ANECDOTE La malédiction de la momie
Carter et Lord Carnarvon.Le 17 février 1923, deux archéologues britanniques, Carter et Carnarvon, ouvrent la chambre funéraire de Toutankhamon, pharaon de la XVIIIème dynastie, mort depuis plus de trois mille ans. La disparition prématurée de Carnarvon créera le mythe de la malédiction de la momie.
La découverte Interrompues par la Première Guerre Mondiale, les fouilles de la tombe de Toutankhamon, dans la Vallée des Rois, reprennent en 1917. Cinq années durant, Carter s’obstine, mais lord Carnarvon perd patience. Les travaux lui coûtent une fortune. A l’été 1922, il annonce à son collaborateur qu’il arrête les frais (visez le jeu de mots, mouhahaha

). Malgré ce coup dur, Carter ne renonce pas et décide de continuer les travaux à son compte. Touché par la détermination de son collaborateur, Carnarvon consent à reprendre les recherches, mais seulement pour une durée de un an.
L’aventure des deux archéologues britanniques avait commencé au Caire, une quinzaine d’années plus tôt, en 1908. (Oui, quand même

)
Héritier d’une des plus riches familles d’Angleterre, lord Carnarvon nourrit une véritable passion pour la civilisation égyptienne au point d’avoir entrepris pour son propre compte des fouilles dans la Vallée des Rois.
Lorsqu’il arrive sur le chantier le matin du 4 novembre 1922, Carter est surpris par l’inhabituelle agitation qui y règne. Les ouvriers l’emmènent vers un escalier qui s’enfonce dans la terre et dont ils viennent de dégager les premières marches. Le travail se poursuit fébrilement, Carter sent qu’il touche au but. Bientôt, les dernières marches sont dégagées et apparaît une porte plâtrée et blasonnée de sceaux royaux qui ne laissent aucun doute. Fou d’impatience, Carter ordonne de forcer la porte, mais il se ressaisit aussitôt. La correction la plus élémentaire exige que l’ouverture de la tombe ne se fasse qu’en présence de lord Carnarvon, alors en Angleterre.
Pour Carter, les trois semaines qui s’écoulent avant le retour de lord Carnarvon, on l’imagine bien, sont insoutenables. Enfin, Carnarvon arrive le 23 novembre. Il est accompagné de sa fille de vingt ans, lady Evelyn. L’ouverture tant attendue peut enfin avoir lieu.
La porte une fois franchie, un couloir long de trois mètres aboutit à une seconde porte, également plâtrée. Carter pratique une ouverture et fait passer une bougie pour s’assurer que la tombe contient de l’oxygène. Le trou agrandit, Carter, Carnarvon et lady Evelyn parviennent à s’y faufiler. Les pinceaux lumineux des torches électriques balaient alors le plus incroyable amoncellement de trésors jamais contemplé !
Fascinés, incrédules, les trois anglais restent à contempler, à toucher ces trésors qu’ils ont à portée de main. Mais, au milieu de tant de splendeur, pas l’ombre d’un sarcophage. Ils réalisent alors qu’ils se trouvent dans une antichambre. La pièce funéraire est derrière une porte scellée sur laquelle veillent deux sentinelles noires de part et d’autre.
Fébrilement, Carter creuse un trou près de la porte. Cette fois, sa lampe éclaire une pièce aux murs recouverts d’or et de faïence bleue. Au milieu, et occupant presque tout le volume de la chambre, trône un gigantesque catafalque entièrement recouvert d’or. Cette fois, plus de doute, ils sont dans la chambre funéraire du pharaon.
A l’émotion profonde qui étreint les deux savants et la jeune femme s’ajoute une inquiétude. Ils viennent en effet d’enfreindre gravement la loi égyptienne qui stipule que pareille exploration ne peut être entreprise sans la présence d’un représentant du service des Antiquités. Ils décident donc de se taire, de faire disparaître leurs traces et de ne procéder à l’ouverture du tombeau qu’après avoir rendu publique la découverte de l’antichambre et débarrassée celle-ci de ses trésors.
C’est la date du 17 février 1923 qui est retenue pour procéder officiellement à l’ouverture de la porte. Après avoir pratiqué à l’aide d’une pioche un trou assez grand pour y glisser sa torche électrique, Carter doit alors feindre l’étonnement de la découverte : « Je vois un mur de faïence bleu et or ! » En fait, l’émotion du savant est bien trop réelle, son émerveillement est sincère et la curiosité de l’assistance trop fébrile pour qu’on puisse déceler la moindre trace d’une tromperie qui ne sera révélée que bien plus tard.
La vengeance du pharaonLord Carnarvon ne devait pas connaître le couronnement de sa découverte. Le 26 février 1923, aussitôt après la fermeture du tombeau, il partit se reposer à Assouan. Il y fut piqué au visage par un moustique. En se rasant, il écorcha le bouton formé par la piqûre. La plaie s’envenima et la fièvre se déclara. Ramené ai Caire, Lors Carnarvon mourut d’une pneumonie le 5 avril. A l’époque, les antibiotiques n’existaient pas, mais comme l’anglais avait soulevé le voile d’Isis et contemplé le sarcophage sacré, il n’en fallut pas davantage pour que naisse et s’installe le mythe de la malédiction de la momie.
De plus, avant son décès, le canari jaune de Carter était mort dans des circonstances mystérieuses. La mort du canari au moment de la découvert officielle de la tombe de Toutankhamon fut considérée comme un mauvais présage. L'inspecteur général en charge des antiquités déclara :
« Au cours des récentes fouilles qui ont permis de découvrir la tombe de Toutankhamon, M. Howard Carter (celui qui l'a découverte) avait dans sa maison un canari qui le régalait tous les jours de son chant joyeux. Un jour, toutefois, celui où on a mis au jour l'entrée de la tombe, un cobra est entré dans la maison, s'est jeté sur l'oiseau et l'a avalé. Or, les cobras sont rares en Égypte et on en voit peu en hiver; mais dans les temps anciens, ils étaient considérés comme le symbole de la royauté, et chaque pharaon portait ce symbole sur son front, comme pour signifier son pouvoir de frapper et de piquer ses ennemis. »Dès lors, on prétendit que lord Carnarvon avait été frappé d’un maléfice lancé par Anubis, le gardien des sépultures.
Alors, balivernes ou malédiction ?
Ce message a été modifié par _A_ - Tuesday 31 July 2007 à 17:33.