dimanche 20 juillet 2008 à 10:46
dimanche 20 juillet 2008 à 09:01 Si je comprends bien, ce que tu veux dire, c’est que la croyance en Dieu doit être la même chose que les démonstrations mathématiques qui s’appuient parfois sur les principes implicites que l’on ne peut appréhender que par l’intuition, par des idées qui vont de soi, sans nullement des preuves empiriques. Pour revenir à ma question, l’existence de Dieu, ou Dieu tout simplement, est-elle démontrable comme les vérités mathématiques, en suivant les trajets de déduction ? Pour ma part, à la différence de l’intuition géométrique, la certitude de la croyance en Dieu ne se repose que sur une force psychologique, sur quelque chose comme émotion, sentiment. La force psychologique et l’émotion peuvent-elles servir d’appui d’une démonstration ?
Non, je ne comparais pas vraiment dans ce sens là. Je répondais à Delatune dont la phrase me paraissait aberrante, en disant que pour la majorité d'entre nous, les maths ou la géométrie ont de commun avec Dieu de faire partie du monde des idées, et pas vraiment de quelque chose de quotidien et d'observable, comme par exemple la personnalités des gens que l'on côtoie. Mais selon moi la comparaison entre Dieu et maths s'arrête là, ou du moins il me parait incertain de la pousser plus avant.
Selon moi, il y a quelque chose à remarquer: à partir du moment où on accepte l'idée de géométrie ou de mathématique, on accepte en fait toutes les règles et théorèmes qui vont avec, parce qu'on ne peut pas envisager des mathématiques ou une géométrie juste et valide qui aurait d'autres règles. Si on admet les maths, 1+1=2, et c'est sans discussion, et si on admet la géométrie, dans un triangle rectangle le carré de l'hypoténuse est égal à la somme du carré des deux autres cotés, et il ne peut pas en aller autrement. C'est là une chose étonnante, que de dire que si un concept existe, cela entraine nécessairement la validité d'un certain nombre de lois et de propriétés.
Alors on peut se poser la question: est-ce qu'admettre le concept de Dieu nécessite de reconnaître de fait de son existence? Quelque part, on retombe sur l'argumentation de Saint Anselme: Dieu existant est plus grand que Dieu non existant, et Dieu étant suprême grandeur, il semble qu'il faille en conclure que l'existence est nécessaire à la pleine validité du concept de Dieu. Cette démonstration vue par rapport à mon précédent paragraphe prend un sens nouveau: Dieu n'est Dieu que s'il existe, un peu à la manière dont des maths où 1+1=1 ne pourrait pas exister, les seules vrais maths devant avoir pour base 1+1=2. Pourquoi admet-on que Dieu n'existe pas nécessairement, que l'existence n'est pas une des perfections susceptible d'être concernée par la démonstration de Saint Anselme, alors que personne ne doute que 1+1=2, et qu'un triangle rectangle respecte nécessairement le théorème de Pythagore?
dimanche 20 juillet 2008 à 09:01 Même si on déduit que le monde a une cause, rien ne peut assurer que c’est Dieu, et non pas un x quelconque, qui soit cette cause ultime de tout. Dieu est-il la cause nécessaire et suffisante du monde ?
Est-ce qu’il est possible de démontrer que « tout loi doit résulter d’un législateur » ? A savoir « il y a loi si et seulement si il y a législateur » ? Si cette thèse est démontrable, alors on n’est pas loin de pouvoir démontrer l’existence de Dieu.
Par rapport à ton "x quelconque", je vais te résumer rapidement la démonstration de l'existence de Dieu qu'a donné Descartes. (Préalable: Descartes vient de démontrer que pour l'instant, la seule certitude que je peux avoir, c'est "je pense, donc je suis", en tant que pur esprit pensant et examinant, tout le reste est pour l'instant douteux et flou)
Toute chose à une cause, on part de ce principe. Or, il est manifeste que je ne suis pas ma propre cause, puisque ce n'est pas moi qui fait que j'existe, qui maintient mon existence, ou qui y met fin. Par ailleurs, je n'ai qu'une connaissance imparfaite de moi-même; si je m'était créé, je saurais parfaitement de quelle manière je suis et mes propriétés. Donc quelque chose d'extérieur à moi est ma cause, j'ai été créé. Ce sont peut-être mes parents, c'est peut-être un ange, c'est peut-être une théière rouge microscopique gravitant autour de Mars, mais ce n'est pas moi.
Mais donc, cette chose qui m'a créé, qui l'a créé? Ainsi, on remonte la succession des créations ou des causes, et on en arrive nécessairement à un moment où quelque chose ou quelqu'un s'est créé lui-même. Ca paraît absurde, mais c'est pourtant nécessaire: il faut bien que quelque chose se soit créé pour créer tout le reste, pour en être la cause. Cette chose, c'est Dieu. Et du fait qu'il est cause première de toute chose, pour nous il est aussi "l'horizon des propriétés", c'est lui-même la limite de tout ce qui est. Tout ce que l'on peut concevoir, on le trouve en lui, nécessairement, sinon on ne pourrait pas le trouver dans notre esprit, lui étant notre seule cause. Dieu a donc toutes les perfections, c'est à dire toutes les propriétés, poussées au maximum de ce qui peut exister. Et on peut retomber sur la démonstration du bon Anselme pour compléter.
Personnellement, je trouve le raisonnement de Descartes béton à ce niveau là. Bon, je l'ai pas forcément parfaitement décrit, c'est dans les
Méditations métaphysiques, mais je dois pas en être très loin. Je ne vois pas quelle faille on pourrait trouver dans ce raisonnement.
Ce message a été modifié par KillPingouino - dimanche 20 juillet 2008 à 10:51.