dimanche 20 juillet 2008 à 15:22
Intéressant post, Etiennee.
Cependant, je discute les arguments de Kant.
Dans mes précédents posts, je viens de comprendre un aspect des choses qui peut éclairer la conception de Dieu. En effet, qu'est ce que les maths où la géométrie, si ce n'est des concepts? Et pourtant, comme je l'ai dit, 1+1=2 est nécessaire, et le théorème de Pythagore aussi. Se pose-t-on la question de l'existence des maths ou de la géométrie? Non, ça n'a pas de sens, c'est quelque chose qui n'a pas à exister ou non. Peut-être que c'est justement comme le signal Kant lui-même que l'on a personnifié Dieu, que nous nous le sommes représenté à notre image en quelque sorte, avec des bras et des yeux, pour percevoir et agir. Alors que jamais les maths ou la géométrie n'ont été faites personnes. Ne serait-ce pas cette confusion qui nous fait dire que Dieu peut être ou ne pas être, alors que l'on ne se pose pas la question pour les maths ou la géométrie (je sais, je suis extrêmement redondant). Pythagore, d'ailleurs, croyait voir dans la nature une harmonie mathématique, comme on s'est servi de la beauté du monde pour dire que Dieu existe. Il y a au fond beaucoup de similitudes entre ces pures idées qui semblent avoir une réalité en dehors de nous.
Ensuite, il balaye faussement l'argument cosmologique. Car en effet, cet argument est très fort: il pose Dieu comme la cause première. Car en effet, tout ce qui est vient bien de quelque part, ou alors en réalité rien n'existe du tout, pas un concept, pas un objet, pas un être, absolument rien, le véritable et absolu néant, et il n'y aurait alors pas de causalité (on va écarter cette hypothèse). On ne peut pas dire que voila, oui les choses sont, mais parce que l'existence ne fait pas partie du concept d'une chose, et bien... la cause de tout... on a aucunement réglé le problème.
Il est nécessaire qu'il y ait une cause qui n'a pas de cause, on ne peut pas faire autrement! Et cette cause, on pose que c'est Dieu. Quelle réfutation peut-on trouver à cela? Que ce n'est pas inclus dans le concept de Dieu d'exister? Mais c'est le reste qui nous fait conclure à son existence, comme en poursuivant en esprit la trace de nos ancêtres, passant par un sans-culotte, un forgeron celte, un chaman néolithique, un être simiesque et rude, un singe, un petit mammifère, un poisson avec des poumons, un poisson tout court, un unicellulaire, un paquet d'atomes, et puis quoi? Et même si le monde est soumis à des cycles de destruction-renaissance, il n'empêche que ce cycle est, et vient bien de quelque part aussi. C'est la chose qui s'est crée par elle-même et qui a engendré les autres qui est Dieu, peu importe la forme que cela peut prendre dans notre esprit.
Donc Kant a habilement réussi à zapper la contradiction de cette démonstration, en détournant l'attention sur le problème ontologique, plus simple à démentir. La vérité, c'est que je ne vois aucune manière de dire qu'il n'y a pas eu à un moment quelque chose qui est sa propre cause, et que l'on appellerait Dieu, à moins de prétendre que rien du tout n'existe, ni en fait, ni en puissance, ni en concept. Ou alors c'est devoir admettre qu'il n'y a pas une chose qui c'est crée par elle-même et est cause des autres, mais que chaque choses s'est créé par elle-même, même si elle n'en a pas conscience. Donc la bouteille de bière vide que j'ai sur mon bureau aurait très bien pu ne pas être fabriquée, mais exister par elle-même, et être maîtresse de son existence de bouteille, et même de ses propriétés (s'étant créée toute seule, elle peut à tout moment se détruire et se faire renaître autrement, ou se modifier en continuant son existence). Mais c'est ennuyeux, parce qu'alors cela voudrait dire qu'à la fois mon corps en entier a décidé seul de son existence, mais aussi mon bras, et indépendamment de mon corps en entier. C'est fâcheux. Il semblerait que les choses se soient plutôt bien mises d'accord entre elles en se créant par elles-mêmes, à tel point que c'en est suspect.