moi, j'ai fait l'école du louvre de 79 à 83 (3 ans d'HGA, avec Archéologie grecque, + l'année de muséologie)
A mon époque, pas de concours d'entrée (mais j'avais un bac avec mention, donc ça a peut-être aidé, c'est trop ancien, je ne m'en souviens pas...), et on nous conseillait vivement le double cursus, en particulier avec de l'histoire, si on visait le concours de conservateur de musée.
Apparemment, l'organisation des cours n'a pas beaucoup changé, à part les cours de langue, par contre les locaux, oui, je ne sais pas s'il y en a encore Salle Courajod ....
A mon époque, les cours d'HGA et les cours organiques, sous forme de conférences, accueillaient aussi bien les élèves, que les auditeurs libres, beaucoup de dames blondes du 16e arrondissement, ou des mémés "cultivées", qui venaient là pour s'occuper....les pauvres étudiants étaient bien éparpillés dans cette ruche, et je ne m'y suis pas fait d'amis, pour ça, il y avait heureusement la fac. Mais ça, ça a peut-être changé....
J'ai un bon souvenir de l'école, même si la pédagogie à coup de visionnage de diapos était un peu "légère", et inégale selon les conservateurs .
J'ai le souvenir de Gilles Beguin, conservateur au Musée Guimet nous présentant l'art birman en 2 diapos et une phrase : "les birmans étaient d'excellents métallurgistes..."
.....il faut dire que c'était un peu de provoc de sa part, il était vexé d'avoir si peu d'heures de cours pour faire le tour de l'art asiatique....
On avait aussi Christiane Desroches Noblecourt, la célèbre égyptologue, je ne sais pas si elle enseigne encore
Et Pierre Amiet, conservateur au Département des antiquités orientales (sumer, babylone, assyrie, etc...) qui me faisait penser à la statue de Goudéa, et qui, timide, s'enfuyait à la fin du cours pour ne pas répondre aux questions....et qu'est-ce qu'il nous a fait souffrir avec ses noms de rois genre Tukulti Ninurta Premier (je ne l'ai jamais oublié celui-là...), et pas de tableau pour écrire les mots, il faut prendre le cours quasiment en phonétique....
Et enfin Alain Pasquier, le conservateur des Antiquités grecques, le beau gosse de service (pas difficile, et en plus il devait avoir seulement une petite quarantaine.....), très sollicité à la fin des cours.... et il aimait bien ça.....
Voila mes souvenirs d'ancien combattant ; l'ecole du louvre ne m'a servi à rien puisque je n'ai pas passé le concours de conservateur de musée (je n'avais pas fait d'histoire donc j'étais très désavantagée), mais je suis aujourd'hui conservateur..... de bibliothèque, 2 fonctions au même nom, mais 2 métiers qui n'ont rien à voir, surtout quand on travaille en lecture publique....
Et je ne fréquente plus les musées (je connais bien tous les musées de paris et sa région, je les ai assez arpentés lors des visites conférences....

, par exemple la Crypte de Saint Denis en plein hiver, avec les pieds gelés, ou les jardins de Versailles, toujours en hiver, prendre des notes avec des gants, c'est marrant, et la conférencière s'était fachée parce qu'on lui demandait d'aller plus vite pour pouvoir aller se mettre au chaud....). Trop de monde, la queue pour entrer, le bruit des visites guidées, et on ne profite plus des oeuvres....
Je ne suis pas sure que ce soit bien de ne pas avoir un projet professionnel très clair quand on commence cette école, car les débouchés sont réduits, et pour le commerce d'art ou l'expertise, déjà à mon époque, on disait qu'il fallait avoir des relations...... Seuls les meilleurs peuvent se faire connaitre, en sollicitant des stages, et espérer vivre correctement de ce genre de métier. Maintenant, je pense aussi que les passionnés d'art ne sont pas forcément des gens matérialistes, et n'ont pas forcément des exigences de revenus très élevées... Le conseil est donc le même que celui qu'on m'avait donné à l'époque, faire un cursus universitaire en complément, qui permet ensuite de se rabattre sur un autre type de profession....
En tous cas, félicitation à ceux qui ont réussi ce fameux concours d'entrée, et bonne scolarité