vendredi 16 mai 2008 à 12:34
jeudi 15 mai 2008 à 23:50 Tu n'es pas le seul à aimer l'histoire, et je vois beaucoup de "connerie" passer sur le forum, je n'en peut plus, et je me devais de réagir ...
C'est vrai qu'en voyant ce topic on ne peut que réagir !
Tout d'abord je rejoins à 100% Gilcad quant il denonce l'utilisation grotesque du mot "genocide" ou "Holocauste". Ceci souligne l'ignorance du créateur du topic dans la portée de ces mots. En effet, on arrive à un point où on assimile l'Holocauste des Juifs et ses 6 millions de morts à des tueries de quelques milliers d'hommes durant une période revolutionnaire. C'est surtout source de relativisation des crimes du nazisme, une chose que je ne peux accepter.
Ensuite le texte dont tu ne donnes pas la source ni l'auteur va à l'encontre de vérités historiques, notamment sur la famine de 1922 dont l'origine et à mettre avant tout sur le poids de la premiere guerre mondiale ainsi que la guerre civile mais aussi des causes naturelles comme la secheresse qui toucha le pays.
Pour ce qui est du sujet en lui meme, le livre de l'historien américain et professeur d'histoire à l'université de Princeton est une référence : "Les Furies" où l'auteur compare les violences des revolutions Française et Russe. Tu pourras y voir que les violences contre l'Eglise ne sont pas propre au communisme mais aux mouvements revolutionnaire car l'Eglise est dans les deux pays (France 1789 et Russie 1917) un grand propriétaire et un cadre de l'ordre social et donc et surtout un acteur contre revolutionnaire.
Ainsi à la veille de 1917, l'Eglise orthodoxe était propriétaire d'un demi million d'hectares de terres qu'elle louait en tenure aux paysans. Elle était un agent du pouvoir tsariste avec une "indifférence à l'injustice sociale et politique", elle était "plus que toute autres la servante de l'Etat, qu'elle aidait à exploiter et à réprimer" (Dimitry Pospielovsky, the Russian Church under the Soviet Regime, 1917-1982). Dans la Russie d'après février-mars 1917, un peu comme en France en juillet 1789, la séparation de l'Eglise et de l'Etat, la réorganisation de l'Eglise officielle furent à la fois la conséquence et la cause de la révolution au sein de la revolution.
Au cours des 3 premiers mois au pouvoir, les bolcheviks adoptèrent plusieurs décrets : la nationalisation sans compensation de l'ensemble des terres de l'Eglise, le transfert à un nouveau Commissariat des Lumières de l'intégralité des écoles sous controle ecclésiastique, l'instauration du mariage civil, la transmission des registres de naissance et autres de l'Eglise à l'Etat. Comme on pouvait le prévoir, l'Eglise
orthdoxe résista farouchement. L'Eglise orthodoxe russe se proposait de combattre un Etat à la fois séculier et anti-chrétien.
Le 16 janvier 1918, Tikhon, le nouveau patriarche engagea toute son autorité et tout son prestige dans la bataille contre le nouveau régime. Les armées allemandes reprenaient leur avance. Dans ce contexte, le patriarche publia une lettre pastorale singulièrement féroce appelant à lutter contre les "ennemis ouverts et cachés" de la Vérité du Christ. Cette stigmatisation et cet anathème provoquèrent et enhardirent les bolcheviks. Quatre jours après la lettre patorale de Tikhon, Lénin promulgua le décret sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Les dirigeants de l'Eglise réagirent en excommuniant tous ceux qui collaboreraient à sa mise en application.
Pour Arno Mayer, le durcissement de l'affrontement entre l'Eglise et l'Etat fut lié à l'escalade de la guerre civile. Les deux camps ne reculèrent devant aucune diffamation et aucune malédiction. La force contre revolutionnaire de l'Eglise orthodoxe ne fut pas négligeable. Son influence était évidemment plus morale, culturelle et psychologique que matérielle. La masse du clergé sympathisait avec les blancs et un certain nombre de ses membres allèrent jusqu'à les soutenir activement. C'est ainsi que des ecclésiastiques, de droite de leur propre aveu, étaient attachés aux quartiers généraux militaires et aux directions politiques des armées blanches. Certains de ces hommes de Dieu présentèrent la lutte contre les soviets comme une guerre sainte et réclamèrent l'appui de gouvernements étrangers et d'Eglises soeurs. Il existait meme des brigades militaires "Régiments de Jésus", les "Ordres de la Sainte Croix", et la "Fraternité de la Croix vivifiante". Dans tous les territoires controlés par les blancs, des pretres et des moines disaient la messe et prononçaient des sermons glorifiant les armées contre-revolutionnaires. Ils fulminaient également contre les bolcheviks et les juifs. Cet activisme clérical était tout à la fois une réponse et un encouragement à l'anticléricalisme virulent des bolcheviks.
Ainsi c'est dans ce contexte de revolution et de contre-revolution que doit etre analysée la question et non d'un simple Holocauste, car contrairement aux juifs durant l'Holocause, le clerge en 1917 entra en resistance contre les bolcheviques, resistance parfois armée comme je l'ai souligné. Je reviendrais plus tard sur les chiffres et bilans humains car comme le souligne Mayer, il existe de nombreux flous...
Ce message a été modifié par Hadora - vendredi 16 mai 2008 à 12:42.