Wednesday 27 February 2008 à 18:18
Citer +Citer
La sorcellerie a toujours accompagné les hommes depuis les debuts de l Humanité....On la retrouve dans toutes les civilisations et toutes les contrées du Monde...Elle vehicule une quête propre à l Homme, est le reflet de ses craintes, de ses interrogations...Liée à un nombre considérable d 'évènements elle a une place très importante dans l histoire de la religion et du surnaturel...Je vous propose donc ici d ' étudier son évolution à travers les siècles...





Wednesday 27 February 2008 à 18:24
Citer +Citer
Magie et sorcellerie dans la prehistoire




L'Aube des civilisations s'accompagne des premières œuvres d'une mystique liée à tout ce qui sera pour nous le témoignage de l'évolution culturelle: art, vie sociale et magie sont liés des les premiers temps de l'humanité.

S'il est tentant de chercher "ailleurs" les origines des premières initiations des hommes, c'est en tout cas dans la nature élémentaire de leur milieu que ceux ci firent leurs premiers pas dans ces domaines qui nous passionnent tant aujourd'hui.




Ici commence notre histoire de la magie: quatre éléments qui ont pétri l'homme et que celui-ci pétrira a son tour.

Et de la mystique: Passion, Interprétation, Rêve, Vie ou Mort, Temps et Espace, seront les domaines privilégiés du questionnement des hommes pour les millénaires a venir.
Illumination et Transcendance seront ses voies pour y répondre.

Ses premières œuvres (et premières transformations de la matière brute et élémentaire) l'expriment avec un talent qui suscite en nous une grande émotion.
Les œuvres d'art néolithiques à la fois expriment et sont une transformation magique: la visualisation précède la matérialisation.


La naissance du symbole permet la mise en relation d'éléments (ici: terre-air). Mais c'est aussi la matérialisation de la présence d'idées visibles par tous qui se développe ici, et qui deviendra la magie des maçons, des monuments, de l'architecture, et des temples


Mais l'homme est aussi conscient d'avoir un destin, une place dans l'univers qui va au-delà de son passage sur terre. Ainsi il s'y prépare, et la magie sera jusqu'au moment de sa mort le contact avec cet inconnu.



C'est donc avec la maîtrise des éléments et la volonté de prendre son destin en main et de construire son environnement que l'homme magicien aborde une nouvelle ère - historique celle-ci - (par opposition à la préhistoire) avec l'invention de l'écriture qui donnera une nouvelle dimension à toute son œuvre, gravant - sur de la pierre d'abord - ce souffle divin encore impalpable qu'était la parole.
lien

















Ce message a été modifié par sandie72 - Wednesday 27 February 2008 à 18:25.
Thursday 28 February 2008 à 17:23
Citer +Citer
Sorcières et magiciennes dans l’Antiquité


Les cultes de ces antiques Déesses-Mères légués par la préhistoire se retrouvent en Grèce à Éleusis. Il subsiste l’originelle proximité et l’empathie avec la Nature dans le culte agraire qui est rendu aux deux déesses Déméter et Perséphone sur lequel vient se greffer l’élément orphique, et son contraire le culte dionysiaque, plus archaïque encore, où le sacrifice du dieu, androgyne à l’origine, est rituellement et cycliquement perpétré, et symboliquement dévoré à nouveau par les Ménades, marquant la régression, en somme, du « cuit » au « cru ». Autant de caractéristiques qui survivront, diluées, amalgamées dans le culte de Diane de l’Antiquité tardive et durant tout le Moyen Âge où viendront se greffer de nouveaux éléments provenant du folklore local des divers pays d’Europe.

Égérie, Circé, Médée surtout en sont autant de prototypes, et ne sont pas très différentes de la Lilith biblique, la Lilitu des Assyriens.

Circé et Médée sont auprès des héros Ulysse et Médée, tour à tour adjuvant et opposant. Après avoir apporté à Jason une aide indispensable à sa survie et la réussite de sa quête, Médée est abandonnée par son amant et se venge de terrible façon. D’un point de vue féministe, la folie destructrice de Médée témoigne d’une condition féminine où, si elle n’est ni épouse ni hétaïre, la femme n’a plus aucun droit, plus aucune modalité d’exister sinon celle de devenir entièrement négative, ravageant ce qui l’entoure, jusqu’à en arriver à l’élimination des enfants qu’elle a eu de l’homme qui l’abandonne après lui avoir pris sa vie et s’en être servi pour satisfaire son ambition. Médée se venge du joug que l’homme lui impose, et qui est celui d’une société désormais patriarcale.

Dans une évolution inverse, Circé commence par transformer les hommes d’Ulysse en animaux avant de les libérer puis de donner des conseils critiques pour la suite du voyage.

Belles sorcières grecques, Circé retient Ulysse et Médée séduit Jason. À l’inverse, Baba Yaga de la mythologie slave est laide comme le stéréotype de la vieille sorcière et utilise comme elle des ustensiles domestiques pour se déplacer, un mortier et un pilon, le balai servant à effacer ses traces.



(wiki)
Friday 29 February 2008 à 11:22
Citer +Citer

La Vénus de Willendorf





Vénus paléolithique



Ce message a été modifié par Okomarac - Tuesday 01 April 2008 à 18:20.
Friday 29 February 2008 à 17:44
Citer +Citer
Un sujet sur la sorcellerie sans mention de Carlos Castaneda n'est pas un sujet sur la sorcellerie [1]. sm17.gif
Saturday 01 March 2008 à 00:28
Citer +Citer

Regbar
Friday 29 February 2008 à 17:44
Un sujet sur la sorcellerie sans mention de Carlos Castaneda n'est pas un sujet sur la sorcellerie [1]. sm17.gif




Ben , on a des pages pour en parler . Sandie72 commence par le début .

Sunday 02 March 2008 à 13:44
Citer +Citer
Le sujet commençait à partir en vrille, j'ai donc du intervenir :
  • Propos déplacés retirés
  • Critiques contre la sorcellerie mises dans un sujet à part, vu qu'il s'agit d'une autre problématique.
  • Sujet renommé pour plus de clarté.

Monday 03 March 2008 à 12:03
Citer +Citer
Merci Grenouille!

La sorcellerie au Moyen Age...origine des persecutions

Origines historiques

Contestations du pouvoir religieux

L’Église catholique entend exercer un contrôle absolu non seulement sur les contenus théologiques, mais également sur les modes de vie. L’Inquisition est organisée au début du XIIIe siècle par Grégoire IX pour lutter contre les hérétiques, suite au concile de Latran IV. Ses premières victimes sont les Cathares et les Vaudois, qui ont des perceptions différentes de la foi chrétienne.

Parfois, la contestation relève d’un désir de liberté. En réaction aux fièvres millénaristes fleurissent des sectes dans la mouvance du Libre-Esprit, comme les bégards et les lollards qui réclament une plus grande liberté des corps et des consciences. On trouve dans ces sectes un grand nombre de femmes. Elles expriment leur désaccord avec l’Église, en réclamant une libéralisation du statut de la femme. Les béguines, surtout présentes en Europe du nord, cristallisent ce courant de subversion des mœurs. Elles vivent au sein de communautés autonomes, mais ne sont pas ordonnées. Elles sont autonomes en vivant d’aumônes, mais aussi de leurs salaires pour leurs soins médicaux ou leurs travaux textiles. Surtout, elles prônent une plus grande liberté sexuelle et récusent l’autorité des hommes. Marguerite Porete, une béguine, pousse la provocation jusqu’à publier à la fin du XIIIe siècle un traité de théologie, le Miroir des âmes simples anéanties. Poursuivie par l’Inquisition, elle est condamnée pour hérésie et est brûlée en 1310.

Réaction de l’Église

Vers 1326, le pape Jean XXII rédige la bulle Super Illius Specula, qui définit la sorcellerie comme une hérésie. En 1484, le pape Innocent VIII lance le signal de la chasse aux sorcières en rédigeant une bulle papale qui organise la lutte contre la sorcellerie et élargit la mission de l’Inquisition aux « praticiens infernaux ». La persécution est véritablement lancée à grande échelle après la publication en 1486 du Malleus Maleficarum, par Heinrich Kramer et Jacques Sprenger, deux dominicains[3]. Il s’agit d’une enquête commanditée par l’Inquisition qui décrit les sorcières, leurs pratiques, et les méthodes à suivre pour les reconnaître. Le Malleus Maleficarum, ou Marteau des sorcières en français, est un véritable succès : en 30 ans, il est réédité plus de vingt fois. Bien que rapidement rejeté par l’Inquisition, le manuel rédigé par les deux Dominicains servit de référence à la justice séculière qui condamnait les sorciers.

(wiki)

Tuesday 04 March 2008 à 05:34
Citer +Citer
comme quoi le diable est avec nous depuis la nuit des temps... et DIEU merci que tu nous a envoyé tes Messagers pour nous prévenir...et pour ceux qui n'ont point été prévenue.. Dieu en tiendra compte .
Friday 07 March 2008 à 12:23
Citer +Citer
Pierre De Lancre.

En 1484, la bulle Summis Desiderantes désigna deux inquisiteurs pour enquêter et mettre un peu d'ordre. En 1489 Sprenger avait publié le Malleus Maleficarum - le marteau des sorciers - livre fondamental qui constitue le code de la sorcellerie. A partir de ce moment les juges ecclésiastiques et laïques se mirent à la triste besogne, les bûchers s'allumèrent pour purger le royaume des serviteurs de Satan, l'histoire ouvrait ses portes à l'abomination incarnée en un seul homme : Pierre de Lancre.

Né en 1553 d'une famille bourgeoise bordelaise, contemporain de Montaigne, il avait été envoyé jeune en Italie pour étudier le droit à Turin. Curieux, il avait visité toute la péninsule. Docteur en droit en 1579, il avait pris des vacances avant de rentrer à Bordeaux, avait poussé jusqu'à Prague puis était revenu en traversant la Provence et le Languedoc. D'abord avocat, il devint conseiller au Parlement de Bordeaux le 3 août 1582. En le choisissant pour mettre de l'ordre dans le pays de Labourd, on savait qu'il était particulièrement renseigné sur le surnaturel et le merveilleux, durant ses études on lui avait révélé la puissance du démon en lui montrant chez un apothicaire une jeune fille possédée par le malin. En matière de sorcellerie, il avait tout lu et croyait à tout. Un auteur avait dit parlant de lui que sa bonne foi atteignait la naïveté et sa dévotion l'illuminisme.

Lancre, lorsqu'il reçut sa mission avait cinquante-six ans, l'horreur pouvait commencer... Dés son arrivée, De lancre savait que la région du pays de labourd était la proie du démon, à l'évidence il y'avait des sorciers partout : "Il y'a bien peu de familles qui ne touchent au sortilège par quelque bout".

En un premier temps, il fit décerner des monitoires. Les monitoires sont des mises en demeure, publiées dans les églises, pour enjoindre sous les peines ecclésiastiques, à quiconque pouvait fournir quelques renseignements intéressants les poursuites contre les sorciers de porter dénonciateur. L'arrestation d'un sorcier se faisait avec une extrême précaution, comme la puissance des sorciers vient de la terre dont le centre est la région des flammes infernales, on le saisissait par surprise et on le soulevait de terre. Puis on le plaçait dans un panier dont les anses étaient accrochées à un bâton que deux hommes portaient sur les épaules. Le sorcier était ainsi conduit en prison.

Le premier procès fut fait près d'Acqs à quatre sorcieres et un sorcier qui avaient avoué avoir donné le mal de "Laya" - forme magique de l'épilepsie - à de nombreuses personnes, l'église d'Amou avait été le théâtre d'une marque du Malin, quarante personnes s'étaient roulé à terre et avaient aboyé comme des chiens. La première sorcière appréhendée fut Françoise Broquerion, à qui il suffisait de s'approcher d'un maléficié pour qu'il tombe à terre et entre en crise.

Pour faciliter les recherches, Lancre s'était entouré de collaborateurs dévoués, un chirurgien de Bayonne spécialisé dans la recherche de la Stigma diaboli - la marque du Diable - emplacement du corps, secret et insensible, c'est là que le Diable avait posé le doigt au moment du pacte en signe de possession. Pour découvrir la marque, le chirurgien rasait d'abord tout le corps puis il enfonçait des aiguilles dans les endroits suspectés. Bien meilleure collaboratrice était Mongui, très jolie fille de 17 ans que Lancre avait attachée à sa personne. C'était une repentie qui racontait que pendant plusieurs années avant elle avait été conduite au Sabbat par des sorcières. On lui faisait chercher aussi la marque sur les jolies femmes "qui sont dans les parties très secretes". C'est ainsi que d'arrestations en arrestations et en de nombreux interrogatoires une grande partie de la population finit par avouer sa participation et sa dévotion au Démon. Du maître de Tartas qui avait conduit ses six écoliers au Sabbat au maître de cérémonies un pauvre homme de 73 ans, ils furent tous torturés et brûlés.

De Lancre se déchaîna dans le prononcement de condamnations impitoyables, ou se tenait le Sabbat ? les aveux jaillissaient mélanges à des cris et à des flots de sang. Le diable était partout le soir dans la lande, les femmes volaient et couraient échevelés, on les voyaient nues sur un bâton ou portées sur un bouc. Le conflit qui se dessinait entre les autorités religieuses et laïques allait mettre un terme à cette tuerie. Le 1er novembre la mission de Lancre se finissait, responsable de plus de 500 morts, il pouvait reprendre le chemin de bordeaux. Il y publia le tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons vers 1620, au pays de labourd on respirait mais pas pour longtemps, un peu plus tard louis XIII envoya le sévère Laubardemon qui dit un jour Donnez moi deux lignes de l'écriture d'un homme et je le ferai pendre...

Quant à Lancre il vécut vieux et mourut en 1631 à l'âge de 78 ans en laissant ces quelques vers :

Elles prennent plaisir d'écorcher des crapauds
De poudre d'araignées assaisonnent leurs peaux
Et, dans les eaux puantes
Du lac Tennarien détrempant leur venins,
Ces marâtres méchantes
Font mourir les humains de leurs charmes malins.
Cliquez pour une image complète
Défintion d'aprés le dictionnaire des sciences occultes :

1° l'Incrédulité et mécréance du sortilège pleinement convaincues , où il est amplement et curieusement traité de la vérité ou illusion du sortilège, de la fascination, de l'attouchement, du scopélisme, de la divination, de la ligature ou liaison magique, des apparitions et d'une infinité d'autres rares et nouveaux sujets, par P. Delancre, conseiller du roi en son conseil d'État. Paris, Nicolas Buon, 1612, in-4° de près de 900 pages, assez rare, dédié au roi Louis XIII ; divisé en dix traités. Dans le premier traité, l'auteur prouve que tout ce qu'on dit des sorciers est véritable. Le second, intitulé De la fascination, démontre que les sorcières ne fascinent, en ensorcelant, qu'au moyen du diable. Par le troisième traité, consacré à l'attouchement, on voit ce que peuvent faire les sorciers par le toucher, bien plus puissant que le regard. Le traité quatrième, où il s'agit du scopélisme , nous apprend que, par cette science secrète, on maléficie les gens en jetant simplement des pierres charmées dans leur jardin. Le magnétisme explique aujourd'hui la plupart de ces prodiges. Le traité suivant détaille toutes les divinations. Au sixième traité, on s'instruit de tout ce qui tient aux ligatures. Le septième roule sur les apparitions. L'auteur, qui ne doute jamais de rien, en rapporte beaucoup. Il tombe, dans le huitième traité, sur les juifs, les apostats et les athées. Dans le neuvième, il s'élève contre les hérétiques, dont l'apparition dans tous les temps a produit en effet des fanatismes plus ou moins absurdes ou abominables. Il se récrie, dans le dernier traité, contre l'incrédulité et mécréance des juges en fait de sorcellerie. Le tout est suivi d'un recueil d' Arrêts notables contre les sorciers.

2° Tableau de l'inconstance des mauvais anges et démons , où il est amplement traité de la sorcellerie et des sorciers ; livre très curieux et très utile, avec un discours contenant la procédure faite par les inquisiteurs d'Espagne et de Navarre à cinquante-trois magiciens, apostats, juifs et sorciers, en la ville de Logrogne en Castille, le 9 novembre 1610 ; en laquelle on voit combien l'exercice de la justice en France est plus juridiquement traité et avec de plus belles formes qu'en tous autres empires, royaumes, républiques et États, par P. Delancre, conseiller du roi au Parlement de Bordeaux ; Paris, Nicolas Buon, 1612, in-4° d'environ 800 pages, très recherché, surtout lorsqu'il est accompagné de l'estampe qui représente les cérémonies du sabbat.

Cet ouvrage est divisé en six livres ; le premier contient trois discours sur l'inconstance des démons, le grand nombre des sorciers et le penchant des femmes du pays de Labour pour la sorcellerie. Le second livre traite du sabbat, en cinq discours. Le troisième roule sur la même matière et sur les pactes des sorciers avec le diable, pareillement en cinq discours. Le quatrième livre, qui contient quatre discours, est consacré aux loups-garous ; le livre cinquième, en trois discours, aux superstitions et apparitions ; et le sixième, aux prêtres sorciers, en cinq discours. Tout ce que ces ouvrages présentent de curieux tient sa place dans ce dictionnaire.


(Source: Inquisitor)



Ce message a été modifié par sandie72 - Friday 07 March 2008 à 12:27.
Sunday 09 March 2008 à 12:17
Citer +Citer
Le code des sorciers par Henry Boguet ( 1550-1619 ).



Grand Juge de la terre de Saint Claude au comté de Bourgogne, mort en 1619, auteur d'un livre plein de crédulité souvent puérile et d'un zèle outré contre la sorcellerie. Ce livre publié au dix septième siècle est intitulé Discours des sorciers, avec six avis en fait de sorcellerie et une instruction pour un juge en semblable matière. C'est une compilation des procédures auxquelles, comme juge, l'auteur a généralement présidé. On y trouve l'histoire de Louise Maillat, possédée de cinq démons à l'âge de huit ans ; l'auteur détaille les abominations qui se font au Sabbat.

(Dictionnaire Infernal, Collin de Plancy, 1863)



Le juge du ressort instruit l'affaire et la juge ; on ne doit point suivre là-dedans les formes ordinaires. La présomption de sorcellerie suffit pour arrêter les personnes. L'interrogatoire doit suivre l'arrestation, parce que le Diable assiste les sorciers en prison.

Le juge doit demander à l'accusé s'il a des enfants.

Il doit bien adviser à la contenance des sorciers, voir si le prévenu ne jette point de larmes, s'il regarde à terre, s'il barbotte à part, s'il blasphème : cela est indice.

Souvent la honte empêche le sorcier d'avouer ; c'est pourquoi il est bon que le seul juge soit seul, et que le greffier soit caché pour écrire les réponses.

Si le sorcier a devant lui un compagnon du sabbat , il se trouble. On doit raser le sorcier, pour mettre à découvert le sort de taciturnité.

On ne doit point mettre au bain le sorcier ; le suffragant de Trèves dit que c'est pêché. Il faut visiter le prévenu avec un chirurgien, pour chercher les marques.

Si l'accusé n'avoue pas, il faut le mettre dans une dure prison, et avoir des gens affidés pour tirer la vérité du patient.

Il y'a des juges qui veulent promettre le pardon, et qui ne laissent pas de de passer à l'exécution, mais cette coutume, autorisée par bon nombre de docteurs, me parait Barbare.

Le juge doit eviter la torture pour le prévenu, puisqu'elle ne fait rien sur le sorcier ; néanmoins il est permis d'en faire usage, même un jour de fête.

Si l'accusé se trouve saisi de graisses, si le bruit public l'accuse de sorcelleries, il est sorcier.

Les indices légers sont les variations dans les réponses, les yeux fixés en terre, le regard hagard.

Les indices graves sont la naissance ; comme si par exemple, le prévenu était enfant de sorcier, s'il est marqué, s'il blasphéme.

Le fils est admis à deposer contre son père.

Les témoins reprochables doivent être entendus comme les autres.

On doit aussi entendre les enfants.

Les variations dans les réponses du témoin ne peuvent faire présumer en faveur de l'innocence de l'accusé, si tous l'accusent d'être sorcier.

La peine est le supplice du feu : on doit étrangler les sorciers, et les brûler après.

Les loups garous doivent être brûlés vifs.

On condamne justement sur des conjectures et présomptions ; alors on ne brûle pas, mais on peut pendre.

Le juge doit recueillir les dépositions.


(source:inquisitor)



Ce message a été modifié par sandie72 - Sunday 09 March 2008 à 12:19.
Monday 10 March 2008 à 15:57
Citer +Citer

Le Sexocide


Le cas des « chasses aux sorcières » Deux siècles de sexocide.

C'est sur un fond de troubles que paraît en 1486, directement inspiré par la bulle papale Summis desiderantes affectibus d'Innocent VIII, le Malleus maleficarum. Ses auteurs, les inquisiteurs Henry Institoris et Jacques Sprenger, ont le sentiment de vivre la désintégration d'un monde : « Au milieu d'un siècle qui s'écroule, l'hérésie des sorcières, attaquant par d'innombrables assauts, réalise en chacune de ses oeuvres, son incarnation totale »

Ce livre se révèle être l'un des éléments déclencheurs des deux vagues de persécutions des sorcières perpétrées par l'Inquisition et par les différents parlements. Ils y font une lecture démonologique centrée sur le maléfice, puis anthropologique et sexologique accablant la femme, accusée d'être la complice de Satan. La théologie s'est alors muée (mais est-t-elle fondamentalement différente aujourd'hui ?) en une idéologie amalgamant hérésie, folie et frénésie sexuelle. Le modèle démonologique de « la femme au diable » est né, aussitôt pris en charge par l'imprimerie, c'est-à-dire véhiculé par une abondante littérature d'où se détache le traité de Jean Bodin Démonomanie des sorciers (1580). Dans les premières sociétés néolithiques matriarcales, la femme avait socialement, le rôle le plus important. A l'ère chrétienne, les religions et croyances anciennes sont le diable de la nouvelle et c'est pourquoi le christianisme associa les femmes à des rôles maléfiques. Ce qui explique la prépondérance sur les bûchers des sorcières sur les sorciers. la chasse aux sorcières fut donc la répression des croyances ancestrales des cultures populaires par le pouvoir religieux augmentée d'un vaste mouvement de répression de la sexualité féminine et même, de la femme ensoi. A tel point que certains historiens parlent d'un « gynocide » ou encore d'un « sexocide » selon l'écrivaine Françoise d'Eaubonne dans Le sexocide des sorcières (1999). La phrase de Michelet extraite de son plaidoyer La Sorcière (1862), illustre bien l'ampleur de la persécution dont elles ont fait l'objet : « pour un sorcier, dix mille sorcières » Démontrant l'acharnement des inquisiteurs à juger et parfois brûler des femmes plutôt que des hommes, car entre 70 et 80% des condamnés au bûcher étaient des femmes. La sorcellerie serait donc en partie due à une misogynie tenace autant dans la culture populaire que dans la culture savante, principale responsable de cette extermination. Elles y sont rendues coupables, comme dans la bible avec la figure d'Eve, de la dénaturation de l'être humain en général, et de l'homme en particulier. Il apparaît souvent, au cours des procès du tribunal de l'Inquisition, une dimension sexuelle importante. Ces faits sont à mettre en relation avec les valeurs socioculturelles que l'Eglise et l'Etat tentent d'implanter dans l'esprit des ruraux et dans les fondements de la culture populaire. A travers la persécution des femmes s'exprime une répression plus générale de la sexualité. Les missionnaires de la réforme catholique combattent la relative liberté des mœurs qui existait dans les campagnes avant 1550. Ils imposent au monde paysan des « freins sexuels » efficaces. Les « aveux » extorqués par la torture aux prétendues sorcières peuvent être interprétés par rapport à cette lutte puritaine bien réelle. La copulation avec Satan, ou avec des démons, rappelle la survivance dans le monde rural des « fiançailles à l'essai », des concubinages, que veulent extirper de la culture populaire les autorités. Le sabbat, cette « fête sacrilège », n'est que la transposition diabolique des fêtes populaires multiples qui débouchaient fréquemment, l'ivresse aidant, sur des débordements sexuels. En fait, les multiples péchés imputés aux sorcières résultent d'une insatisfaction profonde des missionnaires devant la résistance d'une conduite sexuelle paysanne qui ne se coule pas suffisamment dans le moule théorique véhiculé par la réforme catholique du concile de Trente. Les procès en sorcellerie, dans ce contexte, permettent de culpabiliser les foules en reliant au diable la femme et la sexualité hors mariage. Dans le Malleus Maleficarum qui inspira ces vagues de répressions, les femmes sont l'emblème de la luxure. Avec elles, la sorcellerie prend la forme d'une débauche sexuelle : orgies, accouplements contre nature avec le diable, la sorcière est succube, fécondable par le diable et susceptible de donner naissance à des êtres démoniaques en transgressant les lois chrétiennes de la procréation. Les sorcières révèlent également en creux les angoisses sexuelles profondes de l'imaginaire masculin : elles sont supposées sectionner le membre viril des hommes à des fins rituelles, attenter à leur puissance sexuelle, ou encore, comme dans certains récits, engloutir des hommes par leur vagin (n'est-ce pas typiquement freudien ?).

Nombres d'historiens, et principalement Jules Michelet (1798 - 1874) dans La Sorcière, affirment que la pratique de la sorcellerie était l'expression d'une marginalisation volontaire, d'un refus de l'impérialisme religieux et d'une rébellion antisociale. Une révolte naïve de la culture populaire rurale contre les oppressions de l'Eglise et des élites urbaines et savantes, car c'est majoritairement dans les zones géographiques en cours de christianisation et dans lesquelles le pouvoir religieux était faible, dans les zones tardivement conquises, éloignées des centres de décisions et aux confins de la chrétienté qu'ont proliférés ces marginaux rebelles hostiles aux efforts de normalisation, d'intégration et d'acculturation déployés par la réforme catholique et le pouvoir monarchique. En effet, l'impiété est à l'époque baroque, un acte de rébellion. La sorcellerie peut donc être vue comme la réaction de la marginale qui sait son mode d'existence et sa liberté menacés par un nouvel ordre des choses imposé par les autorités religieuses. Loin de la considérer comme la manifestation d'un obscurantisme archaïque ou comme d'absurdes superstitions, Michelet voit dans la sorcellerie à la fois la conséquence de la misère des « temps du désespoir » et l'expression d'une révolte. La naissance, en réaction a l'impérialisme du dogme chrétien, d'une contre-culture féminine ancrée dans le paganisme -à qui l'Eglise et l'Inquisition font la guerre- pour mieux rejeter l'ordre moral chrétien. Seulement, nous pouvons voir que pour l'Eglise et les monarques européens, la plus grande menace est tout simplement la femme. Le pouvoir, les hommes et parfois même les femmes aiment voir le genre féminin comme la raison de leurs malheurs. Comme si la femme portait en elle le germe de la subversion.


Lien
Tuesday 11 March 2008 à 13:00
Citer +Citer
Jean Bodin

Savant jurisconsulte et démonologue angevin, mort de la peste en 1596. L'ouvrage qui fit sa réputation fut sa République, que la Harpe appelle le germe de l'esprit des lois. Sa démonomanie lui donne ici une place mais il est extremement difficile de juger Bodin. On lui attribue un livre intitulé Colloquium heptaplomeron de abditis rerum sublimium arcanis, dialogues en six livres, où sept interlocuteurs de diverses religions disputent sur leurs croyances, de manière que le chrétiens cèdent souvent l'avantage aux musulmans, aux juifs, aux déistes. Aussi l'on a dit que Bodin était à la fois protestant, déiste, sorcier, juif et athée. Pourtant ces dialogues sont ils vraiment de lui ? On ne les connaît que par des copies manuscrites, car ils n'ont jamais été imprimés. Sa démonomanie est parue à Paris, en 1580 ; on en fait des éditions sous le titre de Fléau des démons et des sorciers.


Cet ouvrage est divisé en quatre livres : L'auteur définit le sorcier comme celui qui se pousse à quelque chose par des moyens diaboliques. Il démontre que les esprits peuvent s'associer et commercer avec les hommes. Il parle des divinations que les démons opèrent, des prédications licites ou illicites. Dans le livre II, il recherche ce que c'est que la magie ; il fait voir que l'on peut invoquer les malins esprits, faire pacte avec le Diable, être porté en corps au sabbat, avoir au moyen des démons, des révélations par extase ou se changer en loup-garou. De longs discours prouvent enfin selon lui que les sorciers ont pouvoir d'envoyer les maladies, stérilités, grêles et tempêtes, et de tuer les bêtes ainsi que les hommes. Le livre III traite des moyens de protection et des moyens illicites pour empêcher les maléfices. Enfin dans le livre IV, il livre les moyens de s'occuper des sorciers, des moyens pour les reconnaître et des preuves qui établissent le crime de sorcellerie. Il explique les moyens de torture permettant aux sorciers d'avouer leux crimes et préconise une mort cruelle... Pour lui il y'a tant de sorciers que tous les juges ne sont pas assez pour les punir et que certains profitent d'amis influents. Enfin il termine en réfutant les écrits de Jean Wier qui disait que les sorciers étaient le plus souvent malades ou fous, et qu'il ne fallait pas les brûler. Pour Jean Bodin qui avoue que ces horreurs lui font dresser le poil en la tête, il faudrait exterminer les sorciers et ceux qui en ont pitié, et brûler les livres de Jean Wier.



(source Inquisitor)


Ce message a été modifié par sandie72 - Tuesday 11 March 2008 à 14:06.
Thursday 13 March 2008 à 11:22
Citer +Citer
Magie et Sorcellerie à la Renaissance


lien





En occident, de nouveaux développements plus "intellectuels" attendent les initiations en tous genre, lorsque Kabbale, Hermétisme, ésotérisme et sciences occultes deviennent une préoccupation accessible à de nouvelles classes sociales; lorsque la recherche d'un idéal, donc la nécessité d'une initiation se démocratise et trouve de nouvelles expressions.


Comme son nom l'indique, la renaissance implique la redécouverte d'une vérité qui certes n'a pas changé, mais que l'on ne voyait plus, ou du moins que l'on revoit sous un jour nouveau.
Comme dans l'histoire de l'assassinat du Maître Hiram que transmettent les francs maçons, la Vérité n'est pas perdue mais morcelée, à l'image des livres qui se multiplient graçe à l'imprimerie, mais dont chacun semble être un peu moins qu'avant capable d'apporter les réponses. Chaque tradition possède une partie des secrets de la vie, partie elle-même morcelée entre ses membres. Le chercheur sincère reconstitue donc un puzzle dont il n'a plus que l'intuition qu'il pourrait devenir cohérent.










C'est donc tout naturellement ailleurs que l'on va chercher les éléments manquants: dans les voyages, peut-être en Amérique ou en accumulant des connaissances de tous horizons.

Ainsi commence-t-on a faire des synthèses, et à développer des notions plus intellectuelles: ésotérisme, symbolisme, Kabbale, Hermétisme.



Comprendre rationnellement la magie est manifestement un paradoxe confirmé par ces sciences qui l'étudient: le phénomène étudié est considéré par La Tradition comme d'essence supérieure à l'outil avec lequel on veut le saisir - sans par conséquent jamais pouvoir le faire -; mais puisqu'il a bien fallu se poser cette question paradoxale pour commencer d'y répondre, cette étude n'est sans doute pas vaine, et très certainement voulue par le phénomène même que l'on veut comprendre.

Il est maintenant possible d'approcher Dieu ou La Magie par la réflexion, parallèlement à la pratique de rites et méditations.
Ici sont nées beaucoup des pratiques dont traite ce site!






C'est sur un nouveau rapport entre la pensée des hommes et la magie que se prépare l'ère contemporaine, son lot de changements matériels et mondialement subis, dont beaucoup se demandent encore de nos jours ou ils mèneront l'humanité.




Ce message a été modifié par sandie72 - Thursday 13 March 2008 à 11:26.
Friday 14 March 2008 à 10:36
Citer +Citer
voici l'un des premiers Alchimistes "reconnu"


Nicolas Flamel
(1330?-1418) était un écrivain, juré, libraire français du XIVe siècle, né à Pontoise.Fameux, car par certains auteurs, il est reconnu comme un alchimiste et un adepte qui aurait réalisé la Pierre philosophale.

Il raconte qu'il tira sa fortune de la pierre philosophale, qu'il aurait découvert avec sa compagne.

En 1612, est imprimé le Livre des Figures Hiéroglyphiques, une soi-disant traduction en français d'un ouvrage de Nicolas Flamel. Selon ce livre, en 1357, il acquiert pour deux florins un ouvrage relié de cuivre, intitulé Le Livre d'Abraham le Juif, qui est constitué de vingt-et-un feuillets contenant des textes alchimiques qu'il ne comprend tout d'abord pas. Aidé de son épouse, Pernelle, il passe près de vingt ans, le soir, à déchiffrer l'ouvrage mais ses tentatives sont vaines.

De nombreux alchimistes, sollicités par lui, ne parviennent pas à déchiffrer non plus le mystérieux manuscrit.

En 1378, il rencontre à Saint-Jacques-de-Compostelle un vieux médecin juif converti, Maître Canches, qui l'accompagne vers Paris et lui livre diverses clefs d'interprétation. Malheureusement, Canches meurt en route, à Orléans sans avoir atteint Paris ni vu le manuscrit détenu par Flamel



Flamel utilise cependant les méthodes que lui a enseignées le vieux médecin et, le 17 janvier 1382, d'après lui, il serait parvenu à un premier résultat en transmutant du mercure en argent.

Le 25 avril 1382 à 5 heures du soir il parviendrait enfin, toujours d'après ses dires, à transmuter du mercure en or. Il raconte en effet :« Je fis la projection avec de la pierre rouge sur semblable quantité de mercure [...] que je transmutais véritablement en quasi autant de pur or, meilleur certainement que l'or commun plus doux et plus ployable. »

Cette histoire est tirée des textes supposés de Nicolas Flamel lui-même, sans pour autant qu'il expose le détail de sa méthode de travail. Il n'en demeure pas moins que, à partir de cette date il serait devenu particulièrement riche, participant à de nombreuses œuvres charitables et fondant pas moins de quatorze hôpitaux et trois chapelles. Toutefois sa fortune serait tirée de sa boutique.

Ses contemporains affirmeront qu'il détenait le secret de la pierre philosophale, permettant de changer les métaux en or.

Flamel vécu jusqu'à ses 80 ans, et en 1410, il dessina sa propre tombe, qui fut gravée avec des signes, symboles et arcanes alchimiques. Certains croient, qu'il mourut juste après que la tombe fut achevée. Plus tard, un criminel local, qui voulait acquérir l'or de Flamel, alla sur sa tombe. Il n'y trouva rien, mais déterminé, il se rendit, équipé d'une pelle et d'une lanterne sur la tombe de Nicolas Flamel. Il ne trouva pas une once d'or dans la bière, ni même, à son grand étonnement le corps de l'adepte. Certains prétendent que c'était la tombe d'une autre personne, d'autres que flamel avait falsifié sa mort, et s'appuient sur des documents qu'il aurait écrits après sa mort officielle le 22 mars 1417 (ancien calendrier) ou 1418. La pierre tombale est maintenant conservée au musée de Cluny à Paris.

le Livre d'Abraham le Juif serait réapparu plus tard entre les mains de Richelieu, sans qu'on sache aujourd'hui ce qu'il est devenu.


Saturday 15 March 2008 à 02:04
Citer +Citer
C'est de l'alchimie, qu'est ce que cela à faire avec la sorcellerie ?
Saturday 15 March 2008 à 02:12
Citer +Citer

Okomarac
Friday 29 February 2008 à 11:22
C'est de l'alchimie, qu'est ce que cela à faire avec la sorcellerie ?




Ouais, ça n'a rien a avoir avec la sorcllerie. C'est plutot du domaine de l'hérmetisme. Mais bon, les alchimistes pratiquent égalment de la sorcellerie.
Saturday 15 March 2008 à 02:21
Citer +Citer
Bien oui mais quand je baise , je pratique plusieurs techniques à la fois wink.gif
Saturday 15 March 2008 à 08:46
Citer +Citer

Okomarac
Friday 29 February 2008 à 11:22
Bien oui mais quand je baise , je pratique plusieurs techniques à la fois wink.gif




Racontes, racontes ! mf_dribble.gif
Saturday 15 March 2008 à 09:46
Citer +Citer
L'ALCHIMIE



Longtemps confondue avec l'occultisme, la magie et même la sorcellerie, l'alchimie est bien plus qu'un « art de fabriquer de l'or » ou le simple précurseur historique de la chimie. Elle revêt une importante dimension psychologique et spirituelle. À travers symboles et allégories, elle établit des relations entre la vie des métaux et l'âme. La purification des matières premières, qui permet d'obtenir la pierre de la sagesse (ou pierre philosophale), clé de la transmutation des métaux non précieux en or et en argent, correspond à la purification de l'être, opération indispensable à la suprême connaissance. Conçue comme une doctrine de salut, l'alchimie passe aussi bien par la manipulation des éléments que par la méditation, d'où la présence généralement, à côté du laboratoire de l'alchimiste, d'un oratoire pour la prière et l'ascèse.
Cette mystique expérimentale n'est cependant accessible qu'aux initiés. Tout écrit alchimique regorge de fables, d'énigmes, de chiffres et de lettres, de signes, qui visent à égarer le profane. La transmutation et la pierre philosophale sont, par exemple, symbolisées par un arbre portant des soleils à ses branches, un lion ou un enfant couronné, en habit royal de couleur rouge. Seul l'alchimiste « initié » est capable de déchiffrer les symboles car il part de principes traditionnels, jalousement gardés et transmis de maître à disciple. C'est ce qui le distingue du « souffleur », qui s'efforce de retrouver ces secrets empiriquement, en combinant les recettes. Les « faux » alchimistes associent bien souvent magie et sorcellerie, quand ils ne sont pas de véritables charlatans et mythomanes, à l'image du célèbre César qui vivait à Paris sous Henri IV.

Une mystique expérimentale

L'archétype de l'alchimiste traditionnel est incarné par Nicolas Flamel (1330-1417). Cet écrivain public parisien (vraisemblablement un usurier florissant) a été popularisé par le Livre des figures hiéroglyphiques de Nicolas Flamel, escrivain, censé être son autobiographie bien qu'il n'ait été publié (et sûrement écrit) qu'en 1682. L'histoire dit donc que le modeste Nicolas serait devenu soudainement très riche après avoir trouvé un grimoire qui cachait le secret de la pierre philosophale. Pendant vingt et un ans, il va s'efforcer d'en déchiffrer les hiéroglyphes. Toujours d'après la légende, il aurait appris la kabbale juive auprès d'un médecin espagnol lors d'un pèlerinage à Compostelle en 1379, et c'est à son retour qu'il aurait réussi à réaliser le « Grand Œuvre », la fameuse transmutation, devenant ainsi un « adepte » immortel.



Nicolas Flamel


Secret, initiation, piété, immortalité : ces constantes se retrouvent dans les existences et les activités de nombreux alchimistes occidentaux, comme le médecin Arnauld de Villeneuve (XIIIe s.), le philosophe aristotélicien Albert le Grand (XIIIe s.), le mystique et philosophe catalan Raymond Lulle (XIIe s.), l'Allemand Basile Valentin (XVe s.), le comte de Saint-Germain (XVIIIe s.) ou encore l'anonyme Fulcanelli (XXe s.)…

Des origines obscures

L'origine de l'alchimie n'est pas connue. On la dit très ancienne, mystérieuse, souvent divine. Elle coïnciderait avec la dispersion des castes de « forgerons sacrés » des peuplades préhelléniques, en particulier des Cabires (habitants de l'île méditerranéenne de Samothrace). Ces « fils du feu » ont eu une influence dominante sur les rites métallurgiques dont découlent les premières notions de l'alchimie ancienne. Ils ont très certainement transmis leur savoir à la péninsule grecque et à l'Égypte. La plupart des « adeptes » se réfèrent toutefois à l'origine égyptienne de l'alchimie, pratiquée comme « un art sacré » dans les temples pharaoniques. Cette tradition sacerdotale repose sur Toth, maître des sciences et des arts, que les Grecs assimilent à Hermès Trismégiste.

Versions chinoise et arabe

L'alchimie se développe ensuite particulièrement à Alexandrie, ville « ouverte » et nourrie des influences orientales et hellénistiques. À l'influence des spéculations philosophiques de la Grèce antique se mêle celle de l'alchimie chinoise, fondée par Tsou Yen au IVe siècle et dont l'objectif premier est la recherche de l'immortalité. Essentiellement taoïste, elle repose sur la conjonction des opposées (yin et yang, le Soleil et la Lune, le mercure et le plomb…) qui permet de découvrir la source ultime de toutes choses. Les Arabes ont également eu une influence importante, à partir du VIIe siècle. L'alchimie doit ainsi beaucoup de ses conceptions théoriques et techniques aux médecins Geber (VIIIe s.) et Rhazès (IXe s.), ainsi qu'aux philosophes Avicenne (Xe s.) ou Averroès (XIIe s.), qui découvrirent de nombreuses substances et inventèrent de nouveaux procédés chimiques.



L'âge d'or de l'alchimie se situe toutefois au Moyen Âge. Au XVe siècle, elle est pratiquée dans presque toute l'Europe. L'empereur Rodolphe II, monté sur le trône d'Allemagne en 1576, fait de son palais de Prague le rendez-vous des adeptes européens. La doctrine alchimique de l'époque, proche d'une « science de la nature » n'est pas considérée alors comme incompatible avec la pensée chrétienne. Ce n'est qu'au XVIe siècle que l'on trouve des alchimistes chrétiens affranchis de toute soumission à l'égard de l'Église. C'est le cas du médecin Paracelse (XVe s.), et de son contemporain Agrippa.
Comme l'astrologie, l'alchimie est cependant victime de la montée en puissance de l'esprit scientifique. Et pour un Isaac Newton (1642-1727) qui y trouve en partie le fondement et l'illustration de sa théorie de la gravitation, l'essentiel des savants la rejettent à partir du XVIIe siècle. Un siècle plus tard, elle fleurit surtout dans les hauts grades maçonniques, et ne survit aujourd'hui que grâce à quelques rares initiés…

http://www.theo-makarios.info/article-3040853.html


Ce message a été modifié par enis - Saturday 15 March 2008 à 10:03.

Pages :  1 2 >




Derniers Sujets

News

A voir sur le portail Livenet.fr Le Club
Vidéos
Le mag
Forum
Jeux
Comparaison de prix
Nos partenaires Partenaires : php - Vidéos - PS3 - Rap et R&B - Cinéma - voyage - TNT - Séries en DVD
Contact et infos Le blog Livenet
Suggestions sur Livenet
Aide générale Livenet - Aide du Forum
Charte du forum
Mentions légales
Reporter un abus
Reporter un bug

Copyright © 2004-2008 Tigersun - Tous droits réservés - Powered By IP.Board © 2008  IPS, Inc.