SACHEZ QUE L'HISTOIRE N'EST JAMAIS FAITE, ILS L'A FONT, VOUS L'A FAITES, JE L'A FAIT, CONSCIENT QUE NUL ICI N'EST PARFAIT…
MAIS ON FAIT AVEC…La domination du Nouveau MondeEn 1492, les européens découvrent le Nouveau Monde
synonyme pour eux d'eldorado; pour les peuples autochtones,
cette date sera le point de départ de leur disparition.
Un génocide à l'échelle d'un continentla découverte de l'Amérique a provoqué une catastrophe humaine d'une ampleur sans précédent: en deux siècle, 60 millions d'individus ont disparu, soit 90 % de la population, victimes d'épidémies et de massacres à grande échelle. Le continent dans son entier fut touché. Les survivants ont dû s'adapter. Si les Indiens d'Amérique du Nord vivent toujours dans des réserves, le métissage l'a heureusement emporté en Amérique du Sud.
L'âge d'or de l'Espagne Le 12 octobre 1492, Christophe Colomb baptise " San Salvador " la terre sur laquelle il vient de débarquer. Il nomme " Indios " les êtres humains qu'il rencontre, le navigateur se croyant arrivé aux Indes. Ce jour marque le début d'une des plus grandes catastrophes pour l'humanité. Les Taïnos de San Salvador, originaires de l'Orénoque, parlant l'arawak (on les désignera plus tard sous le nom d'indien Arawaks), seront les premières victimes: tous disparurent en quelques années.
Pour remplacer les Indiens des îles Caraïbes pour travailler dans les champs de canne à sucre, les distilleries, les champs de coton, les Espagnols (et les autres pays européens à leur suite) déporteront plusieurs millions d'esclave africains en deux siècles et demi.
En Amérique centrale et du Sud, les Indiens survivants des massacres furent soumis et durent travailler dans les exploitations agricoles (systèmes de l'encomienda* et de la mita*) ou dans les mines d'or, d'argent et de diamants. La mine de Potosì, en Bolivie, commença à être exploitée en 1546 par les conquistadores. Quelques années plus tard, elle fournissait les deux tiers de l'argent du monde, enrichissant très largement l'Espagne. La ville de Potosì compte 150000 habitants en 1605: c'est la deuxième ville du monde, devant Paris. De nombreux peuples Indiens participent ainsi malgré eux à l'enrichissement de l'Espagne et de l'Europe. Entre 6 et 8 millions de victimes indiennes et africaines périrent dans l'exploitation de la mine de Potosì, qui fut épuisée au 18ème siècles.
*Encomienda et mita
L'encomienda était une institution économique et sociale qui assurait la colonisation des terres.
On assignait à chaque conquistador un certain nombre d'Indiens qu'il devait évangéliser et entretenir.
Au Paraguay existait la mita, basée sur le même principe: les Indiens "devaient" un certain nombre
de jour par semaine, systèmes qui rappelle la corvée en usage au Moyen Age en Europe.
Les réductions jésuites du ParaguayEn 1607, le roi d'Espagne Philippe III confie aux jésuites l'administration du Paraguay, ce pays étant devenue ingouvernable à cause des révoltes incessantes des Indiens Guaranis. Les jésuites inaugurent en 1609 la première "réduction", nom donné à ces nouveaux villages pour Indiens convertis et sédentarisés.
Les Guaranis y vivent en communauté où le travail forcé et l'esclavage sont abolis.
Après avoir vaincu les oppositions des conquistadores et des marchands d'esclaves (au pris de très nombreuses victimes chez les Guaranis), les réductions jésuites prennent leur essor.
On parlera de "république jésuites", encadrée par de puissantes milices indigènes, rapidement au faîte du commerce international grâce à la culture intensive du maté (une plante à infusion).
L'indépendance prise par le Paraguay déplut à l'Espagne qui interdit les réductions jésuites à partir de 1750.
Les Guaranis prirent les armes.
Toutes les missions s'unissent et le pays fut mis à feu et à sang jusqu'en 1756.
Les Guaranis défaits et les jésuites expulsés en 1767.
Les réductions du Paraguay sont l'unique exemple où la religion ait assuré une protection d'un peuple autochtone. On doit sans doute aux structures mises en place par les jésuites la survivance des Guaranis, qui ont pu ainsi affronter la colonisation et le monde moderne. Qu'un peuple autochtone prenne volontairement les armes pour aider ses "colonisateurs" est la preuve d'une acculturation réussie.
C'est aussi un événement unique dans l'histoire de la colonisation.
La conquête de l'Amérique du NordÀ leur arrivée en Amérique du Nord, à partir de 1585 en Virginie, les colons eurent besoin de l'aide des Indiens pour défricher les terres, construire une agriculture autosuffisante et appréhender un environnement hostile.
Les Indiens sauvèrent régulièrement des colons de la mort et ne les attaquèrent jamais. Ces derniers découvrirent avec beaucoup de curiosité les meurs de ces populations qui ne connaissaient ni l'écriture ni la roue.
Leur seul animal domestique était le chien. Le cheval était inconnu; les descendants des chevaux introduit par les conquistadores, devenus sauvages, ne seront domestiqués et utilisés par les Indiens qu'à la fin du 17ème siècles.
Les deux sociétés, Indiens et colons, s'observent sans vraiment s'interpénétrer. Toutefois, des différences se remarquent entre colons anglais et colons français: si les premiers rechignent à fréquenter les Indiens et préfèrent les contact sporadiques et utiles, les seconds peuvent entrer étroitement en relation avec les Indiens.
Certain, " coureurs des bois " et trappeurs épouseront des indiennes et seront parfaitement intégrés dans les tribus (c'est pourquoi de nombreux Sioux actuels portent des noms de famille d'origine française).
Les colons anglais, de leur côté, souhaitent construire une société nouvelle et sont animés d'une foi religieuse qui confine au mysticisme.
"L'Amérique est une terre promise qu'il faut conquérir et évangéliser".
Convaincus de leur supériorité, ils considèrent les Indiens comme des "sauvages" qu'il faut ramener sur le chemin de Dieu.
Les premiers massacres sont le fruit de malentendus multiples, sans qu'il y ait eu forcément la volonté de détruire les sociétés autochtones. Les épidémies de rougeole, de tuberculose, de grippe ou maladies vénériennes se chargeront cependant d'éradiquer une grande partie des Indiens de la côte est.
Les Français annexent des territoires au nom du roi de France, lequel bientôt se désintéressera de ces "quelque arpent de neige" et des peuples qui y vivent. Les Indiens ne subirent pas ou peu de massacres de la part des Français qui s'allièrent avec certaines tribus, en particulier pour favoriser leur commerce de fourrures.
En 1763, vaincus, ils abandonnaient le Canada.
Les anglais allaient êtres confrontés à l'indépendance des treize colonies insurgées en 1776. Le traité de Paris officialise en 1783 la naissance des États-Unis.
Dés lors, la conquête du territoire devient une des priorités de la jeune nation.
Après l'achat de la Louisiane à Bonaparte en 1803, Lewis et Clarck remontent le Missouri et atteignent le Pacifique, une expédition à la découverte du continent et des peuples qui le composent.
Le président Jefferson sait dés lors que la conquête de l'Ouest est possible.
Vers l'Ouest américainLa conquête de l'ouest de l'Amérique du Nord a fait des ravages dans les tribus indiennes.
Les 13 colonies des États-Unis se libérèrent de la tutelle britannique à la suite de la guerre d'indépendance qui eut lieu entre 1775 et 1782. Le territoire de la jeune nation fut longtemps délimité par les Appalaches vers l'Ouest, mais on décida de l'étendre ensuite afin d'installer les colons, de plus en plus nombreux.
En 1826, les tribus indiennes avec qui les rapports étaient corrects sont refoulées à l'ouest du Mississipi, sur des terres qui devaient être des réserves, et que les pionniers purent en fait acquérir à très bas prix.
La frontière, mouvante et mobile au gré des avancées des pionniers, accueille désormais de plus en plus d'occupants.
Une fois franchies les Appalaches, les pionniers remontent les cours d'eau, Mississippi puis Missouri. Les chariots tirés par des chevaux ou par des bœufs, qui formeront bientôt des convois entiers, pénètrent peu à peu dans la prairie, créant des premiers peuplements qui se transforment en villages, puis en ville.
Dans les années 1830, les premiers pionniers commencent à s'installer de l'autre côté des rives du Mississipi, au-delà de la frontière. Après l'ouverture de la piste de l'Oregon en 1842 (des pionniers avaient réussi à franchir les Rocheuses en 1840 avec trois chariots) et la traité de Laramies en 1851 instituant la paix avec les indiens des plaines (Sioux, Cheyennes, Arapahos), la Frontière commence inexorablement à bouger vers l'Ouest. Cinq mille migrants prendront la piste de l'Oregon chaque année jusqu'à sa fermeture en 1869.
En 1854, les blancs violèrent le traité de Laramie et les combats reprirent avec les Sioux Tetons. Un nouveau traité apporta la paix pour 7 ans.
Le début des guerres indiennes en tant que telles est marqué par deux événements contemporains de la guerre de Sécession: en 1862, l'insurrection des Sioux Dakotas (ou Santees), due à la situation désespérée de ces indiens souffrant de la famine; en 1864, le massacre par l'armée d'un village de Cheyennes, à Sand Creek, qui révolta de nombreuses tribus indiennes.
Les Sioux et les Indiens des plaines (Cheyennes ou Blackfeet) ne furent pas les seuls à se révolter contre l'avancée des Blancs.
Les Apaches menèrent une guérilla sans merci contre les soldats américains, dirigés par de grands chefs tels que Geronimo ou Cochise. On peut dire que l'ensemble des territoires de l'Ouest et du Sud a connu des troubles. Mais les indiens succombèrent peu à peu sous la loi du nombre et l'armement perfectionné des colons.
Les guerres indiennes s'achevèrent par le massacre de 300 Indiens Lakotas (hommes, femmes et enfants) et leur chef Big Foot, à Wounded kneen , en décembre 1890.
La construction territoriale de l'Amérique était alors terminée et le pays pouvait se consacrer au développement économique qui fit de lui la première puissance mondiale en 1919. Les Indiens, devenus citoyens américains en 1924, participeront à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre de Corée et à celle du Viêt-Nam, le plus souvent en héros.
La justification des massacresEn 1830, le congrès adopte l'Indian Removal Bill, qui repousse les indiens au-delà du Mississipi, autorisant leur déportation dans ce qui deviendra l'Oklahoma.
Ainsi, en 1838, les Cherokees, originaires de Géorgie et pourtant bien intégrés à la vie américaine, sont-ils déportés en Oklahoma car de l'or a été trouvé sur leur territoire.
Ce dramatique épisode est connu sous le nom de la " piste des larmes " : il y eut 4000 morts parmi les 17000 déportés.
L'année suivante, un journaliste américain emploie l'expression " Manifest Destiny " (destinée manifeste) dans un de ses articles, et ce terme sera popularisé en 1845 dans le journal United States Magazine and Democratic Review à propos de l'annexion du Texas dans l'Union.
Dans cet article, on peut lire que la destinée manifeste des Américains est de prendre possession du territoire au nom de Dieu ("les Européens et leurs descendants sont désignés par le destin à régner sur toute l'Amérique"), ce qui justifie l'expansionnisme américain et son aspect missionnaire.
La suprématie anglo-saxonne autorise alors toutes les possibilités d'installation des migrants vers l'Ouest (ils sont plusieurs millions après la découverte de l'or californien en 1848), de la confiscation des terres indiennes aux massacres des tribus si elles refusent de se soumettre.
La mort est toujours au rendez-vousDurant les guerres indiennes, il ne fut pas rare que la maladie serve d'arme: des couverture infestées de variole furent offertes aux prisonniers qui contaminèrent les membres de leur tribu à leur retour. Les trois quarts de la population mandan furent ainsi décimés en 1837.
L'alcool est le dernier fléau que subissent les tribus. Il peut être considéré également comme une arme de guerre, puisqu'il déstabilise totalement son utilisateur (qui dépend ainsi du fournisseur) et, par conséquent, la société tout entière. Ce problème est toujours actuel dans les réserves.
Parmi les tribus d'Amérique du Nord, les Indiens de Californie ont subi tous les fléaux. Comptant un million de personnes au début du 19ème siècle, ils passèrent à 600000 en 1830 (un tiers de la population disparut à cause d'épidémies). Ils furent d'abord harcelés par les missionnaires mexicains qui souhaitaient les soumettre aux réductions (les missions jésuites). Parce qu'ils gênaient considérablement l'installation de nouveaux colons en quête d'or, les Indiens non soumis furent chassés et abattus par des milices mises en place par l'état californien.
De jeunes Indiennes furent vendue aux colons et des tribus entières, massacrées: les Chumashs, dont il ne reste aujourd'hui que 1500 survivants, ou les Yanas, qui ont totalement disparu, et dont le dernier survivant, Ishi, mourut en 1916, peu après que son témoignage eut été recueilli par l'ethnologue américain Kroeber.
De nombreuses autres tribus indiennes disparurent, particulièrement celles qui furent les premières en contact avec les Blancs. Sur la côte est, elles subsistent à travers des noms de lieux ou d'états (Biloxi, Massachusets ou Delaware). Les Mandans ne sont plus que quelques milliers, qui vivent dans le Dakotas du Nord; comme eux, les Comanches faillirent disparaître à la fin du 19ème siècles.
Plutôt que les grands groupes, ce sont généralement des petits peuples qui ont disparu.
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