samedi 19 juillet 2008 à 12:15
vendredi 18 juillet 2008 à 19:12 Bonjour,
Voilà, je lance un topic de philo. Histoire de faire un peu d'exercice cérébrale, stimuler nos neurones.
Je m'intéresse beaucoup à la question si l'existence de Dieu est démonstrable. Cependant mon idée est que la question sur l’« existence de Dieu » soit fallacieuse, ou tout simplement mal posée. Car si l’on définit Dieu comme Idée, Idéal, Essence, (ou Néant), qui s’oppose naturellement à l’être, alors Dieu n'est pas, et ne peut pas être une existence (un être). Ou autrement, pour une thèse moins forte, l'existence n'est pas, et ne peut pas être, un attribut de Dieu. D’ailleurs, si tout ce qui est démonstrable est existence (ou ayant l'existence comme attribut), naturellement, l’existence de Dieu n’est pas démonstrable.
Je formule mon idée comme la suivante :
Pour une version forte :
- x est démonstrable si et seulement si x est existence.
- Dieu n’est pas existence.
- Alors Dieu n’est pas démonstrable.
Pour une version faible :
- x est démonstrable si et seulement si x a l’existence comme attribut.
- L’existence n’est pas un attribut de Dieu
- Alors Dieu n’est pas démonstrable.
Voilà, c’est à vous de prendre le relai.
Là où tu as parfaitement raison, c'est que quelque part c'est une entreprise de vanité pour un humain de chercher avec son esprit, son intelligence ou ses sensations, à vraiment obtenir des informations sur Dieu. Si on pose que Dieu est "très grand" (sans forcément savoir qu'il est infini) et qu'il est potentiellement, d'une manière ou d'une autre, le responsable de notre existence et du fait que l'on pense et ressente, il faut aussi admettre que l'on a certainement pas en nous les moyens ou les instruments pour atteindre à une compréhension objectivement suffisante de Dieu. Certains partent de l'analyse des idées, de ce qui est "dans la tête", d'autres au contraire partent de l'observable, du monde réel. Certains essayent d'atteindre une autre forme de compréhension par la religion et la piété, d'autres par le mysticisme. Certains rejettent absolument l'idée de Dieu, n'en faisant qu'un artéfact utilisé par des autorités religieuses pour asseoir leur pouvoir. On aura beau se triturer dans tous les sens autant que l'on veut, on en sait pas plus à la fin qu'au début, si ce n'est que, comme dit dans l'Ecclésiaste (un livre de la Bible): "tout n'est que vanité et poursuite de vent", car nous avons marché et nous sommes retrouvé tout aussi perdu qu'au moment de notre départ.
Cependant, se prenant par les couilles, se posant positivement la question à soi-même, on en arrive à ce qui est selon moi le sens de la vie: "Qu'est-ce que je veux croire?". Car malgré que l'on ai pas avancé dans notre compréhension des choses qui sont en dehors de nous, on a fait par rapport à soi-même un pas de géant: on réalise qu'il y a un choix à faire. Posant pour admis que notre nature est limité, que nos facultés sont limités, et que l'on ne peut définitivement pas savoir ce qui est réellement, on doit se décider à choisir par nous-même comment nous voulons envisager les choses. Je crois que c'est là le véritable défi de l'être humain: surmonter le doute et la désillusion résultant de l'analyse lucide des choses, et passer dans une attitude positive de choix, de responsabilité. On peut même faire le choix de rester dans cette posture de désillusion, mais cela est déjà un choix, une prise de conscience. Au fond, ce choix pourrait ne pas exister réellement, nous pourrions avoir été "programmé" par notre éducation, notre milieu etc... mais en l'occurence on s'en fout, ce qui compte c'est avoir pris conscience de la fragilité de notre première position, d'avoir douté, et après le doute d'avoir le sentiment de librement décider, choisir, réaliser en quelque sorte la pleine conjonction entre moi, qui je suis, qui je crois être, et ma nature humaine, avec ses capacités et ses limites.