mercredi 13 septembre 2006 à 16:07
Lien iciLe discours inaugural de l'"Atelier culturel Europe-Méditerranée-Golfe" devait être l'occasion pour le président français, Jacques Chirac, de rappeler, mercredi 13 septembre, que le "choc des cultures", formule remise à la mode depuis les attentats du 11-Septembre, n'appartient pas à sa grille de lecture politique.
"Occident contre Islam, laïques contre religieux, Nord contre Sud : toutes les failles de notre monde risquent de s'approfondir", devait dire M. Chirac en introduction. Pour autant, explique-t-on dans l'entourage du président, "les peurs, les incompréhensions" et "les affrontements" sont, selon lui, la conséquence du "choc de l'ignorance, de la bêtise et de l'arrogance".
Des problématiques que l'Atelier Europe-Méditerranée-Golfe s'est donné pour mission de combattre en menant une réflexion culturelle dans le cadre de travaux étalés sur une année. La rencontre de Paris, les 13, 14 et 15 septembre, sera suivie d'une conférence à Séville, en février 2007, puis d'une autre, à Alexandrie, en juin. Centré plus particulièrement sur le dialogue "Occident -Islam", cet atelier ne prétend pas lancer un nouveau processus diplomatique. Mais il offre à M. Chirac l'occasion de réaffirmer sa volonté de s'engager activement dans le processus de paix au Proche-Orient.
Au coeur de ses préoccupations, le conflit israélo-palestinien. Celui-ci, devait expliquer le président, est "au coeur du sentiment de frustration si profondément ressenti par le monde arabe et musulman. La paix entre Israéliens et Palestiniens, ce sont deux Etats vivant côte à côte dans des frontières viables, reconnues et internationalement garanties."
M. Chirac devait également rappeler sa conviction selon laquelle "on ne résoudra rien par la force. On n'apaisera rien non plus par la caricature et l'exclusion. La diabolisation de l'Occident d'un côté, de l'autre la suspicion envers l'islam, présenté comme réfractaire à la modernité, autant de dangereux stéréotypes qui doivent être combattus par un effort mené en commun." Il devait en outre affirmer qu'"aucun peuple n'a l'apanage de l'universel, mais n'oublions pas que, par-delà nos différences, s'exprime notre destinée commune".
Les pays du Golfe ont été, malgré leur position géographique excentrée, invités à participer aux débats. "Il est apparu inconcevable d'ignorer cette région qui regroupe les principales chaînes de télévision arabes, mais aussi le lieu de la révélation coranique et le lieu de source de la langue arabe", explique-t-on de source proche de l'Elysée.
Aux travaux initialement prévus, notamment une étude d'historiens sur l'enseignement d'histoire dans les manuels scolaires, le président devait en suggérer trois autres : une coopération dans le domaine de la codification et de la réforme du droit, un Erasmus méditerranéen pour rapprocher les jeunes et qui pourrait s'inspirer de la figure d'Averroès, et "une charte du dialogue des cultures qui fixe les règles du vivre-ensemble dans la mondialisation."