Jamais sur terre il n'y eut d'amoureux Plus aveugles que moi dans tous les âges Mais faut dir' qu' je m'étais creuvé les yeux En regardant de trop près son corsage
Un' jolie fleur dans une peau d'vache Un' jolie vach' déguisée en fleur Qui fait la belle et qui vous attache Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur
Le ciel l'avait pourvue des mille appas Qui vous font prendre feu dès qu'on y touche L'en avait tant que je ne savais pas Ne savais plus où donner de la bouche
Un' jolie fleur dans une peau d'vache Un' jolie vach' déguisée en fleur Qui fait la belle et qui vous attache Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur
Ell' n'avait pas de tête, ell' n'avait pas L'esprit beaucoup plus grand qu'un dé à coudre Mais pour l'amour on ne demande pas Aux filles d'avoir inventé la poudre
Un' jolie fleur dans une peau d'vache Un' jolie vach' déguisée en fleur Qui fait la belle et qui vous attache Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur
Puis un jour elle a pris la clef des champs En me laissant à l'âme un mal funeste Et toutes les herbes de la Saint-Jean N'ont pas pu me guérir de cette peste
J' lui en ai bien voulu, mais à présent J'ai plus d'rancune et mon cœur lui pardonne D'avoir mis mon cœur à feu et à sang Pour qu'il ne puisse plus servir à personne
Un' jolie fleur dans une peau d'vache Un' jolie vach' déguisée en fleur Qui fait la belle et qui vous attache Puis, qui vous mèn' par le bout du cœur
Geoges Brassens - Une Jolie Fleur
Là encore il y a matière... on pourrai mettre tout son répertoire
Vous êtes si jolies Quand vous passez le soir À l'angle de ma rue, Parfumées et fleuries Avec un ruban noir, Toutes de bleu vêtues. Quand je vous vois passer, J'imagine parfois Des choses insensées, Les rendez-vous secrets Au fond d'un jardin froid, Des serments murmurés.
Le soir, dans votre lit, Je vous devine nues. Un roman à la main, Monsieur Audiberti Vous parle d'inconnu. Vout êtes déjà loin. Vos rêves, cette nuit, De quoi parleront-ils ? Le soleil fut si lourd. Demain, c'est samedi. Je guetterai fébrile Votre sortie du cours.
Dimanche sera gris. Je ne vous verrai pas, Pas avant lundi soir. Où serez-vous parties ? Qui vous tiendra la bras ? Que vous fera-t-on croire ? Je crois que je vous dois De vous faire un aveu : Petites, écoutez-moi. C'est la première fois Que je suis amoureux De tout un pensionnat. - Maxime Le Forestier - Fontenay-aux-Roses
Restera-t-il un chant d'oiseau ? Album :"Ferrat 2000" (Date de 1ère sortie du titre: 1961-62)
Que restera-t-il sur la terre Dans cinquante ans On empoisonne les rivières Les océans On mange des hydrocarbures Que sais-je encore Le Rhône charrie du mercure Des poissons morts
[Refrain] : Pour les enfants des temps nouveaux Restera-t-il un chant d'oiseau
Le monde a perdu la boussole Qu'a-t-il gagné Des plages noires de pétrole Pour se baignier L'atome va régner sur terre Comme un Seigneur Qu'en ferons-nous c'est une affaire Qui me fait peur
[Refrain]
A peine le malheur des hommes Est-il moins grand Que déjà pourrissent les pommes Des nouveaux temps Enfants enfants la terre est ronde Criez plus fort Pour que se réveille le monde S'il n'est pas mort
Avec une bêche à l'épaule, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à la lèvre, un doux chant, Avec, à l'âme, un grand courage, Il s'en allait trimer aux champs!
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Pour gagner le pain de sa vie, De l'aurore jusqu'au couchant, De l'aurore jusqu'au couchant, Il s'en allait bêcher la terre En tous les lieux, par tous les temps!
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Sans laisser voir, sur son visage, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Ni l'air jaloux ni l'air méchant, Il retournait le champ des autres, Toujours bêchant, toujours bêchant!
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Et quand la mort lui a fait signe De labourer son dernier champ, De labourer son dernier champ, Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant...
Pauvre Martin, pauvre misère, Creuse la terre, creuse le temps!
Il creusa lui-même sa tombe En faisant vite, en se cachant, En faisant vite, en se cachant, Et s'y étendit sans rien dire Pour ne pas déranger les gens...
Pauvre Martin, pauvre misère, Dors sous la terre, dors sous le temps!
Ça fait des heures que tu l'attends T'as mal aux os, t'as mal au dos Tu transpires, c'est pas parce qu'il fait chaud Et tu trembles, c'est pas parce que t'as froid Et tu l'attends le salaud Il prend son temps Il sait qu'il aura ton argent Tu ferais n'importe quoi Pour l'avoir ton petit képa Tu voudrais la sentir déjà au creux de ton bras La femme de ceux qui n'en ont pas Tu le vois venir de loin C'est ton soleil qui revient Avec sa sale petite gueule d'enculé C'est sûr que, ce mec-là, il va t'arnaquer Mais, déjà tu flippes comme un chien De peur qu'il te dise qu'il n'a rien Et quand il tend sa merde avec mépris Tu vas même jusqu'à lui dire merci
Tu cours dans une sanisette Et là pour toi c'est la fête Et là avec l'eau de la cuvette Tu prépares ta petite dinette Et quand enfin tu plantes ton pieu Dans ton bras devenu noueux Et que le rouge se mêle au blanc C'est la fin du tourment Tu la sens maintenant au creux de ton bras La femme de ceux qui n'en ont pas Et tu piques du zen dans la rue Et déjà tu te souviens même plus Qui t'étais avant, du temps où t'avais des couilles Où t'étais fier, du temps où t'avais même T'avais même des rêves Et tu piques du zen dans la rue J'ai comme envie de te botter le cul Mais j'ai bien trop peur de te casser en deux Tellement que t'as l'air d'un petit vieux Emmène-la au creux de ton bras La femme de ceux qui n'en ont pas Elle est vieille ta femme Elle est trop vieille pour toi
Pour ceux qui n'auraient pas suivi... C'est une chanson contre la drogue.... C'est du Mano Solo... Plus c'est noir, plus il fait joyeux......
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d'été si doux: Au détour d'un sentier une charogne infâme Sur un lit semé de cailloux,
Le ventre en l'air, comme une femme lubrique, Brûlante et suant les poisons, Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture, Comme afin de la cuire à point, Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu'ensemble elle avait joint;
Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une fleur s'épanouir. La puanteur était si forte, que sur l'herbe Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride, D'où sortaient de noirs bataillons De larves, qui coulaient comme un épais liquide Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague Ou s'élançait en pétillant On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague, Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique, Comme l'eau courante et le vent, Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve, Une ébauche lente à venir Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète Nous regardait d'un oeil fâché, Epiant le moment de reprendre au squelette Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure, A cette horrible infection, Etoile de mes yeux, soleil de ma nature, Vous, mon ange et ma passion!
Oui! telle vous serez, ô la reine des grâces, Apres les derniers sacrements, Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses, Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté! dites à la vermine Qui vous mangera de baisers, Que j'ai gardé la forme et l'essence divine De mes amours décomposés!
Une provinciale de petite bourgeoisie Hubert-Félix Thiéfaine "Fragments d'hébétude"
Elle regarde passer le temps, Assise dans son rocking chair, Les yeux fermés. Parfois elle sourit au vent. C'est tout ce qu'elle sait vraiment faire En société.
Son mari n'est pas un loser Qu'on berce avec des sentiments, Tout le monde le sait, Mais c'est un homme de grand cœur Qui se présente au parlement Et c'est assez.
Elle regarde passer le temps, Assise dans son rocking chair, Les yeux fermés. Parfois elle sourit au vent. C'est tout ce qu'elle sait vraiment faire En société.
Ses enfants ont un bon quotient Et seront plus brillants que leur père Sur le marché. Ils jouent leur tennis en riant Et claquent bruyamment les portières De leur V.T.T.
Elle regarde passer le temps, Assise dans son rocking chair, Les yeux fermés. Parfois elle sourit au vent. C'est tout ce qu'elle sait vraiment faire En société.
Pour la flamme que tu allumes Au creux d'un lit pauvre ou rupin Pour le plaisir qui s'y consume Dans la toile ou dans le satin Pour les enfants que tu ranimes Au fond des dortoirs chérubins Pour leurs pétales anonymes Comme la rose du matin
Thank you Satan
Pour le voleur que tu recouvres De ton chandail tendre et rouquin Pour les portes que tu lui ouvres Sur la tanière des rupins Pour le condamné que tu veilles A l'Abbaye du monte en l'air Pour le rhum que tu lui conseilles Et le mégot que tu lui sers
Thank you Satan
Pour les étoiles que tu sèmes Dans le remords des assassins Et pour ce cœur qui bat quand même Dans la poitrine des putains Pour les idées que tu maquilles Dans la tête des citoyens Pour la prise de la Bastille Même si ça ne sert à rien
Thank you Satan
Pour le prêtre qui s'exaspère A retrouver le doux agneau Pour le pinard élémentaire Qu'il prend pour du Château Margaux Pour l'anarchiste à qui tu donnes Les deux couleurs de ton pays Le rouge pour naître à Barcelone Le noir pour mourir à Paris
Thank you Satan
Pour la sépulture anonyme Que tu fis à Monsieur Mozart Sans croix ni rien sauf pour la frime Un chien, croque-mort du hasard Pour les poètes que tu glisses Au chevet des adolescents Quand poussent dans l'ombre complice Des fleurs du mal de dix-sept ans
Thank you Satan
Pour le péché que tu fais naître Au sein des plus raides vertus Et pour l'ennui qui va paraître Au coin des lits où tu n'es plus Pour les ballots que tu fais paître Dans le pré comme des moutons Pour ton honneur à ne paraître Jamais à la télévision
Thank you Satan
Pour tout cela et plus encor Pour la solitude des rois Le rire des têtes de morts Le moyen de tourner la loi Et qu'on ne me fasse point taire Et que je chante pour ton bien Dans ce monde où les muselières Ne sont plus faites pour les chiens...
Regarder la Vidéo Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connait à peine Qu'un destin différent entraîne Et qu'on ne retrouve jamais
A celle qu'on voit apparaître Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste, s'évanouit Mais dont la svelte silhouette Est si gracieuse et fluette Qu'on en demeure épanoui
A la compagne de voyage Dont les yeux, charmant paysage Font paraître court le chemin Qu'on est seul, peut-être, à comprendre Et qu'on laisse pourtant descendre Sans avoir effleuré sa main
A la fine et souple valseuse Qui vous sembla triste et nerveuse Par une nuit de carnaval Qui voulu rester inconnue Et qui n'est jamais revenue Tournoyer dans un autre bal
A celles qui sont déjà prises Et qui, vivant des heures grises Près d'un être trop différent Vous ont, inutile folie, Laissé voir la mélancolie D'un avenir désespérant
Chères images aperçues Espérances d'un jour déçues Vous serez dans l'oubli demain Pour peu que le bonheur survienne Il est rare qu'on se souvienne Des épisodes du chemin
Mais si l'on a manqué sa vie On songe avec un peu d'envie A tous ces bonheurs entrevus Aux baisers qu'on n'osa pas prendre Aux cœurs qui doivent vous attendre Aux yeux qu'on n'a jamais revus
Alors, aux soirs de lassitude Tout en peuplant sa solitude Des fantômes du souvenir On pleure les lêvres absentes De toutes ces belles passantes Que l'on n'a pas su retenir
L'habitude nous joue des tours : Nous qui pensions que notre amour Avait une santé de fer. Dès que séchera la rosée, Regarde la rouille posée Sur la médaille et son revers.
Elle teinte bien les feuilles d'automne. Elle vient à bout des fusils cachés. Elle rongerait les grilles oubliées Dans les prisons, s'il n'y venait personne.
Moi, je la vois comme une plaie utile, Marquant le temps d'ocre jaune et de roux. La rouille aurait un charme fou Si elle ne s'attaquait qu'aux grilles.
Avec le temps tout se dénoue. Que s'est-il passé entre nous, De petit jour en petit jour ? À la première larme séchée, La rouille s'était déposée Sur nous et sur nos mots d'amour.
Si les fusils s'inventent des guerres Et si les feuilles attendent le printemps, Ne luttons pas, comme eux, contre le temps. Contre la rouille, il n'y a rien à faire.
Moi, je la vois comme une déchirure, Une blessure qui ne guérira pas. Notre histoire va s'arrêter là. Ce fut une belle aventure.
Nous ne nous verrons plus et puis... Mais ne crois pas ce que je dis : Tu sais, je ne suis pas en fer. Dès que séchera la rosée, La rouille se sera posée Sur ma musique et sur mes vers.
J'ai connu le temps où coulent les enfances, Tout doucement, au début de la vie. Le temps de l'école, le temps de l'innocence Et du chagrin, et du bonheur aussi.
J'ai laissé passer le temps qui va trop vite. Si j'ai tout vu pendant quelques années, Je n'ai pas connu le temps des marguerites. Feuillues sont nées, feuillues se sont fanées.
Puis est arrivé le temps de mes ivresses, De mes alcools aux mauvais souvenirs Et les yeux gonflés, le temps de la paresse Où l'on se tue à force de dormir
Et je suis resté, en attendant la suite, Dans une vie de vide enrubannée. Je n'ai pas connu le temps des marguerites. Feuillues sont nées, feuillues se sont fanées.
J'ai connu le temps de la désespérance Où l'on s'enlise un peu plus chaque jour, Où, les yeux ouverts, on n'attend de la chance Plus que la mort si ne vient pas l'amour.
Si, dans l'avenir, on vante mes mérites, Ne croyez pas ce que les gens diront. Je n'ai pas connu le temps des marguerites. Feuillues naîtront, feuillues se faneront.
Derrière les toits blancs, le soleil qui descend, Échange lentement l'ombre de l'hiver. Devant les vitrines éteintes, la tête dans les épaules Tu marches dans les courants d'air, demain comme hier
Des flaques d'huile, des papiers gras, Y a plus que la rue, dans la rue le froid
Un chien qui flaire une chienne Et tu penses a tes problèmes Sous le réverbère en l'air Qui éclaire un peu l'hiver
Tu tires une ligne, sur le crépi Sans t'arrêter avec une craie Pour laisser une trace Pour faire un signe Mais le calcaire retombe en poussière Sur le sol de l'hiver Demain, demain comme hier Demain, demain comme hier
Un chat qui miaule sous une bagnole Un autre qui guette dans le soupirail Comme un refrain bidon qui revient sans arrêt Comme une obsession, une affiche arrachée Les poches trouées, les doigts congelés
La neige qui tombe, il est presque minuit Tes semelles glissent mais tu sais pas A qui te raccrocher Ou même qui appeler Un bruit de sirène du côté du cimetière Une envie suicidaire dans un hangar désert Tu vas rentrer là-bas t'allonger dans le froid Demain, demain comme hier Sur un sommier solitaire, Demain comme hier, comme hier.
Bien sûr, nous eûmes des orages Vingt ans d'amour, c'est l'amour fol Mille fois tu pris ton bagage Mille fois je pris mon envol Et chaque meuble se souvient Dans cette chambre sans berceau Des éclats des vieilles tempêtes Plus rien ne ressemblait à rien Tu avais perdu le goût de l'eau Et moi celui de la conquête
Mais mon amour Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour De l'aube claire jusqu'à la fin du jour Je t'aime encore, tu sais, je t'aime
Moi, je sais tous tes sortilèges Tu sais tous mes envoûtements Tu m'as gardé de pièges en pièges Je t'ai perdue de temps en temps Bien sûr tu pris quelques amants Il fallait bien passer le temps Il faut bien que le corps exulte Finalement, finalement Il nous fallut bien du talent Pour être vieux sans être adultes
Oh, mon amour Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour De l'aube claire jusqu'à la fin du jour Je t'aime encore, tu sais, je t'aime
Et plus le temps nous fait cortège Et plus le temps nous fait tourment Mais n'est-ce pas le pire piège Que vivre en paix pour des amants Bien sûr tu pleures un peu moins tôt Je me déchire un peu plus tard Nous protégeons moins nos mystères On laisse moins faire le hasard On se méfie du fil de l'eau Mais c'est toujours la tendre guerre
Oh, mon amour... Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour De l'aube claire jusqu'à la fin du jour Je t'aime encore, tu sais, je t'aime.
Georges Brassens - Ballade des Dames du Temps Jadis Paroles: D'après François Villon
Dites moy ou, n'en quel pays Est Flora la belle Romaine, Archipiades, né Thaïs Qui fut sa cousine germaine, Echo parlant quand bruyt on maine Dessus rivière ou sus estan Qui beaulté ot trop plus qu'humaine. Mais ou sont les neiges d'antan? Qui beaulté ot trop plus qu'humaine. Mais ou sont les neiges d'antan?
Ou est très sage Hélloïs, Pour qui chastré fut et puis moyne Pierre Esbaillart a Saint Denis? Pour son amour ot ceste essoyne. Semblablement, ou est royne Qui commanda que buridan Fut geté en ung sac en Saine? Mais ou sont les neiges d'antan? Fut geté en ung sac en Saine? Mais ou sont les neiges d'antan?
La royne blanche comme lis Qui chantoit a voix de seraine, Berte au grand pié, Bietris, Alis Haremburgis qui tient le Maine, Et Jehanne la bonne Lorraine Qu'Englois brûlèrent a Rouen; Où sont ils, ou Vierge souveraine? Mais où sont les neiges d'antan? Où sont ils ou Vierge souveraine? Mais où sont les neiges d'antan?
Prince, n'enquérez de sepmaine Ou elles sont, ne de cest an, Qu'a ce refrain ne vous remaine: Mais ou sont les neiges d'antan? Qu'a ce refrain en vous remaine; Mais ou sont les neiges d'antan?
De chrysanthèmes en chrysanthèmes Nos amitiés sont en partance De chrysanthèmes en chrysanthèmes La mort potence nos dulcinées De chrysanthèmes en chrysanthèmes Les autres fleurs font ce qu'elles peuvent De chrysanthèmes en chrysanthèmes Les hommes pleurent, les femmes pleuvent
J'arrive, j'arrive Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé Encore une fois traîner mes os Jusqu'au soleil jusqu'à l'été Jusqu’au printemps, jusqu’à demain J'arrive, j'arrive Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé Encore une fois voir si le fleuve Est encore fleuve, voir si le port Est encore port, m'y voir encore J'arrive, j'arrive Mais pourquoi moi, pourquoi maintenant Pourquoi déjà et où aller ? J'arrive bien sûr, j'arrive N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver ?
De chrysanthèmes en chrysanthèmes A chaque fois plus solitaire De chrysanthèmes en chrysanthèmes A chaque fois surnuméraire J'arrive, j'arrive Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé Encore une fois prendre un amour Comme on prend le train pour plus être seul Pour être ailleurs pour être bien J'arrive, j'arrive Mais qu'est-ce que j'aurais bien aimé Encore une fois remplir d'étoiles Un corps qui tremble et tomber mort Brûlé d'amour le cœur en cendres J'arrive, j'arrive C'est même pas toi qui es en avance C'est déjà moi qui suis en r'tard J'arrive, bien sûr j'arrive N'ai-je jamais rien fait d'autre qu'arriver ?
D'abord, d'abord, y a l'aîné Lui qui est comme un melon Lui qui a un gros nez Lui qui sait plus son nom Monsieur tellement qu'y boit Tellement qu'il a bu Qui fait rien de ses dix doigts Mais lui qui n'en peut plus Lui qui est complètement cuit Et qui s'prend pour le roi Qui se saoule toutes les nuits Avec du mauvais vin Mais qu'on retrouve matin Dans l'église qui roupille Raide comme une saillie Blanc comme un cierge de Pâques Et puis qui balbutie Et qui a l'œil qui divague Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On ne pense pas, Monsieur On ne pense pas, on prie
Et puis, y a l'autre Des carottes dans les cheveux Qu'a jamais vu un peigne Qu'est méchant comme une teigne Même qu'il donnerait sa chemise A des pauvres gens heureux Qui a marié la Denise Une fille de la ville Enfin d'une autre ville Et que c'est pas fini Qui fait ses p'tites affaires Avec son p'tit chapeau Avec son p'tit manteau Avec sa p'tite auto Qu'aimerait bien avoir l'air Mais qui a pas l'air du tout Faut pas jouer les riches Quand on n'a pas le sou Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On n'vit pas, Monsieur On n'vit pas, on triche
Et puis, il y a les autres La mère qui ne dit rien Ou bien n'importe quoi Et du soir au matin Sous sa belle gueule d'apôtre Et dans son cadre en bois Y a la moustache du père Qui est mort d'une glissade Et qui r'garde son troupeau Bouffer la soupe froide Et ça fait des grands flchss Et ça fait des grands flchss Et puis y a la toute vieille Qu'en finit pas d'vibrer Et qu'on attend qu'elle crève Vu qu'c'est elle qu'a l'oseille Et qu'on n'écoute même pas C'que ses pauvres mains racontent Faut vous dire, Monsieur Que chez ces gens-là On n'cause pas, Monsieur On n'cause pas, on compte
Et puis et puis Et puis il y a Frida Qui est belle comme un soleil Et qui m'aime pareil Que moi j'aime Frida Même qu'on se dit souvent Qu'on aura une maison Avec des tas de fenêtres Avec presque pas de murs Et qu'on vivra dedans Et qu'il fera bon y être Et que si c'est pas sûr C'est quand même peut-être Parce que les autres veulent pas Parce que les autres veulent pas Les autres ils disent comme ça Qu'elle est trop belle pour moi Que je suis tout juste bon A égorger les chats J'ai jamais tué de chats Ou alors y a longtemps Ou bien j'ai oublié Ou ils sentaient pas bon Enfin ils ne veulent pas Parfois quand on se voit Semblant que c'est pas exprès Avec ses yeux mouillants Elle dit qu'elle partira Elle dit qu'elle me suivra Alors pour un instant Pour un instant seulement Alors moi je la crois, Monsieur Pour un instant Pour un instant seulement Parce que chez ces gens-là Monsieur, on ne s'en va pas On ne s'en va pas, Monsieur On ne s'en va pas Mais il est tard, Monsieur Il faut que je rentre chez moi.