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Livenet > Forum > Histoire
Sunday 22 October 2006 à 14:42
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L'ouvrage historique de la semaine :

Le Génocide des Arméniens



de Raymond Kevorkian.

Mot de l'éditeur : Entre 1915 et 1916, ce sont près de 1500000 , Arméniens ottomans qui perdent la vie. Parmi les innombrables violences perpétrées au cours de la Première Guerre mondiale, leur extermination constitue l'épisode le plus sanglant touchant des populations civiles. Voici, pour la première fois, non seulement l'histoire, mais aussi la " géographie " exhaustive du génocide, région par région. Cette étude rigoureuse et complète permet de comprendre la genèse de ces crimes de masse, aboutissement d'un long processus au cours duquel l'élimination physique d'une partie de sa propre population a été conçue comme la condition nécessaire à la construction de l'Etat-nation turc. Au-delà de la mémoire, ce livre-monument invite à une réflexion sur les fondements idéologiques et culturels d'une société qui rejette son passé et ne parvient pas à assumer son histoire.

Présentation de l'auteur : Raymond Kévorkian est historien. Il enseigne à l'Institut français de géopolitique (université Paris-VIII-Saint-Denis) et dirige la Bibliothèque arménienne Nubar. Il est également l'auteur d'une dizaine d'ouvrages consacrés à l'histoire moderne et contemporaine de l'Arménie et des Arméniens.

Parution : septembre 2006

J'en profite pour vous signaler la réédition du travail de Raul Hilberg, la destruction des Juifs d'Europe dans un coffret de 3 livres de poche, édition Folio Histoire.




Ce message a été modifié par Hadora - Sunday 22 October 2006 à 14:44.
Sunday 29 October 2006 à 17:07
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L'ouvrage historique de la semaine :

Les Salons au XIXe siècle : Paris, capitale des arts



de Dominique Lobstein, Serge Lemoine.

Présentation de l'éditeur : En 1791, l'exposition officielle réservée aux seuls académiciens s'ouvre, par décision légale, à tous les artistes. Dès lors, le nombre de participants et d'œuvres exposées ne cessera de croître. Afin de tenter d'enrayer cet afflux, un règlement et un jury vont être progressivement mis en place et régulièrement remodelés pour répondre aux vœux des artistes et aux transformations du monde de l'art. A travers l'évolution de ces Salons officiels, puis des diverses sécessions, une nouvelle lecture de l'évolution de l'art au XIXe siècle est désormais possible. Grâce à un texte extrêmement complet d'un spécialiste de cette période et grâce à une riche iconographie, les relations qu'entretinrent l'art, les artistes et l'administration des expositions deviennent enfin sensibles. Une histoire de l'art passée au crible d'une autre histoire, celle des Salons où s'est construite l'esthétique du XIXe siècle et du début du XXe siècle.

Présentation de l'auteur : Dominique Lobstein est documentaliste au musée d'Orsay depuis 1993. Il s'intéresse plus particulièrement aux expositions officielles, aux collectionneurs et aux critiques de la seconde moitié du XIXe siècle. Il a publié plusieurs articles et ouvrages sur ces différents sujets et a été commissaire de nombreuses expositions.

Parution : octobre 2006
Sunday 05 November 2006 à 15:34
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L'ouvrage historique de la semaine, un roman historique pour une fois :

Les Bienveillantes



de Jonathan Littell

Présentation de l'éditeur : Fils du romancier américain Robert Littell, Jonathan Littell, né en 1967, signe à coup sûr le plus traumatisant des romans de la rentrée littéraire 2006. "Les Bienveillantes" (chez Eschyle, des divinités du Mal) est un roman à proprement parler hallucinant, rédigé en français, qui prend à bras le corps un sujet terrifiant : la vie, l'œuvre et la conscience d'un SS ayant pleinement participé à la mise en œuvre du génocide perpétré sur les juifs. Pourquoi ? Chez Maximilien Aue, en suivant l'argument classique des nazis, par simple obéissance. Mais aussi par conviction. Celui qui dit "je" et qui nous parle à travers ses Mémoires est donc un bourreau, comme il en exista bien d'autres. Mais beaucoup plus que ça, Aue se distingue par sa grande complexité : il est un homme de goût, il est un homme torturé par un désir incestueux pour sa sœur, il est un homme d'action, engagés auprès des Einsatzgruppen SS, groupes de soldats chargés de liquider juifs et communistes sur le front de l'Est, il est un homme de réflexion…
Terrifiant par son aptitude à faire affleurer le venin de la réalité, "Les Bienveillantes" est une œuvre de tout premier plan. Un livre de damné.

Extrait du livre : Je parle, je discute, je prends des décisions, comme tout le monde ; mais au comptoir, devant ma fine, je m'imagine qu'un homme entre avec un fusil de chasse et ouvre le feu ; au cinéma ou au théâtre, je me figure une grenade dégoupillée roulant sous les rangées de sièges; sur la place publique, un jour de fête, je vois la déflagration d'un véhicule bourré d'explosifs, la liesse de l'après-midi transformée en carnage, le sang ruisselant entre les pavés, les paquets de chair collés aux murs ou projetés à travers les croisées pour atterrir dans la soupe dominicale, j'entends les cris, les gémissements des gens aux membres arrachés comme les pattes d'un insecte par un petit garçon curieux, l'hébétude des survivants, un silence étrange comme plaqué sur les tympans, le début de la longue peur. Calme ? Oui, je reste calme, quoi qu'il advienne, je ne donne rien à voir, je demeure tranquille, impassible, comme les façades muettes des villes sinistrées, comme les petits vieux sur les bancs des parcs avec leurs cannes et leurs médailles, comme les visages à fleur d'eau des noyés qu'on ne retrouve jamais. Rompre ce calme effroyable, j'en serais bien incapable, même si je le voulais. Je ne suis pas de ceux qui font un scandale pour un oui ou pour un non, je sais me tenir. Pourtant cela me pèse à moi aussi. Le pire n'est pas forcément ces images que je viens de décrire; des fantaisies comme celles-ci m'habitent depuis longtemps, depuis mon enfance sans doute, en tout cas depuis bien avant que je ne me sois moi aussi retrouvé au coeur de l'équarrissoir. La guerre, en ce sens, n'a été qu'une confirmation, et je me suis habitué à ces petits scénarios, je les prends comme un commentaire pertinent sur la vanité des choses. Non, ce qui s'est révélé pénible, pesant, c'a été de ne s'occuper qu'à penser. Songez-y : vous-même, à quoi pensez-vous, au cours d'une journée ? À très peu de choses, en fait. Établir une classification raisonnée de vos pensées courantes serait chose aisée : pensées pratiques ou mécaniques, planifications des gestes et du temps (exemple : mettre l'eau du café à bouillir avant de se brosser les dents, mais les tartines à griller après, parce qu'elles sont prêtes plus vite) ; préoccupations de travail ; soucis financiers ; problèmes domestiques ; rêveries sexuelles. Je vous épargnerai les détails. Au dîner, vous contemplez le visage vieillissant de votre femme, tellement moins excitante que votre maîtresse, mais autrement bien sous tous rapports, que faire, c'est la vie, donc vous parlez de la dernière crise ministérielle. En fait vous vous contre-foutez de la dernière crise ministérielle, mais de quoi d'autre parler ? Éliminez ce type de pensées, et vous conviendrez avec moi qu'il ne reste plus grand-chose. Il y a bien entendu des moments autres. Inattendu entre deux réclames pour poudre à lessiver, un tango d'avant-guerre, Violetta disons, et voilà que resurgissent le clapotis nocturne du fleuve, les lampions de la buvette, la légère odeur de sueur sur la peau d'une femme joyeuse ; à l'entrée d'un parc, le visage souriant d'un enfant vous ramène celui de votre fils, juste avant qu'il ne se mette à marcher ; dans la rue, un rayon de soleil perce les nuages et illumine les grandes feuilles, le tronc blanchâtre d'un platane : et vous songez brusquement à votre enfance, à la cour de récréation de l'école où vous jouiez à la guerre en hurlant de terreur et de bonheur. Vous venez d'avoir une pensée humaine. Mais c'est bien rare.

Parution : octobre 2006
Sunday 05 November 2006 à 22:21
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QUOTE (Hadora @ 05 Nov 2006 à 14:34)
L'ouvrage historique de la semaine, un roman historique pour une fois :


Si c'est un roman, ce n'est pas de l'histoire mais de la littérature noire!
Sunday 12 November 2006 à 15:41
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L'ouvrage historique de la semaine :

La Préhistoire



de Denis Vialou

Mot de l'éditeur : Initialement publié en 1991, La Préhistoire a joué un rôle novateur dans l’analyse descriptive des représentations préhistorique et de leur inscription tardive dans l’évolution de l’homme.
Les thèses originales alors avancées : le lien entre l’émergence de l’expression graphique et plastique et la modernité cérébrale des Sapiens, ou encore l’unicité anthropologique et technique de l’art préhistorique, alliée à son irréductible diversité culturelle, sont très rapidement devenus classiques et restent totalement actuelles.
La réédition de La Préhistoire, sous une forme plus moderne, avec une iconographie essentiellement en couleurs, devient encore plus accessible à un public de toute manière nettement sensibilisé à la préhistoire, notamment par l’écho médiatique de découvertes remarquables comme la grotte Chauvet.
Ce titre, La Préhistoire dans « L’Univers des Formes », par son iconographie diversifiée émanant de sites sur les cinq continents, a donné la dimension universelle de l’art préhistorique, de sa fonction symbolique et identitaire pour les sociétés de la Préhistoire.
La réédition de La Préhistoire sous une forme plus moderne, avec une iconographie essentiellement en couleur, est plus accessible à un public, aujourd’hui manifestement sensibilisé à la préhistoire. Elle satisfera la curiosité du passé et permettra d’approfondir la réflexion sur les comportements symboliques et artistiques de l’homme.

Présentation de l'auteur : Denis Vialou, docteur ès lettres et sciences humaines, professeur et directeur d'une unité de recherches au Muséum national d'histoire naturelle associée au CNRS, consacre l'essentiel de ses recherches et de son enseignement universitaire à la préhistoire d'Homo sapiens et de ses contemporains au cours des 200 derniers millénaires de l'époque glaciaire. Ses travaux sur les objets, grottes et sites de plein air ornés paléolithiques en Europe lui ont permis de mettre en évidence des systèmes symboliques identitaires, à l'origine de la diversité culturelle des sociétés de chasseurs. Parallèlement son analyse comparative de grands centres d'art rupestre préhistorique dans le monde dégage l'universalité des modes d'expression graphique de l'Homme moderne de la Préhistoire, Homo sapiens sapiens, depuis plusieurs dizaines de milliers d'années. Ses fouilles en France et dans le Mato Grosso (Brésil) contribuent à la compréhension des grands phénomènes de peuplement du globe et de leurs cultures.

Parution : octobre 2006
Sunday 19 November 2006 à 19:22
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L'ouvrage historique de la semaine :

Joseph Goebbels, journal 1923-1933



par Joseph Goebbels

Mot de l'éditeur : Son nom est synonyme de mensonge et de manipulation. Joseph Goebbels (1897-1945), propagandiste en chef du Parti et de l'État nazis, artisan de la guerre totale et ultime dauphin de h*****, passe pour le Diable en personne.
Ce " monstre " a tenu son journal de 1923 à 1945 : un document unique en son genre, témoignage exceptionnel de l'intérieur du nazisme. Ce livre présente au public français 860 journées des années 1923-1933. Il fait suite au volume 1943-1945 et précède deux volumes sur la période 1933-1942, à paraître en 2007. Ces passages sont presque tous inédits, car issus de l'édition allemande des plaques de verre conservées à Moscou et éditées depuis 1992 par l'Institut d'histoire contemporaine de Munich.
Le Journal témoigne d'abord de l'ascension d'un criminel, emblématique de la montée du nazisme. À 26 ans, Goebbels est un auteur raté, qui vit aux crochets de son père. À 35 ans, il est le plus jeune ministre de l'histoire de l'Allemagne. C'est un homme extrême, complexe, mais aussi d'une effrayante banalité. Il célèbre la vie et aspire à la mort. Il s'apitoie sur son sort et rêve d'extermination. Le pied-bot, le fils à sa maman (il écrit : " Mère est si gentille avec moi ", comme il dira plus tard : " h***** est si gentil avec moi "), ce pédant anti-intellectuel, se voit en " guerrier déchaîné " d'une foi nouvelle, en poète néoromantique (ses vers médiocres en témoignent), en " fanatique de l'amour ". Ses jugements littéraires et cinématographiques sont d'une éprouvante nullité.

Le Journal souligne les contradictions du nazisme, amalgame invraisemblable de racisme, de nationalisme et de conscience sociale. Goebbels en est le porteur. Il est entré à l'aile gauche du Parti, celle des frères Strasser, pour qui capitalisme et " juiverie " étaient un seul et même ennemi. Il se voit en émancipateur des travailleurs, en Robespierre ou mieux, en Marat, mais il accepte l'argent et la société des patrons. Il appelle au meurtre des communistes et des socialistes, mais il dévore les Mémoires de Bebel et s'indigne que Marx, dans Le Capital, montre si peu de compassion pour le sort des ouvriers anglais. Il aime la brutalité plébéienne des SA, mais il écrase leur révolte en 1930, comme il approuvera la Nuit des longs couteaux.
Le Journal, enfin, dépeint la mort d'une démocratie. L'acharnement politique en est tout autant responsable que le contexte économique ou politique. Goebbels parcourt sans trêve l'Allemagne entière, il quadrille la société allemande, des princes déchus aux chômeurs. Il allie les campagnes de presse agressives (son journal s'intitule Der Angriff, L'Attaque), les meetings soigneusement orchestrés, les violences contre les Rouges, les Roses, les Juifs. Il fait d'h*****, " Chef " (en français dans le texte) d'un petit mouvement, le Führer d'une nation.
Ce livre est une leçon d'histoire pour le présent. Ou comment un peuple hautement civilisé, vivant en démocratie, s'est jeté volontairement dans les bras d'hommes déterminés mais ordinaires, porteurs d'une idéologie meurtrière mais non sans faille.

Parution : octobre 2006
Sunday 26 November 2006 à 13:57
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L'ouvrage historique de la semaine :

Atlas du Paris au Moyen-Age



de Dany Sandron, P. Lorentz.

Mot de l'Editeur : Paris - 200 000 habitants en 1300 - est la plus grande ville de l'Occident médiéval. Elle devient, aux XIIIe siècle, la capitale du puissant royaume de France vers laquelle affluent commerçants et hommes d'affaires, artistes et intellectuels. La croissance sans précédent de la cité n'a pas manqué de laisser une empreinte durable : dans bien des quartiers, le tracé actuel des rues reflète les opérations de lotissement qui présidèrent à l'installation des nouveaux venus au cours du Moyen Âge. Si peu d'édifices médiévaux sont aujourd'hui visibles dans leur quasi-intégrité, telles Notre-Dame ou la Sainte-Chapelle, beaucoup sont conservés de manière fragmentaire, comme le Louvre de Philippe Auguste, la salle des gens d'armes de la Conciergerie ou le réfectoire du couvent des Cordeliers. Ces vestiges - et bien d'autres - jalonnent la trame urbaine dont les aspects, changeant au fil d'un millénaire, sont restitués par les images anciennes. Entre la ville idéale rêvée par les rois et la cité grouillante aux ruelles étroites et nauséabondes, se dessine le visage du Paris médiéval.

Extrait du livre : Un autre témoignage mérite d'être pris en considération, celui des images. Dès la fin du Moyen Age, Paris, davantage encore que d'autres villes d'Occident, fait l'objet de représentations, sous la forme de vues d'ensemble ou par le biais de ses monuments les plus représentatifs. La série des vues de Paris, inaugurée peu après 1400 par le Maître de Boucicaut et les frères Limbourg, est brillamment illustrée, au milieu du XVe siècle, par Jean Fouquet et André d'Ypres (le peintre de la Crucifixion du Parlement de Paris), dont la précision topographique est précieuse aux historiens de la capitale.
Bien d'autres artistes prennent le relais au cours des décennies suivantes. Ces premiers portraits de la ville donnent-ils à voir le vrai visage du Paris médiéval ?
Remontant au commencement du XVe siècle, les premières vues de Paris ne peuvent pas être rangées parmi les incunables du paysage urbain, dont on situe habituellement les débuts un siècle plus tôt, dans l'Italie du Trecento. Les premières représentations de villes apparaissent alors en Toscane, sur les murs des monuments publics. Elles sont contemporaines du grand renouveau pictural du XVIe siècle, caractérisé notamment par la conquête de la troisième dimension. Entre 1337 et 1340, Ambrogio Lorenzetti peint une saisissante vue de Sienne dans le Palazzo Pubblico de la civitas Virginis. Malgré les apparences, sa fresque ne donne pas à voir un portrait fidèle de la cité. Quelques repères, telles la cathédrale et la Porta Romana, permettent certes d'identifier Sienne, ce qui suffisait à satisfaire les édiles à l'origine de la commande. L'objet principal de cette oeuvre n'est pas la description exacte d'un paysage urbain, mais une évocation idéalisée des effets bénéfiques d'un gouvernement juste sur la vie de la ville. Telle qu'elle a été peinte sur la muraille, avec ses rues et ses places regorgeant d'activités, celle-ci semble offrir un cadre propice au déploiement de l'artisanat et du négoce.

Présentation des auteurs : Philippe Lorentz est professeur d'histoire de l'art du Moyen Âge à l'université de Strasbourg et directeur d'études à l'École Pratique des Hautes Études.
Dany Sandron est professeur d'histoire de l'art et d'archéologie du Moyen Âge à l'université Paris-Sorbonne.

Parution : octobre 2006
Sunday 03 December 2006 à 14:41
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L'ouvrage historique de la semaine :

La Petite Cour de Versailles : Services et serviteurs à la Cour de Versailles au XVIIIe siècle



de William Ritchey Newton

Présentation de l'éditeur : Le château de Versailles est un monde à lui seul : à côté du roi et de sa famille, du personnel politique et de la Cour, il est une immense population dont on ne savait rien jusqu'à présent : les services. Des valets de chambre aux cuisiniers, des blanchisseuses aux jardiniers, ils sont plusieurs milliers. Comment fonctionnent le service de la Bouche ou les garde-robes ? Dans quels bâtiments sont-ils installés, où les serviteurs habitent-ils ? Comment et par qui le château est-il entretenu, chauffé, ravitaillé ? Qui a une " maison " et qui doit se contenter d'une domesticité réduite ? Comment se nourrir ? Cette masse de personnel subordonné forme une part aussi importante de la population curiale que les nobles. Avec une incroyable minutie, William R. Newton, comme pour le premier volume de son étude, " L'Espace du roi ", a examiné des centaines de cartons d'archives pour nous raconter cet envers de Versailles. Ce livre essentiel, étonnant, bâti selon un principe très original de présentation de nombreuses sources imprimées et pièces d'archives, constitue un apport fondamental à l'histoire de la vie de Cour et à l'histoire de l'architecture. Les chapitres conclusifs livrent une analyse sociologique - comment ce groupe fut affecté par les réformes de 1780 et 1787-1788, qui tentèrent de réduire les dépenses de la Cour -, ainsi qu'une réflexion sur les effets de ces réformes et le sort des membres de la " Petite Cour ".

Présentation de l'auteur : Historien américain, William R. Newton s'est spécialisé depuis de longues années dans l'histoire du château de Versailles. Son exceptionnel ouvrage " L'Espace du roi " (Fayard, 2000), unanimement salué par la communauté des historiens comme par l'ensemble de la critique, a entièrement renouvelé nos connaissances sur les appartements et les occupants de centaines d'appartements du château, depuis sa construction jusqu'à la Révolution.

Parution : novembre 2006
Sunday 10 December 2006 à 13:39
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L'ouvrage historique de la semaine :

Les Etrusques



de Jean-Paul Thuillier

Mot de l'éditeur : La civilisation étrusque est la première qui soit née sur le sol de l'Italie. Les Etrusques ont établi leur domination sur une grande partie de ce pays, depuis la plaine du Pô jusqu'à la Campanie, en passant par la Toscane et une partie de l'Ombrie et du Latium. Ils ont connu leur apogée au VIIe et VIe siècle avant J.-C., avant de perdre leur indépendance en 264 avant J.-C., sous les coups de boutoir de Rome. Considérés dès l'Antiquité comme un peuple étrange et mystérieux, les Etrusques ont été redécouverts dans la Toscane des Médicis qui portaient le titre de " grands ducs d'Etrurie " et, dès le milieu du XVIe siècle, sont mis au jour deux superbes bronzes étrusques : la Chimère d'Arezzo et l'Arringatore. Mais c'est surtout le XIXe siècle qui nous révèle, avec les fouilles de Tarquinia et de Cerveteri, des tombes regorgeant d'objets luxueux et parfois décorées de peintures témoignant de divers aspects de la vie quotidienne. A travers une iconographie d'une grande richesses, Jean-Paul Thuillier nous entraîne dans une passionnante exploration de ce peuple qui, selon l'expression de Stendhal, avait visiblement " l'art d'être heureux ".

Presentation de l'auteur : Jean-Paul Thuillier est directeur du Département des sciences de l'Antiquité de l'Ecole Normale Supérieure. Agrégé de lettres classiques, ancien membre de l'Ecole française de Rome, il a publié de nombreux articles et ouvrages sur la civilisation étrusque et l'histoire du sport antique. Il est notamment l'auteur d'une thèse de doctorat d'Etat sur les " Jeux athlétiques dans la civilisation étrusque " (1985), ainsi que des ouvrages suivants " Les Etrusques, la fin d'un mystère ", Découvertes Gallimard, 1990, " Les Etrusques, Histoire d'un peuple ", Armand Colin, 2003. Il a également participé à des fouilles archéologiques en Algérie (Tipasa), en Tunisie (Carthage) et en Italie (Rome, Bolsena). Il est membre étranger de l'Institut d'Etudes étrusques et italiques de Florence.

Parution : novembre 2006

Ce message a été modifié par Hadora - Sunday 10 December 2006 à 13:39.
Sunday 17 December 2006 à 15:37
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Le livre historique de la semaine :

Les traites négrières : Essai d'histoire globale



de Olivier Pétré-Grenouilleau

Mot de l'Editeur : Monstrueuse, la matière de ce livre l'est, pour deux raisons. Le sujet, d'abord : le trafic d'hommes noirs, " infâme trafic " jusque dans les justifications qu'on a voulu lui trouver, philosophiques, religieuses, économiques, politiques. Monstrueuse aussi, son étendue dans l'espace, de l'Afrique à la Méditerranée orientale puis de l'Afrique aux Amériques, le fameux " commerce triangulaire " n'étant que l'une de ses composantes ; et dans le temps, puisque cette histoire est longue de près de quatorze siècles. L'approche globale, qui met en relation l'histoire de l'esclavage avec d'autres domaines de la recherche historique - histoire des idées, des comportements, de l'industrialisation -, permet de découvrir comment des logiques différentes, propres à l'Afrique noire, au monde musulman et à l'Occident, ont pu se connecter pour donner naissance aux traites négrières. Comment, une fois pris le pli, enclenché l'engrenage négrier, les traites ont évolué jusqu'à leur terme, résultat d'une dynamique abolitionniste. Ce livre restitue pour la première fois dans son ensemble la complexité d'un des phénomènes mondiaux à l'origine du monde moderne.

Presentation de l'auteur : Olivier Pétré-Grenouilleau est professeur à l'Université de Bretagne-Sud (Lorient).

Parution : novembre 2006
Sunday 31 December 2006 à 15:20
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L'ouvrage historique de la semaine :

Louis XII : Les dérèglements de l'image royale (1498-1515)



de Nicole Hochner

Présentation de l'éditeur : L'image rend l'État visible ; elle permet de représenter l'abstraction du politique. Cette figuration est fréquemment synonyme de propagande, une forme de narration iconique et symbolique qui viserait à glorifier et à célébrer le pouvoir derrière le simulacre de sa représentation. C'est vers la fin du XVe siècle que l'image de la monarchie, d'une symbolique médiévale, se métamorphoserait en une symbolique antiquisante, vivifiée par l'humanisme conquérant de la Renaissance, bouleversant non seulement le langage iconographique et mythographique, mais aussi l'idéologie du pouvoir : le roi pasteur très chrétien céderait progressivement la place à un roi de gloire détenteur d'un pouvoir absolu.

Contre ces deux postulats, Nicole Hochner soutient qu'il est faux de considérer l'image du roi comme une image de propagande et qu'une lecture évolutionniste masque les véritables enjeux de la représentation du pouvoir. Le règne de Louis XII (1498-1515), délaissé par les historiens, nous offre un extraordinaire laboratoire des figures du pouvoir : c'est une période de rupture, de parenthèse et de recherche pendant laquelle s'élaborent et se superposent des images issues de la représentation religieuse et chrétienne, d'une symbolique antiquisante et mythologique, du langage de la courtoisie et de la chevalerie, du mythe du " père du peuple " consacré par la réunion des États à Tours en 1506. L'image royale épouse alors une multitude de formes et rejette aussi bien le profil autoritaire et coercitif d'un Louis XI " tyran ", que les nouveaux topoi de l'Antiquité, qui séduiront tant François Ier, " nouveau César ".

Le fait remarquable est que le pouvoir ne semble pas vouloir trancher ou réguler le débat majeur suscité par ces figurations plurielles et contradictoires. La monarchie française se cherche et s'affirme au cours de cette fascinante controverse sur la nature du pouvoir royal, qui oppose et confronte les partisans d'une monarchie modérée basée sur un système de " freins " et les défenseurs d'une souveraineté absolue, non consultative. L'étude de l'image du roi met ainsi au jour une crise des représentations à la veille de l'émergence de l'absolutisme français. En faisant de l'image une source à part entière, Nicole Hochner démontre l'originalité d'une recherche centrée sur les relations entretenues entre le pouvoir politique et les formes visuelles qui lui donnent sens et consacrent l'autorité du prince. Elle nous permet de mesurer tout à la fois la
richesse et la fécondité d'interrogations neuves, toutes centrées sur les significations des formes visuelles, dans leur multiple diversité.

Présentation de l'auteur : Nicole Hochner enseigne l'histoire des idées politiques et l'histoire culturelle à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Parution : novembre 2006
Sunday 07 January 2007 à 13:43
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L'ouvrage historique de la semaine :

Histoire du débarquement en Normandie : Des origines à la libération de Paris 1941-1944



de Olivier Wieviorka

Présentation de l'ouvrage : Du débarquement en 1944 des troupes alliées en France, on semble tout connaître. Mais, si nombre d'analyses ont été consacrées au Jour J, aucune n'avait encore envisagé le problème dans sa globalité, des origines à la libération de Paris, en intégrant l'ensemble des points de vue, en envisageant la pluralité des aspects-économiques, militaires, diplomatiques, mais également politiques et sociaux. S'appuyant sur des sources inédites, pour l'essentiel américaines et anglaises, Olivier Wieviorka retrace cette longue épopée, des tout premiers projets à l'assaut final. Une histoire moins mythique que la légende complaisamment forgée par les dirigeants alliés: dissensions au sein du Haut Commandement, pénurie de bateaux, erreurs tactiques, effondrement psychique des combattants..., autant de réalités parfois tues qui pourtant pesèrent sur la préparation et le bon déroulement du D-Day. Loin d'adopter un regard strictement français, Olivier Wieviorka replace le débarquement dans le contexte d'une guerre mondiale. Au risque d'affronter des constats désenchantés: l'enthousiasme des Alliés à libérer la France fut pour le moins modéré, et, par-delà l'indéniable geste héroïque, émergeait un nouvel ordre mondial que les Etats-Unis et l'Union soviétique s'apprêtaient à régir.

Présentation de l'auteur : Professeur d'histoire contemporaine à l'Ecole normale supérieure de Cachan, Olivier Wieviorka dirige la revue Vingtième Siècle. Il est notamment l'auteur au Seuil de Nous entrerons dans la carrière. De la Résistance à l'exercice du pouvoir(1994), Une certaine idée de la Résistance. " Défense de la France " (1940-1949) (1995), Les Orphelins de la République. Destinées des députés et sénateurs français (1940-1945) (2001), et, avec Christophe Prochasson, de La France du XXe siècle. Documents d'histoire (" Points Histoire ", 2004).

Parution : janvier 2007
Sunday 14 January 2007 à 17:47
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L'ouvrage historique de la semaine :

Vauban : L'intelligence du territoire



de Martin Barros, Nicole Salat, Thierry Sarmant, Jean Nouvel

Présentation de l'ouvrage : Trois siècles après sa mort, l'héritage de Vauban marque le territoire en profondeur. La " ceinture de fer " semble embastionner pour l'éternité les avant-postes du " pré carré ". Non seulement omniprésent, voilà Vauban immortel. Infatigable travailleur, il tire des plans sous le feu des assiégés, les perfectionne dans la poussière des chantiers, la plume à la main toujours. Il s'entretient avec Louis XIV implore Colbert, harcèle Louvois, tout doit plier au nom de la sûreté des frontières. Bâtisseur donc, autant que " preneur de murailles ", mais encore administrateur ou réformateur, Vauban incarne cette certitude " moderne " que l'Etat peut se faire démiurge, modeler le territoire, façonner le paysage, et finalement transformer l'ordre social. Ce portrait d'ingénieur au travail se fonde notamment sur l'insoupçonnable collection de plans et de dessins conservés au château de Vincennes. La fraîcheur des coloris, la précision du trait servent une incroyable intelligence du territoire. Car si pour établir une citadelle, il faut en dresser les murs, il faut aussi l'approvisionner en eau et en vivres, la doter de magasins, d'ateliers, d'arsenaux, d'un hôpital, d'une église... Il faut encore lui ménager des accès à la fois faciles à ses usagers et funestes à ses assaillants... Tous ces efforts resteraient vains sans une parfaite connaissance du terrain. Outre les ressorts d'un véritable génie et quelques fleurons de l'architecture du Grand Siècle, ce que ce livre donne à voir, c'est la France de Louis XIV à vol d'oiseau.

Présentation des auteurs : Martin Barros, chargé d'études au Service historique de la Défense, auteur de nombreuses études sur l'architecture militaire, a été rédacteur adjoint de la revue Fortifications et patrimoine. Nicole Salat, responsable des archives techniques du Service historique de la Défense, a soutenu une thèse sur la défense des côtes et fait paraître un grand nombre d'instruments de recherche dans les fonds du génie militaire. Thierry Sarmant, conservateur en chef du patrimoine, adjoint au directeur du Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale de France, a publié plusieurs ouvrages consacrés à l'Etat sous l'Ancien Régime.

Parution : decembre 2006
Sunday 21 January 2007 à 21:56
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L'ouvrage historique de la semaine (ouvrage d'une prof de ma fac original.gif )

Le livre des courtisanes : Archives secrètes de la police des moeurs (1861-1876)



de Gabrielle Houbre

Présentation de l'ouvrage : " M. Henri Ducasse, député, a dit qu'il allait cesser ses relations avec Sarah Bernhardt attendu qu'il l'avait surprise avec le comte de Rémusat, son collègue à l'assemblée (...). Il a ajouté qu'il ne comprenait pas comment cette actrice consentait à recevoir des hommes aussi âgés. Il est bon de remarquer que M. Ducasse est lui-même très âgé, et de plus infirme [...]. " Les archives de la préfecture de police recèlent un trésor inexploité : le registre BB/1 des femmes soupçonnées de prostitution clandestine, fichées par les agents des mœurs dans les années 1860-1870. Cette collection de rapports dévoile l'identité des clients et constitue de ce fait un redoutable instrument de surveillance du Tout-Paris politique, financier et mondain. Plus de 400 " cocottes ", ou prétendues telles, y figurent, parfois accompagnées de leur photographie. Se distinguent des étoiles du demi-monde à l'image de Félicie Marmier, élève de la Légion d'honneur, nièce de général et d'académicien, qui compte parmi ses amants marquis, comtes, ducs et princes du Gotha. D'autres connaissent une destinée moins brillante comme Louise Fasquelle, malheureuse syphilitique " qui n'est plus reçue nulle part ". Cette source, bien plus qu'un répertoire pittoresque et grivois de la prostitution huppée, éclaire les coulisses du Second Empire et des premières années de la Troisième République. Gabrielle Houbre, spécialiste d'histoire sociale et culturelle du XIXe siècle, met au jour avec ce registre les mécanismes érotiques et mercantiles à l'œuvre dans cette société. Qui sont ces courtisanes ? Qui sont leurs clients ? Comment vivent-elles ? Derrière l'éclat apparent et éphémère de vies soumises aux caprices de la fortune, on mesure la somme d'exploitations et de contraintes ; pour autant, se lit aussi la capacité à subvertir les règles du jeu vénal au profit d'une possible liberté.

Présentation de l'auteur : Enseignante-chercheuse à l'université paris VII-Denis Diderot, membre de l'Institut universitaire de France, Gabrielle Houbre a notamment publié " La Discipline de l'amour : l'éducation sentimentale des filles et des garçons à l'âge du romantisme " (Plon, 1997), " Histoire de la grandeur et de la décadence de Marie Isabelle, modiste, dresseuse de chevaux, femme d'affaires, etc. " (Perrin, 2003), et " Histoire des mères et filles " (La Martinière, 2006).

Parution : decembre 2006
Sunday 04 February 2007 à 20:26
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L'ouvrage historique de la semaine :

Histoire de l'Angleterre : De Guillaume le Conquérant à nos jours



de Bernard Cottret.

Présentation de l'ouvrage : L'Angleterre n'est pas une île. Elle occupe la partie méridionale d'un archipel, dont elle a, lentement, méthodiquement, effectué l'exploration et la conquête, au terme d'une histoire pluriséculaire. C'est chez leurs voisins les plus proches - les Gallois, les Ecossais, les Irlandais - que les Anglais ont fait l'apprentissage des mondes lointains. Poursuivant sa quête impériale pour s'étendre jusqu'aux confins du globe, l'Angleterre, " voisine d'aucun par la terre " est devenue, au cours des âges, " la voisine de tous par la mer. " Ainsi Bernard Cottret résume-t-il cette longue mutation, qui a commencé voici près de mille ans, avec la chevauchée d'un prince venu de Normandie, Guillaume le Conquérant. Depuis lors, l'histoire a mêlé les destinées de l'Angleterre et de la France, pour le meilleur et pour le pire. Longtemps, malgré ou à cause des crises internes qui la secouèrent, comme la guerre des Deux Roses ou le schisme fondant l'anglicanisme, le royaume fut à la pointe des avancées de l'histoire : Le Parlement, la Réforme, la Révolution, le régime constitutionnel, l'industrialisation, la décolonisation, autant d'étapes franchies avant les autres Etats. De là l'originalité qui a toujours marqué l'identité britannique, et que les Français, généralement, ignorent ou perçoivent mal. Bernard Cottret, dans une approche originale elle aussi, parfois personnelle et jubilatoire, insistant sur les points cruciaux, s'arrêtant sur les épisodes et des personnages à ses yeux significatifs, offre la synthèse brillante, limpide et accessible que l'on attendait.

Présentation de l'auteur : Bernard Cottret, membre senior de l'Institut universitaire de France, enseigne l'histoire des civilisations anglo-saxonnes à l'université de Versailles-Saint-Quentin. Moderniste internationalement connu, spécialiste des cultures anglaise et américaine, et aussi du protestantisme, il a publié des biographies de Calvin et de Rousseau, d'Henry VIII et de Cromwell, et des essais sur l'édit de Nantes et la Réforme protestante.

Parution : janvier 2007
Sunday 11 February 2007 à 16:02
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L'ouvrage historique de la semaine :

L'ours : Histoire d'un roi déchu



de Michel Pastoureau

Présentation de l'ouvrage : Longtemps en Europe le roi des animaux ne fut pas le lion mais l'ours, admiré, vénéré, pensé comme un parent ou un ancêtre de l'homme. Les cultes dont il a fait l'objet plusieurs dizaines de millénaires avant notre ère ont laissé des traces dans l'imaginaire et les mythologies jusqu'au cœur du Moyen Âge chrétien. De bonne heure l'Église chercha à les éradiquer. Prélats et théologiens étaient effrayés par la force brutale du fauve, par la fascination qu'il exerçait sur les rois et les chasseurs et surtout par une croyance, largement répandue, selon laquelle l'ours mâle était sexuellement attiré par les jeunes femmes. Il les enlevait et les violait. De ces unions naissaient des êtres mi-hommes mi-ours, tous guerriers invincibles, fondateurs de dynasties ou ancêtres totémiques. Michel Pastoureau retrace les différents aspects de cette lutte de l'Église contre l'ours pendant près d'un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l'auteur ne s'arrête pas à la fin du Moyen Âge. Inscrivant l'histoire culturelle de l'ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu'à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale. Le livre se termine ainsi par l'étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d'une relation passionnelle venue du fond des âges : de même que l'homme du Paléolithique partageait parfois ses peurs et ses cavernes avec l'ours, de même l'enfant du XXIe siècle partage encore ses frayeurs et son lit avec un ourson, son double, son ange gardien, peut-être son premier dieu.

Présentation de l'auteur : Michel Pastoureau est historien. Directeur d'études à l'Ecole pratique des hautes études et à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, il a notamment publié au seuil, dans " la librairie du XXIe siècle ", l'Etoffe du diable. Une histoire des rayures et des tissus rayés (1991) et Une histoire symbolique du Moyen Age occidental (2004)

Parution : janvier 2007
Sunday 18 February 2007 à 15:16
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L'ouvrage historique de la semaine :

1491 Nouvelles révélations sur les Amériques avant Christophe Colomb



de Charles C. Mann

Présentation de l'ouvrage : Monumental et captivant, un essai révolutionnaire qui bouleverse notre vision historique et culturelle des Amériques avant Christophe Colomb. Synthèse des découvertes les plus récentes, fruit du travail colossal d'archéologues, d'anthropologues, de scientifiques et d'historiens, le livre de Charles C. Mann nous montre pour première fois le vrai visage des mondes précolombiens. Une mosaïque de peuples, de langues, de cultures, d'empires, de cités puissantes, souvent plus riches et plus vastes que celles d'Europe ; un creuset de civilisations brillantes et évoluées, soucieuses de leur environnement. Et non pas le continent vierge et sous-exploité que l'Histoire officielle a voulu nous présenter. De la forêt amazonienne aux plateaux andins des Incas, du Mexique maya, olmèque ou aztèque aux villages des Iroquois, 1491 rétablit une vérité historique longtemps niée et nous entraîne au cœur d'un voyage fantastique à travers des Amériques que nous découvrons peut-être pour la première fois sous leur véritable jour.

Présentation de l'auteur :
Charles Mann collabore régulièrement à Science, au New York Times et au Washington Post. Ses articles lui ont valu de nombreux prix et distinctions. 1941 a rencontré un succès phénoménal aux Etats-Unis et est en cours de traduction dans le monde entier.

Parution : janvier 2007
Sunday 25 February 2007 à 15:25
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L'ouvrage historique de la semaine :

Ils étaient sept hommes en guerre : 1918-1945, Histoire parallèle



de Marc Ferro

Présentation de l'ouvrage : Héroïques ou maléfiques. conquérants ou résistants, naïfs ou retors, ils ont modelé le monde qui est le nôtre aujourd'hui. Leur rôle personnel, au-delà des grands mouvements d'idées qui ont marqué le XXe siècle, garde pourtant une part de mystère. Pour mieux le saisir - et ainsi éclairer les événements survenus entre 1918 et 1945 -, Marc Ferro observe la Seconde Guerre mondiale à travers le regard de chacun de ces personnages hors norme et confronte les points de vue. Sous nos yeux, les acteurs de l'Histoire se séduisent et se déchirent, se lient et se trahissent en un jeu de haine et de fascination qui va décider de l'avenir des peuples. Un regard nouveau sur l'histoire de la Seconde Guerre mondiale. Des documents méconnus ou inédits.

Présentation de l'auteur : Marc Ferro est directeur d'études à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il est l'auteur ; entre autres, de La Révolution de 1917, La Grande Guerre, Cinéma et Histoire, Pétain, Le Choc de l'islam. Il a longtemps animé " Histoire parallèle ", émission diffusée sur Arte. Il a notamment publié, chez NiL éditions, Les Tabous de l'Histoire et, chez Robert Laffont, Le Livre noir du colonialisme. Ses livres ont été traduits en vingt et une langues.

Parution : février 2007
Sunday 04 March 2007 à 15:54
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L'ouvrage historique de la semaine :

Sonderkommando, dans l'enfer des chambres à gaz



de S. Venezia

Présentation de l'ouvrage : " Je lis de très nombreux récits d'anciens déportés qui me replongent chaque fois dans la vie du camp. Mais celui de Shlomo Venezia est particulièrement bouleversant puisqu'il est le seul témoignage complet que nous ayons d'un survivant des Sonderkommandos... La force de ce témoignage tient à l'honnêteté irréprochable de son auteur qui ne raconte que ce que lui-même a vu, sans rien omettre... Avec ses mots simples, Shlomo Venezia redonne vie aux visages émaciés, aux regards exténués, résignés et souvent terrorisés, de ces hommes, de ces femmes et de ces enfants qu'il croise une seule et dernière fois..." Simone Veil.

Présentation de l'auteur : Issu de la communauté juive italienne de Salonique, Shlomo Venezia fut déporté à l'âge de 21 ans à Auschwitz-Birkenau, et incorporé dans les Sonderkommandos, dont il est un des très rares rescapés. Ces " équipes spéciales " étaient chargées par les SS de vider les chambres à gaz et de brûler les corps des victimes, avant d'être éliminées à leur tour au bout de quelques mois.

Parution : janvier 2007

Ce message a été modifié par Hadora - Sunday 11 March 2007 à 16:24.
Sunday 11 March 2007 à 16:24
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L'ouvrage historique de la semaine :

Quand notre monde est devenu chrétien (312-394)



de Paul Veyne

Présentation de l'ouvrage : C'est le livre de bonne foi d'un incroyant qui cherche à comprendre comment le christianisme, ce chef-d'œuvre de création religieuse, a pu, entre 300 et 400, s'imposer à tout l'Occident. A sa manière inimitable, érudite et impertinente, Paul Veyne retient trois raisons. Un empereur romain, Constantin, maître de cet Occident, converti sincèrement au christianisme, veut christianiser le monde pour le sauver. Il s'est converti parce qu'à ce grand empereur il fallait une grande religion. Or, face aux dieux païens, le christianisme, bien que secte très minoritaire, était la religion d'avant-garde qui ne ressemblait à rien de connu. Constantin s'est borné à aider les chrétiens à mettre en place leur Eglise, ce réseau d'évêchés tissé sur l'immense empire romain. Lentement, avec docilité, les foules païennes se sont fait un christianisme à elles. Cette christianisation de cent millions de personnes n'a pas fait de martyrs. Au passage, Paul Veyne évoque d'autres questions : d'où vient le monothéisme ? Faut-il parler ici d'idéologie ? La religion a-t-elle des racines psychologiques ? Avons-nous des origines chrétiennes ?

Présentation de l'auteur : Professeur honoraire au Collège de France, Paul Veyne a notamment publié Le Pain et le Cirque (1976), Comment on écrit l'histoire (1971), L'Empire gréco-romain (2005), René Char en ses poèmes (1990).

Parution : fevrier 2007

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