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vendredi 10 juin 2005 à 18:35
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Une petite introduction sur l'origine de la langue française.

Un autre sujet , sur Histoire , introduit à la connaissance du processus de construction de la langue française :
http://www.comlive.net/sujet-64009-0.html#entry2993459





Sommaire :

Introduction : Le Latin

o Un morcellement du latin

L'Académie française

o Naissance et Evolution du français
o Le français , langue de la nation
o Transformation et Réforme de l'orthographe






Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 10 juin 2005 à 18:43.
vendredi 10 juin 2005 à 18:36
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Introduction : Le Latin

Sources : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/francophonie/histlngfrn.htm


Pour administrer son vaste empire, Rome s'inspira de la pratique grecque et établit, en 286, deux chancelleries: l'une d'expression latine à Rome, pour l'Occident, l'autre d'expression grecque à Constantinople, pour l'Orient.
  1. Les Romains implantèrent partout leur système administratif et transformèrent profondément les peuples conquis. Ils n'imposèrent pas vraiment le latin aux vaincus; ils ignorèrent simplement les langues "barbares" et s'organisèrent pour que le latin devienne indispensable
  2. Par exemple , les personnes qui aspiraient à la citoyenneté romaine de plein droit devaient adopter les habitudes, le genre de vie, la religion et la langue de Rome. C'étaient là les conditions pour bénéficier de tous les avantages de la citoyenneté romaine, indispensable à qui voulait gravir les échelons de la hiérarchie sociale)
Mais il ne faudrait pas croire que c'est le latin de César et de Cicéron qui s’imposa partout. Le latin parlé par les fonctionnaires, les soldats, les colons romain, de même que celui des autochtones assimilés, se différencia peu à peu du latin classique du premier siècle. Parallèlement à cette langue classique réservée à l'aristocratie et aux écoles, se développa un latin populaire dont les colorations régionales étaient très importantes en raison des contacts entre vainqueurs et vaincus.
vendredi 10 juin 2005 à 18:37
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Un morcellement du latin

En raison de la loi de réadaptation au milieu, la langue latine populaire parlée dans les différentes provinces de Rome se morcela peu à peu suivant des conditions politiques sociales et géographiques particulières. L'effondrement de l'Empire romain d'Occident accéléra le processus de morcellement du latin populaire, amorcé dès le IIe siècle.

le morcellement des royaumes germaniques et l'absence de centralisation bureaucratique empêchèrent les vainqueurs d'imposer leur langue aux populations conquises. Une sorte de fusion se produisit entre les Germains et certains peuples romanisés. Les gens commencèrent à parler une autre langue qui n'était plus le latin, mais pas encore le français, l'italien, l'espagnol ou le catalan, mais le roman, c'est-à-dire une langue aux variantes infinies, selon qu'elle était parlée dans les différentes régions de
  1. la France (francien, picard, lorrain, normand, berrichon, champenois, franc-comtois, bourguignon, bourbonnais, tourangeau, angevin, poitevin, saintongeais, etc.)
  2. de l'Italie (florentin, piémontais, lombard, ligure, vénitien, istrien, toscanien, corse, ladin, sicilien, calabrien, etc.)
  3. de la Suisse (franco-provençal, romanche), de l'Espagne (castillan, asturien, léonais, andalou, aragonais, catalan, etc.)
  4. du Portugal (galicien, mirandais, açorien, algarvio, alentejano, etc.)
  5. de la Roumanie (daco-roumain, mégléno-roumain, macédo-roumain, istrio-roumain)


Agrandir l'image : Les Langues Romanes

Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 10 juin 2005 à 18:37.
vendredi 10 juin 2005 à 18:38
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L'Académie française

Sources : http://www.academie-francaise.fr/langue/index.html


A. Naissance et Evolution du français

Le français est une langue romane. Sa grammaire et la plus grande partie de son vocabulaire sont issues des formes orales et populaires du latin, telles que l’usage les a transformées depuis l’époque de la Gaule romaine. Les Serments de Strasbourg, qui scellent en 842 l’alliance entre Charles le Chauve et Louis le Germanique, rédigés en langue romane et en langue germanique, sont considérés comme le plus ancien document écrit en français.
  1. Au Moyen Âge, la langue française est faite d’une multitude de dialectes qui varient considérablement d’une région à une autre. On distingue principalement les parlers d’oïl (au Nord) et les parlers d’oc (au Sud). Avec l’établissement et l’affermissement de la monarchie capétienne, c’est la langue d’oïl qui s’impose progressivement.
  2. Mais on peut dire que la France est, comme tous les autres pays d’Europe à cette époque, un pays bilingue : d’une part, la grande masse de la population parle la langue vulgaire (ou vernaculaire), qui est aussi celle des chefs-d’œuvre de la littérature ancienne (la Chanson de Roland, le Roman de la rose...) ; d’autre part, le latin est la langue de l’Église, des clercs, des savants, de l’enseignement, et c’est aussi l’idiome commun qui permet la communication entre des peuples aux dialectes plus ou moins bien individualisés
Malgré la progression continue du français, cette coexistence se prolonge jusqu’au XVIIe siècle, et même bien plus tard dans le monde de l’Université et dans celui de l’Église.

Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 10 juin 2005 à 18:38.
vendredi 10 juin 2005 à 18:39
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B. Le français , langue de la nation

L’extension de l’usage du français (et, qui plus est, d’un français qui puisse être compris par tous) est proportionnelle, pour une large part, aux progrès de l’administration et de la justice royales dans le pays. Inversement, l’essor de la langue française et la généralisation de son emploi sont des facteurs déterminants dans la construction de la nation française. Deux articles de l’ordonnance de Villers-Cotterêts, signée par François Ier en août 1539, donnèrent une assise juridique à ce processus :
  1. Article 110 : Afin qu’il n’y ait cause de douter sur l’intelligence des arrêts de justice, nous voulons et ordonnons qu’ils soient faits et écrits si clairement, qu’il n’y ait, ni puisse avoir, aucune ambiguïté ou incertitude, ni lieu à demander interprétation.
  2. Article 111 : Et pour ce que telles choses sont souvent advenues sur l’intelligence des mots latins contenus dans lesdits arrêts, nous voulons dorénavant que tous arrêts, ensemble toutes autres procédures, soit de nos cours souveraines et autres subalternes et inférieures, soit de registres, enquêtes, contrats, commissions, sentences, testaments, et autres quelconques actes et exploits de justice, soient prononcés, enregistrés et délivrés aux parties, en langage maternel français et non autrement
Ainsi la vie publique du pays était-elle indissociablement liée à l’emploi scrupuleux (afin de ne laisser « aucune ambiguïté ou incertitude ») du « langage maternel français ».
vendredi 10 juin 2005 à 18:39
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Ce texte fondateur doit être rapproché de la Deffence et Illustration de la langue françoyse (1549). Le manifeste du groupe qu’on appellera plus tard la « Pléiade » proclame, exactement dix ans après l’ordonnance de Villers-Cotterêts, l’excellence et la prééminence du français en matière de poésie. On le voit, l’attachement résolu à la langue française répond à une exigence à la fois politique, juridique et littéraire.


C’est la même exigence qui conduit à la création de l’Académie française en 1635.
  1. Selon les termes de Marc Fumaroli, Richelieu a fondé l’Académie pour « donner à l’unité du royaume forgée par la politique une langue et un style qui la symbolisent et la cimentent ».
  2. Ainsi, l’article XXIV des statuts précise que « la principale fonction de l’Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences »
Le dispositif imaginé par Richelieu était si parfait qu’il a franchi les siècles sans modification majeure : le pouvoir politique ne saurait sans abus intervenir directement sur la langue ; il laisse donc à une assemblée indépendante, dont le statut est analogue à celui des cours supérieures, le soin d’enregistrer, d’établir et de régler l’usage. En matière de langage, l’incitation, la régulation et l’exemple sont des armes bien plus efficaces que l’intervention autoritaire.


L’éclat et la puissance de la monarchie française, le raffinement de la culture, les perfectionnements apportés à la langue par l’Académie et les grammairiens, l’influence non négligeable des populations protestantes émigrées, font que le français déborde rapidement, aux XVIIe et XVIIIe siècles, le cadre de la nation.
  1. C’est la langue de l’aristocratie et des personnes cultivées dans tout le Nord de l’Europe, en Allemagne, en Pologne, en Russie... C’est aussi la langue de la diplomatie.
  2. Tous les grands traités sont rédigés en français, alors qu’ils l’étaient auparavant en latin
L’empire de la langue française dépasse largement (et c’est une constante) l’empire politique et économique de la France.
vendredi 10 juin 2005 à 18:40
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C. Transformation et Réforme de l'orthographe

Depuis la première édition du Dictionnaire de l’Académie, qui représentait déjà un effort normatif sans précédent, l’orthographe s’est considérablement transformée, tant du fait d’une évolution naturelle que par l’intervention raisonnée de l’Académie, des lexicographes et des grammairiens.
  • La réflexion sur l’orthographe doit tenir compte de données multiples et souvent contradictoires, comme le poids de l’usage établi, les contraintes de l’étymologie et celles de la prononciation, les pratiques de l’institution scolaire, celles du monde des éditeurs et des imprimeurs, etc.
L’Académie s’est employée, tout au long de son histoire, à maintenir un équilibre entre ces différentes exigences, l’expérience prouvant que les projets abstraits des réformateurs ne sauraient à eux seuls faire plier l’usage.
  • Ainsi adopta-t-elle en 1835, dans la sixième édition de son Dictionnaire, l’orthographe -ais pour les mots terminés jusqu’alors en -ois mais prononcés depuis longtemps è (le françois, j’étois, etc.), réforme réclamée au siècle précèdent par Voltaire.
Au XIXe siècle, le développement de l’institution scolaire a sans doute contribué à figer quelque peu l’orthographe, tout en suscitant parallèlement de grands projets de réforme. Le système éducatif avait besoin de règles fermes qui pussent être enseignées aux élèves.
Au terme de débats passionnés, deux arrêtés fixèrent, en 1900 et 1901, de simples tolérances orthographiques et syntaxiques pour les examens et concours de l’Instruction publique.
vendredi 10 juin 2005 à 18:45
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QUOTE (RealSidius @ 10 Jun 2005 à 19:35)
Introduction : Le Latin

o Un morcellement du latin

Quand on veut donner une leçon en bonne et due forme de la langue française et de son histoire, il est bien de commencer par le début : l'héritage des peuples préhistoriques et l'indo-européen.
vendredi 10 juin 2005 à 18:57
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QUOTE (Kalos @ 10 Jun 2005 à 19:45)
QUOTE (RealSidius @ 10 Jun 2005 à 19:35)
Introduction : Le Latin

o Un morcellement du latin

Quand on veut donner une leçon en bonne et due forme de la langue française et de son histoire, il est bien de commencer par le début : l'héritage des peuples préhistoriques et l'indo-européen.

Alors , je te laisse la donner !

De nous deux , la personne qui a consacré une bonne part de son temps à ce genre de sujet , c'est toi.

Donc , si tu veux avoir une démarche "altruiste" , contribuant à clarifier certaines notions chez moi ou chez d'autres personnes , c'est le moment smile.gif

Tu pourras ainsi nous apporter un complément à ce que j'ai pu écrire ici , ou sur le sujet suivant :
http://www.comlive.net/sujet-64009-0.html#entry2993459

Ce message a été modifié par RealSidius - vendredi 10 juin 2005 à 19:00.
vendredi 10 juin 2005 à 19:14
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QUOTE (RealSidius @ 10 Jun 2005 à 19:57)
Alors , je te laisse la donner !

Je ne viens pas sur Comlive pour donner des leçons et instruire, mais pour discuter et débattre.
vendredi 10 juin 2005 à 20:58
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g qu une chose a te dire woooooooooooooooooooooooowwwwwwww!!!

desolé mais vu lampleur de ton exposé je né pas eu le courage de lire

j espere que tu men voudras pas trop wink.gif
jeudi 16 juin 2005 à 21:08
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Dans ce cas , tu ne liras pas le prochain exposé qui est sur le classicisme et la Querelle des Anciens et des Modernes !

Il y a un lien avec la langue française à mon avis : lequel je ne sais pas smile.gif

P.S.: Mais bon , j'avais envie de m'y intéresser !
jeudi 16 juin 2005 à 21:16
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La Querelle des Anciens et des Modernes

Une querelle retentissante agite, dans le dernier tiers du XVIIe siècle, les milieux littéraires et mondains : il s'agit de savoir si les « Anciens » étaient supérieurs aux « Modernes » ou si c'est l'inverse, autrement dit laquelle l'emporte sur l'autre, des civilisations gréco-latine et contemporaine.

Elle reprend un débat déjà agité au XVIe siècle, celui qui oppose les imitateurs des Anciens à ceux qui prônent le rejet des modèles antiques et l'invention de formes modernes.
  1. Les Modernes (Perrault, Quinault, Saint-Évremond, Fontenelle, Houdar de La Motte) critiquent l'Antiquité parce qu'ils contestent le principe d'autorité, en raison du progrès des techniques et des sciences, et en raison de l'ennui que les auteurs anciens peuvent susciter auprès d'un public mondain et féminin : la permanence des lois de la nature interdit, selon eux, de considérer les Modernes comme inférieurs à leurs ancêtres.
  2. Les Anciens (Boileau, Racine, Bossuet, La Bruyère, La Fontaine) ne peuvent répondre sur le terrain de la théorie, mais invoquent le génie des écrivains antiques, d'Homère et de Virgile, pour expliquer qu'ils doivent rester des modèles dans la pratique des arts
jeudi 16 juin 2005 à 21:16
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Le déroulement de la querelle

La "Querelle des Anciens et des Modernes" se déroule en quatre temps.
  1. C’est d’abord la "Querelle du merveilleux chrétien" (1653-1674) : quelques auteurs publient des épopées héroïques, prônant la supériorité du christianisme sur le paganisme en littérature.
  2. Suivie de la "Querelle des inscriptions" (1675-1676) dans laquelle le milieu culturel s’interroge sur la langue des épigraphes à graver aux frontons des monuments érigés à la gloire du roi. C’est le français qui l’emporta sur le latin.
  3. Mais le temps fort de la dispute se situe entre 1688 et 1700. A la suite de la lecture par Charles Perrault de son poème Le Siècle de Louis XIV dans lequel il proclame la primauté de la littérature du temps s’engage une polémique. Les partisans de la suprématie antique se recrutent surtout à la Cour et dans la génération classique (Boileau, Racine, La Fontaine, Bossuet, La Bruyère). Leurs adversaires sont plutôt des auteurs jeunes (Charles Perrault, Fontenelle), des mondains et des amateurs de genres nouveaux (opéra, contes, romans).
    Vers 1700 l’antagonisme s’apaise, sans victoire nette.
  4. Un épilogue a lieu en 1714-1716 à propos d’Homère (doit-il être apprécié tel quel ou adapté au goût du jour ?)
Bien qu’il y ait eu en apparence deux camps bien tranchés, il s’agit surtout de rivalités de personnes et de cabales entre coteries, ce qui explique peut-être l’acuité de la lutte
jeudi 16 juin 2005 à 21:18
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A. Le classicisme

Le classicisme est le courant qui marque la fin du règne de Louis XIII ( 1648, 1652) et qui caractérise la production littéraire de la deuxième moitié du dix-septième siècle. Le régime est sur le déclin, l'autorité de l'état est contestée les grands seigneurs revendiquent une toute puissance.

Par ailleurs, la première moitié du dix-septième siècle a été marquée par le baroque, courant littéraire qui voulait avant tout traduire le mouvement, dans le temps et dans l'espace et montrer l'instabilité de l'homme dans l'univers.

Tout est en mouvement, rien n'est jamais acquis, tout évolue, tout peut être remis en cause, tels étaient les convictions des artistes baroques. Ils refusaient toute règle, toute contrainte qui auraient pu les gêner dans leur création et leurs champs d'investigation étaient surtout, l'illusion, l'artifice, le mensonge.


Source : Le Classicisme

http://yz2dkenn.club.fr/le_contexte_litteraire.htm
jeudi 16 juin 2005 à 21:18
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Une aspiration à l'ordre et à la rigueur

Le classicisme se situe aux antipodes d'une telle conception du monde, de l'homme et de l'art : il aspire à l'ordre et à la rigueur. Le culte de la raison est réhabilité, on fait appel au bon sens et on ne cherche pas à s'écarter de ce qui est normalement accepté.

Les règles, loin désormais d'être considérées comme des contraintes qui garrottent le génie, sont considérées comme indispensables car l'homme a besoin de rigueur et la création sera d'autant plus belle qu'elle s'imposera à respecter des règles strictes.
  1. Boileau, dans "l'Art poétique" en 1664, fidèle aux préceptes d'Aristote dans "La Poétique", codifie-t-il les genres ( tragédie, comédie, épopée) , la règle des trois unités( temps, lieu, action) s'impose au théâtre
  2. Malherbe réforme la langue française, selon lui, l'écrivain est un ouvrier du style, le poète est " un artisan du vers" et il a besoin d'un outil privilégié, la langue qui doit être parfaite
  3. Vaugelas codifie la syntaxe dans un ouvrage intitulé " Remarques sur la langue française utiles à ceux qui veulent bien parler et bien écrire" ( 1647), la premier ouvrage qui instaure des normes linguistiques et syntaxiques
Les textes littéraires doivent être accessibles au plus grand nombre et pour cela il faut user d'une langue simple et correcte, " ce qui se conçoit bien s'énonce clairement / et les mots pour le dire viennent aisément" (Boileau dans l'Art poétique) contrairement au langage des précieux qui ne s'adressait qu'aux initiés, convaincus qu'ils étaient que la littérature devait rester élitiste.

Richelieu crée l'Académie française en 1635 et demande aux membres de cette illustre assemblée de rédiger des ouvrages théoriques de la langue française (dictionnaire, grammaire...)
jeudi 16 juin 2005 à 21:19
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Le culte de la raison

Par ailleurs, on ne doit pas dire ni écrire n'importe quoi, car si l'œuvre d'art a pour finalité la beauté esthétique elle doit aussi se conformer à un idéal moral et là aussi il faut se conformer à des règles : la bienséance et la vraisemblance. Il ne faut pas choquer le lecteur ou le public (s'il s'agit du théâtre) et il faut toujours mettre en place des situations qui ne choquent pas la raison et qui soient vraisemblables même si par ailleurs elles ne reflètent pas la réalité : tout ce qui est vrai ne peut pas être dit, en revanche, tout ce qui est possible peut être dit.

L'idéal humain est celui de "l' honnête homme". Cette conception est directement liée à l'organisation sociale du dix-septième siècle. En effet, la vie sociale est dominée par l'ambition et par le désir de plaire au prince pour obtenir une place privilégiée. Dés lors tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour se mettre en valeur et être agréable aux autres mais non pas comme les courtisans mis en scène par la Bruyère dans Les caractères, qui eux, par leurs attitudes et leurs comportements sont à l'opposé de l'honnête homme.
  1. L'honnête homme doit être loyal, vertueux, élégant physiquement et moralement.
  2. Il doit savoir se comporter en société et respecter les bonnes manières, la politesse et la courtoisie.
  3. Il doit posséder la maîtrise de soi et ne pas se laisser aller à des excès, au contraire il doit faire sienne la règle du " juste milieu" ("La raison parfaite fuit toute extrémité / Et veut que l'on soit sage avec sobriété" - Molière).
  4. Il doit plaire aux autres mais par des attitudes vraies, par son mérite personnel et pas ses actions et non pas en fonction de ses origines sociales.
  5. Il doit "réconcilier l'être et le paraître" , doit être honorable
jeudi 16 juin 2005 à 21:19
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B. La Querelle de 1687-1694
(la question du Progrès)


Descartes: «Il n'y a pas lieu de s'incliner devant les anciens à cause de leur Antiquité: c'est nous plutôt qui devons être appelés anciens. Le monde est plus vieux maintenant qu'autrefois et nous avons une plus grande expérience des choses».

L'idée n'est tellement pas nouvelle que Blaise Pascal, dans son Traité du vide, considérait d'ores et déjà l'homme comme étant un seul homme qui apprend sans cesse. Il faut admettre, certes, que les Modernes ont bien su reprendre à leur compte ces métaphores du progrès qui étaient déjà dans le monde.

Fontenelle, pour sa part, dira qu'il ne faut pas confondre le progrès des sciences, qui est une discipline où les connaissances sont cumulatives, et celui des arts, où les connaissances de dépendent que de l'imagination.

Assertion à laquelle Perrault répondra que la poésie est en quelque sorte un art qui suppose d'abord et avant tout un science du coeur humain.


Source : La querelle des Anciens et des Modernes

http://gallica.bnf.fr/themes/LitXVII6.htm
http://webperso.mediom.qc.ca/~extrudex/art...n-querelle.html

Ce message a été modifié par RealSidius - jeudi 16 juin 2005 à 21:19.
jeudi 16 juin 2005 à 21:20
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Les Arguments des Modernes

Pour les tenants des Modernes, tout écrit du dix-septième siècle l'emporte sur ceux de l'Antiquité par «l'esprit d'ordre et de clarté» (Terrasson) qui l'anime.
  1. Fort de l'esprit de raison, Perrault ira même jusqu'à dire, tout comme Terrasson, que L'Iliade se «détruit elle-même» par manque de raisonnement logique. Chez les Modernes, écrit Lombard, «les qualités rationnelles, le plan, la régularité, la vraisemblance, passent avant toutes les autres».
  2. Donc, lorsque Perrault reproche à Homère sa naïveté et sa bizarrerie, il ne manque pas, dans Le parallèle des Anciens et des Modernes, de justifier ses propres écrits en montrant la grandeur de la raison humaine: «ils [les écrivains modernes] leurs donnent ordinairement des bottes de sept lieues, comme des grandes échasses avec lesquelles ces ogres sont en moins de rien partout où ils veulent: au lieu qu'on ne sait comment s'imaginer que les chevaux des Dieux fassent d'un seul saut une si grande étendue de pays»
On reconnaît là tout de suite la critique adressée aux poètes antiques où Perrault ne manque pas de montrer comment lui fait les choses. Les bottes de sept lieues se retrouvant dans ses propres écrits, dont dans Le Petit Poucet, il précise que cette façon de faire les choses est plus logique et plus raisonnable que de laisser croire aux pauvres lecteurs que des chevaux peuvent parcourir cette même distance en un seul bond. C'est ce genre de bizarrerie, de naïveté qu'il reproche, entre autres, à Homère.



P.S.: Charles Perrault

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jeudi 16 juin 2005 à 21:20
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Les réactions des Anciens

Les Anciens, pour répliquer à ce genre d'attaque, apportent l'argument selon lequel on ne peut juger une oeuvre d'il y a deux mille ans en s'appuyant sur des principes et des règles modernes.

On se rappellera que les Modernes avaient l'appui de beaucoup plus de gens que les Anciens dans cette première querelle, parce que leurs idées sont plus séduisantes et mieux adaptées à l'évolution du siècle. Alain Viala, dans Le palamarès de la querelle, indique que la majorité des écrivains de l'époque étaient rassemblés par les idées des Modernes. On ne sera donc pas surpris de voir chez les Modernes des critiques plus acerbes à l'égard de leurs adversaires, bénéficiant de la protection de leurs partisans.
  1. Si les Anciens ont toutefois raison sur un point, et qu'ils ont aussi le dessus, c'est qu'ils reprochent aux Modernes leurs mises en prose de textes antiques, ce qui suppose une traduction. Or, la plupart des Modernes ne connaissaient ni le latin, ni le grec, ou peut-être vaguement. Perrault et sa troupe prétendaient trouver chez Homère et Virgile d'igobles tournures de phrases. Pourtant, Boileau et La Fontaine, par leur connaissance des langues anciennes, pouvaient leur prouver le contraire en reprenant les vers originaux. Terrasson, pourtant Moderne, concèdera sur ce point la victoire à Boileau qui critique la critique même de son ami Perrault.
  2. Toutefois, Boileau perd de son aisance lorsqu'il est question de s'aventurer en dehors du simple commentaire. Il garde le silence sur les questions plus générales soulevées par Perrault en ce qui concerne le plan, la logique des caractères ou la vraisemblance. Il est, nous dit Lombard, «déconcerté par cette application inattendue de principes qui, au fond, sont les siens». En la matière de la théorie du progrès, Boileau demeure aussi muet qu'une carpe
On peut donc déduire de cette querelle, qu'à la réconciliation de ses deux principaux protagonistes, qu'elle est plus remportée par les tenants des Modernes que par ceux des Anciens.



P.S.: Nicolas Boileau

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