mardi 01 avril 2008 à 16:11
LE PHENIX ou PHOENIX
Etymologie:Le terme grec φοῖνιξ /
phoinix renvoie à plusieurs sens : l'oiseau lui-même, mais aussi la couleur rouge, le toponyme et l'ethnonyme « phénicien », le palmier-dattier. Son étymologie reste encore mystérieuse : on a suggéré une origine égyptienne — le nom de l'oiseau
bnu, prononcé
*boin-, aurait été adapté en
phoinix en grec — ou une origine sémitique, et plus particulièrement phénicienne.
Chez les Grecs:La première mention du phénix se trouve dans un fragment énigmatique d'
Hésiode :
« La corneille babillarde vit neuf générations d'hommes florissants de jeunesse ; le cerf vit quatre fois plus que la corneille ; le corbeau vieillit pendant trois âges de cerf ; le phénix vit neuf âges du corbeau et nous vivons dix âges de phénix, nous, Nymphes aux beaux cheveux, filles de Zeus armé de l'égide. »
Hérodote est le premier à fournir une version détaillée du mythe :
« On range aussi dans la même classe un autre oiseau qu'on appelle phénix. Je ne l'ai vu qu'en peinture ; on le voit rarement ; et, si l'on en croit les Héliopolitains, il ne se montre dans leur pays que tous les cinq cents ans, lorsque son père vient à mourir. S'il ressemble à son portrait, ses ailes sont en partie dorées et en partie rouges, et il est entièrement conforme à l'aigle quant à la figure et à la description détaillée. On en rapporte une particularité qui me paraît incroyable. Il part, disent les Égyptiens, de l'Arabie, se rend au temple du Soleil avec le corps de son père, qu'il porte enveloppé dans de la myrrhe, et lui donne la sépulture dans ce temple. Voici de quelle manière : il fait avec de la myrrhe une masse en forme d'œuf, du poids qu'il se croit capable de porter, la soulève, et essaye si elle n'est pas trop pesante ; ensuite, lorsqu'il a fini ces essais, il creuse cet œuf, y introduit son père, puis il bouche l'ouverture avec de la myrrhe : cet œuf est alors de même poids que lorsque la masse était entière. Lorsqu'il l'a, dis-je, renfermé, il le porte en Égypte dans le temple du Soleil. »
Hérodote, qui tire probablement ses informations d'
Hécatée de Milet, considère donc le phénix comme un oiseau réel, qu'il rapproche du
bénou, un oiseau sacré égyptien. Vivant sur la
benben ou sur le saule sacré d'
Héliopolis, le bénou est une manifestation du dieu
Rê et du dieu
Osiris ; il est associé au
cycle sothiaque. Cependant, certains détails cités par Hérodote ne cadrent pas avec les conceptions égyptiennes : ainsi de l'apparition tous les 500 ans et de l'ensevelissement du père. On a suggéré une mauvaise compréhension par Hérodote du symbole égyptien : il aurait interprété comme une filiation physique la relation entre le bénou et les divinités dont il est le
bâ (manifestation temporaire). Selon d'autres, le phénix que décrit Hérodote n'aurait en réalité pas de rapport avec le bénou, mais serait la variante grecque du mythe oriental de l'oiseau du soleil ; ce phénix aurait symbolisé très tôt la « grande année », c'est-à-dire la durée nécessaire à un
cycle équinoxial complet, et son association au cycle sothiaque serait postérieure.
Chez les Arabes:Le phénix arabe est appelé simurghe. Il était peint sur des bouteilles en verre pour éloigner les poisons. De cette façon, les arabes pensaient être préservés de tout empoisonnement
Chez les Romains:
Sous l'empereur romain
Claude (cinquième empereur) apparaissent simultanément une éclipse de lune, un raz-de-marée et un cyclone qui ont raison du dernier nouveau-né qui retournait à Héliopolis. Son vol se termine sur l'île de Théra (
Santorin).
L'empereur empaille l'oiseau et le place dans un temple à Rome. L'effigie du phénix figure sur les monnaies de
Trajan et de
Constantin Ier. L'animal siège également dans la main gauche des statues de
MercureChez les Chrétiens:
L'oiseau
mythique évoque donc également le feu créateur et destructeur. Comme le Soleil, le Feu symbolise l'action fécondante. En consumant, il purifie et permet la régénération.
Lucifer, le « porteur de lumière », précipité dans les flammes de l'enfer, incarne le feu qui ne consume pas et exclut de la régénération. Au contraire, le phénix rejoint le symbolisme du feu des rites initiatiques de mort et de renaissance.
Dans certaines crémations rituelles, le feu est aussi considéré comme véhicule ou messager du monde des vivants vers celui des morts. De même, le phénix porte souvent une étoile qui indique sa nature céleste et la vie dans l'autre monde. Tout le
Moyen Âge a vu en lui le symbole de la résurrection du
Christ.
Le griffon était également une représentation du Christ, venant du fait que c'est un animal terrestre (corps de lion) et aérien (ailes d'oiseau). La partie terrestre représentant le corps du Christ et sa présence sur Terre parmi les Hommes et la partie aérienne représentant « Dieu », sa partie spirituelle
Héraldique:
Le phénix (ou phœnix), figure héraldique imaginaire, est un oiseau sur un bûcher en flammes. Cet oiseau ressemble beaucoup à l'aigle héraldique et il est même parfois défini comme une de ses variantes. Il est représenté de face, tête de profil, ailes étendues, sur son bûcher, appelé « immortalité ».
Ci-contre les armes des Malet de Lussart :
d'azur à un phénix sur son immortalité, regardant le soleil, le tout d'or, qui illustre bien la parentée avec l'aigle, réputé seul capable de regarder le soleil en face.
Wikipédia
Ce message a été modifié par enoch - mardi 01 avril 2008 à 16:12.