Friday 28 September 2007 à 00:01
Le président serbe offre au Kosovo «la plus grande autonomie du monde» --par Slobodan Lekic--
NATIONS UNIES (AP) -- La Serbie est prête à offrir au Kosovo «la plus grande autonomie du monde» lors des négociations à venir sur le statut de la province serbe, a affirmé jeudi le président serbe Boris Tadic.
M. Tadic doit rencontrer vendredi à New York les leaders albanophones du Kosovo à l'occasion des premières négociations directes entre les deux parties. Ces discussions se feront sous la médiation de l'Union européenne, des Etats-Unis et de la Russie.
Le processus actuel de négociations sur la futur statut de la province serbe réclamée par la majorité albanophone du territoire doit s'achever le 10 décembre, date à laquelle le Groupe de contact Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie et Russie) doit rendre compte au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon de l'avancée des discussions.
Dans un entretien à l'Associated Press, le président Tadic a indiqué jeudi que Belgrade était prêt à faire de nouvelles concessions mais continuerait d'exiger que «sa souveraineté et son intégrité territoriale demeurent intactes».
«Nous offrons aux Albanais du Kosovo les meilleurs droits possibles, ce qui signifie la plus grande autonomie au monde, avec des éléments de pays souverains, comme par exemple l'accès aux institutions financières internationales», a-t-il expliqué.
Mais Veton Surroi, un des négociateurs albanophones, a rejeté cette offre. «On a promis au Kosovo la plus grande autonomie possible dans les années 1990, mais cela a tout de même fini par une guerre», a-t-il déclaré. Il a ajouté qu'un accord était peu probable tant que la Serbie n'aura pas accepté que «notre place est dans l'Europe ensemble, comme deux pays indépendants».
Selon Boris Tadic, octroyer l'indépendance au Kosovo malgré l'opposition de la Serbie créerait un précédent pour tous les mouvements séparatistes du monde. «L'indépendance du Kosovo représenterait un danger énorme pour beaucoup de pays souverains (...) qui ont des mouvements séparatistes», a-t-il souligné.
Le sort du Kosovo est aujourd'hui dans l'impasse. Belgrade, soutenue par la Russie, membre du Conseil de sécurité de l'ONU, rejette comme base des négociations le plan de l'émissaire des Nations unies Martti Ahtisaari, qui prévoit d'accorder à la province l'indépendance sous supervision internationale.
Le Groupe de contact est chargé de trouver un terrain d'entente avec la Russie et la Serbie. Le Kosovo est placé sous administration civile des Nations unies depuis 1999 et la campagne de frappes de l'OTAN qui a mis fin à l'offensive de Belgrade contre les séparatistes albanophones. AP