jeudi 24 janvier 2008 à 00:17
mercredi 23 janvier 2008 à 22:24 L'amour est très loin d'être naturel, c'est juste un sentiment ressentit et inventé par l'homme (celon moi pour justement se différencier un peu plus des animaux), l'équilibre d'un enfant n'a donc rien à voir avec la nature : c'est une normalisation de celui-ci pour qu'il rentre mieux dans la société dans laquelle il vit, c'est donc tout à fait culturel.

Si tu m'avais dit qu'il est plus apte à dominer du fait de son activité, à la limite j'aurais compris, mais là, quel rapport avec le sadisme?

Dans la nature, le mâle adulte est une créature qui soumet, qui doit se battre, dominer, pour s'approprier la nourriture et la femelle. Les ressorts de ses actions sont sadiques : l'homme est un loup pour l'homme. La paix n'existe pas. Les humains, comme les animaux, se regroupent systématiquement en clan, groupes, tribus, pour taper sur leurs voisins, pour s'en protéger. Des tribus se regroupent pour en envahir d'autres, et ainsi de suite. Les hommes trouveront toujours des maillots de couleurs différentes pour se taper les uns sur les autres. Il est intéressant, de ce point de vue, d'observer autour de vous ce qui excite les instincts de l'homme, pour comprendre qu'un monde où règne l'égalité, la fraternité et la paix pousserait au suicide des millions de gens.
Il suffit d'observer ne serait-ce que les gamins à l'école pour s'en rendre compte. La vie est une lutte, ce qui explique que chez l'enfant non soumis à la culture, donc en premier lieu un animal, un être naturel, une sélection se fait, pour savoir lequel se défend, et lequel ne se défendra pas. La vie ne se résume pas à ça, mais elle est un moteur essentiel, même principal de la vie humaine. Nous avons besoin de conflits, d'inégalités pour être heureux, c'est dans notre nature la plus profonde. Pour certains, c'est mal, pour moi c'est ce que nous sommes. Nous pourrons toujours nous évader dans l'abstrait, comme nous sommes passés maître dans la civilisation occidentale, mais la nature est ainsi faite.
mercredi 23 janvier 2008 à 22:24 Oui, ça tiendrais peut-être debout si on niait toute culture à l'homme : ça n'est plus du tout un être naturel (voir l'histoire de Victor de l'Aveyron pour une plus grande réflexion sur ce qu'est soit disant "l'homme naturel", ça n'est tout simplement plus un homme) [...]
C'est vrai. Cela dit, les comportements humains sont à la base naturels, c'est-à-dire instinctifs, même s'ils sont filtrés en même temps par ce que l'intellect en traduit, qui crée la culture. L'homme naturel est un point de référence utile, parce que même s'il s'agit d'une fiction philosophique psychologique, et non d'un état de fait – nous sommes toujours baignés dans une culture – cette fiction n'en est pas moins des plus efficaces. Et seul compte l'efficacité de la formule.
Malgré la culture, la nature, sous-jacente, veille. Je ne cache pas une grande sympathie, d'une part aux thèses freudiennes – ça se voit – d'autre part aux thèses du courant vitaliste – représenté par Oswald Spengler et Julius Evola notamment. La nature, à mon sens, agit sur les cultures exactement de la même façon qu'elle agit sur les espèces. Comme tout organisme, les civilisations connaissent une phase de naissance, de plein épanouissement, puis finissent par connaître le déclin, la sclérose. Une culture jeune possède certaines caractéristiques humaines (force, risques, convictions sans nuances), et débute souvent sur des bases violentes. Une culture déclinante – comme la notre – possède d'autres caractéristiques, dont la principale est que les faibles l'emportent sur les forts – ce qui la rend vulnérable, susceptible d'être balayée par une civilisation plus naturelle, qui, par la force, crée alors un nouveau cycle.