mercredi 27 février 2008 à 04:47
En effet mes amis, l'heure est très grave.
Comme à mon habitude, je glandais tranquillement et sans arrières pensées - oui, sans aucune pensée du tout, de quelque nature qu'elle puisse être, je vous l'accorde - et je faisais mon petit bonhomme de e-chemin journalier. Un petit lol par ci, un petit mdr par là, un gros dtc par dans un coin, un énorme stfu dans un autre. Cliquant frénétiquement, jonglant entre msn et le ouaibe, je "surfais", comme on dit. Alors bon, j'enclenche le micro pour une conversation msn (il ne peut pas se passer de ma voix

), et comme je sais faire plusieurs choses en même temps, je lis des trucs à droite à gauche, je regarde des vidéos, tout ça, quoi. Bon, il serait plus juste de préciser que même si je sais faire plusieurs choses en même temps, parler et lire n'ont malheureusement jamais fait bon ménage ensemble chez moi, donc dans ces moments là je grogne une phrase incompréhensible que je n'entends pas tout en me rendant compte que je ne comprends pas non plus ce que je crois lire et qu'en réalité je ne fais que voir. Où en étais-je déjà? Ah oui, msn, micro, donc oui, je me suis platement excusée auprès de cet être qui n'a de cesse de me répéter que j'ai une voix sensuelle, ai formulée une phrase intelligible et ai allumé une cigarette - je pense que c'est là qu'il croit résider la sensualité de ma voix : sept années de tabagisme doivent y être pour quelque chose. Là résida mon erreur qui va m'être fatale. Pour que vous compreniez en quoi ce fait est dérangeant, il faut revenir quelques jours en arrière. Donc vous comprenez que le fait dérangeant dont je parle c'est d'avoir allumé une clope? non parce que si vous ne suivez pas, il faut me le dire hein. Bref, donc, quelques jours en arrière, je rangeais mon porte-feuille, ce qui consiste vu le peu qu'il contient, à dégager tous mes tickets de distributeur pour ne conserver que le dernier. Et là, boum, bam, bim, un cri, le son d'un objet lourd qui s'écrase sur le sol (moi-même), silence. Dix-huit euros était la somme inscrite en haut de ce futile papier, ces dix-huit euros correspondaient à tout ce qu'il me restait sur mon compte. Un rapide calcul m'a permis de comprendre que nous étions le vingt-et-un du mois, et que ce compte ne serait renfloué que le premier du mois suivant. Bon. Je n'ai pas eu de dépense jusqu'au vingt-quatre, soit dimanche dernier, où j'ai pris la lourde décision de prendre les dix euros que je pouvais tirer, d'y ajouter quarante centimes et d'acheter deux paquets de cigarettes. Un rapide calcul dont j'ai douté de la réussite m'a fait dire qu'avec ceci, je pourrai fumer cinq cigarettes par jour jusqu'à ce que mon compte fasse moins la gueule et que j'ai à me taper une demi-heure de route pour tirer de l'argent et ainsi pouvoir m'acheter toutes les doses de nicotine dont je pourrai avoir besoin (en ce moment je tourne à environs un paquet par jour). Mais, je me connais, vous me connaissez. Ajoutons à la faiblesse de ma volonté le fait que je suis seule chez moi pour deux semaines et que j'ai donc la possibilité de fumer dans toutes les pièces y compris les chiottes, sans qu'on vienne me chatouiller le cancer. Donc, comme c'était à prévoir, je n'ai pas tenu le quota que je m'étais soit-disant imposé, j'ai fumé plus de cinq cigarettes par jour. Et voyez-vous, arriva ce qu'il devait arrivé, j'ai allumé cette maudite cigarette dont je vous parlais il y a un instant (plusieurs instant, c'était à la fin du début du milieu du texte, ou quelque chose comme ça). Mon interlocuteur entendit le son du paquet de cigarettes atterrir sur le bureau après avoir négligemment été jeté, suivit du déclic d'un briquet et de ce son si doux et énervant à l'oreille d'un fumeur, celui de l'embrasement de ladite cigarette. Le tout suivit d'un cri effroyable et inhumain. Et oui, je venais de me rendre compte que la cigarette qui se consumait était l'avant-dernière de mon dernier paquet. Résultat des courses, je vais devoir me taper trois jours, mettons quatre, jours d'abstinence la plus totale. Et c'est donc là, l'erreur fatale, j'aurai du, et si, et si, et si, et si... Ca va être une terrible épreuve que ceci, je me vois déjà en cure de désintox habillée d'une charmante camisole de force, les yeux fous et mon broshing foutu en l'air à force de me taper la tête sur les murs.
Alors vous vous demandez pourquoi je vous en parle, et c'est une question pertinente. La réponse est pourtant simple. Ne trouvant pas le sommeil, je tente désespérément de tromper mon envie de m'allumer cette dernière clope en occupant mes mains et mon esprit. Bien évidemment, comme je ne fais que parler de tabac depuis trois quart d'heure et que depuis quelques minutes j'ai l'horrible impression de voir les mots que je tape ici se changer peu à peu en une fumée qui s'élève vers moi pour me picoter les narines et que cette fumée à la désagréable odeur de celle de la cigarette, il est tout naturel qu'après avoir tapé les dernières lettres de ce texte foutoir, je vais ouvrir ce maudit paquet, sortir cette putain de cigarette et enclencher ce connard de briquet.
Finissons-en.
Ce message a été modifié par _A_ - mercredi 27 février 2008 à 04:51.