A voir sur Livenet :

Derniers Sujets

Thursday 05 January 2006 à 13:45
Citer +Citer
Savez vous qu'il y a aussi des gays dans les quartier sensibles ?

Comme chacun d'entre-nous, ils ont peur de se dévoiler. Par peur d'être montré du doigt, insulté, battu, mais aussi d'être violé dans une cave wacko.gif (forcément par d'autres PD qui ne s'assument guère mieux qu'en se scultant une image de bandit...)

Voilà l'histoire d'une jeune habitant un quartier sensible du 93 : CLIQUE ICI

Sur le même site, on peut aussi trouver des messages de personnes engagé (16 pages), ou bien sur, viennent se fofilier quelques galériens. Ce sont des messages très interessant à lire, ou les problèmes des quartiers sont mêlés aux problèmes d'homosexualité dans ces quartiers. J'allais oublier le lien >>> ICI

Un nouveau magazine se consacre à ce lectorat, plutot perdu me semble t'il LIEN Il est possible de le télécharger au format PDF. Ceux qui le font, qu'est-ce que vous pensez de ce magazine ?

Croyez vous qu'il faille s'interesser un peu plus à la situation de ces personnes ?

Ce message a été modifié par gwadiana97 - Thursday 05 January 2006 à 19:18.
Thursday 05 January 2006 à 15:02
Citer +Citer
A vrai dire je ne connais pas grand chose de la condition des gays en cité ... quand on entend déjà parler de la condition féminine j'ose pas trop imaginé pour les gays.
En tout cas l'histoire ou le témognage que tu as mi en lien est assez fort et triste à la fois.

Ce message a été modifié par tatanertagueule - Thursday 05 January 2006 à 15:05.
Thursday 05 January 2006 à 18:29
Citer +Citer
Merde on dirait un Maroc réduit! crying.gif
Thursday 05 January 2006 à 20:00
Citer +Citer
Un autre témoignage >>> ICI

EDIT encore un autre témoignage. Ca rape même chez les pédés wink.gif LIEN

EDIT 2 témoignage d'un clandestin homosexuel.
LIEN

EDIT 3 témoignage d'un membre d'un couple homo binational
LIEN

EDIT 4 l'une des meilleurs histoires (le safe sex est essentiel)
LIEN

Ce message a été modifié par gwadiana97 - Friday 06 January 2006 à 11:01.
Friday 06 January 2006 à 10:17
Citer +Citer
Il y en a qui ne peuvent pas lire les messages. Alors les voilà dans l'ordre.

I) - Pourquoi pas une meuf ?
Une femme. Des fois je me dis : Pourquoi pas une meuf ? Ce serait tellement plus simple ! Tout serait tellement plus simple si j’arrivais à désirer une meuf.
Je me sens prêt, des fois, à abandonner le plaisir pour rentrer dans la normalité, découragé par tant de pas, d’heures et de temps perdu à chercher, pour trouver des fois, une énorme déception et rien de plus. Avec de l’amertume je tue quand même cette bête, le démon, la pulsion…et je me perds. Je perds mon respect et de l’assurance. Je m’efface vaincu par ma queue, comme très souvent.


Et du retour des enfers, je marche vers chez moi et sur ma route je croise tant de ce que je n’ai pas : un amour, une vie stable, un enfant, une vie…tout court. Je souffle et là je pense que ce pourrait être plus simple, tellement plus simple si j’apprenais à aimer une meuf. Une meuf, une femme, une fille. Cette inconnue, ce grand néant, ce doux fantôme qui nous suit jusque dans nos inconsciences. Alors je marche convaincu d’apprivoiser par cette idée, une échappatoire à tout ceci, tout ce manège et cette mélancolie jamais bien loin. Je marche et sur ma route, les amours d’autrui, le parfait schéma, leurs enfants, leur vie m’appartiennent un peu. J’ai cru ma bouche sur cette nuque féminine et j’envisage alors une vie entière où j’aurais le sourire aux lèvres en me souvenant.


A l’approche de ma rue, je croise encore des vies, des regards et du désir. Ce jeune homme ci, ce voisin du dessus. Je l’ai tant désiré une nuit de solitude. Et là il me sourit. Est-ce bien à moi ? Mais à qui d’autre ? Etait-ce un sourire ? Mais quoi d’autre ? Je revois ces images de nos corps et rougis presque de l’avoir baisé si ardemment cette nuit fantasmagorique. J’ai honte que mon imagination croise ce si beau sourire et cette simple attention…intention peut-être ? Devant ma porte, je ne rentre pas. Je tourne à gauche et accélère mon pas, peut-être le recroiserais-je devant le bureau de tabac ? Chez la boulangère…peut-être bien. Cet après midi morose allait-elle s’achever ? Dès la conviction qu’il me regardait bien…dès la conviction que ce fut un vrai sourire. J’arrive devant la vitrine, m’arrête. Il sort. Je viens de faire la connaissance d’Aldrich. Nous nous sommes accompagnés jusqu’à nos portes. Nous nous sommes embrassés. Chez lui, sur le dos, le souffle encore troublé, je gardais ce sourire de grande satisfaction. J’avais vécu déjà ce moment. Je l’avais rêvé. Et puis là, je sors de son corps en unissant nos timbres en l’ultime soupir. Je reste allongé. Je sais précisément que rien n’est meilleur dans mon quotidien, que baiser le désir, ce corps de mec.


Bercer par les murmures d’une voix affectueuse et nouvelle, j’observais perplexe, le départ d’une idée plus si jeune. J’ai revu ces enfants, ces visages et cette paix sur mes chemins croisés. J’ai revu cette nuque anonyme et ma bouche posée dessus. Toutes ces choses, sur le dos d’une idée, l’idée d’aimer une femme. Cette idée qui me quitte si tôt. Ma consciencieuse solitude la repoussant inévitablement, dès que sur mon chemin, entre enfants et regrets, traverse l’intention, le sourire et la présence d’un homme.



Une femme. Des fois je me dis : Pourquoi pas une meuf ? Ce serait tellement plus simple ! Tout serait tellement plus simple si j’arrivais à désirer une meuf.
Je me sens prêt, des fois, à abandonner le plaisir pour rentrer dans la normalité, découragé par tant de pas, d’heures et de temps perdu à chercher, pour trouver des fois, une énorme déception et rien de plus. Avec de l’amertume je tue quand même cette bête, le démon, la pulsion…et je me perds. Je perds mon respect et de l’assurance. Je m’efface vaincu par ma queue, comme très souvent.


Et du retour des enfers, je marche vers chez moi et sur ma route je croise tant de ce que je n’ai pas : un amour, une vie stable, un enfant, une vie…tout court. Je souffle et là je pense que ce pourrait être plus simple, tellement plus simple si j’apprenais à aimer une meuf. Une meuf, une femme, une fille. Cette inconnue, ce grand néant, ce doux fantôme qui nous suit jusque dans nos inconsciences. Alors je marche convaincu d’apprivoiser par cette idée, une échappatoire à tout ceci, tout ce manège et cette mélancolie jamais bien loin. Je marche et sur ma route, les amours d’autrui, le parfait schéma, leurs enfants, leur vie m’appartiennent un peu. J’ai cru ma bouche sur cette nuque féminine et j’envisage alors une vie entière où j’aurais le sourire aux lèvres en me souvenant.


A l’approche de ma rue, je croise encore des vies, des regards et du désir. Ce jeune homme ci, ce voisin du dessus. Je l’ai tant désiré une nuit de solitude. Et là il me sourit. Est-ce bien à moi ? Mais à qui d’autre ? Etait-ce un sourire ? Mais quoi d’autre ? Je revois ces images de nos corps et rougis presque de l’avoir baisé si ardemment cette nuit fantasmagorique. J’ai honte que mon imagination croise ce si beau sourire et cette simple attention…intention peut-être ? Devant ma porte, je ne rentre pas. Je tourne à gauche et accélère mon pas, peut-être le recroiserais-je devant le bureau de tabac ? Chez la boulangère…peut-être bien. Cet après midi morose allait-elle s’achever ? Dès la conviction qu’il me regardait bien…dès la conviction que ce fut un vrai sourire. J’arrive devant la vitrine, m’arrête. Il sort. Je viens de faire la connaissance d’Aldrich. Nous nous sommes accompagnés jusqu’à nos portes. Nous nous sommes embrassés. Chez lui, sur le dos, le souffle encore troublé, je gardais ce sourire de grande satisfaction. J’avais vécu déjà ce moment. Je l’avais rêvé. Et puis là, je sors de son corps en unissant nos timbres en l’ultime soupir. Je reste allongé. Je sais précisément que rien n’est meilleur dans mon quotidien, que baiser le désir, ce corps de mec.


Bercer par les murmures d’une voix affectueuse et nouvelle, j’observais perplexe, le départ d’une idée plus si jeune. J’ai revu ces enfants, ces visages et cette paix sur mes chemins croisés. J’ai revu cette nuque anonyme et ma bouche posée dessus. Toutes ces choses, sur le dos d’une idée, l’idée d’aimer une femme. Cette idée qui me quitte si tôt. Ma consciencieuse solitude la repoussant inévitablement, dès que sur mon chemin, entre enfants et regrets, traverse l’intention, le sourire et la présence d’un homme.



Une femme. Des fois je me dis : Pourquoi pas une meuf ? Ce serait tellement plus simple ! Tout serait tellement plus simple si j’arrivais à désirer une meuf.
Je me sens prêt, des fois, à abandonner le plaisir pour rentrer dans la normalité, découragé par tant de pas, d’heures et de temps perdu à chercher, pour trouver des fois, une énorme déception et rien de plus. Avec de l’amertume je tue quand même cette bête, le démon, la pulsion…et je me perds. Je perds mon respect et de l’assurance. Je m’efface vaincu par ma queue, comme très souvent.


Et du retour des enfers, je marche vers chez moi et sur ma route je croise tant de ce que je n’ai pas : un amour, une vie stable, un enfant, une vie…tout court. Je souffle et là je pense que ce pourrait être plus simple, tellement plus simple si j’apprenais à aimer une meuf. Une meuf, une femme, une fille. Cette inconnue, ce grand néant, ce doux fantôme qui nous suit jusque dans nos inconsciences. Alors je marche convaincu d’apprivoiser par cette idée, une échappatoire à tout ceci, tout ce manège et cette mélancolie jamais bien loin. Je marche et sur ma route, les amours d’autrui, le parfait schéma, leurs enfants, leur vie m’appartiennent un peu. J’ai cru ma bouche sur cette nuque féminine et j’envisage alors une vie entière où j’aurais le sourire aux lèvres en me souvenant.


A l’approche de ma rue, je croise encore des vies, des regards et du désir. Ce jeune homme ci, ce voisin du dessus. Je l’ai tant désiré une nuit de solitude. Et là il me sourit. Est-ce bien à moi ? Mais à qui d’autre ? Etait-ce un sourire ? Mais quoi d’autre ? Je revois ces images de nos corps et rougis presque de l’avoir baisé si ardemment cette nuit fantasmagorique. J’ai honte que mon imagination croise ce si beau sourire et cette simple attention…intention peut-être ? Devant ma porte, je ne rentre pas. Je tourne à gauche et accélère mon pas, peut-être le recroiserais-je devant le bureau de tabac ? Chez la boulangère…peut-être bien. Cet après midi morose allait-elle s’achever ? Dès la conviction qu’il me regardait bien…dès la conviction que ce fut un vrai sourire. J’arrive devant la vitrine, m’arrête. Il sort. Je viens de faire la connaissance d’Aldrich. Nous nous sommes accompagnés jusqu’à nos portes. Nous nous sommes embrassés. Chez lui, sur le dos, le souffle encore troublé, je gardais ce sourire de grande satisfaction. J’avais vécu déjà ce moment. Je l’avais rêvé. Et puis là, je sors de son corps en unissant nos timbres en l’ultime soupir. Je reste allongé. Je sais précisément que rien n’est meilleur dans mon quotidien, que baiser le désir, ce corps de mec.


Bercer par les murmures d’une voix affectueuse et nouvelle, j’observais perplexe, le départ d’une idée plus si jeune. J’ai revu ces enfants, ces visages et cette paix sur mes chemins croisés. J’ai revu cette nuque anonyme et ma bouche posée dessus. Toutes ces choses, sur le dos d’une idée, l’idée d’aimer une femme. Cette idée qui me quitte si tôt. Ma consciencieuse solitude la repoussant inévitablement, dès que sur mon chemin, entre enfants et regrets, traverse l’intention, le sourire et la présence d’un homme.



Une femme. Des fois je me dis : Pourquoi pas une meuf ? Ce serait tellement plus simple ! Tout serait tellement plus simple si j’arrivais à désirer une meuf.
Je me sens prêt, des fois, à abandonner le plaisir pour rentrer dans la normalité, découragé par tant de pas, d’heures et de temps perdu à chercher, pour trouver des fois, une énorme déception et rien de plus. Avec de l’amertume je tue quand même cette bête, le démon, la pulsion…et je me perds. Je perds mon respect et de l’assurance. Je m’efface vaincu par ma queue, comme très souvent.


Et du retour des enfers, je marche vers chez moi et sur ma route je croise tant de ce que je n’ai pas : un amour, une vie stable, un enfant, une vie…tout court. Je souffle et là je pense que ce pourrait être plus simple, tellement plus simple si j’apprenais à aimer une meuf. Une meuf, une femme, une fille. Cette inconnue, ce grand néant, ce doux fantôme qui nous suit jusque dans nos inconsciences. Alors je marche convaincu d’apprivoiser par cette idée, une échappatoire à tout ceci, tout ce manège et cette mélancolie jamais bien loin. Je marche et sur ma route, les amours d’autrui, le parfait schéma, leurs enfants, leur vie m’appartiennent un peu. J’ai cru ma bouche sur cette nuque féminine et j’envisage alors une vie entière où j’aurais le sourire aux lèvres en me souvenant.


A l’approche de ma rue, je croise encore des vies, des regards et du désir. Ce jeune homme ci, ce voisin du dessus. Je l’ai tant désiré une nuit de solitude. Et là il me sourit. Est-ce bien à moi ? Mais à qui d’autre ? Etait-ce un sourire ? Mais quoi d’autre ? Je revois ces images de nos corps et rougis presque de l’avoir baisé si ardemment cette nuit fantasmagorique. J’ai honte que mon imagination croise ce si beau sourire et cette simple attention…intention peut-être ? Devant ma porte, je ne rentre pas. Je tourne à gauche et accélère mon pas, peut-être le recroiserais-je devant le bureau de tabac ? Chez la boulangère…peut-être bien. Cet après midi morose allait-elle s’achever ? Dès la conviction qu’il me regardait bien…dès la conviction que ce fut un vrai sourire. J’arrive devant la vitrine, m’arrête. Il sort. Je viens de faire la connaissance d’Aldrich. Nous nous sommes accompagnés jusqu’à nos portes. Nous nous sommes embrassés. Chez lui, sur le dos, le souffle encore troublé, je gardais ce sourire de grande satisfaction. J’avais vécu déjà ce moment. Je l’avais rêvé. Et puis là, je sors de son corps en unissant nos timbres en l’ultime soupir. Je reste allongé. Je sais précisément que rien n’est meilleur dans mon quotidien, que baiser le désir, ce corps de mec.


Bercer par les murmures d’une voix affectueuse et nouvelle, j’observais perplexe, le départ d’une idée plus si jeune. J’ai revu ces enfants, ces visages et cette paix sur mes chemins croisés. J’ai revu cette nuque anonyme et ma bouche posée dessus. Toutes ces choses, sur le dos d’une idée, l’idée d’aimer une femme. Cette idée qui me quitte si tôt. Ma consciencieuse solitude la repoussant inévitablement, dès que sur mon chemin, entre enfants et regrets, traverse l’intention, le sourire et la présence d’un homme.


Ce message a été modifié par gwadiana97 - Friday 06 January 2006 à 11:01.
Friday 06 January 2006 à 10:47
Citer +Citer
II) - Lettre d'un laskar
Tu kiffes sur ma face.
Le jour où tu m’as zieuté à Châtelet sur la place,
Fais gaffe, j’suis pas de la race
des petits minets...
Du genre prêt à me coucher,
Va falloir apprendre à me désirer,
t’intéresser à ce qui me fait vibrer,
Mais oublie tes questions qui vont me lasser,
Sous peine de te faire lâcher,
comme un candidat malchanceux
D’un jeu spécial neuneu.
J’suis pas le baltringue
du bout du zing
Celui qui se défonce à coup de rebié
J’suis plutôt du genre cool, pas prise de teuté,
Toujours prêt à draguer,
mais pas à me coltiner le premier blaireau blasé.
Alors man avance, cause dans le poste,
t’inquiètes de la riposte,
Me draguer c’est pas aller à la guerre,
et même si ça rate, ce sera pas la dernière.
J’veux pas d’éphémère
et avoir les quatre fers en l’air,
Comme une vulgaire pute derrière
la première porte cochère.
N’oublie pas, j’suis de la balle,
un bon six coups, Toujours là
pour assurer et si cela ne te suffisait pas,
laisse moi recharger, Mais en tout cas,
tu ne pourras pas me jerter
comme un vieux ticket de tromé,
Passé la première heure consommé.
Arrête de téma ma braguette, sois tranquille, J’suis là pour te faire avancer,
pour te faire vibrer, et si tu veux pleurer,
Trouve d’autres bras moins excités, pour mieux te consoler.
T’amuses pas à me proposer du gen ar,
car j’suis pas le premier crevard,
Celui qui surgit parce que dans l’affection t’as du retard,
Faut pas me prendre pour la mère Peisson,
ici t’est pas dans le royaume des cons.
Et si par chance, c’est moi qui te kiffes ; no soucy,
j’te promets la chaleur de mes étreintes,
D’être au rayon des bonnes vibrations, et ce sans astreintes.
Alors lâche toi, laisse parler ce qui te plait,
Imagine mais sans jamais te renier,
tu verras tu vas y arriver,
Mais te lance pas dans un monologue ou seul toi compte,
J’serais jamais le proctologue de ton cerveau, mais celui qui écoute ce que tu racontes. Rajoutes pas de détails, j’suis pas le bétail
d’une gare, celui qu’on croise parce qu’on s’emmerde,
reste naturel gossebo, et tout ira bien.


Ce message a été modifié par gwadiana97 - Friday 06 January 2006 à 11:02.
Friday 06 January 2006 à 10:49
Citer +Citer
III) - Joseph
J’étais assis sur un banc, dans le jardin des Tuileries, à l’écart des hommes, des femmes, des enfants et des chiens agglutinés autour d’un bassin d’eau verdâtre. J’admirais l’immense et solennel Palais du Louvre.



Un jeune garçon d’une vingtaine d’années, corps espiègle et chevelure blonde, vint à passer à ma hauteur et me gratifia d’un regard chaleureux.


Que me veut-il ? Il est bien possible qu’il appartienne aux Renseignements Généraux. Je ne suis qu'un pauvre arabe clandestin, qui viens juste de débarquer en France et je n’ai pas la moindre envie d’être reconduit à la frontière comme un voleur et jeté entre les mains de la police de terreur qui prendrait un plaisir immense à me torturer et jouire de mon corps imberbe jusqu’à ce que sueur froide imbibe mon corps, vertige jaunâtre s’empare de ma tête et vomissements et évanouissements s’en suivent. Je n’ai aucune envie d’être oublié dans une cellule exiguë et aux murs ruisselant d’humidité de l’un de ces nombreux commissariats infectés par des poux, des rats et des cafards. Je n’ai pas envie non plus de rentrer dans mon cher pays pour tenir, comme la majorité de mes compatriotes, les murs et attendre que le ciel pleuve d’or et d’argent.


J’ai vu des étoiles brillantes au milieu de la journée pour atteindre la pays de la liberté et je suis prêt à vendre mon corps, déposer mon âme comme gage de fidélité et de bonne conduite et s’allier avec Satan pour ne plus quitter Paris qui m’a tant fait rêver.


Je ferais sans doute mieux de me lever, discrètement et de rentrer au foyer où vit le Dictateur mon père et où j’ai obtenu une petite couche dans une chambre minuscule déjà occupée par cinq maliens et trois zaïrois. Et si le Français remarquait ma peur et me demandait mes papiers ? Il vaut mieux que je garde mon sang froid, que je continue à regarder les murs du beau palais et ignorer jusqu’à l’existence de ce garçon qui, de plus, n’est peut-être qu’un simple passant.


J’étais en train de tergiverser et d’essayer de vaincre ma peur, cette même peur qui paralyse des millions de clandestins de par le monde, quand le jeune homme me salua en me tendant une main douce.




- Bonjour !je m’appelle Joseph.


- Moi, c’est Mohamed, je suis marocain.


- Tu travailles à Paris ?


- Non, j’y fais des études !


Des études mon cul ! Tu vois pas que je traîne ? Je traîne jours et nuits. Je suis un bohémien. Je suis un manouche. Un…


Prenant place à côté de moi, Joseph était sur le point de me poser une autre question. Je poursuis :


- J’apprends l’hébreu à la Sorbonne. Je compte l’enseigner au Maroc. Nous avons une grande communauté juive à Fès et Casablanca. Tu sais, nous les Arabes, nous apprenons très facilement les langues étrangères.


- Tu as une chance inouïe, me dit Joseph, parce que moi, je suis juif et je ne parle pas un traître mot de la langue de Moïse.


Un juif ? En voilà la meilleure ! Qu’est-ce qu’il ne faut pas entendre !


Quelle attitude suis-je sensé avoir à l’égard d’un juif ? Moi, l’Arabe élevé dans la haine de ce peuple qui a dépossédé mes frères Palestiniens de leur terre et qui s’acharne à vouloir leur arracher les miettes de leur identité ?


Me lever et courir sans regarder derrière moi une seule fois jusqu’à la maudite banlieue où ma jeté mon mauvais destin et me laver sept fois de suite pour me purifier ? Passer ma nuit entière à prier Dieu le puissant pour me faire pardonner d’avoir parlé et serré la main d’un ennemi ? Ou bien continuer le plus simplement et le plus naturellement possible à discuter avec Joseph ?


Je sentais les battements saccadés de mon cœur et des gouttes de sueurs perlaient sur mon front et mon visage. Je me ressaisis, regardai Joseph droit dans les yeux et lui dit :


- Tu es un vrai juif ?


- Comme toi, un vrai arabe !


- Je voulais dire : de la Palestine ?


- Non, me répondit Joseph, je ne suis pas de la Palestine et je n’envisage pas d’y aller, compte tenu les problèmes dans lesquels se débat cette terre.




Un long silence s’installa entre nous. Mais j’arrivais à entendre mes tempes battre comme une vieille locomotive et mon cœur m’appelant à la méfiance. Des questions défilaient dans ma tête. Est-ce qu’un juif pouvait être un policier, agent de sécurité ou espion dans un grand Etat comme la France ? Je ne le pensais pas. J’ai toujours entendu dire que les Français étaient de grands racistes, antisémites et xénophobes. Mais je n’étais pas sûr. Le doute m’assaillait : il y a bien un ministre et de nombreux conseillers juifs au Maroc et cela malgré le racisme d’un grand nombre de marocains.


Je regardai à nouveau Joseph en face et lui dit :


- Tu es policier ?


Le jeune garçon éclata de rire et me dit :


- Tu n’aimes pas les policiers ? Tu as déjà eu affaire à eux ?


- Oui, dans mon pays.


- Et, sans indiscrétion, puis-je savoir pourquoi ?


- Je me suis mêlé de ce qui ne me regardait pas. Je me suis intéressé à la politique. Le parti communiste. Parti très surveillé par les autorités marocaines et les services secrets américains. Parce que, dit-on, c’est un parti dangereux pour la stabilité du pays.


- Et le Mossad, intervient-il dans les affaires intérieures du Maroc ?


- Bien sûr que oui. Le Maroc a toujours entretenu des relations étroites avec Israël. Intérêt oblige.


Les Juifs sont à l’origine de la révolution bolchevique et, donc, du communisme. Karl Marx était juif. Mais dès 1948, date de la création de l’Etat hébreu, les autorités israéliennes ont commencé à combattre le communisme partout dans le monde parce que, disait le père du sionisme David Ben Gourion, un tel régime représente une menace pour l’état vulnérable.


Je vis un léger sourire se dessiner sur les lèvres de Joseph. Il tourna les yeux vers les enfants, toujours agglutinés autour du bassin, et me dit :


- tu aimes les enfants ?


Je lui répondais que j’aimais les enfants et que j’avais même aidé ma mère à élever mes cinq frères et sœurs, mais je sentis que ma réponse ne l’intéressait pas plus qu’une autre et que sa question n’était qu’un moyen de nous éloigner de la politique.


Le silence retomba à nouveau entre nous. On entendait de vieilles femmes appeler leurs chiens et des enfants jouer, courir ou crier. En face de moi, le Palais du Louvre se dressait, fier et orgueilleux. Je le voyais qui me narguait, comme s’il savait que je ne possédais pas les quelques maudites pièces qui m’auraient permis de le pénétrer pour y découvrir les trésors millénaires qu’il abrite depuis des siècles. Le Louvre est le musée le plus connu dans le monde. Il est le plus riche en œuvres d’art et le visiter aurait été, pour moi, réaliser l’un de mes plus beaux rêves.


J’étais en train d’imaginer la Joconde, admirée par des centaines de touristes et commentée par un vieux guide aux gestes et aux paroles monotones quand Joseph me dit :


- Veux-tu que je t’offre un café ?


- Je n’aime pas le café, lui répondais-je, mais je prendrais bien un verre d’eau.


Quand nous arrivâmes rue de Rosiers, Joseph me regarda droit dans les yeux et me dit :


" Dans chaque grande ville, existe un petit Israël. Ici, tu es dans l’Israël parisien ". Je reçu sa phrase comme un défi et une provocation. Il avait sans doute senti que je n’aime pas l’Etat d’Israël et il voulait voir ma réaction. Je ne trouvais rien à lui répondre. Je me contentais de regarder, fasciné par le long défilé de restaurants cacher, les enseignes frappées de l’étoile à six branches, des hommes barbus en manteaux et feutres noirs mêlés à des filles en robes ou en jupes et des garçons, beaux comme de dieux, s’enlaçant ou se tenant par la main.


Au troisième étage du 14 de la rue des Rosiers, juste en face du fameux restaurant Goldenberg, Joseph tourna la clé dans une serrure et m’invita en entrer.


Après avoir but du thé et goutté au youyou, pâtisserie juive, je me mis à regarder mon hôte. De mes yeux, je parcourais son grand corps, élancé comme le corps d’un léopard, puis m’attardais sur ses bras musclés, sa chevelure dorée et rebelle. Son visage était bien dessiné et son nez aquilin. Ses yeux en amandes, entre bleu et gris, et ses cils soyeux me troublèrent. Sa belle bouche, appétissante et toujours souriante, laissait paraître des dents parfaitement ordonnées et d’une blancheur éclatante. Une jubilation vertigineuse s’empara de moi. Je me sentais comme noyé dans le bleu profond de ses yeux. J’avais envie de me lever et de m’emparer de lui, de le prendre dans mes bras et ne plus le lâcher. Je ne voulais plus rien dire. Joseph était beau et le silence m’aidait à le dévorer des yeux. Je voyais qu’il était gêné. Il ne voulait rien dire, lui non plus. Il se contenta de rougir et de sourire.


Je continuais à le regarder, quand, soudain, il bondit comme un tigre pour s’asseoir à côté de moi. Dans une grande étreinte, il prit mes mains entre les siennes et se mit à les caresser. Il me regarda dans les yeux, tendrement posa ses lèvres sur les miennes et me dit : " faisons l’amour, nous avons trop fait la guerre ! "


Je me mis à boire ses chuchotements, à aspirer sa langue au goût exquis et à dévorer son corps dessiné par je ne sais quel créateur. Nous fîmes l’amour jusqu’à sentir nos membres s’étourdir, nos têtes s’alourdir et nos âmes s’épanouir.


Allongés, nus, l’un dans les bras de l’autre, nous passâmes l’après-midi à deviser, à nous raconter des histoires et à nous tordre de rire.


Joseph m’accompagna jusqu’à la gare du nord. Dans le métro, nous nous asseyâmes cote à cote. Nos jambes se caressaient mais nos yeux évitaient de se croiser. Nous étions comme intimidés l’un par l’autre. Une pudeur et un malaise s’étaient installés entre nous. Pourtant Dieu seul sait combien j’avais envie de le regarder, de plonger mes yeux dans l’océan limpide des siens. Combien j’avais envie de caresser ses cheveux dorés et de prendre ses mains dans les miennes. Combien j’avais envie de le serrer dans mes bras et de lui dire que je l’aimais !


Quand mon train arriva, Joseph m’embrassa, glissa une enveloppe dans la poche de mon veston et me dit : " tu reviendras me voir ! Je t’ai noté mes coordonnées sur une feuille de papier. J’aimerai bien que tu devienne mon ami ! Je te ferai visiter le Louvre et l’institut du monde arabe. Et, toi, tu pourras peut-être m’apprendre l’arabe ou l’hébreu ! ".


Dans le chemin vers la maudite banlieue, je me mis à penser à ce garçon beau comme un dieu avec lequel je venais de faire l’amour ! Je le trouvais intelligent, accueillant, doux et surtout gentil et charmant. A aucun moment, Joseph n’a cherché à être indiscret, blessant ou arrogant. Il a su me mettre à l’aise dès nos premiers regards. Il a su gagner ma confiance, moi l’arabe, le traditionaliste, le méfiant, sans expérience sexuelle aucune. Je me sentais heureux malgré la culpabilité qui hantait mon esprit parce que je venais de coucher avec un homme et juif et surcroît. Je venais de commettre un péché mortel. Je venais de bousculer le trône de Dieu comme le prétendent quelques théologiens musulmans. Je serai certainement puni par le tout puissant. N’est-ce pas qu’il rasa de la carte Sodome et Gomorrhe pour châtier leurs habitants qui s’adonnaient à la fornication homosexuelle. Il rasa Sodome et Gomorrhe et le peuple de Joseph l’imita pour raser pas moins de quatre cents villages palestiniens.


Je me sentais confiant malgré la morosité qui allait me gagner et peut-être me détruire. Cette morosité qui habite, jour et nuit, les quartiers des agglomérations se trouvant à la périphérie de Paris.


Je sortis l’enveloppe glissé dans ma poche par mon amant, je l’ouvris et je fus surpris, déçu et humilié. Surpris parce que Joseph, croyant bien faire, avait mis entre les plis de la feuille portant ses coordonnées un billet de cinq cents francs. Déçu et humilié parce qu’il avait senti que je n’étais ni étudiant ni travailleur et que j’étais dans le besoin d’une aide.


Que faire ? Rebrousser chemin pour lui cracher dans la figure ma colère et ma révolte ou considérer le billet de banque comme cadeau de quelqu’un qui m’aime déjà ? Je choisis la deuxième solution surtout que j’avais vraiment besoin d’un peu d’argent pour m’acheter un livre, un ticket de train ou des yaourts à la fraise. Ces yaourts que j’ai, maintes fois, désirés sans pouvoir les aborder.


Le soir, quand je m’allongeai sur ma couche au milieu de mes africains repus et sentant la vanille, le musc ou la purée d’arachide, je me mis à penser à ces heures écoulées entre les bras de Joseph. J’avais envie de me lever, de courir prendre un train ou un taxi et d’aller me coucher à côté de mon petit juif affectueux. Je voulais le supplier de bien vouloir m’héberger loin de mon père coléreux et de ces maghrébins et africains qui ne savent pas vivre et qui se laissent docilement exploités par un Jacques, un Marc ou un Michel.


Je ne me sentais pas en sécurité dans cette chambre minuscule, sale et occupée par des ouvriers aux mains rêches et habitudes petites et monotones. Je ne supportais plus que le Dictateur mon père dispose de ma petite vie meurtrie, que ces Maliens, Zaïrois ou Algériens me demandent de leur écrire des lettres, qui à sa famille, qui à la sécurité sociale, qui à sa maîtresse. De leur expliquer le journal télévisé ou de leur remplir des documents compliqués. Je ne veux plus être leur écrivain public ou leur assistante sociale. Je ne suis pas venu à Paris pour assister, gratuitement, des immigrés aux gestes simples et aux esprits étroits. Je suis venu tenter ma chance. Je suis venu pour étudier, travailler, aimer et surtout être aimé.


Je n’arrivais pas à dormir. J’entendais les ouvriers ronfler comme des locomotives des années cinquante, péter comme les ânes de notre voisin à rayures et se racler la gorge comme le faisait Rachida ma tante quand elle m’amenait au hammam. Les pas des putes et des drogués dans les couloirs étroits, salis par des mégots et seringues m’obsédaient. Les couloirs éclairés jour et nuit par une grosse ampoule noircie et envahie par des papillons énormes me faisaient peur.


J’arrivais à entendre les klaxons des voitures et les cris stridents des jeunes des cités voisines. Le foyer, pour moi, n’était qu’un point de passage. Je m’étais juré de trouver une solution honorable à ma situation pitoyable. Je n’allais quand même pas passer ma vie entière dans cette établissement sordide aménagé pour accueillir les maghrébins qui allaient construite la France et l’embellir. Je n’allais quand même pas faire comme le Dictateur mon père, passer ma vie sur les chantiers, entre les jambes des prostituées noires, prier nos ancêtres de Poitiers et boire du rouge pour tromper mes malheurs. Je ne veux en aucun cas laisser le temps s’écouler et s’enfuir et me contenter de vivre, comme ces hommes aux gestes monotones et imprécis, entre une théière, une casserole et des cafards gros comme la misère dans laquelle je me baigne. Je ferai l’impossible pour voler de mes propres ailes dans un très beau ciel et, avec mes propres dents, croquer une vie heureuse.


Le lendemain matin, à six heure, je me levai, pris mon thé à la menthe et courus prendre le train qui m’amena à Paris.


Avec frénésie, mes mains et mes jambes tremblantes, je composai le code d’entrée et montai les escaliers comme un éclair jusqu’au troisième étage. Je restai un moment devant cette porte derrière laquelle dormait, tranquillement, mon amant et peut-être mon sauveur. J’hésitai à sonner. J’avais peur de le réveiller. Je craignais qu’il ne fut pas tout seul. Mille questions me passaient par la tête. J’imaginais Joseph, heureux, endormi dans les bras d’un amant beau et possessif. Je devins jaloux et désagréable. J’en fus irrité. Sans penser aux conséquences je sonnai. Personne. Il dormait sûrement. Je sonnai encore. Encore et encore. Il n’est pas seul, j’en suis sûr. Il est avec quelqu’un. Je pousse un grand cri et je donne un coup de pied dans la porte. Une femme, en peignoir entrouvrit la porte d’en face et me dit :


" Il n’y a pas personne dans cet appartement, monsieur. Le locataire est parti hier. Nous avons beaucoup pleuré, il était très gentil et serviable. Nous le regrettons déjà. Mais il doit être heureux en Israël. Il en rêvait tant. Joseph était… ".


Joseph ? Israël ? Non, ce n’est pas possible ! Il m’a dit qu’il ne mettrait jamais les pieds dans une terre meurtrie. Il m’a dit qu’il était bien, même très bien, dans l’Israël parisien. Il se plaisait à Paris. Non ce n’est pas possible.


Les larmes aux yeux, la rage et la colère dans la gorge, j’enjambais les escaliers, la porte de sortie puis les passants, les chiens, les voitures, les bus, les arbres, les routes et les bâtiments. Comme un fou ou un derviche hanté par le plus malin des esprits, je courais dans tous les sens sans savoir où aller. Je courais comme pour me libérer d’un fardeau que je portais, lourd, sur mes épaules fatiguées. Je courais jusqu’à une bouche de métro qui m’aspira et me jeta hors de Paris pour rejoindre, au milieu des miens, ma petite couche, m’allonger et rêver d’un autre jeune qui ne s’appellera pas Joseph et qui n’ira pas en Israël.


Je rêvais d’un jeune qui m’aimerait. Il m’aimerait jusqu’à la folie. Un jeune garçon qui saura m’écouter pour me permettre de vider mon cœur et rincer mon esprit. Un jeune qui m’arrachera, avec fureur, à la banlieue sordide, à mes voisins sentant le ciment, le bitume et le feu et aux griffes du Dictateur mon père sentant le tabac, le rouge et la…HAÏNE.


Ce message a été modifié par gwadiana97 - Friday 06 January 2006 à 11:03.
Friday 06 January 2006 à 10:57
Citer +Citer
J'adore le dernier texte.
Friday 06 January 2006 à 10:58
Citer +Citer
IV) - homosexualité et binationalité
Depuis trois ans, Damien aime Sofiane et Sofiane le lui rend bien, mais voilà Damien vit en région parisienne et Sofiane à Tunis. Damien multiplie les allers /retours jusqu’au jour où il s’installe en Tunisie.
Ils forment un couple discret. Et puis deux garçons main dans la main en goguette dans les souks, ça fait couleur locale ! Mais les parents de Sofiane, font-ils semblant de ne rien voir ? Leur grand garçon, comme tout " bon " musulman devra se marier et faire au moins un fils. Damien cherche à comprendre et petit à petit réalise combien la religion peut perpétrer les archaïsmes. En Tunisie, comme dans tous les pays ou l’Islam prédomine, d’amour entre garçons, il ne saurait en être question. Les musulmans ont la mémoire courte. Ont-ils oublié Abd-Allâh b. Abbâs déclamant dans la Mosquée sacrée " Alors que les chamelles nous mènent à pas feutré, si l’augure de l’oiseau nous est favorable, nous baiserons Lamîs " ? Je recommande à Damien Le livre des mérites respectifs des jouvencelles et des jouvenceaux de Al-Jâhiz (Editions Philippe Picquier).




Au bout d’un an, pour Damien, l’ambiance est insupportable et il propose à son compagnon la traversée pour faire leur vie commune en France. Damien retrouve du boulot, mais l’inquiétude des deux amants n’en finit pas pour autant. Dans trois mois, Sofiane est... sans papier. Couple binational (ouh le vilain mot !) : voilà le critère pour tenter de transformer le visa de tourisme de Sofiane en titre de résident. Preuves d’intégration, de stabilité du couple (sic), PACS, rendez-vous à la préfecture avec des fonctionnaires suspicieux, le couple mis à nu par une administration méprisante, des mois de précarité, d’attente, d’angoisse, que dis-je des années pour certains, pour que la République française respecte le droit le plus strict à la vie amoureuse entre deux garçons. La gauche française fait aussi bien que la droite en matière de respect des droits de l’homme. Un couple bien gaulois et pacsé, cela fait deux voix pour la jospinie. Mais un pédé avec un arabe ou un noir, rien n’est moins sûr !


Ce message a été modifié par gwadiana97 - Friday 06 January 2006 à 11:04.
Friday 06 January 2006 à 10:58
Citer +Citer
QUOTE (calvin_42 @ 06 Jan 2006 à 10:57)
J'adore le dernier texte.

Merci happy.gif
Friday 06 January 2006 à 10:59
Citer +Citer
V) - Psy au sauna = taxi en 9-3
Il a 22 ans maximum. Il tourne entre les cabines comme un forcené. Il s’arrête de temps en temps deux minutes devant un écran vidéo. Profitant de ce peu de lumière, il scrute le visage de tout ceux qui passent devant lui. Les regards sont sans équivoque mais le garçon boude.
Je tente un sourire et, surprise, il y répond. Je m’appuie contre la cloison à un mètre de lui et mate la vidéo. Pas de latex autour de la bite d’un clone qui va s’enfoncer dans le trou d’un autre. Le premier doit avoir la trentaine, le second n’est pas exactement un clone, mais plutôt un hybride entre le premier de la classe et une parfaite graine de s.... A voix haute, je ne peux m’empêcher : " bonjour le safe sexe ". " Ca t’étonne ? " Réplique mon voisin. " Il n’est pas en train de lui faire les seins mais de lui bourrer le cul « je lui répond et je le laisse là à sa bouderie. Je plonge dans la vapeur, profite d’une quatuor pour faire un quintet : deux petits clones musclés, un grand black et un plus grand clone. Je cherche à partager le pieu du black avec le grand clone. Je n’avais pas vu, il est moustachu et pas partageur. Je m’assoie sur la banquette et profite du life-chaud.




Douche et cigarette. Le boudeur est seul dans un coin. Mon coca à la main, je me retourne et le plante dans les yeux. Il m’invite à m’asseoir. " Vincent ". " Samir " fait-il en se déplaçant pour me faire une place sur le canapé. Dans ma tête, je tire déjà un plan sur une comète. " Je peux te poser une question ? ". " Vas-y ". " Quant tu suces, t’avales ? ". Samir me tue sur place et enchaîne " j’te cause parce que tout à l’heure, t’as souris ". " Ca a l’air de t’étonner " et on éclate de rire tout les deux. " Pourquoi tu m’as posé cette question ? ". " T’as mater le moustachu ? Lui, il avale ". " Et alors ? " " Le bleme, c’est que je suis plombé ". " Toi, tu merdes et lui, c’est un con - je lui rétorque. Si il est plombé aussi, il se surinfecte, c’est suicidaire. ".




" Je déteste le caoutchouc - me dit-il. Et depuis, deux ans, je suis obligé... Ici c’est différent. ". " Différent en quoi ? ". " Je ne te connais pas, je te tire sans capote vite fait, t’en crève d’envie... et moi aussi... ". Le keum a vraiment besoin de réfléchir et je ne réponds pas tout de suite. " On en a parlé avec des potes... pour eux c’est pareil avec les meufs ". " Ils savent que t’es pédé ? ". " Non, il y en a un avec j’ai fait des trucs il y a longtemps, avant de choper cette saloperie... On s’est retrouvé, tranquille, chez lui l’été dernier. J’ai pas osé lui dire que j’étais séropo. Et c’est lui qui a sorti l’attirail, il avait même du gel en pot ! ". Il est minuit. " On se fait un dernier sauna ? " je lui demande. " Ok " et nous voila dans la vapeur... tranquille. Son corps appelle les caresses. Ses mains sont douces. Après l’avoir longuement embrassé, je luis glisse à l’oreille : " Là, rien qu’à nous deux, on a déjà deux capotes et deux dosettes de gel. Il y a un début à tout ". " Ok, tu viens chez moi, ma reum est à Tanger... j’ai du oinj à la maison... on pourra parler ". Deux capotes, Samir et moi dans un taxi vers le neuf-trois. En montant dans la voiture, il rigole " C’est la première fois que je ramène un keum à la maison. "


Ce message a été modifié par gwadiana97 - Friday 06 January 2006 à 11:05.
Saturday 07 January 2006 à 16:10
Citer +Citer
pour le theme de depart les gays et les banlieues. La chaine de télé Pink va traiter ce debat la semaine prochaine lors d'une emission ouverte au public ca risque d'etre tres interessant
Saturday 07 January 2006 à 17:07
Citer +Citer
QUOTE (phabrys @ 07 Jan 2006 à 16:10)
pour le theme de depart les gays et les banlieues. La chaine de télé Pink va traiter ce debat la semaine prochaine lors d'une emission ouverte au public ca risque d'etre tres interessant

malheureusement je n'ai pas pink TV. dry.gif
Saturday 07 January 2006 à 17:31
Citer +Citer
Waw merci pour ces textes, ils sont sympa.
Ca me concerne pas directement mais ils sont très touchant.
Saturday 07 January 2006 à 17:37
Citer +Citer
QUOTE (tinwen @ 07 Jan 2006 à 17:31)
Waw merci pour ces textes, ils sont sympa.
Ca me concerne pas directement mais ils sont très touchant.

Merci à toi.
Saturday 07 January 2006 à 17:38
Citer +Citer
QUOTE (gwadiana97 @ 07 Jan 2006 à 17:07)
malheureusement je n'ai pas pink TV. dry.gif

je crois que cette emission passe comme le set (autre emission public de pink) en clair mais a verifier et puis le tournage est prevu pour la semaine prochaine alors il ne sera pas diffuser avant 15 jours mais tu peux y participer en tant que public si tu veux.
Saturday 07 January 2006 à 17:39
Citer +Citer
QUOTE (phabrys @ 07 Jan 2006 à 17:38)
je crois que cette emission passe comme le set (autre emission public de pink) en clair mais a verifier et puis le tournage est prevu pour la semaine prochaine alors il ne sera pas diffuser avant 15 jours mais tu peux y participer en tant que public si tu veux.

t'aurais des coordonnées ou quelque chose comme ça ?
Saturday 18 February 2006 à 22:09
Citer +Citer
j'ai relu quelques uns des textes. vraiment touchants.
Saturday 11 March 2006 à 20:57
Citer +Citer
Touchant...

Hey oui il faut se mettre en tete que l homosexualité c est partout... elle touche tous les secteurs... meme les racailles. Cela dit il est clair que cela ne se decèle pas comme si on était dans le marais... Cela dis c'est souvent des gens plein de sentiments, qui savent etre super touchant et romantique, et que leur milieu les obligent a jouer un role que eux meme parfois amusent ou ennuient...

Mais pas facile pour eux...
Saturday 11 March 2006 à 21:04
Citer +Citer
c'est clair. Jpense que chaque sexualité se vit différemment, selon l'endroit ou tu habites. campagne, zone urbaine, quartiers populaire...

Y a t'il un risque d'assomption plus fort d'un lieu à l'autre ? Je le pense.
Ferme   ^


Suggestion de sujets



A voir sur le portail Livenet.fr Actu et culture
Bien être
Arts et loisirs
High tech
Amour et sexe
Musique
Real TV
Nos partenaires Partenaires : php - Vidéos - PS3 - Rap et R&B - Cinéma - voyage - TNT - Séries en DVD
Contact et infos Le blog Livenet
Suggestions sur Livenet
Aide générale Livenet - Aide du Forum
Charte du forum
Mentions légales
Reporter un abus
Reporter un bug

Copyright © 2004-2008 Tigersun - Tous droits réservés - Powered By IP.Board © 2008  IPS, Inc.