Friday 25 April 2008 à 14:15
Saturday 19 April 2008 à 22:44 - A une échelle réduite, une société anarchique peut sûrement très bien fonctionner ( il y a des quartiers anarchistes en Europe du Nord il me semble

) mais à une échelle plus grande, mondiale ? Peut être en organisant la population en petits groupes justement... Mais dans ce cas comment structurer les échanges entre les différentes communautés ? D'ailleurs devrait-il en avoir ?
- Mais surtout le véritable problème est celui de la raison humaine: un être humain bien éduqué agit-il nécessairement bien? i.e. pour ses intérêts bien-compris qui sont aussi les intérêts de tous ? Par définition oui... Mais comment être sur de réussir à forger un tel sens éthique en chacun d'entre nous ? On ne sait jamais comment un enfant réagira à l'éducation qui lui a été donnée. Et puis se pose le problème de l'ambivalence humaine... Avoir une telle confiance en l'être humain n'est-ce pas méconnaître qu'il est autant capable d'amour que de haine ? (Freud: Pulsion de vie/ pulsion de mort. Edgar Morin "homo sapiens demens" ( sage/fou) etc,etc.....)
- Enfin j'aimerais répondre à Anar8383: Je suis d'accord sur la valeur qu'il y a à se prendre en main, et à ne pas se maintenir dans la dépendance. Mais affirmer que l'on ne s'élève par soi-même, je trouve que c'est méconnaître le rôle de nos déterminations, parentales, culturelles, etc... C'est ce qu'on vit qui nous forge, dans notre sens éthique notre sensibilité etc...
Bon pour finir (je me limite sinon jvais écrire un roman...). Ce qui est assez "drôle" c'est le parallèle que l'on peut faire entre l'anarchisme et l'ultra-libéralisme actuel. Rejet d'un Etat et valorisation de l'initiative individuelle privée. D'ailleurs on retrouve un peu ça quand tu dis blablabla les faibles ils ont qu'à se prendre en mains eux-mêmes (sous-entendu c'est leur faute) , c'est ce que beaucoup de gens pensent des chômeurs actuellement...
Il existe deux courants "anarchistes" contradictoires. L'anarcho-capitalisme et l'anarchisme, le "vrai". L'un prône comme slogan "Choisi ton maître", l'autre prône "Ni Dieu, ni maître". Le premier n'est qu'ultra-libéralisme, le second suppose justement des conventions pour structurer des échanges solidaires entre différentes communautés, souvent appellées "fédérations", pensées pour éviter toute formes de compétitions. Je ne parlerai que de cet anarchisme là.
Dire que l'anarchisme fait une confiance absolue en la raison humaine n'est pas faux du tout, mais je trouve que ce n'est pas le bon biais pour bien saisir cette idéologie. En fait, l'anarchie met en avant la richesse subjective de chacun, comme le fond les écolos avec la bio-diversité, sans pour autant considérer le facisme comme quelque chose de légitime, puisqu'incompatible avec l'idée d'anarchie. Profondement anti-républicain, l'anarchiste est avant tout, contre toute forme d'intermédiaire, proféssionnalisme intellectuel, visant à prendre des decisions politique à la place de "la base" (ou "des bases"...). (C'est aussi pour ça que l'idée d'une raison toute puissante pose problème : l'anarchiste se situant à l'extrème opposé de la philosophie platonicienne, tant par sa volonté de liberté que par son hédonisme).
Ceci dit, l'anarchisme possède une capacité à "complémentariser" des solutions de vie en société plutôt qu'à les opposer. Par exemple, dans un système anarchiste, il n'est pas impossible de voir cohabité des fédération fonctionnant par une économie marxiste, et d'autres par une
économie distributive. L'une permettant de diversifier la production en valorisant l'effort de travail au cour du temps ( "quantum de travail" et non simplement "le temps de travail", comme l'a fait croire le régime soviétique), et l'autre permettant de jouir d'une situation d'abondance. [Attention : Lorsque je parle d'économie marxiste, je ne parle pas de révolution marxiste, ni de l'expérience soviétique, mais d'une économie qui reconnait au travailleur la posséssion de sa plus-value, en faisant de celui-ci le seul être légitime à sacrifier ou non cette dernière à la production...]
Plus fort encore, être anarchiste ne signifie pas être pour ou contre l'expropriation, mais c'est estimer que c'est à la démocratie directe de déterminer ce qu'il est légitime, dans un contexte donné de posséder indiduellement ou collectivement.
Enfin, l'anarchiste se passe sans problème de l'idée d'une société qui impose le choix entre individualisme et collectivisme. L'anarchisme consiste à être rousseauiste : capable d'établir des conventions légitimes déterminées par des contrats sociaux.
Pour finir, une façon possible d'envisager une société anarchiste :