mercredi 25 avril 2007 à 04:37
C'est encore aujourd'hui un sujet très sensible, et bien méconnu. Le fait d'en parler avec aureliano tout à l'heure m'a fait réfléchir quant au fait que j'avais ouvert un topic similaire en histoire, mais pas ici. Or il a toute sa place ici, puisqu'il nous concerne tous directement.
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LE PARAGRAPHE 175 :
«Un acte sexuel contre nature entre des personnes de sexe masculin ou entre des êtres humains et des animaux est punissable d'emprisonnement ; la perte des droits civils peut aussi être imposée». Code pénal allemand 1871
Entre 1933 et 1945, selon les archives des Nazis
100.000 hommes furent arrêtés pour homosexualité. Plus de
10.000 d'entre eux furent envoyés dans des
camps de concentration. Le taux de mortalité des homosexuels prisonniers dans les camps est estimé à
soixante pour cent. À peine
4000 d'entre eux survécurent. "Peu" ont été envoyés dans les chambres de la mort. Esclaves des camps, victimes de
tortures physiques, castrés ou cobayes pour des expérimentations médicales, ils devaient tous arborer le
triangle rose. Le fait que les homosexuels furent emprisonnés dans les camps de concentration est relativement connu aujourd'hui. En revanche on ignore généralement que beaucoup d'entre eux ont
continué à subir des persécutions dans l'Allemagne de l'après-guerre. Le Paragraphe 175 n'a été aboli en Allemagne de l'Ouest qu'en
1969, et nombre d'homosexuels emprisonnés pendant la guerre
sont restés en détention après la libération. Ils n'eurent pas droit à des réparations de la part du gouvernement allemand et tout le temps qu'ils passèrent dans des camps
fut déduit de leur retraite. Dans les années 50 et 60, le nombre de
condamnations pour homosexualité en RFA ont été
aussi importantes qu'à l'époque des Nazis.
Aucune mention de ces crimes ne fut faite au procès de Nuremberg en 1946. Le travail de recherche, les monuments aux morts et les musées
passent sous silence le sort des déportés homosexuels dans les camps de concentration Nazis. Dans les années 90, des chercheurs ont commencé à se documenter sur les histoires personnelles de ces hommes qui portaient le triangle rose. Le premier organisme à prendre en compte la persécution des homosexuels par les Nazis fut le Musée pour la Commémoration de l'Holocauste à Washington ; il encouragea des survivants à sortir de leur silence.
En 1995, huit survivants ont publié une déclaration collective pour réclamer la reconnaissance de leur persécution."
http://culture-et-debats.over-blog.com/article-286513.htmlVoici le témoignage d'un des premiers homosexuels déportés a avoir brisé la loi du silence, Pierre Seel, qui a assisté à l'exécution de son amour, Jo, sur qui les SS ont lancé leurs chiens. Témoignage poignant (merci Taz).
http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=601#ecouterPierre Seel nous révèle alors que les homosexuels étaient au plus bas dans la hiérarchie des camps, et qu'ils étaient reconnaissables grâce à l'insigne qu'ils portaient : le triangle rose, pointe tournée vers le bas.
+ Triangle Rose +
Ce message a été modifié par _A_ - mercredi 25 avril 2007 à 04:40.