Saturday 02 December 2006 à 19:35
1 MINUIT SONNE
Minuit sonne, j’entends les douze coups de l’horloge retentir gravement dans mon esprit. Dehors il fait noir, tout comme dans mon cœur. C’est une heure fatidique. L’heure où je pleure, l’heure où je meurs. J’entends des cris au loin, une voix qui m’appelle. Est-ce mon imagination qui me joue des tours ou bien cette voix intérieure qui m’interpelle ? Des blessures m’envahissent, des gens me haïssent. Des pensées noires me font frémir, je ne demande pas à souffrir. Je n’ai pas choisi de vivre, je m’en serais bien passée, mais on ne m’a rien demandé, comme jamais d’ailleurs. Les seules choix qui furent les miens se sont avérés être les mauvais et m’ont amené au désastre. Comme quoi des fois il vaut mieux se laisser guider par les autres, au moins on ne culpabilise pas autant. Rater sa vie, est-ce si grave en fin de compte ? Beaucoup de gens ratent leur vie, une majorité d’ailleurs. Mais peut-on considérer qu’on a échoué à seulement vingt ans ? Ai-je encore la moindre once d’espoir ou dois-je me résigner ? On me dit qu’il faut se battre, lutter jusqu’à son dernier souffle, mais moi je ne sais pas. J’ai l’impression d’avoir déjà tout gâché, tout perdu, tout raté. Peut-être ai-je tort. Je n’en sais rien, je ne sais plus. Je cherche des réponses potentiellement enfouies dans un recoin de mon esprit, un endroit bien caché où il m’est impossible d’accéder. Mais la vie me fuit, elle me détruit, et je m’enfuis. Je me réfugie dans des pensées abstraites, dans les abîmes de mon esprit, j’envoie tout valser. Mais je m’enlise, je m’enfonce, tout ça ne sert rien. Je dois agir je le sais, je dois me battre. Plus facile à dire qu’à faire, je vous l’accorde !
Les douze coups de minuit résonnent de nouveaux dans les méandres de mon âme, me rappelant soudain que je suis encore en vie. Une vie apathique sans soute, emplie d’états mélancoliques, mais une vie quand même. Si je dois mourir autant en profiter avant. Mais est-ce une bonne idée ? Non bien sûr que non. Tout le monde me dira que ce n’est pas la meilleure des solutions. Mais tout le monde n’est pas moi. Personne ne me connaît vraiment, sinon ils fuiraient. Aucun d’entre ceux qui prétendent m’aimer ne s’imaginent ma misère mentale, mon grave état psychologique, mes idées fatales, mes pensées infernales et mes idées sulfuriques.
A minuit je vois tout en gris, mais je suis apaisée. C’est l’heure où tout le monde dort. Personne ne se préoccupe de ce que vous faites, non pas qu’on puisse dénoter une quelconque différence dans la journée, les gens ont le don de vous ignorez lorsqu’on vous ne correspondez pas à leurs idées. Ils essaient un peu de vous réconforter, puis s’en retournent vaquer à leurs affaires de la matinée, le reste de la journée étant consacré à vous ignorer.
Plutôt que de rester là à écouter le silence vibrant dans mon cœur meurtri, je décide d’errer. Dans la rue ? Impossible, il n’y avait pas de rue, juste un mur inaccessible. Je me dirige vers la radio, seul outil présent dans cette chambre sombre et étouffante. Même pas d’ordinateur ! C’était déjà le Moyen Age, mais lorsqu’on a que les moyens du bord on fait avec. J’allume le petit poste démodé et tourne le bouton. Je tourne, encore et encore pour ne rien obtenir. Tiens, cette phrase contient à elle seule la métaphore de ma vie : errer sans but sans s’arrêter pour finalement n’aboutir que sur du néant. La neige sonore me rappelle les bruits incessants qui étouffent mon esprit, comme ses douze coups de minuit. Une cacophonie qui m’empêche de penser, qui me condamne à rester bloquée, pourquoi même essayer ?
Et puis ça y est. Après plusieurs minutes à machinalement tourner un bouton pour ne retrouver à chaque fois que le même brouillard, autant radiophonique que mental, j’entends finalement quelque chose. Non, je ne rêve pas, c’est bien une voix. Un appel, qui pourrait très bien ressembler au mien. Celui de quelqu'un désespéré, accablé, mal aimé. Quelqu'un qui se promène sur la bande FM, sans joie ni haine, sans espoir, que du noir. Un cri de détresse qui me serre le cœur, qui me fait pleurer, me fait comprendre que je ne suis pas la seule à exister, pas la seule à me noyer, recroquevillée dans ma douleur.
Pouvais-je y répondre ? Je l’ignorais, mais du fond du cœur je l’accompagnais. Je voulais lui parler, lui faire comprendre qu’il y avait au moins une personne qui l’écoutait, qui le comprenait. Cet appel me faisait l’effet d’un chant, tel l’appel d’une succube qui me susurrerait de succomber à ses supplications. Tel le chant d’une sirène mythologique, désireuse d’entraîner Ulysse et ses marins vers la mort. Ce chant si doux, si beau, n’est-il pas aussi maléfique ?
Peu importe, je veux l’écouter, lui répondre. Je me sens mieux tout à coup. J’ai l’impression de retrouver le sourire. Je ne suis plus seule, c’est déjà ça ! Je m’approche encore plus du poste de radio pour mieux pouvoir me délecter de cette voix aussi triste que sublime. Puis le miracle se produit. J’appuie sur un bouton dont je n’avais pas encore pris connaissance, et je peux lui répondre !
« Tu n’est plus seule, je souffre aussi. Nous ne faisons qu’un désormais, comme une message que l’on envoie sur les ondes, nous nous retrouvons au même point. »
Le chant ne cesse pas, au contraire, il s’amplifie et me répond. « Qui es-tu ? Que fais-tu ? Me comprends-tu ? » Que répondre à ça ? Mais je ne perds pas pied, je lui parle. Je lui raconte ma vie, mes angoisses.
« J’ai tout gâché tu sais. Je suis seule, la vie m’angoisse, je n’ai personne, et je erre, je me perds dans les dédales de la vie, dans ce labyrinthe maudit. Je ne trouve pas ma voie, pas ma place, j’ai l’impression qu’elle est là, entre ces quatre murs, enfermée dans mon esprit, sortant très peu pour voir la vie. Dans mon esprit je me suis déjà envoyée valser, je me suis déjà envolée, j’ai vu l’Eden et le tunnel, celui dont on parle. J’ai vu la mort mais elle m’a tournée le dos, j’ai vécu entre ciel et mer mais je n’ai pas pu flotter. J’ai toujours échoué, me suis toujours retrouvée esseulée. Des fois je m’imagine au fond de moi que la nuit mon âme s’illumine, se transcende, transperce mon corps pour le délivrer. Mais ensuite je me rends compte que tout cela n’était qu’un rêve et je suis seule de nouveau, sans personne. Je me promène, je erre, je divague, trop lasse pour ressentir de la haine ou même de la joie. Je me laisse bercer par le chant de mon cœur, un chant qui glace mon corps mais réchauffe mon âme. Je suis heureuse de t’avoir trouvé, je ne veux plus te quitter. »
Je continue à lui parler, il me répond. J’ignore s’il chante ou s’il se contente de parler. Peu importe, sa voix se transformait pour moi en le plus doux des instruments, violon, harpe, piano, elle était tout ça à la fois. Ses paroles poétiques, sa voix symphonique, tout se fondait en une merveilleuse mélodie, comme les couleurs d’une aquarelle. Je l’écoute et il m’apaise. Est-ce un homme, une femme ? Peu m’importe, il a la voix d’un ange. Est-ce mon ange gardien qui se révèle enfin à moi, adoucit mes angoisses pour me redonner goût à la vie ? Tout me semble divin, céleste dans cette voix, ce message, ce chant. Je n’ai pas besoin de parler, il anticipe mes mots alors qu’ils ne sont qu’à l’état de pensées. Mais je les fait sortir de ma bouche malgré tout, parce que ça m’apaise, me fait du bien, il le comprend. Nous communiquons ainsi pendant des heures, laissant nos angoisses voguer sur les ondes.
Soudain, le signale se brouille, je n’entends plus rien. J’éclate en sanglots. Nous nous promettons de communiquer ainsi chaque nuit, nous en avons besoin, cela nous fait du bien. Puis plus rien. Le signal se brouille, que des parasites à nouveau. Mais je ne suis pas triste, je sais que je le reverrais, je sais qu’il reviendra, que de nouveau il me réconfortera, et même s’il ne peut pas me prendre dans ses bras l’éclat de sa voix suffira à me rendre le sourire, à apaiser mes peines, plus besoin de me saigner les veines.
J’aperçois les premiers rayons de soleil filtrer à travers les barreaux. Enfin en éclat de lumière pour illuminer ma prison. Nous avions donc parlé si longtemps ? Que le temps passe vite quand on est bien ! Les coups de minuit étaient bien loin derrière moi. Le son rauque de l’horloge ne résonnait plus en moi, je n’entendais que l’écho de sa voix, son timbre si doux et si onirique que je n’oublierais jamais.
Soudain j’entends un bruit. Il s’agit d’une clef que l’on tourne dans une serrure. La serrure de ma chambre sans soute. Puis une grande dame vêtue de blanc, l’air glacial et antipathique entre et me regarde comme si j’étais une folle.
« Pourquoi avez-vous donc parler seule toute la nuit ? Vous avez réveillé le patient d’à côté.
« Je ne parlais pas seule, mais avec l’homme de la radio. Cette nuit j’ai trouvé mon âme sœur, quelqu'un d’aussi perdu que moi, nous nous sommes aidés mutuellement. Cette nuit à minuit ce sera pareil.
« Bien sûr… »
« Pourquoi ne me croyez-vous pas ? »
« Ma pauvre petite, ce poste de radio est vieux et obsolète. Et il n’a pas d’antenne, personne n’a pas vous parler, vous n’avez rien pu capter. »
Elle ne veut donc pas me croire ? Soit, je n’avais pas besoin de son approbation, j’irais à mon rendez-vous de minuit.
Je lance un regard aux fenêtres si hautes.
« Pourquoi y a-t-il des barreaux aux fenêtres ? Cela est d’un triste ! »
« Vous vous croyez où ma petite ? Ceci est un asile psychiatrique, pas un hôtel quatre étoiles. »
Un asile ? Pourquoi pas ?
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2
6h du matin…Comme tous les matins, mon réveil agresse mes oreilles. Comme tous les jours, je vais devoir passer 2h chez le coiffeur, puis chez l’esthéticienne pour enfin, subir les assauts de fans en furie qui seraient capable de ramasser ton chewing gum et le vendre aux enchers. Comme tous les ans, je vais devoir assister à cette cérémonie pompeuse, et devoir porter une robe dont le prix sera plus élevé que le PIB du Soudan.
Alors que je suis en train de réfléchir sur la tenue que je compte porter ce soir (La Croix ou Versace), un coup de téléphone me tire de ma profonde réflexion. « Hello darling, it’s Brad, How are you doing mia bombissima? » Ah Brad Pitt… un quadragénaire frustré d’avoir été largué par une jeune actrice et officiellement marié à une « jolie »... Le coq d’Hollywood, qui rejette son image de sex symbole, et qui n’immonde quotidiennement de sms langoureux., dans le but d’apparaître un jour, au bras de la bombissima..
Ce dernier voulait simplement me convier à une soirée dans son yacht privé juste après la cérémonie. Après avoir reçu mes 3 awards (sans grande surprise), posé pour une horde de photographes, et écrit des vulgarités en guise d’autographeà ces Japonnais -qui de toute façon ne comprennent pas l’anglais-, je me rendis à cette fameuse soirée.
Arrivée sur place, je compris que j’allais passer un très mauvais moment….Les regards envieux de Beyonce et Shakira , les compliments pathétiques de Tom Cruise au sujet de ma robe et le regard assassin de sa nouvelle femme me firent regretter d’être venue.
J’ai passé ma soirée à rigoler avec Guy Ritchi, le mari d’une certaine Madonna. Un homme sympathique, qui me parlait de la joie d’être père.
Quelle ne fut pas ma surprise de voir, le lendemain, sur les couvertures people une photo de lui et moi avec pour titre « Guy Ritchi quitte Madonna pour la bombissima »!
Non, vraiment, la vie de star est un calvaire. Je compte arrêter ce métier et suivre une formation de charcutière, (car j’adore la Coppa)… Je pense que ce métier ne diffère pas vraiment du mien. Dans les deux, je suis entourée de porc, sauf que dans le second, je peux les couper !
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3 RENDEZ VOUS
J’ avais rendez vous…avec toi. J attendais ce moment de retrouvailles avec impatience comme chaque dimanche ou je venais te voir .J’avais choisi tes fleurs préférées (des roses noires)…Je m’ habillai de façon à affronter le froid …oui l hiver était déjà la et la neige réverbérait sa blanche lumière sur la campagne environnante…Je sortis de chez moi,je descendis le chemin.
Tu m’attendais…Derrière cette barrière était un jardin ou se côtoyaient angelots, chérubins et d étranges monolithes ; c était là notre rendez vous
Je m avançais doucement ,avec un recueillement quasi religieux…Je sentais ton âme en communion avec la mienne dans cet univers d étrange paix …Tu n étais pas loin…
Pas loin… mais si éloignée pourtant…Je cherchais ton ombre , je ressentais ta présence :
tu étais la près de moi …Je m’ approchais de la chapelle ,et déposai le bouquet que tu aurais tant aimé si tu n étais pas….Non,je ne pouvais me résoudre à prononcer le mot,même par la pensée…
Je murmurai une prière, fondis en larmes et restai un moment devant ta dernière demeure.
Puis je repartis pour le monde des vivants…
Ce message a été modifié par La Will_DaRk - Saturday 02 December 2006 à 19:41.