Monday 26 March 2007 à 12:16
Comme toujours question bien simple pour un sujet de toute manière complexe.
L'unification italienne correspond fondamentalement à une conscience de l'existence de l'Italie comme autre chose qu'une simple "expression géographique" comme assénait Meternich... cette conscience s'exprimait par une aspiration forte à l'unité : depuis le 15/16ème siècle quand l'Italie est la proie des intérêts étrangers, que les italiens sont dominés par ces puissances étrangères Un fort courant, parmi les humanistes, aspire à l'union des italiens... Machiavel dans le Prince aspire à cet unité afin de constituer un état puissant et moderne....
Mais comme tout fait politique cette aspiration nationale est traversé par des courants fort divers voire opposés...
L'unification du 19ème siècle s'inscrit dans l'aspiration nationale du siècle. Elle s'exprime déjà pendant la révolution française (République romaine, république parthénopéenne, royaume d'Italie..) et la révolution mazzinienne de 1848 a un contenu progressiste, tout comme les aspirations de Garibaldi qui sont loin de celle d'un Cavour défenseur des intérêt de la bourgeoisie du Nord (pour aller très vite).
N'oublions pas que le Pape n'avait parallèlement pas renoncé à l'unité atour de son royaume....
Bref l'unité eut tendance à se faire plus par une annexion des autres états si ce n'est au royaume du Piémont du moins au intérêt de la bourgeoisie industrielle du Nord. La conséquence fut la liquidation de l'industrie du Sud (qui était certes moins développée), et une domination du Nord, en alliance avec l'aristocratie latifundiaire du Sud, sur les peuples méridionaux : de ce point de vue la manière dont fut faite l'unité enfonça le sud et créa des déséquilibres dangereux à l'intérieur même du pays (dont l'Italie paie encore le prix: la mafia ne sort pas de rien ). Par contre l'abaissement de la puissance temporelle de l'église permit une modernisation matérielle et intellectuelle réelle.
Par ailleurs si on compare à l'unification française, centralisatrice et napoleo-jacobine, elle se fit aussi grandement au détriment des cultures populaire, tandis que l'Italie sut plus longtemps conservé une vivacité de ses cultures populaire (même si cela était aussi du à une certaine arriération...) l'unité sut aussi préservé un certain équilibre territorial entre grande métropole et les zones rurales, une certaine vitalité des villes moyennes, chose que le centralisme français a malheureusement eut tendance à niveler...
donc voilà quelque éléments pour lancer le débat...
Ce message a été modifié par Gracchus - Monday 26 March 2007 à 12:17.