché est une notion morale et religieuse. A partir de ce point, ...
http://www.cpdh.info/npds/article.php?sid=...mp;&thold=0


jeudi 17 juillet 2008 à 09:28
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Actualités : Laïcité

Ingrid et Marie
Tribune de Genève - Switzerland

La laïcité, oui: c’est le seul moyen d’organiser correctement les relations entre l’Etat et les religions. Mais ce monde où plus personne, a fortiori un ...

http://pascaldecaillet.blog.tdg.ch/archive...d-et-marie.html

vendredi 18 juillet 2008 à 13:55
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Actualités : Morale laïque


Prier n'est plus en cour
MCSinfo - Strasbourg,Alsace,France

Un élève dispensé est obligé d’assister à un cours de substitution, généralement de morale laïque, dont le contenu est laissé à la discrétion de ...
http://mcsinfo.u-strasbg.fr/article.php?cP...article_id=6360

Fadela Amara s’attaque aux coutumes de l’Islam
Radin Rue - Maisons Alfort,France

Oubliant peut-être que la laïcité s’est AUSSI le RESPECT des coutumes et traditions d’autres religions. Concernant la femme qui s’est vu refusé la ...
http://www.radinrue.com/spip.php?article4308

mercredi 23 juillet 2008 à 10:29
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Actualités : Laïcité


Daniel Callewaert, un Mouvallois au service de l'école publique
La Voix du Nord - Lille,Nord-Pas-de-Calais,France

Daniel Callewaert, bien connu dans le secteur tourquennois, de par son combat pour la défense de la laïcité, vient d'être nommé président national des ...
http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Tourcoi...-au-servi.shtml

Burqa : Le Conseil d'Etat et les femmes
Betapolitique - Paris,France

La Commissaire du Gouvernement d’ajouter : « Elle n'a aucune idée sur la laïcité ou le droit de vote. Elle vit dans la soumission totale aux hommes de sa ...
http://www.betapolitique.fr/Burqa-Le-Conse...-les-08826.html

Turquie-AKP: Décision de la Cour lundi
Le journal du dimanche en ligne - Saint Cloud,Ile de France,France

Issu de la mouvance islamiste, l'AKP est accusé d'atteinte au principe de laïcité de la Constitution turque. La justice demande la dissolution du parti et ...
http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/internatio...4797.html?popup

Nous et l’insoutenable angoisse des valets de chambre
Le Matin DZ - Boulogne-Billancourt,France

Elle annonce une guerre contre ses deux ennemis principaux : la démocratie et la laïcité. Pour démolir l’embryon d’une société démocratique et jeter les ...
http://www.lematindz.net/news/1766-nous-et...de-chambre.html

Actualités : Morale laïque


Laïcité et résistances démocratiques
Sisyphe - Québec,Canada

... une assistance morale selon une conception philosophique non confessionnelle ». Cette communauté, que l’on qualifie souvent de laïque ou d’humaniste, ...
http://sisyphe.org/spip.php?article3053

Piscine de Piriac : des élus gênés par le changement de gestionnaire
maville.com - France

En tout, huit candidats ont montré leur intérêt pour le centre aquatique dont la Fédération des OEuvres Laïques de Haute-Savoie (Fol 74) actuelle ...
http://www.labaule.maville.com/Piscine-de-...-----_actu.html



mercredi 23 juillet 2008 à 10:50
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Gisèle Halimi : "On tente de museler Siné-le-libertaire"


NOUVELOBS.COM | 22.07.2008 | 11:56


Voici un texte de Gisèle Halimi, communiqué vendredi 18 juillet, en soutien au caricaturiste Siné, licencié de Charlie Hebdo pour des propos que la direction de l'hebdomadaire satirique juge antisémites :



"Siné n'est pas ce qu'il est convenu d'appeler un ami. Sa misogynie volontairement primaire nous a tenus éloignés l'un de l'autre, malgré quelques causes communes essentielles. (anticolonialisme, antiracisme etc.).

La direction de Charlie Hebdo vient de le licencier brutalement. Motif allégué : propos antisémites. A la lecture attentive de ses quelques lignes, je suis en mesure d'affirmer - en spécialiste du droit de la presse - qu'il ne s'agit que d'un prétexte ; un procès pour antisémitisme n'aurait guère de chances d'aboutir.
Cette opération participe donc des procès en sorcellerie qui se multiplient aujourd'hui pour maintenir une psychose du juif persécuté.

Charlie Hebdo s'est toujours posé en champion de la liberté d'expression. Rappelez-vous le tonitruant procès mis en scène, filmé, supermédiatisé des caricatures de Mahomet. Aujourd'hui il porte à cette liberté un coup terrible en tentant de museler Siné-le-libertaire.

J'ai participé en son temps avec Cavanna et d'autres, à la création de Charlie Hebdo. Cette aventure superbe risque de s'achever dans la honte.
J'ai bénéficié jusqu'à présent d'un service de presse du journal. Arrêtez. Je ne veux plus vous entendre ni vous lire."

Gisèle HALIMI




Une pétition de soutien à Siné


NOUVELOBS.COM | 22.07.2008 | 11:57

Voici le texte d'une pétition rédigée à l'initiative d’Éric Martin, Benoît Delépine et Lefred-Thouron, en soutien à Siné, chroniqueur de Charlie Hebdo, dont le licenciement a été annoncé mercredi 16 juillet :

"SINÉ : SA VIE, SON OEUVRE, SON CUL, PHILIPPE VAL


Le mardi 8 juillet, sur les ondes de RTL, Claude Askolovitch, journaliste du Nouvel Observateur dénonçait "un article antisémite dans un journal qui ne l’est pas". Claude Askolovitch faisait allusion à une chronique de Siné dans Charlie Hebdo dont nous reproduisons le texte ici :
"Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l’UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n’est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit !"

Effrayé par la perspective d’un procès pour antisémitisme, Philippe Val, directeur de publication, a enjoint à Siné de signer une lettre d’excuses dans Charlie Hebdo, ce que le caricaturiste a refusé de faire.

En conséquence, la direction de Charlie envisage de suspendre sa collaboration avec Siné.
Où est l’antisémitisme dans le texte de Siné ? Il y dénonce seulement, avec le ton fleuri qui est sa marque de fabrique, l’opportunisme du fils du président de la République.

Philippe Val et la direction de Charlie Hebdo se sont couchés devant Jean Sarkozy, grand bien leur fasse, leurs lecteurs apprécieront. D’autres continuent à la radio de faire des procès en antisémitisme comme certains, naguère, en sorcellerie.

Nous connaissons bien Siné : sa grande gueule, sa violence intellectuelle, son humour et surtout sa maison ouverte à tous : Juifs, Arabes, Français, Noirs, Auvergnats, Bretons, pédés, communistes (liste non exhaustive), tous unis pour conchier autour d’un (ou plusieurs) verre une société de plus en plus bien-pensante et moraliste. Siné c’est ça. Pas ce que peuvent déblatérer sur son compte Philippe Val et Claude Askolovitch.
C’est pourquoi nous lui apportons notre soutien total et inconditionnel.
Siné n’est pas antisémite.
Siné n’aime pas les cons.
Siné est un anar.
Vive Siné !"



Ce message a été modifié par Okomarac - mercredi 23 juillet 2008 à 10:54.
jeudi 24 juillet 2008 à 10:20
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Actualités : Morale laïque


L'armée française condamnée pour harcèlement moral à Strasbourg
Emarrakech.info - Marrakech,Morocco

Je lui répète notre position, dit le médecin, je lui explique comment fonctionne un établissement laïque. Il me menace alors : 'Donnez-moi votre nom ! ...
http://www.emarrakech.info/L-armee-francai...commentaire=oui

Le pape à Sydney : Les Journées mondiales de la jeunesse ...
CIQI - France

Mais les enseignements médiévaux et les valeurs morales conservatrices de cette institution sont complètement à l'opposé de la vie économique et sociale ...
http://www.wsws.org/francais/News/2008/jui08/pape-j23.shtml

Recevez l'essentiel de l'actualité :
L'Express - Paris,France

Pour renverser cette tendance historique lourde, il faut la mise en œuvre d'un droit démocratique, donc laïque et décommunautarisé - y compris au niveau ...
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/pro...tre_496621.html

Pour en finir avec Dieu
AgoraVox - Paris,France

Même nos sociétés laïques sont totalement imprégnées d’une culture hérité du christianisme et qui fait la part belle à toutes les superstitions érigées en ...
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42361

dimanche 27 juillet 2008 à 09:04
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Actualités : Morale laïque

Québec

Les profs seront-ils prêts?
Le Soleil - Québec,Québec,Canada
Au début des années 2000, le gouvernement s’est retrouvé coincé entre le mouvement laïc, qui s’opposait à la reconduction des clauses dérogatoires, ...

http://www.cyberpresse.ca/article/20080726...9/5221/CPSOLEIL

dimanche 27 juillet 2008 à 09:18
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Actualités : Laïcité


Démocratie et Identité(s)
Reporters sans Frontières - Paris,France

Le Bourguibisme a le tord de ne pas se prêter, de par la nature de son message (Etat Providence, unité nationale, francophilie, laïcité), ...
http://tunisiawatch.rsfblog.org/archive/20...identite-s.html

Haïti-Premier Ministre : Incertitudes et tractations autour de la ...
AlterPresse-Haïti - Port-au-Prince,Haiti

P-au-P, 24 juillet 08 [AlterPresse] --- Des nuages s’amoncellent, en cette fin de juillet 2008, dans le ciel politique d’Haïti, où le premier ministre ...
http://www.alterpresse.org/spip.php?article7505

ANKARA, 26 juil 2008 (AFP) - Erdogan appelle à l'unité nationale ...
La Croix - Paris,France

Issu de la mouvance islamiste, le parti affirme avoir rompu avec l'islam politique et se définit comme conservateur, démocrate et respectueux de la laïcité. ...
http://www.la-croix.com/afp.static/pages/0...34.y74afoe9.htm

lundi 28 juillet 2008 à 09:58
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La Cour constitutionnelle turque délibère sur le sort de l'AKP



Par Selcuk Gokoluk Reuters

ANKARA (Reuters) - La Cour constitutionnelle de Turquie entame ce lundi ses délibérations sur la demande de dissolution de l'AKP, le parti au pouvoir accusé d'atteinte au principe de laïcité.


Les responsables politiques du pays attendent avec nervosité la conclusion de cette affaire qui a plongé depuis mars le pays dans un climat d'incertitude politique et économique.

Cette audience se déroule dans un contexte tendu, au lendemain d'un double attentat qui a fait 15 morts à Istanbul.

Outre la demande de dissolution, le tribunal a été saisi par le procureur en chef de la Cour de cassation d'une requête d'interdiction de toute appartenance à un parti politique pendant cinq ans à l'encontre du Premier ministre Tayyip Erdogan, du président Abdullah Gül, et de 69 autres dirigeants du parti.

La Cour peut estimer que le Parti de la justice et du développement n'est pas coupable et prononcer un non-lieu.

Dans l'hypothèse inverse, elle peut condamner l'AKP à une amende ou prononcer sa dissolution, ce qui entraînerait la chute du gouvernement et la tenue d'élections législatives anticipées, probablement en novembre.

La dissolution doit obtenir l'aval de sept des onze juges de la plus haute instance judiciaire de Turquie pour être effective.

Les analystes s'attendent à un verdict début août et la plupart pronostiquent une interdiction de l'AKP bien que les dernières spéculations aillent dans le sens contraire.

La dissolution d'un parti populaire qui a remporté près de la moitié des voix lors des élections législatives de juillet 2007 n'irait pas sans difficultés au plan politique et pourrait entraver la lente progression de la Turquie dans le processus d'adhésion à l'Union européenne.

ERDOGAN RECONNAÎT DES ERREURS


Certains commentateurs estiment que quel que soit le verdict de la cour, l'hostilité qui s'est encore accrue entre l'AKP et les élites laïques va porter préjudice à la vie politique et à l'économie du pays.

Si la Cour constitutionnelle décide d'interdire l'AKP, ses députés auront le choix entre rester au parlement sous une étiquette indépendante avant de former un nouveau parti ou rejoindre des formations déjà existantes.

Pour la plupart des observateurs, la convocation d'élections législatives anticipées est le scénario le plus probable. Erdogan pourrait alors briguer à nouveau le poste de Premier ministre sous une étiquette d'indépendant.

Il a reconnu pour la première fois dans une interview publiée samedi que son parti avait commis des erreurs qui avaient contribué à cette situation.

La décision de son gouvernement de lever l'interdiction du voile à l'université en janvier a suscité une levée de boucliers avant d'être invalidée par la Cour constitutionnelle en juin.

Le gouvernement de l'AKP, issu de la mouvance islamiste, a présidé à cinq années de croissance économiques et de réformes politiques mais se heurte à l'opposition des élites laïques qui le soupçonnent d'avoir pour dessein d'imposer la loi islamique dans un pays à majorité musulmane mais officiellement laïque.

L'AKP bénéficie d'une forte popularité qui va au-delà de ses bases traditionnelles dans les classes moyennes mais l'instabilité générée par le procès et son bras de fer avec les élites laïques risque de laisser des traces pour toute formation prétendant à lui succéder, en cas de dissolution.

"Le nouveau parti n'aura probablement pas le même niveau de soutien que celui dont l'AKP a bénéficié dans les circonscriptions libérales et urbaines de Turquie, remportées grâce au bilan économique du parti, à des réformes économiques saines, et surtout grâce à sa retenue", estime Wolfango Piccoli, économiste au Groupe Eurasia.

La justice turque a interdit par le passé une vingtaine de formations politiques au motif qu'elles portaient atteinte à la laïcité ou parce qu'elles étaient soupçonnées de soutenir la rébellion kurde. L'AKP est issu d'un parti interdit par la justice en 2001.

Version française Gwénaelle Barzic et Jean-Stéphane Brosse

http://fr.news.yahoo.com/rtrs/20080728/twl...kp-bd5ae06.html


mardi 29 juillet 2008 à 07:56
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Analyse
Si la laïcité recule en Turquie, les droits des femmes reculeront, par Ozer Aksoy

dimanche 27 juillet 2008, par Annie Lessard, Marc Lebuis

« Le monde occidental ne semble pas être au courant de la menace immédiate et grave qui pèse sur les droits des femmes en Turquie. Le foulard est un symbole indubitablement politique. Il n’y a pas un seul exemple d’un pays musulman où les droits des femmes ont progressé d’un iota après que la religion ait été politisée ».

Mme Ozer Aksoy est présidente de la Federation of the Turkish Canadian Associations et vice-présidente du Turkish World Congress. Elle répond à un récent article naïf du Globe and Mail sur la question du foulard en Turquie.

If the Turkish secularity goes, so go the Turkish women’s rights, par Ozer Aksoy, Turkish Forum, le 24 juillet 2008

J’ai lu avec intérêt l’article de Mark Mackinnon Traditional headscarf unveils new rifts in Turkey (Globe and Mail, le 22 juillet 2008). Il semble y avoir une confusion de concepts - et je dis cela de la manière la plus courtoise possible – impliquant les dichotomies laïcité et islam, droit moderne et canons islamiques (charia), les élites et les non éduqués, le centre et la périphérie, Turcs noirs et Turcs blancs, vieille garde contre réformateurs islamiques, et plus encore. Je demande instamment à vos lecteurs d’acquérir une meilleure compréhension des dichotomies avant de s’embarquer dans une analyse des enjeux récents concernant la Turquie. Voyons si je peux jeter un peu de lumière sur tout cela.

Alors que le monde chrétien se caractérise par la séparation de l’église et de l’État, grâce à la période historique des Lumières, le monde islamique continue de traiter la démocratie et la laïcité comme les deux côtés d’une pièce de monnaie. Aujourd’hui encore, la plupart des pays musulmans enchâssent la charia dans leur constitution, laquelle n’est pas compatible avec la laïcité ou la démocratie.

La Turquie, d’autre part, avec une population à 99% musulmane, a été fondée en 1923 comme république laïque. Ainsi, le développement de la démocratie en Turquie a été construit sur de solides fondations laïques. La laïcité ne signifie pas « être opposé à la religion ». La laïcité témoigne d’un profond respect pour toutes les confessions car elle garantit les libertés individuelles tout en rejetant la supériorité d’une religion sur les autres. Si les fondations laïques de la Turquie étaient sapées, sa structure démocratique s’effondrerait aussitôt. Que répond à cela le représentant de l’AKP dans votre reportage ?

La population et les gouvernements turcs depuis 1923 ont toujours été fondamentalement pro-occidentaux, bien qu’entre 5% et 7% des électeurs, issus pour la plupart de divers milieux religieux, semblent toujours s’opposer à toute forme d’occidentalisation.

La révolution iranienne de 1979 a eu un impact considérable dans l’ensemble du monde musulman. En outre, certains pays du Moyen-Orient (comme l’Arabie Saoudite) ont essayé très fort d’exporter leur version de l’islam et ont fourni un soutien financier à divers cercles islamiques en Turquie.

La combinaison de ces deux facteurs a abouti à une explosion du religieux : des sociétés d’édition ont surgi, les publications islamiques se sont multipliées, des mosquées sont apparues à tous les coins de rues, se transformant rapidement en centres imposant le mode de vie islamique. Des femmes ont été « formées » et envoyées dans les maisons de chaque famille turque à faible revenu pour orienter et influencer d’autres femmes. Des cours sur le coran ont été organisés pour endoctriner les enfants à un âge précoce. Des étudiants universitaires et du secondaire ont été financièrement soutenus, sans condition. Des manifestations publiques ont été organisées pour exiger que les étudiantes se présentent à l’université avec des vêtements islamiques, y compris le foulard.

La presse religieuse a souligné que les femmes devraient également couvrir leur corps en entier. La plupart des étudiantes universitaires militantes étaient bien payées et ont insisté pour assister aux cours en tchador (un vêtement traditionnel noir qui recouvre la femme de la tête aux pieds). Elles étaient soutenues par des étudiants islamistes extrémistes et des avocats. Tout cela, alors que le Coran ne fait que suggérer aux femmes de couvrir leurs cheveux, mais ne l’impose pas. La plupart des médias ont appuyé les étudiantes islamiques sans savoir que celles qui portaient le foulard étaient des recrues payées (Fatma Benli interviewée dans votre reportage me les rappelle).

Le gouvernement Erdogan a entamé l’érosion du système laïc en 2002. Aujourd’hui, la situation n’est pas aussi innocente que le portrait qu’en donnent certains médias occidentaux. Il y a 67.000 écoles laïques contre 85.000 mosquées. Comparez les 77.000 médecins qui tentent désespérément de dispenser des soins de santé à 75 millions de citoyens turcs, avec les 90.000 religieux (ou imams) bien rémunérés par l’État qui dispensent la foi avec bonheur, aux frais des contribuables.

Bien qu’il y ait un seul hôpital pour desservir 60.000 personnes en Turquie, il n’y a pas de problème à trouver une mosquée pour chaque 350 personnes. Il y a 1435 bibliothèques publiques à travers la Turquie, mais 3852 classes sur le coran. Le budget des Affaires religieuses équivaut au coût de 22 universités. Le gouvernement Erdogan encourage ses partisans (et leurs entreprises) à stimuler le mode de vie islamique autour d’eux. Un nombre croissant d’hôtels et de municipalités offrent des piscines ségrégées, des maillots de bain de la tête à la cheville pour les femmes et le « hasema » pour les hommes.

Des publicités laïques destinées aux femmes ont été altérées avec Photoshop par certains journaux pour allonger les manches et les jupes portées par les mannequins. Certains hôtels et restaurants ont cessé de servir de l’alcool. On signale que des licences d’alcool ont été refusées et des sites internet pornographiques interdits. Et les imams - des prédicateurs islamiques employés par le gouvernement – continuent de fustiger librement les femmes qui osent sortir et travailler pour leur subsistance.

Tout aussi troublant, sont les différentes formes de pression exercées sur les femmes qui ne sont pas vêtues de manière suffisamment « islamique » ou qui partagent l’espace public avec les hommes. La presse islamique insiste qu’il n’est pas approprié pour les hommes médecins d’examiner les patients de sexe féminin, et vice versa. Certains étudiants en médecine ont mis beaucoup d’efforts pour tenter d’appliquer ces règles de la charia en Turquie, mais les autorités laïques les en ont empêchés.

Tous ces exemples sortent directement du répertoire de l’Iran et de l’Arabie saoudite. Alors que nous observons des programmes officiels d’islamisation en Malaisie, au Maroc, en Algérie, en Indonésie et en Iran, nous pouvons clairement voir comment ces « pays musulmans » se transforment en « états islamiques ». Dans tous les cas, les femmes ont d’abord été forcées de couvrir leurs cheveux et leur corps, et des changements systématiques dans le mode de vie au quotidien ont ensuite été progressivement introduits. Est-ce que ça sonne familier ?

Le foulard est plus qu’un bout de tissu. Attaché avec soin pour dissimuler le cou, la gorge et les cheveux, le foulard islamique est devenu le symbole indubitable de l’islam politique. C’est pourquoi les personnes laïques ont insisté pour l’exclure des universités et des institutions gouvernementales, comme l’exigent les lois laïques. S’ils ont encore des doutes, vos lecteurs doivent être informés que le Premier ministre turc a récemment fait une déclaration publique disant quelque chose à l’effet que « …le foulard est un symbole politique, et alors ?.. » Cette déclaration révèle ses intentions et aussi celles de son parti politique islamique.

La Cour européenne des droits de l’homme a statué en faveur de l’interdiction du foulard islamique dans les universités turques en novembre 2005, disant que « le foulard semble être imposé aux femmes en vertu d’un précepte religieux qu’il est difficile de concilier avec le principe de l’égalité des sexes ». La Cour constitutionnelle turque a aussi annulé une loi conçue par l’AKP islamiste qui aurait permis aux femmes de la république laïque de porter le foulard islamique dans les universités.

Le monde occidental ne semble pas être au courant de la menace immédiate et grave qui pèse sur les droits des femmes en Turquie. Il n’y a pas un seul exemple d’un pays musulman où les droits des femmes ont progressé d’un iota après que la religion ait été politisée.

L’alternative à l’extrémisme religieux n’est pas un coup d’État militaire. Je ne justifie pas une intervention militaire comme celle du 27 avril 2008. Bien qu’il soit souhaitable de préserver l’héritage laïc d’Atatürk, cela ne devrait pas se faire au détriment des processus démocratiques normaux.

Pour parler clairement, le foulard est la tyrannie des hommes sur les femmes. Toute tentative visant à justifier cette agression directe et brutale sur les droits des femmes, que ce soit au nom de la démocratie, des droits de l’Homme, de la liberté d’expression, ou d’autres principes, revient tout simplement à prendre part à cette tyrannie.

Voir aussi :

Du voile, de la charia et de la démocratie

Turquie - Demande d’interdiction du parti au pouvoir pour activités anti-laïques

Turquie -« L’immoralité nous vient de l’Occident »

Turquie - Manifestation contre la levée de l’interdiction du voile dans les universités

Turquie - Signes d’islamisation croissante


http://pointdebasculecanada.ca/spip.php?article539
mardi 29 juillet 2008 à 10:17
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Actualités : Laïcité


Un préfet succède à Emmanuelle Mignon
Ouest-France - Rennes,France

Il n'en avait pas fallu plus pour que certains voient en elle l'inspiratrice des positions de Nicolas Sarkozy sur la laïcité et les rapports avec la ...
http://www.ouest-france.fr/Un-prefet-succe...-----_actu.html

Turquie: la Cour constitutionnelle examine la demande d ...
nouvelobs.com - Paris,France

Il accuse cette formation issue de la mouvance islamiste de vouloir porter atteinte au principe même de la laïcité, inscrit dans le marbre de la ...
http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/in...demande_di.html

La Cour constitutionnelle turque délibère sur le sort de l'AKP
L'Express - Paris,France

La justice turque a interdit par le passé une vingtaine de formations politiques au motif qu'elles portaient atteinte à la laïcité ou parce qu'elles étaient ...
http://www.lexpress.fr/actualite/depeches/...rs.asp?id=75777

Turquie: les juges se réunissent pour fixer le sort du parti au
Romandie.com - Genève,Switzerland

Le Parti de la justice et du développement (AKP, issu de la mouvance islamiste), au pouvoir, est accusé d'"activités allant à l'encontre de la laïcité" et ...
http://www.romandie.com/infos/news2/080728...14.x94ze9dy.asp

Double explosion à Istanbul
Le journal du dimanche en ligne - Saint Cloud,Ile de France,France

Le parti (islamique modéré, ndlr) au pouvoir est accusé d'atteinte au principe de laïcité suite aux lois autorisant le port du voile, à l'université en ...
http://www.lejdd.fr/cmc/international/2008...bul_135889.html

mardi 29 juillet 2008 à 21:53
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Actualités : Athéisme


Pour un athéisme non dogmatique
AgoraVox - Paris,France

En France, deux essayistes s’efforcent de penser l’athéisme : Michel Onfray et André Comte-Sponville. Alors que le premier est moins athée qu’anti-théiste ...
http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=42705


mercredi 30 juillet 2008 à 12:17
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Alerte Google Actualités : Laïcité


Crise en Turquie: «La question du port du voile a été l'élémet ...
20minutes.fr - Paris,France

C’est une série de petits évènements pour dire «regardez, l’AKP porte atteinte à la laïcité». Lorsqu’un maire d’une petite ville a fait distribuer des ...
http://www.20minutes.fr/article/243163/Mon...declencheur.php

Bras de fer entre les laïcs et les islamo-conservateurs
RFI - France

Accusé d'« activités allant à l'encontre de la laïcité », le Parti de la justice et du développement (AKP) risque de partager le sort de ses prédécesseurs ...
http://www.rfi.fr/actufr/articles/103/article_69108.asp

jeudi 31 juillet 2008 à 07:36
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Actualités : Morale laïque

Remballe ton pape !
Le Jura Libertaire - Lons-le-Saunier,France

Malgré les protestations, la rentrée prochaine verra «l’éducation civique» remplacer par une «instruction civique et morale» aux relents de catéchisme ...
http://juralibertaire.over-blog.com/article-21603552.html


samedi 02 août 2008 à 10:50
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A 56 ans, Alice (à sa demande, son prénom a été changé) dit "haïr la religion depuis l'âge de 13 ans". Elle a grandi dans une famille catholique et, comme beaucoup, a été baptisée quelques jours après sa naissance. Le parcours traditionnel en somme : première communion, communion solennelle, confirmation… et mariage religieux, "pour faire plaisir aux parents". Un chemin sur lequel elle a définitivement fait une croix en mai 2007, en adressant au curé de la paroisse dans laquelle elle a été baptisée, ainsi qu'à l'évêché auquel l'église appartient - celui de Coutances, dans la Manche -, une demande de "débaptisation".


"Une demande de renonciation à son baptême, corrige le père Angelo Sommacal, responsable national du département de Pastorale liturgique et sacramentelle. Les gens qui font cette démarche pensent que c'est une question qui relève de la seule Eglise catholique, comme si c'était uniquement le fait des hommes. Le baptême est un acte de Dieu, on ne peut pas le défaire, on peut au mieux le renier. Mais c'est comme si on refusait d'être considéré comme l'enfant de ses parents !" De fait, les "débaptisés" ne sont pas supprimés des registres de baptême, mais une mention indiquant leur souhait de ne plus être considérés comme chrétien est portée en face de leur nom.

En 2007, l'évêché de Coutances a reçu onze demandes similaires à celle d'Alice. Vingt-huit à Metz, six à Annecy, quatre à Tarbes, une quarantaine à Saint-Brieuc… Nos requêtes auprès des 92 évêchés de France métropolitaine ont permis de recenser 241 demandes de renonciation au baptême dans 21 évêchés, en 2007. On estime ainsi que, chaque année, le nombre de lettres de renonciation à la religion catholique avoisinerait le millier en France.

EN RÉACTION À JEAN PAUL II

"Les premiers cas que j'ai connus, c'était au tournant des années 1990", se souvient le père Sommacal. Mais le mouvement s'est vraiment amorcé en 1996, lors de la venue du pape à Reims pour commémorer le 1500e anniversaire du baptême de Clovis. En réaction aux propos de Jean Paul II, "France, qu'as-tu fait de ton baptême ?", des associations telles que Alternative libertaire en Belgique, Vivre au présent à Montpellier, ou le Collectif contre la venue du pape à Reims ont lancé une vaste campagne de débaptisation qui a laissé des traces sur les registres de baptême des différents évêchés : celui de Besançon a reçu 158 demandes cette année-là, contre une vingtaine en 2007.

Aujourd'hui, les modèles de lettre fleurissent sur le Net, accompagnés de cette recommandation : l'envoyer en double exemplaire, à la paroisse de baptême et à l'évêché du diocèse auquel elle appartient, car les registres de baptême sont tenus à ces deux niveaux. C'est sur le site de l'association anarchiste rennaise Subsociety (www2.comlive.netsociety.org) qu'Alice s'est procuré sa demande de débaptisation. Greg, le webmaster du site, a renoncé à son baptême en 2005 et créé ce "débaptisator" dans la foulée : "Il n'y a qu'à remplir un formulaire avec ses nom, prénom, date et lieu de baptême, imprimer la lettre ainsi générée, et timbrer l'enveloppe. J'ai pensé à ce petit script pour relancer la campagne de débaptisation sous une forme simplifiée et légèrement ludique." Le "débaptisator" a été mis en ligne en juin 2005 et utilisé plus de 3 500 fois depuis. "Mais je n'ai aucun moyen de savoir combien de lettres sont réellement arrivées jusqu'aux évêchés. Un bon millier, à mon avis", estime Greg.

Dans certaines paroisses, l'envoi de la lettre peut n'être que le début du "calvaire", la demande de débaptisation se heurtant parfois aux réticences du clergé. "Du côté de l'évêché de Poitiers, je n'ai eu aucun problème, j'ai tout de suite reçu de sa part une photocopie du registre de baptême portant la mention baptisée contre sa volonté , témoigne Anne Monichon, 25 ans. A l'inverse, le curé de la paroisse m'a envoyé un courrier dans lequel il me traitait de tous les noms, me disant qu'il faisait ce qu'il voulait et qu'il ne me demandait pas mon avis."

LIBERTAIRES ET ANTICLÉRICAUX

De même, Gaël Fontana, Brestois de 33 ans, a dû se faire menaçant pour obtenir le gage que l'Eglise ne le considérait plus comme membre de la communauté catholique : "Après avoir envoyé deux lettres sans que ni le curé ni l'évêché ne m'apportent la preuve de ma renonciation au baptême, je leur ai signifié que j'avais fait parvenir mon dossier à la CNIL [Commission nationale de l'informatique et des libertés]. L'effet a été immédiat : la semaine suivante, j'ai reçu deux courriers contenant mon acte de baptême modifié." Les registres de baptême n'échappent pas à la loi informatique et libertés, qui donne le droit de rectifier des données personnelles figurant sur un fichier lorsque y ont été détectées des erreurs ou des inexactitudes. Un argument de poids pour les militants de la débaptisation.

Ces militants sont pour beaucoup des libertaires et anticléricaux de tout poil. Mais pas seulement. Pour le père Sommacal, "ce sont les sectes anticatholiques qui poussent leurs membres à faire cette démarche, afin de manifester leur hostilité à l'Eglise : le mouvement raélien, certains Témoins de Jéhovah…" Ainsi en 2007, deux des neuf demandes adressées à l'évêché d'Arras étaient motivées par l'appartenance aux Témoins de Jéhovah. Et sur son blog, Christian Boury, "raélien et très fier de l'être", indique "comment rédiger votre acte d'apostasie". Dénonçant l'hostilité de l'Eglise aux homosexuels et au préservatif, il conclut : "Il est grand temps pour elle de disparaître…" Du côté des "débaptisés" moins prosélytes, on trouve aussi des convertis à une autre religion, comme Elodie "Khadija" Essoul, 26 ans. Cette habitante de Poissy (Yvelines) s'est convertie à l'islam en 2006 dans les règles de l'art : "Je suis allée à la mosquée avec une amie, et j'ai fait ma profession de foi devant l'imam et des témoins." Pour se mettre en totale conformité avec sa nouvelle religion, elle a choisi de renoncer à son baptême un an plus tard, même si rien ne l'y obligeait. En toute discrétion : "Pour ma famille, ma conversion était déjà une trahison, alors je n'ai rien dit…".
Fabien Mollon

le Monde
samedi 16 août 2008 à 08:23
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Dieu, Einstein et moi

Chrétiens, crétins : faux amis !

15 août 2008


par Basile de Koch



Si je n’étais pas croyant – ce qu’à Dieu ne plaise ! – je ne serais sans doute pas pour autant progressiste (y a des limites) ; mais à tout le moins cynique ou un peu je-m’en-foutiste. Je me préfère encore en être faible, fragile ou superstitieux, tout ce que vous voudrez…

Comme chacun sait, depuis la mort de Dieu – annoncée successivement par Nietzsche et le Père Ubu – le christianisme est devenu dans la vulgate en vogue une “religion d’esclaves”, taillée sur mesures pour les débiles comme moi, infoutus d’affronter virilement, face à face et mâchoires serrées, le Grand Rien qu’on nous propose désormais comme but de promenade …

Il faut vraiment n’y rien comprendre, ni même connaître, pour proférer à l’encontre de la religion chrétienne de telles crétineries (accessoirement blasphématoires, ce qui n’est pas très cool.) Quand on ne sait pas, on ne dit pas… Moi par exemple, personne ne m’a jamais surpris en train de commenter l’équation E=MC21

Ce qui ne laisse pas de m’épater, c’est le nombre de penseurs et assimilés qui n’ont participé à l’assassinat de Dieu qu’en s’imaginant prendre Sa place, en toute simplicité. Tel est le sens du glissement de la religion (asservissement) à la pensée libre (libre-pensée) : fini le “peuple de Dieu” dont nous parle la Bible ; vive le “peuple de dieux” selon Jean-Jacques Rousseau. Exactement le genre de Lumières qui empêche tout le monde d’y voir clair !

Contrairement à ce qu’on me rabâche sur tous les tons, ma religion à moi que j’ai ne repose nullement sur cette balançoire de la “culpabilité” judéo-chrétienne, dont il faudrait à tout prix sortir pour redécouvrir une introuvable “innocence” païenne ; pas non plus sur la prétendue “facilité” qu’elle donnerait de n’avoir point à penser par soi-même. Elle est fondée exclusivement sur l’amour (j’ai pas dit la partouze).

A en croire le président Jésus, les Dix commandements n’en sont que deux qui n’en font qu’un : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même.” Bonne Nouvelle ? Sans doute, mais qui n’en est pas moins difficile à mettre en pratique. Il faut d’abord s’aimer soi-même, ce dont nombre d’égotistes patentés ne sont même pas capables ; et puis il faut savoir tempérer cette ardeur, pour ne pas écraser ses “prochains” sous le poids de l’amour de soi. Alors seulement on peut tenter l’impossible, le surhumain, le divin : se mettre à la place des autres tout en restant à la sienne…

Mais sans doute prêché-je dans le désert, comme d’autres très grands avant moi. C’est qu’avec les rationalistes on peut pas lutter, comme je dis volontiers !

“Le fou, c’est celui qui a tout perdu sauf la raison !”, disait Chesterton. Eh bien, cette géniale boutade métaphysique est si contraire à l’esprit du siècle2 qu’elle est universellement comprise de traviole. Là où le père du Père Brown nous met en garde contre l’absolutisation de la Raison, voie royale vers l’aliénation mentale, tout le monde comprend l’exact inverse : un de ces banals “éloges de la folie” devenus si tendance depuis Erasme et Michel Foucault…

Mais on ne va pas s’empailler pour si peu ! Au cas où vous feriez un blocage sur Chesterton, je vous propose de rester bons amis en concluant sur un mot de Francesco Arrabal. A un Martien qui l’interrogeait un jour sur sa profession, il a répondu : “Piéton !” Comme quoi Arrabal n’est pas fou3.


http://www.causeur.fr/dieu-einstein-et-moi,742
lundi 25 août 2008 à 10:23
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La laïcité dans tous ses états

Edition : Prendre le droit au sérieux

Gérard Desportes ayant publié vendredi un excellent article intitulé "la laïcité est-elle soluble dans le sarkozysme", à propos notamment de la consécration d'un temple bouddhique dans l'Hérault en présence de ministres de la République accompagnant l'épouse du chef de l'Etat et de l'hommage aux soldats tués en Afghanistan, il est bon de republier ici un billet que j'avais écrit il y a quelques mois sur la laïcité.

Les discours de Nicolas Sarkozy sur la place des religions dans nos sociétés ne laissent pas indifférents et suscitent l’indignation des défenseurs de la laïcité, tel que François Bayrou, avec lequel je suis d’ailleurs ici en grande partie d’accord, pour qui le président “remet en cause la laïcité républicaine” . Pour Yvon Quiniou, “à la racine de l’approche sarkozyenne de la laïcité, qui rompt avec la tradition républicaine française, il y a un parti pris idéologique : l’idée que l’homme ne saurait se passer de la religion et du fondement qu’elle est censée apporter à ses choix moraux.” Pour autant, comme n’a de cesse de le rappeler Marcel Gauchet, le lien politique n’a que faire de la religion : “il est possible de donner à l’exception moderne, dans son prolongement, sa portée d’expérience de sortie de la religion. J’entends par là la constitution d’une mise en forme de l’être ensemble qui se passe de la religion. Le social et le politique cessent d’avoir besoin d’elle pour se définir et s’organiser. les croyances religieuses ne disparaissent pas, elles font toujours partie du paysage, elles n’ont simplement plus le même rôle. Elles ne fonctionnent plus comme ce qui structure l’être ensemble” (M Gauchet, Le débat n°127 nov dec 2003). Et, comme le rappelle Edgar Morin dans un “chat” du Monde “l’Europe est métachrétienne. Elle était chrétienne au Moyen Age, et l’Europe moderne s’est fondée sur des idées laïques. Et bien entendu, le message évangélique s’est laïcisé sous la forme de l’humanisme européen.



Et en ce qui concerne le problème de la foi, je crois qu’on peut être aussi moral quand on n’est pas croyant que quand on l’est. “



Thomas Jefferson, dans une lettre du 1er janvier 1802 écrivait ceci : “c’est avec une souveraine révérence que je contemple cet acte par lequel le peuple américain déclara que son parlement [le congrès] ne devrait voter de loi concernant l’établissement d’une religion ou son libre exercice - construisant ainsi un mur de séparation entre l’église et l’État, conformément à l’expression de la volonté suprême de la nation de [libre conscience]”. En 1777, le même Jefferson expliquait qu’il était “coupable et tyrannique de forcer un homme à payer des contributions destinées à répendre des opinions qui ne sont pas les siennes ; que même le forcer à fournir l’entretien de tel ou tel prédicateur d’une croyance religieuse qui est la sienne, c’est le priver de la douce liberté de donner sa contribution au pasteur en particulier qui lui prêche l’honnêteté et la droiture de la manière la plus persuasive”. Et Madison dans une lettre à Jasper Adams, défendait “l’abstinence complète du gouvernement à l’égard des églises, nonobstant les nécessités de préserver l’ordre public”. Enfin, en tant que moderne et donc plus héritier des lumières que de nos origines chrétiennes, nous ne saurions éviter de citer John Locke : “le pouvoir ecclésiastique ne saurait en aucune manière s’étendre aux affaires civiles, parce que l’Église elle-même est entièrement séparée de l’État. Les bornes sont fixes et immuables de part et d’autre. C’est confondre le ciel avec la terre que de vouloir unir ces deux sociétés, qui sont tout à fait distinctes et entièrement différentes l’une de l’autre…” (citations extraites de l’excellent article de Denis Lacorne paru dans la revue Le Débat de Novembre-décembre 2003 intitulé la séparation de l’Église et de l’État aux États-Unis)



Mais qu’est ce que la laïcité ? Yvon Quiniou nous explique que “la laïcité, telle que la France la revendique depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, ne se définit pas positivement par une ouverture de principe aux croyances religieuses. Elle consiste bien plutôt dans un retrait ou une abstention qui fait devoir à la République de ne pas porter atteinte à la liberté de conscience et de culte et, par conséquent, de n’en reconnaître ou de n’en soutenir aucun en particulier. Elle garantit ainsi, à l’encontre du prosélytisme religieux, la liberté absolue d’être sans religion. “



Mais qu’en est-il exactement au regard de la jurisprudence ? En pleine polémique relative au voile islamique porté par quelques élèves dans les écoles, le Conseil d’Etat rendit le 27 novembre 1989 rendit un important avis sur la question qui plongea les professeurs dans le désarroi : “le principe de laïcité implique nécessairement le respect de toutes les croyances”. ” Il résulte des textes constitutionnels et législatifs et des engagements internationaux de la France sus-rappelés que le principe de la laïcité de l’enseignement public, qui est l’un des éléments de la laïcité de l'État et de la neutralité de l’ensemble des services publics, impose que l’enseignement soit dispensé dans le respect d’une part de cette neutralité par les programmes et par les enseignants et d’autre part de la liberté de conscience des élèves”.”Dans les établissements scolaires, le port par les élèves de signes par lesquels il entendent manifester leur appartenance à une religion n’est pas par lui-même incompatible avec le principe de laïcité, dans la mesure où il constitue l’exercice de la liberté d’expression et de manifestation de croyances religieuses, mais que cette liberté ne saurait permettre aux élèves d’arborer des signes d’appartenance religieuse qui, par leur nature, par les conditions dans lesquelles ils seraient portés individuellement ou collectivement, ou par leur caractère ostentatoire ou revendicatif, constitueraient un acte de pression, de provocation, de prosélytisme ou de propagande, porteraient atteinte à la dignité ou à la liberté de l’élève ou d’autres membres de la communauté éducative, compromettraient leur santé ou leur sécurité, perturberaient le déroulement des activités d’enseignement et le rôle éducatif des enseignants, enfin troubleraient l’ordre dans l’établissement ou le fonctionnement normal du service public.”



Selon le Conseil d'État, la laïcité implique donc la neutralité de l'État, mais aussi plus positivement le respect de la liberté de conscience et de la liberté d’expression.



La neutralité de l'État est entendue de façon très stricte vis à vis de ses serviteurs, les agents publics. C’est ainsi que dans son avis du 3 mai 2000 , le Conseil d'État précise que “si les agents du service de l’enseignement public bénéficient comme tous les autres agents publics de la liberté de conscience qui interdit toute discrimination dans l’accès aux fonctions comme dans le déroulement de la carrière qui serait fondée sur leur religion, le principe de laïcité fait obstacle à ce qu’ils disposent, dans le cadre du service public, du droit de manifester leurs croyances religieuses”. Il y a donc bien une différence entre les usagers des services publics, et les fonctionnaires qui ne peuvent en aucun cas manifester leurs croyances religieuses. De la même façon, le Conseil d'État fait souvent prévaloir les nécessités du service public sur les demandes d’autorisation d’absence des agents leur permettant d’accomplir les rites de leur confession. Ainsi, le juge des référés du Conseil d’Etat indique-il le 16 février 2004 que “la liberté de culte présente le caractère d’une liberté fondamentale ; que toutefois, en estimant que les nécessités du fonctionnement normal du service public faisaient obstacle à ce que M. X soit autorisé à se rendre à la mosquée chaque vendredi de 14 heures à 15 heures, alors que le règlement horaire applicable aux gardiens d’immeubles de l’Office dont il relève prescrit, en ce qui concerne ce jour de la semaine, une présence obligatoire de 5 heures à 8 heures, de 9 heures à 11 heures et de 14 heures à 16 heures 30, la présidente de l’Office municipal d’habitations à loyer modéré de Saint-Dizier n’a pas porté une atteinte manifestement illégale à la liberté de M. X de pratiquer la confession de son choix”. Cependant, la liberté des usagers elle-même n’est jamais totale et doit être conciliée avec d’autres libertés, ou d’autres principes. Ainsi, un arrêt du 14 avril 1995 , toujours rendu à propos des autorisations d’absence, indique que “Les élèves des établissements publics d’enseignement du second degré peuvent bénéficier individuellement des autorisations d’absence nécessaires à l’exercice d’un culte ou à la célébration d’une fête religieuse dans les cas où ces absences sont compatibles avec l’accomplissement des tâches inhérentes à leurs études et avec le respect de l’ordre public dans l’établissement. Toutefois, les contraintes inhérentes au travail des élèves en classe de mathématiques supérieures font obstacle à ce qu’une scolarité normale s’accompagne d’une dérogation systématique à l’obligation de présence le samedi, dès lors que l’emploi du temps comporte un nombre important de cours et de contrôles de connaissance organisés le samedi matin. Le motif tiré de ce qu’un élève ne pourrait bénéficier d’une telle dérogation systématique peut légalement justifier un refus d’inscription.” En clair, cela veut dire qu’un établissement n’est jamais obligé d’adapter son fonctionnement afin de le rendre “compatible” avec les exigences des différentes croyances. Et dans un autre arrêt du même jour , la haute juridiction nous explique que “Les dispositions relatives à l’obligation d’assiduité de l’article 3-5 ajouté au décret du 30 août 1985 par l’article 8 du décret du 18 février 1991 n’ont pas eu pour objet et ne sauraient légalement avoir pour effet d’interdire aux élèves qui en font la demande de bénéficier individuellement des autorisations d’absence nécessaires à l’exercice d’un culte ou à la célébration d’une fête religieuse, dans le cas où ces absences sont compatibles avec l’accomplissement des tâches inhérentes à leurs études et avec le respect de l’ordre public dans l’établissement. Dès lors, elles ne portent pas atteinte à la liberté religieuse garantie aux élèves”.



Afin de mettre un terme aux polémiques récurrentes relatives au port de signes religieux "ostentatoires" aunsi qu’aux difficultés d’application des différentes circulaires ministérielles tentant de tirer les conséquences de l’avis du Conseil d’Etat de 1989, le législateur est intervenu dans le sens de leur interdiction dans les établissements scolaires publics. Les premières jurisprudences sont intervenues le 5 décembre 2007 : “si les élèves des écoles, collèges, et lycées publics peuvent porter des signes religieux discrets, sont en revanche interdits, d’une part, les signes ou tenues, tels notamment un voile ou foulard islamique, une kippa ou une grande croix, dont le port, par lui-même, manifeste ostensiblement une appartenance religieuse, qu’en raison du comportement de l’élève. En estimant que le keshi sikh (sousturban)…bien qu’il soit d’une dimension plus modeste que le turban traditionnel et de couleur sombre, ne pouvait être qualifié de signe discret et que l’intéressé, par le seul port de ce signe, a manifesté ostensiblement son appartenance à la religion sikhe, la cour administrative d’appel de Paris n’a pas fait une inexacte application de l’article L 141-5-1 du code de l’éducation”. Même solution concernant un bandana “après avoir relevé, par une appréciation souveraine des faits, que le carré de tissu de type bandana couvrant la chevelure… était portée en permanence par l’élève et que celle-ci et sa famille avaient persisté avec intransigeance dans leur refus d’y renoncer, la cour administrative d’appel de Nancy a pu, sans faire une inexacte application des dispositions de l’article L 141-5-1 du code de l’éducation , déduire de ces constatations que Melle… avait manifesté ostensiblement son appartenance religieuse par le port de ce couvrechef, qui ne saurait être qualifié de discret, avait méconnu l’interdiction posée par la loi (notons ici que le juge insiste sur le comportement de l’élève et de sa famille). A chaque fois, la violation de l’interdiction aboutit à l’exclusion des élèves.



Cela étant, le principe constitutionnel de laïcité implique-il une stricte séparation entre l’église et l'État ? il ne le semble pas. En effet, en ce qui concerne l’obligation d’organiser un enseignement religieux dans les écoles publiques en Alsace Moselle, le Conseil d’Etat, dans un arrêt du 6 avril 2001 SNES, admet que la législation spéciale de ces départements a été expressément maintenue : “Considérant que l’article 7 de la loi du 1er juin 1924, mettant en vigueur la législation civile française dans les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle, a maintenu en application dans ces départements les articles 21 à 79 du code civil local ; qu’ainsi le maintien en vigueur de la législation locale procède de la volonté du législateur ; que si, postérieurement à la loi précitée du 1er juin 1924, les préambules des constitutions des 27 octobre 1946 et 4 octobre 1958 ont réaffirmé les principes fondamentaux reconnus par les lois de la République, au nombre desquels figure le principe de laïcité, cette réaffirmation n’a pas eu pour effet d’abroger implicitement les dispositions de ladite loi”. Il faut dire aussi que cette obligation s’accompagne de la faculté ouverte aux élèves, sur demande de leurs représentants légaux, d’en être dispensés…(1).



Mieux même, il ne semble pas que toute subvention à un culte soit contraire à la constitution. En effet, la loi du 9 décembre 1905 de séparation de l’Église et de l’État n’a pas été rendu applicable en Polynésie par exemple. Et le 16 mars 2005 , le Conseil d’État indique que “le principe constitutionnel de laïcité qui s’applique en Polynésie française et implique neutralité de l’État et des collectivités territoriales de la République et traitement égal des différents cultes, n’interdit pas, par lui-même, l’octroi dans l’intérêt général et dans les conditions définies par la loi, de certaines subventions à des activités ou des équipements dépendant des cultes”. Cela étant, le Conseil d’Etat dans cette espèce rappelle que la subvention doit correspondre à un objectif d’intérêt général. Une association cultuelle ne poursuit pas en soi un intérêt public. Le juge a admis la légalité de la subvention à l’église évangélique car “elle avait pour objet la reconstruction d’un presbytère après passage d’un cyclone, que ce bâtiment jouait un rôle dans de nombreuses activités socio-éducatives notamment dans les îles éloignées comme l’île de Raiatea et que, lors du passage des cyclones, le presbytère est ouvert à tous et accueille les sinistrés, la cour administrative d’appel de Paris a pu légalement déduire de ces constatations, sans commettre d’erreur de droit, que la subvention litigieuse ne méconnaissait ni le principe de laïcité ni les dispositions de l’arrêté du 4 août 1997 et correspondait à un objectif d’intérêt général”. Et dans un arrêt du 26 juin 2007 , la cour administrative d’appel de Lyon estime pour sa part que “le principe constitutionnel de laïcité, lequel implique neutralité, notamment de
la part des collectivités territoriales, n’interdit pas par lui-même l’octroi, dans l’intérêt général et dans les
conditions prévues par les lois, de subventions au bénéfice d’organismes ayant des activités cultuelles”. Et, pour ce qui concerne l’application de la loi de 1905 “si un tel principe exclut
qu’une subvention publique soit accordée, directement ou indirectement pour l’exercice d’un culte, il ne fait pas
obstacle à ce qu’une personne morale, même ayant pour partie des activités cultuelles, reçoive une aide d’une
collectivité publique liée spécifiquement à l’exécution de travaux ou à la réalisation d’une opération présentant un
caractère d’intérêt général, à la condition que ni ces travaux ni cette opération ne puissent être regardés comme
spécialement destinés à l’exercice de l’activité cultuelle “. Cette loi pourrait donc à notre sens un jour être remise en cause, ou plus exactement “assouplie” pour permettre le financement de lieux de cultes. En attendant, les juridictions continuent à appliquer le texte de façon stricte. Ainsi, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a-t-il peu juger le 12 juin 2007 que la délibération d’un conseil municipal attribuant par bail emphytéotique en contrepartie d’une redevance symbolique d’un euro, un terrain en vue d’y édifier une mosquée est assimilable, de part ses caractéristiques financières, à l’octroi d’une subvention en violation de la loi du 29 décembre 1905 (BJCL n°11/07 p 799).

Mais, de façon générale, je doute que la jurisprudence tende à dresser “un mur de séparation” entre l’Église et l’État” comme le souhaitait Jefferson pour les États-Unis d'Amérique nouvellement créés…



(1) pour un autre exemple concernant la liberté d’association en Alsace Lorraine, voir une solution semblable du Conseil d’Etat en date du 22 janvier 1988 Association Les Cigognes.


http://www.mediapart.fr/club/edition/prend...-tous-ses-etats


Ce message a été modifié par sandie72 - lundi 25 août 2008 à 10:23.
dimanche 31 août 2008 à 10:24
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La laïcité, une valeur si chère et si précieuse pour la république française. Qu’est ce qu’elle renferme comme sens ? Peut-on la considérer comme principe intransgressible qui ne tient pas compte de la notion de l’espace-temps ? Ou peut-on l’assimiler à un état d’esprit mutant qui accepte mieux le changement? Le fait qu’elle est, à la fois, un règlement juridique et un art de vivre ensemble, nous ne devrions pas l’adapter aux nouvelles valeurs sociétales ?
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Pour ma part oui, j’opte pour la deuxième proposition tout en considérant la mutation dans le sens d’acceptation d’un nouvel ordre et non un changement caméléonesque qui change de visage au regard du moindre effet. Par principe, j’ai horreur de l’assimilation et je refoule catégoriquement l’idée qui préconise la non-mutation de tel ou tel principe. Aujourd’hui, la laïcité est confrontée au développement de revendications culturelles et religieuses, souvent d’ordre identitaire. Laïcité telle qu’elle a été conçue depuis le début du siècle se voit, désormais, interpeller pour actualiser son contenu. Avant de creuser en profondeur la question de la révision du principe de la laïcité, j’aimerais donner sa définition telle qu’elle est dans « le petit robert »; le temple qui veille sur la langue française :



« Conception politique impliquant la séparation de la société civile et de la société religieuse, l'État n'exerçant aucun pouvoir religieux et les Églises aucun pouvoir politique »

Si je me tiens au règlement juridique, la laïcité me paraît constituée de trois principes essentiels: le respect de la liberté de conscience et de culte; la lutte contre toute domination de la religion sur l’État et sur la société civile ; l’égalité des religions et des convictions les «convictions» incluant le droit de ne pas croire. Il faut arriver à tenir ensemble ces trois préceptes si l’on veut éviter toute position arrogante et péremptoire. Mais évidemment, dans la pratique, les acteurs ont tendance à privilégier l’un ou l’autre de ces trois principes : les croyants se réfèrent surtout à la liberté de culte; les agnostiques (et les anticléricaux) s’appuient plutôt sur la lutte contre la domination des religions; quant aux minoritaires, ils insistent sur l’égalité des religions et des convictions.

Donc, la laïcité stipule la séparation des Eglises et de l’Etat. En d’autre terme, la laïcité est un principe essentiel qui représente la récolte bénéfique d’une longue histoire conflictuelle opposant pendant longtemps deux visions antagonistes, celle de ceux qui défend l’idée que la société redevienne «la fille aînée de l’Église» à celle de ceux qui pensent que la société moderne doit être la fille de la « Révolution de 1789 », jusqu’à la loi de séparation qui permet une pacification de ce «conflit des deux antagoniste» et la construction de ce que j’appelle «le pacte laïque ». Cette définition relate tacitement le non ostentation des signes religieux dans les lieux publics, c'est-à-dire la mise en valeur indiscrète d'un avantage religieux quelconque. Cette définition tient compte des paramètres socioculturels de l’époque lorsque les conflits entre la classe prolétaire et féodale font rage dans un contexte religieux plus au moins homogène, c'est-à-dire le conflit qui oppose des acteurs issus majoritairement de la même religion «christianisme ». Malgré les différences qu’on peut observer au sein de cette même communauté, les non-religieux s’efforcent tant bien que mal d’écarter les religieux de la vie civile afin de les empêcher d’avoir une emprise sur le pouvoir politique ainsi ils les écartent de toute intrusion dans les affaires de la société contre et toue atteinte à la liberté au sens universel.

Forcément, la promulgation des règles de la laïcité ne jouît de sens que dans des sociétés issues de même entité religieuse qui partage les mêmes niches conceptuelles et conventionnelles. Les sociétés occidentales ou d’autres sociétés moins développées qui partagent les mêmes valeurs chrétiennes, rendent facilement assimilable les règles de la laïcité qui consistent à refouler toutes formes d’exhibition ou d’affichage d’un signe religieux par contre elle tolère d’autres formes d’exhibitionnisme. Le pacte laïc est contradictoire dans ce sens car il ne tient pas compte du changement de la société civile qui devient de plus en plus hétéroclite. Prenons par exemple, la religion musulmane est devenue la deuxième religion de France voire même partout et on assiste aussi à l’émergence d’autres croyances comme les bouddhistes et j’en passe. Ces populations accordent une importance majeure à leurs tenus vestimentaires qui, en fait, les distinguent et les singularisent des autres. Les français, les américains, les italiens etc... fils des émigrés de la troisième génération ont d’autres soucis que se plier au pacte laïque de la république. Ce sont les soucis de l’intégration dans la société civile qui les tracassent et cherchent à jouir d’une reconnaissance qui met en valeur leurs êtres. Il est bien clair que l’individu peu importe son origine a tendance à se replier sur lui-même dès qu’il ne ressente pas une gratification à sa personne. Donc le seul lieu de refuge pour lui, c’est de se vêtir de quelque chose qui le distingue de ceux qu’il les considère les mêmes. Dans ce métaphore lui appartient aux autres.

Tout pour les mêmes et rien pour les autres

[Adam Smith]

Prenons le port de hijab comme autre exemple de signe ostentatoire d’après le pacte laïc. Le pourquoi le port de hijab a une double réponse, celle de forme qui permet de sa porteuse un signe qui la différencie des autres et celle de fond qui est à mon sens la plus plausible, c’est pour marquer la supériorité masculine. Je rappelle qu’il y plus de 15 siècle en arrière les tributs de moyens orients et de l’Asie mineur, les hommes enterraient les filles vivantes à leurs naissances parce qu’elles sont des filles. Ce n’est qu’à l’arrivé de l’Islam que cette pratique a été abolie « Cf sourate Takwir n° 81 ». On a changé la tuerie collective par un emballage qui s’appelle le hijab. Ceux-ci me ramènent à affirmer que le port de hijab ainsi que d’autres signes ostentatoires tirent leurs essences depuis le registre conventionnel qui appartient à des normes ancestrales qui existaient bien avant l’arrivé de la société religieuse « Islam ». D’ailleurs, je vous fais observer qu’il y a une différence flagrante de la forme de hijab d’une société à l’autre : Le port de « hijab » chez les femmes afghanes, qui ressemble plutôt à une prison ambulante de couleur bleu, n’a pas la même signification que chez les femmes africaines ou orientales malgré le fait qu’elles appartiennent à la même entité religieuse.

A mon sens, je pense que la laïcité est plurielle et je peux imaginer plusieurs seuils de laïcisation suivant la société et le pays en question. Par exemple en France, Le premier seuil s’est construit au moment de la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » Le deuxième seuil s’est construit en 1905 « la loi de séparation des Églises et de l’État ».

Quelles frontières de la laïcité ?

Il me semble que c’est très difficile de tracer les frontières de la laïcité et du surcroit varient selon les pays. Par exemple dans un pays comme le Canada qui se veut une société multiculturelle. Ce multiculturalisme n’était pas un relativisme culturel, qu’il fonctionnait sous l’hégémonie d’une anthropologie des droits de l’homme. C’est à partir de cette anthropologie que l’on peut définir le «non négociable». De ce point de vue des pratiques telles que, la polygamie, l’excision, le mariage forcé font partie du domaine de «non négociable». En revanche, je reviens sur la question du port du hijab dans les pays comme l’Amérique du Nord (USA, Canada), cette question apparaît, relativement anodine, en tout cas gérable. L’important, c’est de déterminer où l’on met le curseur. On a intérêt à le mettre à un endroit qui permette aux gens de faire une démarche sans avoir l’impression de devoir renier leur culture. En sachant aussi faire la distinction entre ce qui est réversible et ce qui ne l’est pas sur ce qui est irréversible, il y a urgence, et il faut être ferme ; alors que sur ce qui est réversible, il peut y avoir négociation, dialogue, compromis, processus. L’excision, c’est tout un destin, on ne peut tergiverser. Le hijab, on peut discuter.

En se gardant bien de chercher à établir une définition précise du concept de laïcité, le rapport s'efforce d'appréhender son contenu, sous les angles suivant:

* La laïcité ne se résume pas à la neutralité de l'Etat, ni à la tolérance. Elle ne peut ignorer le fait religieux et implique l'égalité entre les cultes.
* Laïcité et pluralisme: hormis le fait qu’en 1905, la catégorie des cultes reconnus a disparue, et si l'Etat ne doit donc reconnaî