lundi 07 mars 2005 à 19:55
Je vais maintenant m'intéresser à un personnage clé de l'unité allemande :
Bismarck.

Il fut au pouvoir de 1871 à 1890. Son influence prépondérante sur Guillaume Ier, ses méthodes plébiscitaires et sa stratégie de division des partis ont fait dire à certains historiens qu'il avait mis en place une véritable dictature personnelle. Qu'en est-il vraiment ?
Bismarck et la démocratieConservateur voir réactionnaire, son attachement au principe monarchique en a fait un des principaux adversaires de la démocratie. Mais pourquoi alors avoir oeuvré pour la mise en place du Reichstag ? Il s'agit en fait d'un calcul politique afin de déborder les Libéraux.
Conscient que l'unité allemande était fragile, il savait que le suffrage universel était aussi un moyen de limiter les particularismes.
Enfin, il était également réaliste et se rendait compte qu'on ne pouvait pas éternellement s'opposer aux mouvements d'une époque. Ainsi, il a décidé de canaliser les aspirations démocratiques afin qu'elles servent sa politique.
Ses méthodes de gouvernement*
Une mobilisation contre des ennemis communs :
Dès 1871 et jusqu'en 1876, il décide de prendre pour cible
l'Eglise catholique. C'est le fameux
Kulturkampf (lutte pour la civilisation). Il s'allie pour cela aux Libéraux protestants hostiles depuis que Pie IX a proclamé le
Syllabus (catalogue des erreurs de l'époque contemporaine où le libéralisme tenait une bonne place) et aussi depuis l'infaillibilité pontificale annoncée lors du concile de Vatican I. Il combattra l'influence du clergé chez les Polonais de Prusse et en Alsace-Lorraine et interdira aux prêtres d'aborder des thèmes politiques lors des homélies. Ce sera un échec et ne fera qu'accentuer la confessionalisation des luttes politiques en Allemagne.
L'autre grand ennemi est bien sûr le
socialisme. Ce mouvement ouvrier est très précoce en Allemagne (1878) et très bien organisé. Il le considérera comme une menace pour l'ordre monarchique européen et fera voter plusieurs lois antisocialistes. Là encore, c'est un échec et favorisera le développement d'une contre-culture et de la clandestinité.
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La satisfaction des intérêts matériels :
Celle-ci aura deux aspects dans la politique de Bismarck : elle concernera à la fois la protection
douanière de la production nationale et la protection
sociale des ouvriers afin de les soustraire à l'influence du SPD. Il souhaite donner des ressources budgétaires au Reich et alleger les impôts directs pesant sur les producteurs. On parle d'alliance du "sègle et de l'acier" (agriculture et industrie lourde).
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Un appui sur les majorités changeantes :
Il ne veut pas dépendre d'une majorité stable. Il s'appuie successivement sur les Liberaux puis les Conservateurs et lorsqu'il n'arrive pas à faire passer une loi, dissoud l'assemblée et manipule l'opinion en agitant constamment la menace d'une
révolution sociale. Il favorisera ainsi les lobbies en les opposant aux partis politiques.