Tuesday 03 July 2007 à 13:59
Tuesday 03 July 2007 à 12:20 En effet, les historiens s'accordent aujourd'hui à évoquer de 5 000 à 10 000 victimes pour la France dont sans doute 2 000 à Paris ce qui représente près de 2% de la population d'une capitale qui comptait environ 300 000 habitants. Il y a eu deux Saint Barthelemy : un massacre politique des chefs protestants et un massacre populaire qui s'empara de la population dans le royaume Orléans, Lyon, Toulouse, Rouen... furent le théatre de massacres et notamment à Paris.
moins de 2% : beaucoup de protestants tués à Paris se trouvaient là pour le mariage d'Henri de Navarre ( 18 août 1572)devant sceller la réconciliation entre catholiques et protestants, ou pour joindre l'armée que l'amiral de Coligny comptait lever pour aller casser de l'Espagnol dans les Flandres !
Tuesday 03 July 2007 à 12:20 Dès le 26 août 1572 devant le parlement de Paris lors d'un lit de justice, le roi Charles IX déclara être à l'origine de la prise de décision dans le massacre. Pourtant l'historiographie a longtemps reconnu en Catherine de Medicis le commanditaire de l'attentat et les historiens encore aujourd'hui demeurent partagés notamment sur la responsabilité des Guises et derrière eux de l'Espagne (Philippe II). De fait la question "qui donna l'ordre du massacre ?" fait encore débat.
C'est clair qu'on en saura jamais rien....personnellement, je penche vers la main de l'Espagne et des Guise, mais il est très probable que tout ait été décidé/préparé oralement et qu'il ne reste aucun écrit, malheureusement....La question restera sans aucun doute l'objet d'interminables débats jusqu'à la fin des temps
Tuesday 03 July 2007 à 12:20 De plus, quelles furent les conséquences de la Saint Barthélemy ? un conséquence directe fut les abjurations nombreuses de protestants et ainsi le déclin du protestantisme. Autre conséquence de ce massacre fut la fragilisation du pouvoir royal. Les désirs d'autonomie des villes protestantes qui multiplièrent les contacts entre elles, aboutirent à l'assemble de Millau en décembre 1573 qui fit naître un "sermont d'union" qui mettait au point une organisation politique, administrative, judiciaire et financière. Ainsi, le massacre de la saint Barthélemy ne marque t-il pas le déclin du pouvoir royal qui durera jusqu'au regne d'Henri IV ?
Je vous invite donc à discuter sur cet événement majeur de la seconde moitiée du XVIe siècle et de ses conséquences directes.
1 / Pour ce qui est du déclin du protestantisme, je ne suis pas d'accord. Les chefs en premier lieu qui se convertirent ( Henri de Navarre, Henri de Bourbon-Condé), abjurèrent dès qu'ils le purent ( Henri de Navarre quatre ans après sa conversion, mais il était prisonnier du roi....), mais la majorité des protestants soit n'abjurèrent pas, soit se trouvaient dans des régions à dominante protestante ( Languedoc, Poitou, Navarre, Cévennes) et n'eurent pas à subir de pressions. Le nombre de protestants baissa du fait des nombres des tués, mais je ne pense pas qu'on puisse parler de déclin. Il restera vivace dans pas mal de régions, seule les grandes villes en terre catholique perdirent la minorité protestante qu'elles abritaient....
2/ Le pouvoir royal ne fut pas tant fragilisé que cela, à mon avis. Les provinces et villes protestantes étaient déjà largement autonome dans les faits, fermées aux catholiques ( La Rochelle, par exemple ). Pour moi, le gros affaiblissement de la période ne date pas de la Saint-Barthélémy, mais plutôt de la création de la Sainte-Ligue, car après ça, le roi dut non seulement faire face aux protestants, mais également aux ultra-catholiques mécontents....
3 / Pour moi, une des grosses conséquences de la Saint-Barthélémy fut la décapitation réelle pendant un certain temps du parti protestant : Coligny mort, Navarre et Condé convertis et prisonniers, il y a eu une période de flottement dans les rangs protestants, dont auraient peut-être du profiter ( stratégiquement parlant, hein, je ne porte pas de jugement de valeurs ! ) le roi et les catholiques. Ils ne le firent pas vraiment....
4 / La deuxième grosse conséquence est à mon avis le fait d'avoir mis autant de mort dans la balance des comptes....catholiques et protestants deviennent quasimment irréconciliables. Seule l'arrivée au pouvoir d'un roi issu des protestants pouvait calmer les choses, et c'est heureusement ce qui s'est passé. Je doute que le cardinal Charles de Bourbon, proclamé roi par les ultra catholiques sous le nom de Charles X, aurait pu pacifier le pays. Sans Henri IV, soit une partie de la France aurait fini par faire sécession ( un peu comme ce qui se passait dans les Pays-Bas espagnols de l'époque, même si la situation ne peut pas être complètement mise en parallèle), soit on aurait assisté à un magnifique massacre religieux, presque génocidaire, avant l'heure....
Ce message a été modifié par Gilcad - Tuesday 03 July 2007 à 14:02.