Friday 02 May 2008 à 09:55
Chronique dans un journal ce jour :
Mai 68 possible en 2008 ? Il paraît que la question se pose au long de commémorations qui ont tout de l'enterrement de première classe.
En 1968, les jeunes se bagarraient pour la libéralisation des moeurs, le droit de "jouir sans entraves". Une vraie envie de bonheur, idée neuve dans une France prospère et laborieuse, flottait dans l'air. L'époque était joyeuse et l'avenir lointain, riche de promesse et surtout de certitudes.
Aujourd'hui, la jeunesse voit l'avenir comme un long tunnel sans perspectives. Que des organisations demandent comme un seul homme au gouvernement de prendre en compte les années d'études et d'insertion dans le calcul des retraites* en dit long sur la société dans laquelle nous les avons élevés. C'est comme si en se levant, on pensait déjà à se coucher, sans penser que la journée sera remplie de surprises. C'est évaluer la défaite avant même d'avoir entamé le combat.
On dira que la situation économique l'exige, que chômage des jeunes, plus générations précaires, plus études sans valeur, plus situation de crise, induisent un tel comportement. N'empêche. On aimerait mieux les voir défiler en râlant contre leurs aînés qui n'ont pas su ou pas voulu leur faire de la place. Qu'ils aient de la superbe, de la mauvaise foi, qu'ils remettent l'imagination au pouvoir. Tout plutôt que cette indignation résignée.
* treize organisations de jeunesse, dont l'Unef, SOS racisme, les syndicats de lycéens Fidl et UNL, Génération précaire, sont signataires de l'appel transmis au gouvernement.