Friday 07 December 2007 à 12:04
Tuesday 04 December 2007 à 18:37 C'est un secret pour personne, Nicolas Sarkozy est à la recherche du "point de croissance manquant".
Nous sommes en 2007, cela fait 20 ans que le concept de développement durable existe, depuis la conférence de Stockholm( 1987) et le discours de Gro Harlem Brundtland.
Ma question est très simple : Peut on tout sacrifier, y compris la sécurité mondiale ou les principes de la démocratie, pour favoriser la croissance du Produit Intérieur Brut ?
Autrement dit la notion de "développement" se résume t elle aux bénéfices de quelques grandes entreprises ?
Certes les contrats signés avec la Libye et maintenant avec l'Algérie vont permettre de tirer la croissance française vers le haut, puisque les bénéfices d'Areva vont forcément augmenter considérablement, mais est ce cela le développement que l'on veut pour la France et plus largement pour le monde? Tous les experts s'accordent à dire que le passage du nucléaire civil au nucléaire militaire est d'une facilité déconcertante...
Peut on féliciter le président Poutine après des élections très controversées, dans l'espoir que Total continue à signer des contrats juteux avec Gazprom? ou ne pas inviter la représentante des Droits de l'Homme pour la France lorsque l'on va signer des contrats en Chine pour Airbus?
Les bénéfices de Total, d'Areva ou d'Airbus, s'ils peuvent doper la croissance française vont ils réellement améliorer la vie quotidienne des français ?
La démocratie, les droits de l'homme, la sécurité mondiale ne semblent pas inclut dans la notion de développement, de même que les questions liées à la faim dans le monde ou à l'environnement... Le développement durable est il condamné à rester lettre morte?
Notre système économique et politique n'est il pas confronté à sa propre impuissance ?
Bonjour S.E.F.,
Très bonne question : est ce que ce point de croissance en vaut la chandelle?
Reprenons donc un seul des principes énoncés par le rapport Brundtland dont tu cites l'auteur : le calcul de la croissance, c'est à dire la production (ou la consommation) totale de richesse sur une période donnée, repose sur l'addition sans discernement de tout ce qui pourrait "produire" de la croissance. Tout, cela signifie que le nucléaire produisant l'énergie (et des déchets) est ajouté à la croissance sans que les déchets ne soient comptabilisés comme une dépense (pour les recycler). Cette dépense n'est pas soustraite de la croissance. Alors que, paradoxalement, quand on dépense, on a moins dans le porte monnaie.
Mais magie de magie, avec l'économie classique, tout produit de la croissance.
A partir de là :
- Est ce qu'il faut rétablir les "vrais" prix : celui du nucléaire comprendrait le coût du retraitement des déchets, du démantèlement des centrales...
Je te propose un article :
http://geoecoblog.unblog.fr/2007/11/29/le-...ant-du-gratuit/- Est ce que le développement durable ne va pas se faire au détriment des plus modestes et du pouvoir d'achat?
Une intervention de Monsieur Harribey sur le sujet :
http://geoecoblog.unblog.fr/2007/11/13/197...vironnementale/- Est ce qu'il ne vaut mieux pas proner la décroissance? Ou est ce que la décroissance est déjà en marche?
Un entretien avec Serge Latouche et un article :
http://geoecoblog.unblog.fr/2007/12/07/ler...e-decroissance/Je reste à ta disposition pour d'autres questions / remarques.
GeoEco