L'art Est-il Mort ?

mercredi 19 mars 2008 à 21:38
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Parfois, je me pose la question.
Surtout après avoir matté un doc très bien réalisé sur Michel-Ange. mais ce n'est qu'un exemple.

Certes, nous avons aujourd'hui de grand artistes, mais qui peut dire lesquels seront sanctifiés comme les grand peintre de la Renaissance dans quelques siècles?
Qui, à notre époque, a le talent necessaire pour devenir ce qu'on peut appeller sans prétention un génie?

La société dans laquelle nous évoluons nous innonde d'art au rabais, préfabriqué, insipide, et pourtant, des talents existent mais ne sont jamais reconns à leur juste valeur. Ceux là, malgré leur génie latent, resteront dans l'ombre.

Je pense qu'il existe un principe de la "valeur ajoutée", qui n'a plus court aujourd'hui: bâtir une cathédrale avec des instruments rudimentaires, peindre une fresque dans des conditions difficiles, innover et oser dans une époque où la religions exercçait un grand pouvoir moralisateur, n'est-ce pas la ce qui donne toute la valeur à une oeuvre d'art?

Quel artiste aujourd'hui aurait la motivation de se lancer dans une oeuvre de longue haleine, créer avec son sang et sa sueur, au péril de sa vie (sociale notamment?)

Maintenant, un artiste recommence à loisir son oeuvre s'il n'en est pas satisfait. Il peut la copier, la distribuer, créer à volonté.

Comme le disait Desproges à l'attention de Roger Coggio, il n'y a aucune raison logique qu'il y ai moins de talent créateur au XX° siècle qu'au XVII°.
Et pourtant...

Il y a effectivement le même potentiel chez les artistes contemporain, mais sans doute manque-t-il un catalyseur qui a porté aux nues les grand artistes d'antan.

Ce catalyseur, c'était la religion. Constatez le par vous même: l'écrasante majorité des grandes oeuvres d'art on été inspirées par la religion, sinon la spiritualité de manière générale. Les cathédrales, la chapelle Sixtine, les grandes symphonies... et ce ne sont là que des exemples occidentaux!
Les pyramides, les temples grandioses en tout genre à travers le monde...

Alors je pose la question: le déclin de l'art est-il une conséquence de celui de la religion?
Ou alors, la surmédiatisation, la consommation facile et outrancière, l'accès à l'art au plus grand nombre et l'idée répandue que la n'est plus réservée à une caste élitiste dans une époque où la spontanéité prévaut plus sur la technique et la connaissance

Mon post de départ est volontairement tourné vers l'interrogatif dans le but de susciter un début de réflexion de la part des lecteurs. Enfin... des lecteurs... des gens susceptibles de passer sur le forum quoi mrgreen.gif



jeudi 20 mars 2008 à 11:40
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Je te propose de lire Hegel, Baudelaire, Quignard, kant et j'en passe pour te forger ta propre opinion sur la théorie esthétique. T'es pas le premier à te poser la question et d'autres y ont répondu avant nous.
jeudi 20 mars 2008 à 13:57
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Ce que je voulais dire en parlant du génie des oeuvres d'inspiration religieuse, c'est que ce sont des oeuvres qui sont là, posées, et qui ont un fort pouvoir fédérateur: il faut être d'une mauvaise foi exemplaire pour nier leur beauté, ou du moins leur réalisation (la fameuse "valeur ajoutée").

L'art est le domaine de tous, que tout le monde a droit de créer.
Ton monsieur anonyme (et qui mérite de la rester) exprime l'exact opposé de mes idées concernant l'accès à l'art et à la culture en générale: les musées devraient être gratuits.
Mais ce n'est pas trop le sujet.

L'Art, est, je l'espère, pas en déclin; mais force est de reconnaitre que le snobisme ambiant nous pousse à aimer des oeuvres qu'on comprend à peine, juste parce que c'est dans l'air du temps, tandis qu'à l'époque de De Vinci ou de Raphael, l'oeuvre se suffisait à elle même, sans que l'auteur n'épprouve le besoin de se justifier.
C'était beau, point barre, et tout le monde est d'accord. Et le décryptage de la symbolique cachée dans chaque oeuvre (très fréquent à l'époque) n'empêchait en rien d'apprécier ce que nous montrait l'artiste.

Avant, un artiste était une personne qui avait les idées et le talent de les concrétiser. Il semblerait qu'à présent, avoir une idée suffit à en être un.
Et pourtant, depuis qu'on a plus besoin d'avoir du talent pour être artiste, ces derniers se sentent obligés d'expliquer leur oeuvre, comme une justification.
Je suis partisan que dans la majorité des cas, l'oeuvre doit se suffire à elle-même.

L'art ne touche plus le public comme avant. Il a besoin d'explication, alors que ça devrait être le média entre l'idée de l'artiste et la sensibilité du public. L'art exprime des émotions que les mots ne suffisent pas à retranscrire.

Une oeuvre qui ne se suffit pas à elle-même est, à mes yeux, une sorte d'échec.

Et je ne pense pas que Baudelaire et compagnie ai abordé ce poblème d'actualité, du moins pas à ma connaissance (bah oui on fait se qu'on peut rolleyes.gif )

jeudi 20 mars 2008 à 20:47
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a mon humble avis, je crois que l'art n'est ni en déclin ni en forme..il est, tout simplement.
mais quand tu dis que la baisse du sentiment religieux à induit une sorte de déclin de la fibre artistique de l'homme contemporain ...là je crois que tu fais fausse route (c pour ne pas être méchant..). au contraire l'art n'a jamais fait bon ménage avec la religion...
je pense que tu n'aime pas trop ce qui se fait actuellement dans l'art, t'es plutot branché Renaissance l'age classique et tout ce qui s'en suit comme vieilleries... mf_tongue.gif c'est pour ca que tu crois que l'art va mourir...
mais si tu y réfléchies bien...les artistes reconnus de leur vivant sont très rares...ce n'est que mort, que l'histoire se met à les reconnaitre... comme Rimbaud et Lautréamont remis au jour par les surréalistes des décénies après leur mort...donc les artistes de nos jours, tu ne les trouveras que dans les manuels d'art de 2050...
quant à ta conception de l'oeuvre d'art...je la partage complétement...

jeudi 20 mars 2008 à 21:10
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Merci pour ces réponses mais maintenant une autre question vient me titiller

je pense qu'il y'a un autre phénomène à prendre en compte quand au "déclin" de l'art. (bien que le terme déclin soit un peu fort, peut être vaudrait il mieux employer changement ou un terme du genre?)
C'est l'apparition de la photographie.
En effet si l'on se penche sur les chefs d'ouvres de la peinture classique on constate pour simplifier que ce sont soit des scènes bibliques, soit des portaits de monarques.
Chose qui peut s'explier assez logiquement.
Pour ce qui est des peintures religieuse, n'importe qui étant aller à la messe au moins une fois dans sa vie l'aura compris.
On s'y ennuie, alors qu'est ce qu'on fait pendant les blalbabla?
On regarde à droite, à gauche, on détaille l'architecture, les peintures...
C'est donc un autre moyen de faire passer les écrits de la bible.
Sorte de bande dessinée géante avant l'heure.
On utilisait la sugestion, et l'on vient toucher les spectateurs dans leur inconscient.
D'autant plus que les gens érudits étaient peu nombreux, alors le message passaient beaucoup plus facilement au travers des tableaux.
Pas besoin de comprendre l'oeuvre dans les moindres détails, les grandes lignes touchaient directement les gens.
Quand à ce qui est de la peinture royale.
Je pense que l'on peut l'expliquer de façon assez similaire.
Les rois avaient besoin que l'on connaisse leur image.
Il fallait à la fois séduir le peuple et impréssionner l'ennemie.
Donc pour cela rien de plus pratique que les tableaux.

Que ce soit pour l'un comme pour l'autre, ces peintures ce devaient d'être le plus réaliste et ressemblante possible.
De façon à être comprises au premier coup d'oeil.
Et d'un coté je pense que ce climat crée par le mélange de recherche de la perfection, et d'apprehension, de responsabilité, ainsi que de comptétion (car c'était ça aussi, ce serait à qui serait le meilleur peintre, qui aurait les faveurs du pape, du roi, ou du conseiller un tel)... était aussi propice à une telle qualitée de peinture.
Imaginez le jeune disciple apprenant au coté d'un grand maitre, se voyant confier la réalisation d'une oeuvre majeur, devant orner une cathédrale.
Il est sur que le jeune peintre d'une part motivé par l'envie de prouver à son maitre qu'il peu le surpasser, d'autre par un peu angoissé par la taille et la responsabilité du chantier? La peur de décevoir le pape... allait à coup sur faire le maximum pour que son oeuvre soit un chef d'ouvre.

Mais avec l'apparition de la photographie, la peinture à un peu perdu de sa valeur "argumentative".
La peinture est de moins en moins le média des idéologies religieuses ou politique.
On préfère photographier, "les ruines du tombeau de Jésus" plutôt que de peindre la cruxifiction (attention quand je dis tombeau de jésus c'est une expressions hein rolleyes.gif )
Et résultat les gens qui peingent à l'heure actuelle, le font avant tout pour eux.
C'est leur recherche personnelle, leur reflexion...
jeudi 20 mars 2008 à 21:26
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Sans nom
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La peinture est de moins en moins le média des idéologies religieuses ou politique.
On préfère photographier,
Sans nom
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en te lisant je crois comprendre que selon toi la photographie a tué la peinture et l'art avec... huh.gif comme la télé a tué la radio..la radio a assassiné la presse écrite..la presse écrite a suicidé le pigeon voyageur...
la photo c aussi de l'art mon amie...
et les peintres ont encore de beaux jours devant eux car ils peuvent peindre des chose que le photographe ne voit vera jamais...
jeudi 20 mars 2008 à 21:40
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Personnellement , je n'ai jamais pensé que l'art résidait uniquement dans la peinture, bien au contraire.
Et je pense également que la photogrphie est au même titre que la scupture, ou autre un média de l'art.

De plus je ne voulais pas dire pas dit que la photographie était le vecteur du déclin de l'art. je me suis un peu embrouillé les pinceaux désolé mrgreen.gif

Je pense simplement qu'au niveau de la peinture, l'apparation de la photographie à eu un grand impacte sur l'évolution de la peinture.

Car comme je disais dans mon post précédent, je pense que le terme Déclin est un peu fort, il qu'il vaut mieux parler de changement ou d'évolution!
jeudi 20 mars 2008 à 22:13
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Crimson_Idol
mercredi 19 mars 2008 à 21:38
Ce que je voulais dire en parlant du génie des oeuvres d'inspiration religieuse, c'est que ce sont des oeuvres qui sont là, posées, et qui ont un fort pouvoir fédérateur: il faut être d'une mauvaise foi exemplaire pour nier leur beauté, ou du moins leur réalisation (la fameuse "valeur ajoutée").

L'art est le domaine de tous, que tout le monde a droit de créer.
Ton monsieur anonyme (et qui mérite de la rester) exprime l'exact opposé de mes idées concernant l'accès à l'art et à la culture en générale: les musées devraient être gratuits.
Mais ce n'est pas trop le sujet.

L'Art, est, je l'espère, pas en déclin; mais force est de reconnaitre que le snobisme ambiant nous pousse à aimer des oeuvres qu'on comprend à peine, juste parce que c'est dans l'air du temps, tandis qu'à l'époque de De Vinci ou de Raphael, l'oeuvre se suffisait à elle même, sans que l'auteur n'épprouve le besoin de se justifier.
C'était beau, point barre, et tout le monde est d'accord. Et le décryptage de la symbolique cachée dans chaque oeuvre (très fréquent à l'époque) n'empêchait en rien d'apprécier ce que nous montrait l'artiste.

Avant, un artiste était une personne qui avait les idées et le talent de les concrétiser. Il semblerait qu'à présent, avoir une idée suffit à en être un.
Et pourtant, depuis qu'on a plus besoin d'avoir du talent pour être artiste, ces derniers se sentent obligés d'expliquer leur oeuvre, comme une justification.
Je suis partisan que dans la majorité des cas, l'oeuvre doit se suffire à elle-même.

L'art ne touche plus le public comme avant. Il a besoin d'explication, alors que ça devrait être le média entre l'idée de l'artiste et la sensibilité du public. L'art exprime des émotions que les mots ne suffisent pas à retranscrire.

Une oeuvre qui ne se suffit pas à elle-même est, à mes yeux, une sorte d'échec.

Et je ne pense pas que Baudelaire et compagnie ai abordé ce poblème d'actualité, du moins pas à ma connaissance (bah oui on fait se qu'on peut rolleyes.gif )




J'ai pas spécialement envie de rentrer dans le debat surtout ce soir mais je vais quand meme te preciser que, oui, baudelaire etait completement contre la "nostalgie" concernant l'art.
vendredi 21 mars 2008 à 01:22
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Sans nom
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Je pense simplement qu'au niveau de la peinture, l'apparation de la photographie à eu un grand impacte sur l'évolution de la peinture.




si on considère que la photographie est la pure représentation d'UNE réalité (et c'est très discutable) je crois que la peinture n'a pas beaucoup de maivais sang a se faire...

Mais pour rentrer dans ta vision je dirais qu'il ya pire pour la photo et encore plus pour la peinture... il y a l'infographie... mellow.gif


mardi 08 avril 2008 à 03:52
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Crimson Idol, tu as raison, l'art ne réside pas uniquement dans la peinture. Tu peux utiliser des tas de techniques, matériaux etc... Et puis quand il n'y a plus rien à inventer dans l'art, on prend des êtres vivants qu'on met en plein centre d'une galerie et on les laisse mourir de faim de soif devant un public averti. Si tu n'es pas convaincu, va voir là, de quoi est capable l'être humain, au nom de l'art. mf_dribble.gif
samedi 12 avril 2008 à 17:32
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Deja Hegel , au XIXeme siècle, pensait que l'art était en train de mourrir. Déjà à la periode baroque (et d'ailleurs encore bien avant ), des compositeurs écrivaient des musiques préfabriquées, sans ingéniosité qui se vendaient facilement parce que tout le monde adorait aller les voir pour se divertir , même si elles se rapprochaient plus du cirque (les castras par exemple) que de l'art. Je suis certaine que d'autres à ce moment se demandaient aussi si l'art existait encore, d'autres qui se disaient qu' "avant , on faisait vraiment de l'art, aujourd'hui , ça ne vaut plus rien" .

Mais je crois que justement , l'art progresse avec cette nostalgie du passé et qu'il se distinguera avec le temps de toutes les merdes jetables que la télé veut nous faire ingurgiter pour vendre. Parce que nos descendants auront l'instinct , le pouvoir ou le don de reconnaitre la vraie recherche , le vrai génie que nous même ,brouillés et confus par la masse de production dite "artistique" et par le manque de recul, n'avons pas pu distinguer.

Pourtant vois tu ,en écoutant la musique comtemporaine, en regardant régulièrement des expositions , je n'ai absolument pas le sentiment que l'art et mort. D'un certain coté, on peut dire qu' Il change ,mais le jour ou il cessera de se transformer, je pense que ce sera à ce moment qu'on pourra affirmer qu'il est en déclin (mais ce jour pourra-t-il arriver? j'en doute énormement) .

Peut être faudra t il se détacher de tous ces spectacles machines à fric (un piège) et s'interesser aux génies authentiques (et surement qu'ils ne font pas la une de Public), pour ressentir que l'art ne s'est jamais montré si vivant ...


Ce message a été modifié par Castagnette - samedi 12 avril 2008 à 17:33.

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