samedi 28 février 2004 à 03:47
Si je peux t'encourager à exprimer ta fougue , c'est justement dans cette attitude qui consiste à me citer à profusion le nom d'oeuvre qui t'ont plu : ce sont ceux qui aiment qui parlent le mieux de ceux qu'ils aiment.
Ma mère m'a un jour conseillé Mahler , croyant que cela me plairait. Et elle m'a conseillé il me semble aussi Purcell !!!! (Mais jamais n'ai-je cherché à le découvrir)
Moi , j'ai toujours été un romantique flamboyant : un Wagnérien "décadant" , un Nietzschéen conquérant , un Wanderer bohème sans lien ni attache , un mahlérien revenu du royaume des morts ... Un Wertherien aussi , un Hégelien surtout ...
C'est pourquoi je trouve formidable de pouvoir contrôler son exaltation avec une oeuvre d'une magnifique finesse comme celle de Debussy.
Certes c'est l'apanage de la jeunesse d'être romantique : mais le problème du romantisme c'est cette oscillation continuelle entre exaltation ultime (le 1er Mouvement de la 7eme symphonie) et désespoir profond (Adagietto de la 5eme symphonie)...
Je trouve que la musique de Debussy peut être triste , mais lorsque je l'écoute , j'ai l'impression de m'être élevé au-dessus de cette attitude d'exalté-désespéré (d'autres diraient maniaco-dépressif) , de la regarder de loin , comme une possibilité qui s'offre à moi , mais que j'éloigne de moi.
Un jour j'ai basculé dans l'existentialisme : mais n'ai jamais trouvé la musique classique pour m'accompagner (peut-être que le dialogue de Prokofiev et de Stravinski répondra à mon attente)
Ce que tu exprimes est très profond , l'adagietto que j'écoute en ce moment , ne produit pas son effet

... Du coup , je vais terminer cette soirée avec le magnifique
"Sehr langsam Misterioso" : O Mensch !!! (Eliahu Inbal) : tu m'as redonné foi en l'homme !!!
P.S. : La Deuxième Symphonie , avec Sir Georgh Solti