Friday 09 July 2004 à 11:28
L'époque hellénistique est née de l'imagination de l'historien hégélien Johann Gustav Droysen. Pour lui, l'épopée de Philippe et Alexandre est l'histoire d'une civilisation à son apogée. L'Histoire du monde grec s'arrêtant de ce fait à la mort du Conquérant en -323, au moment même où s'ouvrait à l'inverse l'histoire du monde romain, dont les débuts étaient négligés. En un mot, de -323 à -188 (première intervention romaine en Asie), il n'y avait plus de place que pour une longue décadence.
Pourtant, il n'en est rien. Et les deux dates qui l'encadrent n'ont jamais été perçues par les hommes de ce temps comme des moments décisifs où tout bascule, où un monde nouveau apparaît.
La mort d'Alexandre à Babylone en juin 323 met un point final précoce à un règne qui a changé le monde grec en profondeur, notamment par l'extension territoriale de l'hellénisme. Mais nombreux sont ceux qui attendent la possibilité d'un retour à la situation antérieure, facilité par l'affaiblissement de la monarchie macédonienne qui entre dans une phase de minorité dynastique et de régence indispensable.
En -323, les Grecs et les Macédoniens ont reçu le monde en partage. C'est un territoire immense qui a été traversé par l'armée du roi macédonien, mais traverser ne signifie pas conquérir, d'autant que des régions entières ont echappé au passage de l'armée d'invasion. Une nouvelle organisation doit être mise en place rapidement, pour marquer notamment le changement de maître, et la mort d'Alexandre survient trop tôt pour qu'il ait pu mener à bien cette tâche. Ce sont ses héritiers qui doivent l'assumer, afin d'éviter que ne s'établissent des principautés indépendantes dans les zones où aucune colonie gréco-macédonienne n'a été installée.
Il dépend donc des héritiers du Conquérant qu'il ait accompli une oeuvre ephemère ou, à l'inverse, une révolution aux effets prolongés.
La dynastie argéade n'est pas préparée à la disparition si brutale de son chef, à l'âge de 33 ans. Le demi-frère d'Alexandre, Philippe Arrhidaïos, ne paraît pas en état d'assurer dla succession. Par ailleurs, l'enfant posthume que porte Roxane, Alexandre IV, né en août 323, ne peut jouer un rôle actifqu'à partir de 14 ans.
Une régence s'impose donc, et l'étendue même de l'empire rend nécessaire des délégations de pouvoir qui sont accordées aux chefs locaux dans les différentes satrapies de l'ancien empire achéménide (perse). Les terres nouvelles, conquises à la pointe de la lance, ne doivent pas faire oublier cependant, la Grêce propre et les régions hellénisées depuis des siècles. La guerre lamiaque, qui éclate dès l'annonce de la disparition d'Alexandre le Grand, témoigne de cette volonté d'effacer une tutelle macédonienne mal acceptée par les Grecs.
--> Je verrai par la suite le temps des diadoques (323-280) ou le partage des héritiers.