samedi 31 mars 2007 à 13:45
Un petit article :
L'hydrogène, carburant de l'avenirMCIL'hydrogène ( H ) est source de vie. Il deviendra peut-être aussi le vecteur énergétique qui transformera notre façon de nous déplacer… voire de polluer. Ce qu'il faut savoir c'est que l'hydrogène peut être non polluant dépendant de la façon dont on le produit. Les changements engendrés par ce gaz seront peut-être aussi importants pour le monde de l'automobile que la découverte du moteur à essence à quatre temps. Pour bien comprendre le parallèle entre l'utilisation courante de l'hydrogène et son effet sur le monde de l'automobile, il est important de tracer un portrait global des attributs de ce gaz. Viendront ensuite se greffer une série d'articles qui feront le point sur les changements technologiques nécessaires pour que l'hydrogène puisse être utilisé normalement dans nos voitures.
Un gaz vraiment simple… L'hydrogène est le gaz le plus léger et le plus simple de tous les éléments gazeux. Il est aussi le troisième élément le plus présent sur terre. Par contre, ce gaz ne peut pas être trouvé seul dans l'atmosphère. On ne trouve jamais une simple particule d'hydrogène libre dans l'air comme c'est le cas pour l'oxygène. Il est toujours jumelé à un autre élément. L'hydrogène doit donc nécessairement être fabriqué pour être exploité. Il est primordial de savoir que l'hydrogène n'est pas une source, mais bien un vecteur d'énergie qu'il faut stocker pour que l'on puisse l'utiliser ultérieurement. La production de ce gaz nécessite aussi soit de la chaleur, soit de l'électricité. La beauté de la chose, c'est que l'hydrogène est composé d'un seul neutron et d'un seul proton. Malgré cette simplicité, c'est ce gaz qui permet aux êtres humains d'exister. Inodore, incolore et très inflammable, c'est grâce à lui que l'eau recouvre plus de 70 % de notre planète (deux atomes d'hydrogène et un d'oxygène forment l'eau (H2O)).
La production de l'hydrogène, un vrai casse-tête !Toutefois avant d'être utilisée à toutes les sauces, la fabrication de l'hydrogène doit être raffinée. De nombreux procédés sont explorés par les scientifiques et seul le temps pourra dire laquelle de ces techniques sera utilisée dans le futur. La compétition est féroce et la marche haute pour les entreprises qui cherchent à percer le marché de cette nouvelle énergie. C'est donc la course pour ce nouvel or, cet or transparent.
La première voie empruntée par certains chercheurs pour la production de l'hydrogène est le reformage à partir d'un gaz volatil tel le gaz naturel ou le propane (c'est toutefois le gaz naturel qui est le plus utilisé, car les autres carburants engendrent des frais de production exorbitants). En fait, cette technique est habituellement utilisée pour augmenter l'indice d'octane provenant des essences lourdes comme le pétrole. Lors du reformage, si l'on simplifie la technique bien sûr, on expose le carburant à une température élevée pour obtenir de l'hydrogène. Toutefois, il y a revers à cette simplicité. Ce n'est pas seulement de l'hydrogène qui est créé à partir de ce processus. Par exemple, le reformage du gaz naturel crée aussi du monoxyde de carbone et du bioxyde de carbone. L'avantage antipollution perd donc de sa valeur et n'arrange en rien le problème des ressources non renouvelables puisque l'on produit l'hydrogène à partir de matières épuisables.
Le second processus utilisé est l'électrolyse. Ici, c'est grâce à l'électricité que l'on arrive à produire de l'hydrogène. Les chercheurs utilisent une source d'électricité (soit à partir de l'hydroélectricité, l'énergie éolienne ou solaire) pour dissocier les atomes d'hydrogène (H2) et celui d'oxygène. Ce sont ces atomes qui forment la molécule d'eau. En les séparant, ils arrivent à produire de l'énergie qui peut être stockée. En plus d'être environ 15 % plus efficace que le reformage, cette technique permet de récupérer près de 80 % de l'énergie initiale nécessaire pour produire l'hydrogène à partir de l'électrolyse. De loin plus rentable du point de vue environnemental puisqu'elle ne produit comme résidu que de l'eau, cette technique serait très bénéfique pour le Québec qui compte sur la troisième plus grande production d'hydroélectricité au monde pour produire à moindre coût de l'hydrogène. Toutefois, pour l'instant, l'hydrogène n'est produit par l'électrolyse que dans une proportion de 1 %. Ce faible pourcentage est dû au fait que pour réaliser l'électrolyse de façon rentable, il faut de l'électricité bon marché ou de l'hydrogène à la pureté très élevée.
Il existe aussi deux autres moyens plus marginaux de produire de l'hydrogène. Le premier est celui que l'on nomme la gazéification de la biomasse. Un nom bien complexe pour dire que l'on se sert des gaz provenant de la décomposition des matières organiques (ordures domestiques, végétaux, bois, etc.) pour produire de l'hydrogène. Ces déchets, en se décomposant, produisent naturellement du monoxyde de carbone et de l'hydrogène qui sont alors récupérés et stockés pour être utilisés à bon escient. Toutefois, il est difficile de recueillir l'hydrogène à partir des vapeurs. D'autres chercheurs ont aussi découvert que certains microbes, algues et bactéries photosynthétiques produisent de l'hydrogène en transformant par un procédé chimique, sous certaines conditions, l'énergie solaire en hydrogène.
Les avantages de l'utilisation de l'hydrogèneTous les problèmes reliés à la production en valent toutefois la chandelle. Plusieurs avantages seront reliés à l'utilisation de l'hydrogène dans nos voitures. Le premier et non le moindre, est que les émissions de gaz causées par l'utilisation de carburants fossiles pourraient être réduites à néant. L'effet de serre et les nombreux autres problèmes causés par la combustion de pétrole qui produit du dioxyde de carbone deviendraient donc chose du passé ou presque… si on utilise l'électrolyse.
Un autre de ces avantages, peut-être utopique, est que la population ne serait plus limitée à exploiter une ressource non renouvelable d'énergie. Elle ne serait donc plus tributaire de l'apport de certains pays producteurs de pétrole pour produire des biens et faire progresser leur pouvoir économique. Tous ces gens du monde pourraient fabriquer leur propre carburant, soit à partir de l'eau, du vent ou du soleil. Cette énergie pourrait ensuite être stockée à l'instar de l'électricité qui est produite à partir des mêmes moyens, mais qui ne peut être emmagasinée.
Plusieurs obstacles et barrières physiques doivent être franchies avant que l'on utilise l'hydrogène dans nos voitures. En plus des problèmes reliés à sa production, il y a nécessairement ceux qu'engendre la conception des moteurs des automobiles eux-mêmes. Un problème qui est d'ailleurs loin d'être résolu puisque les constructeurs ne s'entendent pas encore sur le genre de motorisation à utiliser. La question des postes de ravitaillement demeure aussi un sujet chaud. Le réseau de distribution d'essence actuel devra nécessairement être complètement modifié pour fournir l'hydrogène nécessaire au futur consommateur. De plus, le stockage de ce gaz est aussi problématique puisque l'hydrogène est très volumineux et qu'il faut le compresser ou le refroidir pour qu'il devienne utilisable dans la vie courante. De même, il ne faut pas oublier l'aspect sécuritaire de l'hydrogène qui demeure un gaz très volatile et extrêmement inflammable.
Ce message a été modifié par Daddy-O - samedi 31 mars 2007 à 13:46.