dimanche 08 juin 2008 à 15:23
jeudi 05 juin 2008 à 06:58 L'identité juive a donné la religion et la religion a permis de la conserver au travers des siecles.
Mais dans ce cas, à quand remonte ce "
don de la religion juive", postérieur à la consolidation de cette identité juive dont il est question ?
Affirmer ce que tu affirmes n'est possible qu'en remontant très loin : au deuxième millénaire avant notre ère. Cela est certes possible.
-o-
Je lisais un texte dans un petit livre sur les origines d'Israël (maison d'édition catholique), et je le cite :
«
L'existence des Apirou est révélée par la correspondance d'El-Amarna, plus précisément par des lettres d'Abdi-Hepa (...) La question du rapprochement entre les Apirou et les Hébreux de la Bible se pose immédiatement. Ils sont nommés dans neufs textes égyptiens connus à ce jour, dont les dates s'échelonnent entre le XVè et le XIIe siècle. L'équivalence avec les Habirou, forme asiatique du terme, est définitivement établie par les traités hittites bilingues des XVe et XIIIe siècle et les textes d'Ougarit. »
Donc Apirou / Habirou / Hébreux !
La question est alors de savoir si Apirou / Habirou était une appelation
ethnique (une origine commune) ou
sociologique (une condition de vie commune).
Plus loin je lis : «
Tout en maintenant les réserves d'usage sur l'ancienneté des récits de la Genèse et de l'Exode qui portent le mot hébreu, l'historien ne peut les écarter définitivement de l'enquête dans la mesure où, précisément, ils attestent, eux aussi, le lien établi par les textes juridiques entre hébreu et esclave. Quelle que soit la date qu'on assigne à l'histoire de Joseph et au récit du séjour en Egypte, force est de constater que l'on y trouve également la trace de la transmission du souvenir de la condition d'hébreu. »
-o-
Je me disais que l'identité juive (ou israélite ou hébraïque, - ou un mot plus précis) est vraiment en danger au milieu du premier millénaire avant notre ère : l'araméen a remplacé l'hébreux (et il faut traduire les textes pour les comprendre), l'exil est vécu comme un désaveu (et les panthéons des civilisations dominantes "
menacent" le dieu unique des individus restés fidèles)...
Ma phrase avait donc comme signification : "
la religion a préservé l'identité juive" au moment où celle-ci était en grand danger. Je songe aussi à la fixation (la rédaction définitive) des textes de ce qui va devenir la tradition écrite.
Maintenant, si par religion, on entend "
tradition orale" avant de parler de la "
tradition écrite", alors on remonte beaucoup plus loin dans le temps, - période où religion et "
civilisation juive" devait s'enrichir mutuellement.
Juste pour terminer un passage qui se positionne quant à la problématique intéressante de la naissance d'Israël (au-delà de l'identité juive) : «
Si nous pouvions retirer la conviction que l'Israël qui dit ses origines dans le Pentateuque et le livre de Josué n'est définitivement né que plus tard, dans une certaine mesure sans doute avec les premiers rois, mais surtout - comme peuple de Dieu - durant la période royale et l'Exil, peut-être aurions-nous fait un pas décisif. »