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Monday 21 March 2005 à 01:44
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Rapide présentation :

Le 6 février 1934, Édouard Daladier présente à l'Assemblée nationale son nouveau gouvernement.

Dans le même temps, une manifestation est organisée à Paris, place de la Concorde, à l'appel des ligues ou mouvements politiques paramilitaires, de l'association d'anciens combattants Les Croix-de-Feu du lieutenant-colonel de La Roque ainsi que d'un mouvement communiste, l'Association républicaine des anciens combattants, sur le thème : «À bas les voleurs !».

Le changement de gouvernement et la manifestation font suite à la découverte, un mois plus tôt, du cadavre d'un escroc, Stavisky. L'opinion publique soupçonne - à tort - les ministres et les députés d'avoir trempé dans ses combines.

La manifestation dégénère. La police tire. Seize manifestants et un policier sont tués. On compte un millier de blessés.

Non sans mauvaise foi, la gauche parlementaire dénonce dans la manifestation du 6 février une tentative de coup d'État fasciste. Elle appelle au rassemblement des forces progressistes.

Trois jours plus tard, une contre-manifestation dégénère à son tour et fait 9 morts. Édouard Daladier doit céder la place à Gaston Doumergue à la tête du gouvernement.

Par ricochets, l'affaire Stavisky va contribuer à la victoire du Front Populaire de Léon Blum aux élections législatives de 1936.

À l'extrême-droite, les déceptions des royalistes de l'Action Françaises et des ligueurs suscitent le développement d'une association secrète anti-républicaine, connue sous le nom de Cagoule. (source : ICI)

Je détaillerai un peu plus tard les causes de cette manifestations, la nature des ligues présentes et l'impact qu'a eu l'émeute sur la IIIème République. Mais je vous laisse d'abord la parole ! Que vous inspire cet évènement ?
Monday 21 March 2005 à 15:50
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QUOTE (Maharet @ 21 Mar 2005 à 00:44)
À l'extrême-droite, les déceptions des royalistes de l'Action Françaises et des ligueurs suscitent le développement d'une association secrète anti-républicaine, connue sous le nom de Cagoule.

Pour être précis, il fuadrait parler de la déception de certains royalistes d'AF, car Maurras a toujours porté un regard assez méprisant sur l'entreprise des dissidents cagoulards.

Ce message a été modifié par supercitoyen - Monday 21 March 2005 à 15:51.
Monday 21 March 2005 à 18:49
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Bonjour supercitoyen ! Je m'attendais justement à te voir sur ce sujet... smile.gif

Quel était le rôle réel de l'Action française lors de l'émeute ? Il y a quelque chose que je ne comprends pas : elle appelle à mettre à bas la République pour remettre en place la monarchie, mais ce serait de quelle manière puisqu'elle refuse le coup d'Etat ?
Monday 21 March 2005 à 18:50
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QUOTE (supercitoyen @ 21 Mar 2005 à 14:50)
Pour être précis, il fuadrait parler de la déception de certains royalistes d'AF, car Maurras a toujours porté un regard assez méprisant sur l'entreprise des dissidents cagoulards.

En effet, il ne s'agit que d'une minorité...
Monday 21 March 2005 à 19:51
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QUOTE
Bonjour supercitoyen ! Je m'attendais justement à te voir sur ce sujet... 

wink.gif

QUOTE
Quel était le rôle réel de l'Action française lors de l'émeute ?

L’AF a joué un rôle majeur dans le déclenchement de la manifestation. C’est elle qui a dénoncé le scandale qui allait devenir "l’affaire Stavisky". Elle a bien sûr encouragé le « pays réel » à se dresser contre le régime corrompu, non sans rencontrer un certain succès !

En février 2004, Jean-Philippe Chauvin (enseignant en histoire) avait publié dans le journal du mouvement un article sur « le 6 février vu et vécu par l’Action française » qui propose une bonne synthèse sur notre rôle dans l’événement :

http://www.actionfrancaise.net/modele.php?...ier_1934_af.php

QUOTE
Il y a quelque chose que je ne comprends pas : elle appelle à mettre à bas la République pour remettre en place la monarchie, mais ce serait de quelle manière puisqu'elle refuse le coup d'Etat ?

L’AF ne refuse pas le coup d’Etat. Au contraire ! Mais les conditions pour sa réussite n’étaient sans doute pas réunies le 6 février 1934. Maurice Pujo l’a expliqué en ces termes :

« Ce qui a manqué au Six Février pour aboutir à quelque chose de plus substantiel que des résultats "moraux", c’est – disons-le tout net – l’intervention de ce personnage que Charles Maurras a pris dans l’Histoire pour l’élever à la hauteur d’un type et d’une fonction, l’intervention de Monk. Un Monk civil ou militaire qui, du sein du pays légal, étant en mesure de donner des ordres à la troupe ou à la police, eût tendu la main à la révolte du pays réel et favorisé son effort. Un Monk assez puissant non seulement pour ouvrir les barrages de police, aussi pour assurer immédiatement le fonctionnement des services publics et parer à la grève générale du lendemain. »

Cette citation est tirée d’une étude publiée dans la Revue Universelle le 15 juillet 1938. On en trouve de plus larges extraits sur cette page :

http://www.actionfrancaise.net/modele.php?...six_fevrier.php

PS : J’ai hésité à faire figurer ces liens, car on pourrait m’accuser (non sans raison) de faire de la propagande. Etant donné le rôle joué par l’AF dans cette affaire, j’ai estimé qu’un intervenant plus neutre aurait pu renvoyer à la lecture de ces articles sans se poser de question. J’ai donc chassé mes scrupules. Mais si un modérateur ne voit pas les choses de cette façon, je ne lui en voudrai pas !

Ce message a été modifié par supercitoyen - Monday 21 March 2005 à 19:52.
Monday 21 March 2005 à 20:36
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Merci pour ces explications !

J'ai fait quelques recherches et voici ce que j'ai trouvé :

Pour Maurras, il n'y a pas une méthode unique pour restaurer la monarchie, pas plus qu'il n'y a de moyen impur par principe. Si par hypothèse la monarchie pouvait être restaurée par le moyen des urnes, pourquoi ne pas en saisir l'occasion ? Cependant Maurras privilégie la thèse d'un général Monk (allusion à l'histoire anglaise), c'est-à-dire d'un coup organisé à partir de l'appareil d'Etat lui-même (le modèle du genre étant le 2 décembre 1851).

Je comprends mieux pourquoi le 6 février n'était pas un "coup de force fasciste" puisque ce qui en ressort surtout, c'est le désordre et la confusion. Chacun des groupes présents obéissait à ses propres consignes. Il n'y a eu aucune concertation dans la violence et seuls les Croix de feu conservaient ordre et discipline.

Pour l'anecdote, pendant la nuit du 6 février, Maurras travaillait sur un poème provençal destiné à Pampille, l'épouse de Daudet, ce qui prouve qu'il n'avait rien prémédité ce jour-là...

PS : je pense qu'il n'y a rien de repréhensible dans tes liens vu qu'il s'agit ici d'histoire et non de politique pure.
Monday 21 March 2005 à 20:53
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QUOTE (Maharet @ 21 Mar 2005 à 19:36)
Pour Maurras, il n'y a pas une méthode unique pour restaurer la monarchie, pas plus qu'il n'y a de moyen impur par principe. Si par hypothèse la monarchie pouvait être restaurée par le moyen des urnes, pourquoi ne pas en saisir l'occasion ? Cependant Maurras privilégie la thèse d'un général Monk (allusion à l'histoire anglaise), c'est-à-dire d'un coup organisé à partir de l'appareil d'Etat lui-même (le modèle du genre étant le 2 décembre 1851).

Cette fois, je n'ai pas de nuance à apporter. C'est tout à fait ça.

Autrement dit : "Par tous les moyens, même légaux !"
Monday 21 March 2005 à 23:22
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le 6 février, oui, le triste épisode qui précéda vichy... sniff, espérons que ça ne se reproduise plus.
Monday 21 March 2005 à 23:29
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QUOTE (ZORGLUB @ 21 Mar 2005 à 22:22)
le 6 février, oui, le triste épisode qui précéda vichy... sniff, espérons que ça ne se reproduise plus.

Tu as raison : la prochaine fois que la république sera ébranlée, il faut espérer qu'elle sera reversée pour de bon ! biggrin.gif

Mais la "filiation" que tu sembels suggérer entre Vichy et le 6 février est discutable. Qu'on pense seulement à Laval : je ne sais pas s'il était député le jour des manifestations, mais il aura de toute façon siégé bien des fois dans "la caverne des brigands" ! Le régime de Vichy s'enracine en partie dans la IIIe République.

Le seul point où la filiation est incontestable est le suivant : le 6 février a permis la constitution du Front populaire, dont ce sont les députés qui ont voté les pleins pouvoris à Pétain en julllet 1940.

Ce message a été modifié par supercitoyen - Monday 21 March 2005 à 23:33.
Tuesday 22 March 2005 à 20:27
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QUOTE (supercitoyen @ 21 Mar 2005 à 22:29)
Tu as raison : la prochaine fois que la république sera ébranlée, il faut espérer qu'elle sera reversée pour de bon ! biggrin.gif

Mais la "filiation" que tu sembels suggérer entre Vichy et le 6 février est discutable. Qu'on pense seulement à Laval : je ne sais pas s'il était député le jour des manifestations, mais il aura de toute façon siégé bien des fois dans "la caverne des brigands" ! Le régime de Vichy s'enracine en partie dans la IIIe République.

Le seul point où la filiation est incontestable est le suivant : le 6 février a permis la constitution du Front populaire, dont ce sont les députés qui ont voté les pleins pouvoris à Pétain en julllet 1940.

ce genre de message anti-républicain devrait être durement sanctionné par la loi !
Tuesday 22 March 2005 à 20:36
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QUOTE (ZORGLUB @ 22 Mar 2005 à 19:27)
ce genre de message anti-républicain devrait être durement sanctionné par la loi !

Tu le souhaiterais vraiment ? Décidément, les adversaires de la démocratie ne sont pas les plus intolérants !

Pour le moment, heureusement, ce n'est pas un crime d'être monarchiste ! original.gif
Tuesday 22 March 2005 à 21:16
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QUOTE (supercitoyen @ 22 Mar 2005 à 19:36)
Tu le souhaiterais vraiment ? Décidément, les adversaires de la démocratie ne sont pas les plus intolérants !

Pour le moment, heureusement, ce n'est pas un crime d'être monarchiste ! original.gif

un monarchiste tolérant envers la démocratie ! LOL on aura tout vu décidément !

sais-tu combien de morts a-t-il fallu à la "démocratie" pour remplacer la monarchie ? ? ?
Tuesday 22 March 2005 à 21:47
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QUOTE
un monarchiste tolérant envers la démocratie ! LOL on aura tout vu décidément !

Où as-tu vu ça ?

QUOTE
sais-tu combien de morts a-t-il fallu à la "démocratie" pour remplacer la monarchie ? ? ?

Beaucoup trop, en effet. La Terreur est un triste souvenir. Et je ne parle pas des régimes totalitaires qu'elle a contribué à engendrer...

Mais tout cela nous éloigne du 6 février !
Tuesday 22 March 2005 à 23:25
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Oui, ce serait bien de rester dans le cadre du sujet. Le 6 février ne concerne pas uniquement les monarchistes. Il y avait également des communistes, des anciens combattants et des ligues d'extrème-droite ainsi que des centaines de personnes exasperées par le gouvernement. Les historiens sont aujourd'hui d'accord pour dire que ce n'était pas un coup d'etat fasciste. Je ne vois pas non plus le rapport avec Vichy.

Pour relancer le débat, pensez-vous qu'une telle émeute serait possible à notre époque ? Les scandales mouillant des hommes politiques sont en tout cas encore d'actualité, et l'antiparlementarisme également.
Tuesday 22 March 2005 à 23:40
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QUOTE (Maharet @ 22 Mar 2005 à 22:25)
Pour relancer le débat, pensez-vous qu'une telle émeute serait possible à notre époque ? Les scandales mouillant des hommes politiques sont en tout cas encore d'actualité, et l'antiparlementarisme également.

La réponse est non, évidemment, mais il serait intéressant de comprendre pourquoi la politique, qui déchainait des passions autrefois, n'interesse plus grand monde aujourd'hui.

Wednesday 23 March 2005 à 00:30
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QUOTE (supercitoyen @ 22 Mar 2005 à 22:40)
La réponse est non, évidemment, mais il serait intéressant de comprendre pourquoi la politique, qui déchainait des passions autrefois, n'interesse plus grand monde aujourd'hui.

Et à la limite , si tu pouvais nous donner ton avis sur le désintérêt des français pour la politique , supercitoyen , je pense que cela pourrait ne pas être perçu comme un gros hors-sujet wink.gif
Wednesday 23 March 2005 à 01:06
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QUOTE (RealSidius @ 22 Mar 2005 à 23:30)
Et à la limite , si tu pouvais nous donner ton avis sur le désintérêt des français pour la politique , supercitoyen , je pense que cela pourrait ne pas être perçu comme un gros hors-sujet wink.gif

Je n'ai pas vraiment d'avis. Avec le triomphe de la "gouvernance", le primat de l'économie, peut-être que nos concitoyens ne croient plus au politique ? Et puis, l'indifférence est peut-être le revers de l'apaisement ? Dans la première moitié du XXe siècle, les débats étaient vraiment passionnels !

Ce message a été modifié par supercitoyen - Wednesday 23 March 2005 à 01:07.
Wednesday 23 March 2005 à 01:50
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QUOTE (supercitoyen @ 23 Mar 2005 à 00:06)
Je n'ai pas vraiment d'avis. Avec le triomphe de la "gouvernance", le primat de l'économie, peut-être que nos concitoyens ne croient plus au politique ? Et puis, l'indifférence est peut-être le revers de l'apaisement ? Dans la première moitié du XXe siècle, les débats étaient vraiment passionnels !

Pour quelqu'un qui n'a pas d'avis , je trouve que tu en donnes un pertinent wink.gif

o Primat de l'économie : le politique ne servant qu'à se mettre au service de ce qui sera le plus efficace. Donc homme politique interchangeable , car il n'y a pas mille possibilité...

o Revers de l'apaisement : le citoyen peut à son niveau agir en politique , et donc l'homme politique ne lui apparait que comme un homme parmi tant d'autre.

o Fin des idéologies : si l'homme n'est plus le défenseur d'une idéologie (la seule encore debout étant l'européisme et à un degré moindre le libéralisme) , pourquoi se sentira-t-il proche d'un parti politique ?
Wednesday 23 March 2005 à 12:12
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Je n'étais pas très inspiré , hier soir sad.gif

o Primat de l'économie : l'économie a de tout temps été au centre des préoccupations des hommes politiques.

>> On peut certes se demander si l'impérialisme était au service de l'économie , ou bien si c'était le contraire : j'ai lu un questionnement de cet ordre lors de ma lecture d'un livre où il était notamment question de la politique lagide en Egypte (dans la période hellénistique , de la fin de l'Empire d'Alexandre , à la prise totale du pouvoir par les Romains)... Et on peut se demander par exemple si "l'impérialisme" américain n'est pas principalement au service de l'économie et du maintien du niveau de vie des mêmes américains.

Les deux domaines - politique extérieure et économie - sont donc toujours liés.

Par contre , je me demande si , à une autre époque de l'histoire , l'homme politique s'est retrouvé dans une situation où il n'avait pas le choix entre plusieurs modèles , tant le modèle libéral (avec plus ou moins d'intervention des états - mais le pragmatisme est de rigueur) semble s'imposer.

A l'époque , on en était à la lutte pour une amélioration des conditions de vie (le front populaire n'est pas loin en France) , à l'éventuelle préparation à la guerre (ou à la "défense" en cas d'agression) , domaine qui nécessitent l'intervention d'hommes politiques qui peuvent être de sensibilités différentes...

Aujourd'hui , l'homme politique français n'est plus en mesure de mener une politique impérialiste , ni même une politique d'influence culturelle ou économique sur ses voisins : il ne peut que suivre le mouvement libéral , en essayant de l'encadrer le plus possible (en fonction de ses moyens ou de sa volonté) , mais cela reste limité comme champ d'action (exemple : les retraites et les différences de proposition de chacun des partis de gouvernement) . La marche à l'Europe , la globalisation et l'émergence de certains pays rendent plus ou moins forcées certaines décisions.

-~-~-~-~-~-

o Revers de l'apaisement :

>> Dans la mesure où chaque personne peut jouer un rôle politique dans notre société , où il est même encouragé à le faire , l'homme politique cesse d'être autre chose aux yeux d'un citoyen qu'une personne oeuvrant à l'acquisition de davantage de pouvoir.

A une époque , le citoyen pouvait se sentir représenté par lui : aujourd'hui , il ne voit en lui qu'un exécutant , qu'un technocrate ... ou bien qu'un gentil organisateur. Pas étonnant que la politique moderne ne nous offre que des Bush , Chirac , Blair ou Berlusconi comme homme d'Etat : a-t-on besoin de personnages brillants , qui portent un projet , ou de personnes qui présentent bien ?

Puisque , de plus , le citoyen a la possibilité par son action d'oeuvrer (de multiples façons) à l'amélioration de ses conditions de vie et de celles des autres (à l'échelle nationale) , l'homme politique perd de son prestige : il peut même devenir un gêneur , mettant des batons dans les roues des personnes ayant envie d'entreprendre quelque chose (socialement ou économiquement)

-~-~-~-~-~-

o Fin des idéologies :

>> Si l'homme politique n'est plus le représentant d'une idéologie , susceptible de créer un certain émoi dans la population (François Bayrou est selon moi le plus apre défenseur de l'Européisme - dernière idéologie encore debout , avant que l'Europe ne devienne qu'un grand marché) , s'il n'est plus porteur d'un projet à moyen ou long terme , mais se contente de n'être qu'un gestionnaire , il ne défend plus en fait que des intérêts de domination personnelle.

Je ne vois pas l'intérêt de s'intéresser à la carrière d'un homme politique , savoir ce qu'il devient , quelle est sa richesse , ses joies , ses peines... smile.gif

P.S.: Certes , je n'arrive pas à mettre tout ça en parallèle avec le sujet en question (bref , je suis hors-sujet) , et finalement , j'étais peut-être en meilleure forme hier soir ...

Ce message a été modifié par RealSidius - Wednesday 23 March 2005 à 12:19.
Thursday 24 March 2005 à 15:31
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Voici l'analyse de l'historienne Danielle Tartakowsky sur les évènement du 6 février 1934 :

La France des années vingt, dite des " années folles ", connaît pendant une dizaine d’années une certaine prospérité. Mais, dès 1931, le pays est affecté par un retournement économique mondial. Quel est l’impact de cette crise sur la société française et la répartition de ses forces politiques ?

Danielle Tartakowsky : La crise économique est ressentie en France à la fin de l’année 1931. Les gouvernements qui se succèdent dans cette IIIe République politiquement instable vont y répondre jusqu’en 1934 par une politique continue de déflation, visant avant tout à sauver la monnaie, et par des coupes budgétaires. Cette réponse à la crise présente le double inconvénient de peser sur le salaire des fonctionnaires et sur la pension des anciens combattants - très nombreux dans cette France d’entre-deux-guerres.

Si la classe ouvrière, quant à elle, doit faire face à la diminution de son temps de travail, elle ne voit pas son salaire horaire baisser. Ce qui explique que les mobilisations sociales, qui débutent vraiment après les législatives de 1932, après l’élection du néo-cartel Radical, soient essentiellement, jusqu’en 1934, le fait d’organisations sectorielles de droite et d’extrême droite. Sauf la marche des chômeurs, retenue par l’histoire en raison de son caractère de nouveauté, les mobilisations sont ainsi d’assez faible ampleur. Cependant, fin 1933, début 1934 débute une campagne anti-parlementaire très violente, dont les racines plongent évidemment dans le mécontentement populaire provoqué par la gestion de la crise économique.

Les gouvernements successifs ont, à ce moment, perdu la confiance populaire. Les victimes de la crise sont aussi scandalisées par les affaires politico-financières qui secouent les milieux politiques. L’affaire Stavisky fait beaucoup de bruit. Ce climat favorise-t-il le renforcement des mouvements d’extrême droite, des ligues ? Quels sont les discours de ces organisations ?

D. T. : On voit monter, début 1934, après le scandale Stavisky qui éclabousse beaucoup d’hommes politiques, un mouvement mené par plusieurs types d’organisations de natures politiques différentes, unifiées dans leur rejet du parlementarisme et la dénonciation de ce qui est appelé, à l’époque, le " régime des scandales ". De façon schématique, il y a d’un côté l’Action française, organisation d’avant-guerre qui se réclame d’un monarchisme quelque peu fantasmatique et dont le leader est le charismatique Maurras, de l’autre toute une série de ligues d’extrême droite, nées entre 1924 et 1927, parmi lesquelles les Jeunesses patriotes, les Croix de feu et Solidarité française - seule à se réclamer du modèle fasciste italien. Toutes ces ligues ont en commun le nationalisme, certaines dimensions autoritaire et xénophobe et un mode d’organisation paramilitaire. Ces groupes divergent toutefois quant au sens de leur dénonciation du " régime des scandales ". Pour l’Action française, il s’agit de dénoncer le régime lui-même, intrinsèquement producteur de scandales ; pour les ligues, de dénoncer les scandales qui entachent le régime politique existant.

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