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Wednesday 16 April 2008 à 20:38
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delatune
Wednesday 16 April 2008 à 20:24
on fabrique un objet en tenant compte du cahier des charges pour qu'il soit conforme et pour protèger l'inventeur de l'objet. pas pour juger, pour qu'il soit conforme....

si on enlève la symétrie du visage on dénature la nature...donc moins esthétique...




Heu... L'exemple du cahier des charge c'était juste pour imager les choses.

Pour ce qui est de la symétrie du visage, tu sembles prétendre que l'esthétique est une notion naturelle. Ca me laisse perplexe.

Wednesday 16 April 2008 à 20:47
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delatune
Wednesday 16 April 2008 à 20:27
oui la perfection c'est une invention humaine, y répondre c'est s'allièner à cette demande...donc on s'y perd, et par la même, on perd son IDENTITE.C.Q.F.D




Bon, tu refuses de prendre le mot perfection comme devant se référé à un système de valeur préalable. C'est ton droit. Et c'est effectivement ce que d'un point de vue logique ça entraine l'aliénation. Mais c'est par pure volonté de rabaisser ce que je raconte, afin de maintenir le fait que d'après toi je me contre-dit. On va vers un dialogue sans interêt. J'arrête.
Thursday 17 April 2008 à 09:23
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flavarchy
Wednesday 16 April 2008 à 20:38
Heu... L'exemple du cahier des charge c'était juste pour imager les choses.

Pour ce qui est de la symétrie du visage, tu sembles prétendre que l'esthétique est une notion naturelle. Ca me laisse perplexe.




dans une entreprise, s'il n'y avait pas de cahier des charges, ce serait l'anarchie...donc on parle de conformité.

ne dis pas ce que je n'ai pas dis : je dis que la nature n'admet pas la symétrie comme "canon de la beauté" (pour prendre une image)..... mais l'asymétrie comme étant esthétique.

pour conclure l'anarchie c'est ne pas accepter les règles établies au risque de se retrouver dans un chaos ou l'on n'y se retrouve plus....tu en es la preuve...mais tu t'y retrouveras...et tout rentrera dans l'ordre...................établie.
Thursday 17 April 2008 à 09:37
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flavarchy
Wednesday 16 April 2008 à 20:38
Bon, tu refuses de prendre le mot perfection comme devant se référé à un système de valeur préalable. C'est ton droit. Et c'est effectivement ce que d'un point de vue logique ça entraine l'aliénation. par pure volonté de rabaisser cMais c'est e que je raconte, afin de maintenir le fait que d'après toi je me contre-dit. On va vers un dialogue sans interêt. J'arrête.





je ne comprennais pas au début ce qu'était le contenu réel de ton utopie. a présent j'ai compris que c'était la perfection. donc j'ai voulu te démontrer qu'atteindre la perfection est utopique.

si j'ai bien compris il faut être d'accord avec toi, au risque d'être jugé "rabat joie" ou redresseur de tord ??? donc ne reproche pas aux autres ce que tu fais toi même.....juger

ps : j'ai bien lu que tu arrêtais, mais répondre c'est le choix que j'ai fait.


Ce message a été modifié par delatune - Thursday 17 April 2008 à 09:45.
Thursday 17 April 2008 à 19:07
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Mais non, ok, je pensais que tu avais compris, et que tu contourné volontairement ce que je disais. Désolé, je voulais pas paraître aussi exclusif. Non, mon utopie n'est pas la perfection. C'est absolument pas ce que j'ai dit. Ce que j'ai dis, c'est que les gens ont tendance à penser utopie=irréaliste, car ils confondent perfection et purisme. Perfection se réfère toujours à un système de valeur, ce que ne mesure pas la plus part des gens. Autrement dit, dire de quelque qu'il est parfait, n'a de sens que si l'on précise, par rapport à quelles critères. C'est tout. L'utilisation de ce mot déconnecté d'un système de valeur est non seulement maladroite, mais exprime un culte envers une espèce de pureté illusoire. Ca n'a rien à voir avec ma conception de la politique. C'étais juste pour tenter d'expliquer pourquoi les gens disent d'une utopie qu'elle est irréalisable par définition. Ca n'a pour moi pas de sens. C'est surtout du mot utopie dont je parle.
Thursday 17 April 2008 à 19:19
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delatune
Thursday 17 April 2008 à 09:23
dans une entreprise, s'il n'y avait pas de cahier des charges, ce serait l'anarchie...donc on parle de conformité.

ne dis pas ce que je n'ai pas dis : je dis que la nature n'admet pas la symétrie comme "canon de la beauté" (pour prendre une image)..... mais l'asymétrie comme étant esthétique.

pour conclure l'anarchie c'est ne pas accepter les règles établies au risque de se retrouver dans un chaos ou l'on n'y se retrouve plus....tu en es la preuve...mais tu t'y retrouveras...et tout rentrera dans l'ordre...................établie.




Pour toi, anarchie=refus perpetuel sans fin particulière
Pour moi anarchie=organisation horizontale, société sans chef. Chacun son truc. Mais ne me traite pas de conformiste. Et gardes toi aussi de me dire des trucs comme : C'est bien le petit, il se cherche, ou il va rentré dans l'ordre établi celui là. Tu ne me connais pas, et ne comprends pas la moitié de ce que je dis. Je ne te comprends sans doute pas non plus, mais je ne me permet pas de te juger comme ça. Après tu as le choix, entre avoir une attitude gérontocrate ou pas. Le fait que je sois jeune, en construction... sont tant de choses qui n'ont pas à intervenir ici.
Thursday 17 April 2008 à 20:33
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Sans nom
-
--
ne dis pas ce que je n'ai pas dis : je dis que la nature n'admet pas la symétrie comme "canon de la beauté" (pour prendre une image)..... mais l'asymétrie comme étant esthétique.




La nature n'admet rien d'esthetique. L'esthetique est, tout comme la perfection, ou l'utopie, une invention humaine.

En ce qui concerne le refus des règles établi, ce n'est pas propre à l'anarchie, c'est propre à la révolution. Et l'anarchie, bien qu'elle soit révolutionnaire ne signifie pas désordre. L'anarchie a beau être contre l'ordre établi, elle n'est pas contre l'existance d'un ordre. En tant que système politique, ce n'est pas ça définition.
Thursday 17 April 2008 à 20:37
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Sans nom
-
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je ne comprennais pas au début ce qu'était le contenu réel de ton utopie. a présent j'ai compris que c'était la perfection. donc j'ai voulu te démontrer qu'atteindre la perfection est utopique.


lol, tu fais toi aussi l'amalgame entre le mot impossible et utopique. Ca veux rien dire ce que tu dis : Tu cherchais le contenu de mon utopie (présupposé de ta part, utopie=impossible). Ensuite tu dis, mon utopie, c'est la perfection (dans une certaine mesure, c'est le principe d'une utopie, même si je ne suis pas perfectionniste). Enfin, tu en déduis quoi? Que mon utopie est utopique? Et alors?...
Thursday 17 April 2008 à 21:14
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flavarchy
Wednesday 16 April 2008 à 20:38
Pour toi, anarchie=refus perpetuel sans fin particulière
Pour moi anarchie=organisation horizontale, société sans chef. Chacun son truc. Mais ne me traite pas de conformiste. Et gardes toi aussi de me dire des trucs comme : C'est bien le petit, il se cherche, ou il va rentré dans l'ordre établi celui là. Tu ne me connais pas, et ne comprends pas la moitié de ce que je dis. Je ne te comprends sans doute pas non plus, mais je ne me permet pas de te juger comme ça. Après tu as le choix, entre avoir une attitude gérontocrate ou pas. Le fait que je sois jeune, en construction... sont tant de choses qui n'ont pas à intervenir ici.




je ne t'ai pas traité de conformiste, j'ai dis que qu'un cahier des charges répondait à une conformité. j'ai bien compris que tu étais davantage anticonformiste, et si je me suis permise de te dire que tout va rentrer dans l'ordre, c'est parce que j'étais anticonformiste moi même, et que j'ai appris à me conforter dans l'ordre établie. car l'age aidant, tu muris. ça s'appelle d'experience de la vie. je voulais te comprendre car je me revoyais étant plus jeune, et constate qu'il vaut mieux laisser les jeunes avec leurs intérrogations.
Thursday 17 April 2008 à 21:27
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flavarchy
Wednesday 16 April 2008 à 20:38
lol, tu fais toi aussi l'amalgame entre le mot impossible et utopique. Ca veux rien dire ce que tu dis : Tu cherchais le contenu de mon utopie (présupposé de ta part, utopie=impossible). Ensuite tu dis, mon utopie, c'est la perfection (dans une certaine mesure, c'est le principe d'une utopie, même si je ne suis pas perfectionniste). Enfin, tu en déduis quoi? Que mon utopie est utopique? Et alors?...





j'en déduis que tu dis que ton utopie est réalisable, que c'est la perfection, et que part conséquent la perfection et accessible. et bien acquière là !
Thursday 17 April 2008 à 21:41
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flavarchy
Wednesday 16 April 2008 à 20:38
La nature n'admet rien d'esthetique. L'esthetique est, tout comme la perfection, ou l'utopie, une invention humaine.

En ce qui concerne le refus des règles établi, ce n'est pas propre à l'anarchie, c'est propre à la révolution. Et l'anarchie, bien qu'elle soit révolutionnaire ne signifie pas désordre. L'anarchie a beau être contre l'ordre établi, elle n'est pas contre l'existance d'un ordre. En tant que système politique, ce n'est pas ça définition.




la nature admet QUE l'esthétique. la nature c'est l'harmonie.

pour moi l'anarchie c'est le refus des régles établies. elle signifit désordre.

en faite tu attribues des définitions aux mots selon tes états d'âmes. sans vouloir te blesser. mais je ne peux faire autrement que te donner mon ressenti. tu parles politique et esthétique, alors qu'il est préférable de généraliser dans ce cas précis.

bon là j'arrête car tout compte fait, à présent que j'ai dépassé ce cap, je m'aperçois que ça me prend la tête alors que je m'en fou......j'espère que tu ne m'en veux pas d'avoir exprimer mes idées qui ne sont pas en accord avec les tiennes. wink.gif


Ce message a été modifié par delatune - Thursday 17 April 2008 à 21:43.
Thursday 17 April 2008 à 21:54
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delatune
Thursday 17 April 2008 à 09:23
j'en déduis que tu dis que ton utopie est réalisable, que c'est la perfection, et que part conséquent la perfection et accessible. et bien acquière là !




Non, justement, je ne surtout pas ça. Je critique l'usage courant du mot perfection. Je dis que le mot perfection tout seul ne veut rien dire, et qu'il sous-entend un point de vu. Que c'est une notion subjective, ou plutôt qu'elle dépend des valeur défendu et des exigences de celui qui emploie le mot, au moment ou il l'emploie. Si je critique cet usage maladroit du mot utopie, ça n'est pas pour dire, regardez! mon utopie elle est parfaite! C'est pour dire que l'utopie étant un idéal, elle n'en est pas pour autant irréalisable. Tout dépend de ce que l'on appel idéal, car idéal est aussi une notion subjective. Si les attentes qui se cachent derrière ce mot "idéal", qui, comme perfection, en soit ne veut pas dire grand chose, sont de l'ordre de l'impossible, alors l'idéal en question est irréalisable. Et inversement, si ces attentes sont de l'ordre du possible, l'idéal est réalisable.

Pour résumer : l'expression : "une utopie est par définition irréalisable", est aussi dénuée de sens que l'expression "je recherche la perfection". Ce sont des mots que j'évite d'employer car ils contournent tout réel questionnement idéologique (la preuve : notre discussion actuelle, mrgreen.gif ...).

Par contre, et ça, ça n'a rien à voir avec le parfait ou l'utopie, j'affirme que les rapports dominants/dominés, chef/esclaves, ne sont pas fatal, pas obligatoires, peuvent être évités.
Thursday 17 April 2008 à 22:06
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delatune
Thursday 17 April 2008 à 09:23
la nature admet QUE l'esthétique. la nature c'est l'harmonie.

pour moi l'anarchie c'est le refus des régles établies. elle signifit désordre.

en faite tu attribues des définitions aux mots selon tes états d'âmes. sans vouloir te blesser. mais je ne peux faire autrement que te donner mon ressenti. tu parles politique et esthétique, alors qu'il est préférable de généraliser dans ce cas précis.

bon là j'arrête car tout compte fait, à présent que j'ai dépassé ce cap, je m'aperçois que ça me prend la tête alors que je m'en fou......j'espère que tu ne m'en veux pas d'avoir exprimer mes idées qui ne sont pas en accord avec les tiennes. wink.gif




Pas de problème wink.gif

Tout les mouvements révolutionnaires se définissent comme un refus des règles établies. Donc en quoi l'anarchie se différencierait-elle dans ce cas? L'anarchie en tant que système politique et en tant que situation, qu'état, ne signifient pas la même chose. L'un est synonyme d'absence de hierarchie, ce qui exige souvent beucoups plus d'organisation qu'on ne le soupsonne, l'autre est synonyme en effet de désordre.


Tu dis qu'il est préférable de généraliser entre esthetique et politique???
Friday 18 April 2008 à 05:32
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sandie72
Friday 23 June 2006 à 13:49
meme si on laisse un groupe sans leader il y aura forcement la loi de la survie ou les plus forts s imposeront...
et ca serait pire car cette loi serait celle de la violence
rien ne viendrait plus la temperer et proteger les plus faibles...

l anarchie peut etre belle dans l ideal car associee a la liberte
mais on s apercoit que dans le concret cette association est fallacieuse et qu il n y aurait alors plus rien pour preserver la liberte elle meme





Au lieu de protéger les faibles et donc de les enfoncer encore plus, ce qui est un mépris total à leur égar, ils feraient mieux d'arrêter de se lamenter sur leur sort, de se sortir les doigts du cul et de se prendre en mains eux mêmes. Il n'y a que par soi-même que l'on s'élève, si on ne fait qu'attendre des autres, on s'abaisse. Ni dieu, ni maître. Vive l'anarchie.
PS: je trouve que faire un vote sur pour ou contre l'anarchie montre pour commencer un parti pris pour le sujet.
Et une chose qui serait vraiment intéressante pour qu'il y ait une vraie discussion, serait de sortir de cette vision insipide, vulgaire et commune et qui ne montre que l'ignorance anarchie=violence=bordel. L'anarchie demande au contraire une bonne connaissance (dans la limite de ce que peut apprendre un individu évidemment) du monde, des hommes et une bonne connaissance de la langue parlée, sinon, on fait partie des faibles, et l'anarchie cherche à élever les individus. Et être anarchiste n'empêche pas d'être altruiste, ce n'est pas incompatible!
Friday 18 April 2008 à 05:41
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Aux gardiens du temple anarchiste

Michel ONFRAY

[. . . ] Encore une lettre d’anarchiste au courrier. Tonitruante, elle commence avec un magistral camarade

et se poursuit comme nombre de ses semblables par l’habituel exercice d’immodestie de son

auteur qui place sa missive sous le signe d’un bien qu’il m’apporte, d’un éclairage proposé gratuitement,

afin de m’affranchir et me rendre moins sot, de m’offrir une chance d’avoir enfin une

conversation avec une personne de qualité. La suite coïncide en tous points avec le contenu de

celles qui depuis longtemps rejoignent ma poubelle qui déborde en permanence : on distribue des

bons et des mauvais points, plutôt des mauvais d’ailleurs ; on pointe des manques regrettables, on

souligne des absences monumentales-comment peut-on avoir le front de ne pas citer le tract paru

en 1972 à la Fédération anarchiste du Cantal ? un événement dans le département cette année-là

! -, on dénonce un grave défaut de culture, de cette culture dont disposent les seuls abonnés aux

bulletins ronéotés ; on utilise la morale comme jamais pour agir en mixte d’instituteur habitué du

crayon rouge et de prêtre représentant la Parole autorisée sur terre ; enfin, on donne des leçons.

Étrange comme "Politique du rebelle", qui développe une théorie de l’action libertaire dans le

moindre détail de la vie quotidienne, a été fustigé, entre autres, aussi bien par un journaliste imbécile

et sentencieux appointé dans un quotidien du soir que par les gardiens du temple anarchiste,

pour ne pas fournir de perspectives concrètes alors que ce livre incite chacun à inventer

les formes de l’anarchie dont je propose une formule générale : refuser de suivre tout autant que

guider, s’interdire l’obéissance aussi bien que le commandement, ne pas consentir aux logiques sociales

de domination et de servitude, enfin n’user du pouvoir qu’en dernière instance pour éviter

l’emprise d’un autre. Peut-on être plus clair dans ses invites ? Faut-il un bréviaire pour envisager

l’ensemble des mises en oeuvres concrètes ? Un catéchisme utile pour tous les cas répertoriés ?

Les critiques les plus violentes de cette option libertaire-versus politique de l’hédonisme viennent des

anarchistes encartés, des militants regroupés en sections, des apparatchiks du dogme conservé plus

pieusement que le Saint-Sacrement. Jamais je n’aurais cru mériter si violemment l’excommunication

ou imaginé devoir faire face à tant de procès en hérésie sous le drapeau noir. Dans des revues

spécialisées, à Radio-Libertaire, dans des conférences à Grenoble, à Rouen ou à Lyon- terre historique

pour ses questions-, dans nombre de lettres, toujours on m’a voué aux gémonies et promis

la guillotine avec les mêmes arguments, les mêmes méthodes, les mêmes reproches. En matière

de procès subtils, la nébuleuse anarchiste officielle vaut le Vatican de l’Inquisition, le Kremlin de

l’époque bolchevique, le Berlin des années national-socialistes ou la rubrique média des journaux de

l’époque capitaliste dans laquelle nous vivons-les moyens de nuire en moins : on ne pense pas, on

exécute ; on ne réfléchit pas, on condamne ; on instruit moins des dossiers avec patience et travail

qu’on envoie a priori dans les geôles, avant tout examen sur texte et lecture digne de ce nom.

Je ne vois dans cette débauche de critiques qu’une confirmation de mes présupposés consignés

dans le livre incriminé : la pensée anarchiste s’est fossilisée, elle ressasse, elle réédite les pro-


fessions de foi ancestrales et canoniques, elle ne vit pas, mais survit, tant bien que mal, à l’aide

de quelques vérités révélées sur le mode du catéchisme scientiste et rationaliste du XIXème siècle,

elle subsiste en vertu d’un acharnement thérapeutique idéologique entre les mains de Diafoirus

Colériques. Derrière les grandes figures anarchistes et les tempéraments emblématiques

de cette histoire puissante, les nouveaux kapos refusent une place à la modernité libertaire.

Après Bakounine et Proudhon, on devrait se réjouir d’Elisée Reclus et Sébastien Faure, de Daniel

Guérin ou de Louis Lecoin ? Peu excitant. . . Qui donc, pour aujourd’hui ? Les anarchistes répondent

: rien, sinon une pléiade de noms confidentiels, tous du sérail, reproducteurs des tics universitaires,

des auteurs d’articles ou de livres auto-édités, des militants exercés dans l’édification de leur

chapelle accrochés aux dogmes comme à un ventre maternel impossible à quitter. Pourquoi donc taire

les noms de Henri Laborit et de Paul Feyeradend, de Jean Dubuffet ou de John Cage, sinon de Marcel

Duchamp et de Noam Chomsky ? Parce que la vulgate ne les a pas encore incorporés et qu’elle piétine

à Mai 68 sans que personne dans la famille ait écrit avec assez de conviction le chapitre qui permet de

faire se rejoindre les barricades du Quartier latin et les résistances fin de siècle à la mondialisation.

La psychologie de nombre d’anarchistes d’aujourd’hui coïncide très étrangement avec celle des premiers

chrétiens : ils triomphent en individus sectaires, grégaires, en hommes de tribus et de castes

animées par un profond désir de donner leur vie pour une cause qui les instrumentalise. Haine

de soi, haine du monde, haine du réel et installation de l’idée, de la cause au sommet des préoccupations

éthiques, métaphysiques et ontologiques, ils jouissent de se mettre au service, ils jubilent

de n’être rien individuellement et de sacrifier leur existence propre pour accélérer et réaliser

le jour et l’heure du salut. Leur mépris du collectif qui n’est pas eux se double d’une célébration

du collectif alternatif qu’ils opposent au monde comme il va : leur petit univers, élargi aux

dimensions du monde, leur association étique, boursouflée, étendue aux confins de l’univers.

Leur moteur ? Le ressentiment et une formidable passion perverse pour le négatif, un véritable culte voué

à la négativité. Leur logique ? Celle qui anime tous les individus mécontents d’eux, de leurs petites vies

sans relief. Comme les chrétiens, ils transfigurent leur haine de soi en haine du monde. L’envie, la jalousie

les taraude, mais plutôt que de l’avouer, ils concentrent leur mépris sur la totalité du réel qui les opprime

et les confine. A la manière du renard et des raisins d’Esope, ils détestent d’autant plus qu’ils sont privés.

Plus ils se découvrent interdits de jouir du monde, plus ils dirigent leur violence contre ce monde.

En quoi ils sont encore chrétiens, en quoi ils se réduisent à une version du christianisme : dolorisme,

culpabilité, incapacité à jouir et à faire jouir, volonté d’inscrire en permanence son existence

sous le signe de l’expiation des péchés du monde, de la douleur des autres, de l’empathie

généralisée, de la sympathie pour la créature opprimée partout ou elle souffre, ils jouissent de ne

pas jouir, de se retenir, de se l’interdire. Ainsi s’assurent-ils de ne jamais jubiler et de connaître

une vie entière de frustration et de haines recuites puisque toujours il restera sur terre de la

douleur, de la souffrance, de l’exploitation, de la peine-car c’est malheureusement l’essence du réel.

En victimes expiatoires laïques de tout le négatif du monde, les anarchistes intégristes s’assurent une


belle carrière dans le masochisme et le moralisme ; en martyrs du capitalisme planétaire, ils se préparent

de beaux jours dans les domaines fréquentés par la psychiatrie –tropismes paranoïaques, délire de la

persécution, accès maniaques, névroses obsessionnelles et tout le saint-frusquin habituellement associé à

la biographie des saints du calendrier chrétien : eux seuls disposent de la vérité révélée, et le monde entier

se trompe, eux seuls se comportent comme il faut, et les autres sont des collaborateurs, des opportunistes,

des arrivistes, des carriéristes, des bourgeois, des salauds, des corrompus, eux seuls sont purs alors que

l’humanité se vautre dans l’impureté. Le vrai, le juste, le beau, le bien d’un coté, le leur ; le faux,

l’injuste, le laid, le mal de l’autre. En quoi ils s’avèrent également platoniciens, tendance gnostique.

De sortes que les anarchistes vivent en parasites : le négatif est nécessaire à leur existence, il induit

leurs thèses, leurs thèmes et leurs options. Le monde comme il va les justifie, les légitime.

A la manière d’un animal agrippé puis incrusté dans l’organisme d’un autre, ils se nourrissent du

sang vicié de la société, l’appellent, le nécessitent, le sollicitent. L’état d’âme qui les caractérise le

mieux ? Celui du prédateur d’évènements sombres. Sur le mode christique, ils en appellent à la

négativité de l’univers capitaliste pour le rédimer à la manière dont le Christ prit naguère en charge

l’ensemble des péchés du monde : les guerres, les famines, les misères, les exploitations, les aliénations,

les totalitarismes, les massacres, les déportations, les déforestations, l’industrialisation, le commerce,

la brevetabilité du vivant, le colonialisme, la technoscience, tout ceci fournit le pain bénit

des contempteurs du monde investis dans la seule recherche des occasions d’entretenir leur machine

réactive. Leur but ? Supprimer la négativité-pourtant consubstantielle au réel. Défendu aveuglément

aujourd’hui, l’anarchisme d’hier est un optimisme, parmi les plus naïfs et les plus sommaires.

Car malgré leurs pétitions de principe, leur messianisme christique, leur art de jouir de toutes les négativités

possibles et imaginables, le réel dure et persiste dans sa substance. Et les contorsions anarchistes

n’y changeront rien, pas plus qu’elles n’ont changé quoi que ce soit de fondamental dans l’histoire

du monde. Leur méthode ne parvient qu’à une chose : assurer la jouissance des militants dans la

componction, la sympathie, le condouloir à l’endroit de tout ce qui souffre dans l’humanité entière,

passée, présente et future. Orgueil de se croire investi d’une mission de purification, de régénération

de l’univers à soi seul ! Présomption d’imaginer sa petite vie de militant utile et nécessaire

dans la perspective d’une modification du réel tout entier ! Arrogance de penser qu’une volonté singulière

pourra à elle seule entraver les lois de l’espèce, de l’histoire et du monde ! Orgueil, présomption

et arrogance, ces vertus chrétiennes par excellence dissimulées sous le voile de l’altruisme,

de l’amour du prochain, de la fraternité généralisée, de l’humilité, de l’abnégation militante. . .

La morale de l’anarchiste, tout comme sa psychologie, trahit le christianisme recyclé en formules

laïques et en formes politiques. Elle suppose la haine de tout ce qui est fort, grand, élégant,

debout ; elle méprise la singularité, l’individualité et la puissance des exceptions ; elle vénère

les figures de la négativité : la faiblesse, la petitesse, la laideur ; elle aime la mort, la crasse,

le sang, la sueur, la saleté, la décomposition. Sa figure emblématique ? L’ouvrier reconstruit

par ses soins. Non pas l’ouvrier réel qui souffre et se tue au travail, mais l’idée d’ouvrier

échafaudée par celui qui ne le connaît pas, ne le fréquente pas, ne l’aborde jamais mais le rêve.


L’ouvrier platonicien, celui auquel il faut s’adresser, celui pour lequel il faut penser, celui à

qui il s’agit de destiner les lignes de ses ouvrages. Celui qu’on me renvoie à la figure en

permanence sous prétexte que mes livres-Politique du rebelle en particulier-seraient écrits avec

des tournures trop sophistiquées, des mots trop compliqués, des références trop pointues.

Devrait-on écrire un livre anarchiste avec des mots et des façons ouvrières, des syntaxes prolétariennes

et du vocabulaire populaire ? On sait à quelles extrémités littéraires, intellectuelles et politiques

ont été acculés ceux qui, nazis et bolcheviques, fascistes et maoïstes, revendiquaient l’indexation

de la création livresque sur la capacité intellectuelle de la classe ouvrière. On n’édifie jamais les

ouvriers quand on s’évertue à les entretenir dans l’indigence à laquelle certains les contraignent.

Je souscris au projet aristocratique d’édification des exclus du savoir, mais je refuse le projet démagogique

auquel la plupart souscrivent, droite et gauche confondus, anarchistes compris, en servant

aux victimes du système des brouets intellectuels insipides et des soupes culturelles tièdes.

Je sais trop- pour en provenir et y avoir toujours un frère et son épouse- à quoi ressemble le monde

ouvrier (avec une minuscule : l’ouvrier réel, concret, incarné, sacrifié par les puissants), pour consentir

à la mythologie aujourd’hui réactivée par les anarchistes orthodoxes de l’Ouvrier comme figure

idéale à laquelle il faudrait songer en construisant ces livres. On ne méprise pas mieux ces

exclus qu’en les entretenant dans une culture bas de gamme, prolétarienne, indigente. Je ne veux

pas descendre mes propositions jusqu’à eux car cet exercice indigne et méprisable suppose trop de

déférence à leur endroit ; en revanche, tout reste à faire pour leur permettre de se hisser jusqu’aux

hauteurs toujours exigibles par une pensée qui dépasse un tant soi peu les étiages sommaires.

Combien d’anarchistes- et pas seulement eux- me reprochent donc le style, la forme, le ton ! Syntaxe

bourgeoise, vocabulaire élitiste, propos intellectuels- intellos, plus précisément-, écriture absconse,

références d’initiés, les critiques ne manquent pas. On trouve ainsi dans la tradition anarchiste ouvriériste

une option anti-intellectuelle violente qui toujours a fournit un fonds de commerce au fascisme

en gestation : la haine de la culture, l’invite à brûler les musées, le mépris du style, la

vindicte à l’endroit de l’écriture, la condamnation des bibliothèques précèdent toujours de très prés

la critique faite à un philosophe de travailler avec ses outils. La volonté politique de table rase

m’effraie, me donne des frissons, les autodafés se fomentent dans l’ombre de pareilles imprécations.

J’aime la culture, les mots, le verbe, j’aime la langue française, les références intellectuelles, artistiques

et musicales de l’Occident, je préfère l’écriture d’un styliste à celle d’un journaliste, je ne trouve pas contradictoires

ou antinomiques une position anarchiste personnelle et une passion pour la culture classique,

je hais quiconque se sert du savoir pour durcir l’opposition entre les classes sociales et marquer de plus

grandes distances entre lettrés et privés de lettres, je chéris plus que tout les valeurs de l’esprit et me méfie

des propositions alternatives qui en appellent à la simplicité, à la rudesse, à la rusticité, à la vérité du

monde ouvrier ou de l’univers paysan. Trop peu d’affection pour les pétainisme de droite et de gauche. . .

Je n’écris donc pas pour les bourgeois, ni pour les ouvriers, et ni les uns ni les autres, à mes yeux, ne

disposent de l’arbitrage exclusif des élégances intellectuelles, culturelles et philosophiques. Je n’écris


pour personne en particulier, mais pour qui se sent concerné par le propos que je tiens ici dans un livre, là

dans un article, ailleurs dans une conférence. Je propose, on dispose. Le tout librement. Je n’aspire pas à

édifier les masses, à faire école, à générer des clones idéologiques, encore moins à préparer la révolution

ou annoncer son imminence. Je n’écris pas pour ceux qui ne savent pas lire, ne veulent pas lire et se

refusent à l’évidence : la lecture de la philosophie, tout comme la pratique d’un instrument de musique,

d’une langue étrangère ou d’un art ne s’improvise pas. Qu’on le déplore ou non n’y change rien. . .

Ne laissons pas la langue et la philosophie aux reproducteurs du système social qui le confortent,

lui donnent des raisons d’exister et de se perpétuer sous ses formes brutales ; N’abandonnons

pas les mots et les idées aux personnes qui cherchent plutôt à dissimuler les contradictions sociales

qu’à lutter contre elles ; Ne renonçons pas à la culture critique, à l’esprit des Lumières,

à l’armement intellectuel et culturel ; Relisons Gramsci et consentons à l’une de ses

trouvailles politiques majeures : la culture fournit la première arme de (re)conquête du réel

à ceux qui en sont exclus. L’anarchiste qui tourne le dos à la culture classique-style, syntaxe,

références- se condamne à un esclavage sans rémission, à une aliénation perpétuelle.

Moralisateurs les anarchistes intégristes le sont également sur la diffusion de mes livres. Bien pour

Radio-Libertaire, excellent pour le fanzine lycéen, merveilleux pour le tract de quartier, mais mal,

très mal, très, très mal pour la télévision, la radio et la grande presse dites bourgeoises. La haine

de la télévision travaille la plupart des individus d’une manière inversement proportionnelle à leur

chance d’y passer un jour. Comme les probabilités d’y voir l’un de ces sermonneurs paraissent

minces, on imagine la grandeur de leur mépris du média télévisuel. D’où leur lecture simple, sommaire

et définitive : écrire un livre dans lequel on formule une proposition anarchiste contemporaine,

puis en parler à la télévision, c’est se vendre, se damner, devenir une crapule méprisable,

et viser les bénéfices sonnants et trébuchants consécutifs au passage dans telle ou telle émission.

Soit on écrit, on publie et l’on accepte le jeu qui consiste à rendre publiques les idées défendues

dans un livre sur un plateau de télévision, devant le micro d’une radio, dans les colonnes d’un journal,

à la tribune d’une chaire, au zinc d’un bar de nuit, pourvu qu’on ne se fourvoie pas dans des

lieux radicalement incompatibles avec le message délivré ; soit on s’interdit par principe les médias,

mais alors pourquoi publier et ne pas se contenter de conserver ses manuscrits dans des cartons ?

Si l’on croit à ses idées, on doit les défendre partout ou elles peuvent être entendues, saisies, diffusées,

comprises. D’où l’obligation de déborder la secte et d’aller au-devant de lecteurs nullement

acquis, a priori, à ces idées. Quel intérêt de prêcher dans une chapelle de sectaires déjà convaincus ?

Enfin et j’en termine avec le portrait de l’anarchiste intégriste, je voulais dire comment sa psychologie

réactive et sa morale moralisatrice débouchent immanquablement sur une politique confinée

au rabâchage de l’histoire sainte, du martyrologe et de la dogmatique libertaires. Plus scolastique

qu’un anarchiste de cet acabit semble impossible. . . Car chez eux les classiques se lisent

une plume à la main, un encensoir dans l’autre, à la façon du sorbonagre. On aborde le corpus

avec la précaution d’un clerc tonsuré, on consent aux filiations orthodoxes, aux mots d’ordre


de la profession, aux histoires figées de la tribu, à sa vulgate intellectuelle : Godwin le créateur,

Proudhon le fondateur, Stirner l’individualiste, Marx le méchant autoritaire, Bakounine le bon

libertaire, Kropotkine le prince rouge, Makhno la pureté, Sacco et Vanzetti les victimes, etc.. . .

Lire librement- en libertaires. . . -, voilà une hérésie. Les doctrinaires du drapeau noir agissent à la

façon des universitaires les plus sclérosants, en interdisant l’originalité, la singularité, l’invention.

D’où le catéchisme anarchiste, essentiellement construit sur des refus et des négations : anti-

Nation, anti-Etat, anti-guerre, anti-vivisection, anti-nucléaire, anti-violent, anti-militarisme, anticapitaliste,

anti-modernité, anti-technique, etc. En conséquence les anarchistes imbibés de pensée

dix-neuvièmiste campent sur des positions qui ne souffrent pas l’analyse, la discussion, la précision,

la réflexion et la contradiction. L’argument d’autorité triomphe : on prend ou on laisse.

De sorte que s’entendent encore et toujours aujourd’hui les vieilles scies militantes d’hier

et d’avant-hier : cosmopolitisme des citoyens du monde, fraternité universelle, abolition des

classes et des races, disparition du travail et du salariat, suppression du capitalisme, pulvérisation

de toutes les aliénations, égalitarisme radical, suppression des différences, uniformité

généralisée, construction d’une société naturelle d’hommes heureux de vivre ensemble,

avènement de loisirs généralisés, réalité purifiée des scories haineuses et mortifères ;

autant dire- s’en aperçoivent-ils ? - instauration du paradis chrétien sur terre laïque. . .

Que la nation soit parfois une garantie libertaire contre la mondialisation libérale ! Que la guerre

s’avère parfois nécessaire, ne serait-ce que pour en finir avec un impérialisme conquérant de type

fasciste, comme avec les hitlériens occupant la France de 1940. Que l’Etat puisse devenir un instrument

défendable entre les mains de ceux qui en feraient moins l’instrument du capital que celui

de l’idéal libertaire ; Que le nucléaire civil a produit plus de fantasmes hystériques jusqu’alors

que de morts ; Que les militants intelligents et cultivés valent mieux que des anarchistes imbéciles

et incultes ; Que milles souris disséquées valent moins qu’un être humain sauvé ; Que

la violence défensive est préférable à la non-violence active- ainsi de la Résistance française au

nazisme ; que le capitalisme social paraît défendable comme remède au capitalisme libéral et que

l’alternative n’est pas capitalisme ou soviètisme ; Que les progrès de la technique contemporaine valent

mieux que les regrets nostalgiques et passéistes ; voilà qui n’effleure pas l’anarchiste intégriste.

Et pourtant, les mouvements du monde obligent à reconsidérer la pensée libertaire à la lumière du

XXème siècle et de ses leçons : des guerres, des génocides, des totalitarismes, des violences, des exterminations.

Le monde qui a donné lieu à l’anarchisme de grand-papa est mort ; ceux qui s’en réclament

encore font sourire les ennemis qu’il s’agit de combattre, tant ils ne représentent qu’eux-mêmes

mais en aucun cas un danger quelconque pour l’ordre des puissants. Que disait Politique du rebelle

? Que la politique libertaire d’aujourd’hui passe par la volonté d’en finir avec l’idée préhistorique de

révolution collective et prolétarienne ; qu’elle suppose l’abandon de cette croyance ridicule que la disparition

de la propriété privée des moyens de production et la réalisation de l’appropriation collective

desdits moyens règleraient l’ensemble des problèmes ; qu’elle exige une nouvelle théorie du pouvoir,


non plus monolithique, étatique et marxiste, mais polymorphe, généralisée et foulcadienne ; qu’elle

actualise, en vertu de la fin des grands discours, l’invite deleuzienne au devenir révolutionnaire des

individus ; qu’elle suppose moins l’indexation sur une raison messianique que sur une mystique de

gauche, viscéralement entendue comme un tropisme épidermique qui force à se trouver aux cotés des

résistants, des insoumis et des rebelles à tout l’ordre dominant, le tout dans des formes contemporaines.

Pas de recettes avait écrit l’imbécile du journal, pas de trucs, ni de mode d’emploi. Or il

n’y avait que cela dans ce livre : nécessité de déchristianiser, réaliser le primat de la politique

sur l’économie, réactiver un nietzschéisme de gauche, enseigner un athéisme politique, formuler

une mystique immanente, achever Mai 68, préciser les contours d’un sur humanisme libertaire,

revitaliser l’action subversive, dépoussiérer le luddisme, célébrer l’association de forces oppositionnelles,

inventer des micro-insurrections, tendre vers l’individu souverain, restaurer les Lumières

et construire pour chacun sans qu’aucune consigne soit susceptible d’être donnée-par un

libertaire ! - et valant pour tous. Trois cent cinquante pages me permettaient de détailler. . .

Les leçons quintessenciées ? Des propositions de ré appropriation de soi par soi. A chacun

d’inventer sa résistance aux micro-fascismes rencontrés par lui seul ; à chacun de promouvoir ses

méthodes pour s’in soumettre et ne pas collaborer aux mouvements violents du monde, s’y soustraire

et construire plutôt un hédonisme politique dans sa vie propre ; A chacun de chercher et

trouver sa voie pour réaliser personnellement ce projet excitant et roboratif dans son quotidien immanent

; à chacun de créer des formes de désobéissance, d’inertie, de refus, de désertion, là où

il est, dans sa situation spécifique- familiale, culturelle, intellectuelle, sociale, etc. ; à chacun de

pratiquer ici et maintenant le refus de suivre autant que de guider ; à chacun de ne plus consentir

aux servitudes volontaires dans lesquelles se trouvent habituellement des satisfactions sociales.

Je ne m’installerai pas derrière chacun pour donner des leçons, juger, commenter, inciter, noter,

distribuer des bons ou des mauvais points. Loin de moi l’idée de dire à autrui ce qu’il faut

faire, comment, avec qui, et de quelle manière on peut être libertaire. Je me vois mal édicter

une théorie figée de l’anarchisme, un genre de doctrine sociale valable demain, car j’ai dit mon

anarchisme assimilable à un comportement libertaire individualiste (refuser de subir et d’exercer

les pouvoirs) praticable dans toute société, quelle qu’elle soit, indépendamment du temps, du lieu

et de l’histoire, aujourd’hui, ici et maintenant, dés qu’on décide de s’y mettre. Etre anarchiste,

c’est refuser systématiquement l’exercice du pouvoir dans l’intersubjectivité, sauf pour se défendre

d’une violence qui menace de nous atteindre, de nous anéantir et de réduire notre identité.

De sorte que je préfère recevoir les lettres qui me sont adressées que les écrire, et que je choisis

plus volontiers d’essuyer ces critiques et ces insultes, ces attaques et ces condamnations que de les

proférer. Je veux bien, aux yeux de ceux-là, être inculte, suppôt du capital, petit-bourgeois, opportuniste,

mondain, imposteur, intéressé, pourri, mercantile, affairiste et, bien sûr, n**i, fasciste, stalinien

et révisionniste- oui, oui, j’y aie droit aussima part, je n’ai jamais utilisé ces recours-là, extrêmes

et perfides, pour tâcher d’en finir avec une pensée qui me résiste, m’insupporte ou m’énerve.


L’insulte, le mépris, le reproche du style, de la culture, de la syntaxe, des références, du vocabulaire, la

passion pour la négativité, l’indexation de toute son identité sur le ressentiment, la haine de soi transformée

en haine du monde, la culpabilité expérimentée à chaque seconde de son existence, dans le détail,

la culture militante grégaire, le jeu des adoubements et des excommunications, le rituel sectaire et le

doctrinal conceptuel, tout ceci infecte la vie et trahit une étrange dilection pour ce qui détruit, salit.

Je n’entends pas l’anarchisme comme une position nocturne, mais comme une proposition solaire.

Au contraire des anarchistes libertaires- et solaires- dont j’aime l’affranchissement et l’incapacité

à s’occuper de la vie des autres, à les contraindre et à les blâmer, les anarchistes autoritaires- et

nocturnes- de la vieille école me fatiguent. J’ai autant envie de les fréquenter que les chrétiens

sirupeux ou les tyrans brutaux, les capitaines d’industrie cyniques ou les journalistes imbéciles- si

tout cela ne relève pas trop du pléonasme. Trop tristes, pas assez rieurs, pas assez joyeux ; trop

sinistres ; trop prêtres, les gens de cette engeance sont trop soucieux de juger les autres, de les

corriger, de les condamner, ils me paraissent trop pourvoyeurs de corde à pendu et de poteaux

d’exécution. En fait, trop viscéralement ennemis des libertins diurnes, ils génèrent sur le terreau

des civilisations décomposées la graine avec laquelle monte le commissaire du peuple. [. . . ]

In : Michel Onfray. "L’archipel des comètes"



Friday 18 April 2008 à 08:50
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flavarchy
Wednesday 16 April 2008 à 20:38
Tu dis qu'il est préférable de généraliser entre esthetique et politique???





je me suis embrouillée, avec asymétrie quant tu as parlé d'esthétique....je viens de relire afin d'éclaicir mes idées, et je pense qu'en définitive l'ordre sort du chaos.

pour imager, la nature est nait du chaos (bing bang). et là subitement, tout devient claire pour moi.....tu as raison de même que j'avais écris que l'ordre embrouillait l'esprit, de ce chaos nait "autre chose" ton identité. C.Q.F.D.ouf !!!!


Ce message a été modifié par delatune - Friday 18 April 2008 à 09:08.
Friday 18 April 2008 à 19:21
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delatune
Thursday 17 April 2008 à 09:23
je me suis embrouillée, avec asymétrie quant tu as parlé d'esthétique....je viens de relire afin d'éclaicir mes idées, et je pense qu'en définitive l'ordre sort du chaos.

pour imager, la nature est nait du chaos (bing bang). et là subitement, tout devient claire pour moi.....tu as raison de même que j'avais écris que l'ordre embrouillait l'esprit, de ce chaos nait "autre chose" ton identité. C.Q.F.D.ouf !!!!


-> Ah, ok, je comprends, là, j'aprouve complétement alors wink.gif
Friday 18 April 2008 à 20:31
Citer +Citer
Michel Onfray. "L’archipel des comètes" -> original.gif Je m'y retrouve plutôt bien.
L'anarchisme n'est donc pas qu'un mouvement de démanti permanant de l'ordre établie, mais une construction, quelque chose de positif, un hédonisme politique, et non une sacralisation du mal-être et une pure volonté de destruction. Ce n'est pas vivre pour détruire, c'est vivre libre. Et c'est complètement différent. L'anarchie, ce n'est pas être anti-tout, ça c'est le nihilisme. L'anarchie c'est être capable d'envisager une société où il n'y a pas besoin de choisir entre égalité et liberté, entre chef et désordre. C'est dépasser ce genre d'illusions.

Saturday 19 April 2008 à 22:44
Citer +Citer
Pour éviter les confusions je rappelle ici les sens d'utopie et d'anarchisme ^^

Utopie:
- étymologiquement ça veut dire "sans lieu"
( mais ca ne veut pas dire qu'elle ne peut pas en avoir)
- c'est l'élaboration d'un modèle de société idéale.
- Attention au sens faussé d'utopie ( = ce qui est irréalisable).
Beaucoup de gens utilisent le sens faussé, et dès qu'on parle d'utopie cela crée des malentendus.

Anarchisme: (que ceux qui se revendiquent anarchistes me le fassent savoir s'ils ne sont pas d'accord avec cette définition)
- Courant de pensée qui consiste à refuser toute autorité transcendante. ( "Sans Dieu, ni maître") .
- Là encore attention, anarchie peut signifier société construite selon un mode de pensée anarchiste, mais peut aussi signifier chaos, désordre,etc... (donc là encore source de malentendus...)



Derrière l'idée d'anarchisme, il y a l'idée d'une confiance absolue dans la raison humaine. C'est une fantastique apologie de l'autonomie: L'homme, si bien éduqué, n'a pas besoin d'une menace pour bien se comporter. Une anarchie généralisée serait probablement la plus juste des sociétés, mais est-ce qu'elle est viable ? Il y a plusieurs problèmes derrière:

- A une échelle réduite, une société anarchique peut sûrement très bien fonctionner ( il y a des quartiers anarchistes en Europe du Nord il me semble huh.gif ) mais à une échelle plus grande, mondiale ? Peut être en organisant la population en petits groupes justement... Mais dans ce cas comment structurer les échanges entre les différentes communautés ? D'ailleurs devrait-il en avoir ?

- Mais surtout le véritable problème est celui de la raison humaine: un être humain bien éduqué agit-il nécessairement bien? i.e. pour ses intérêts bien-compris qui sont aussi les intérêts de tous ? Par définition oui... Mais comment être sur de réussir à forger un tel sens éthique en chacun d'entre nous ? On ne sait jamais comment un enfant réagira à l'éducation qui lui a été donnée. Et puis se pose le problème de l'ambivalence humaine... Avoir une telle confiance en l'être humain n'est-ce pas méconnaître qu'il est autant capable d'amour que de haine ? (Freud: Pulsion de vie/ pulsion de mort. Edgar Morin "homo sapiens demens" ( sage/fou) etc,etc.....)


- Enfin j'aimerais répondre à Anar8383: Je suis d'accord sur la valeur qu'il y a à se prendre en main, et à ne pas se maintenir dans la dépendance. Mais affirmer que l'on ne s'élève par soi-même, je trouve que c'est méconnaître le rôle de nos déterminations, parentales, culturelles, etc... C'est ce qu'on vit qui nous forge, dans notre sens éthique notre sensibilité etc...


Bon pour finir (je me limite sinon jvais écrire un roman...). Ce qui est assez "drôle" c'est le parallèle que l'on peut faire entre l'anarchisme et l'ultra-libéralisme actuel. Rejet d'un Etat et valorisation de l'initiative individuelle privée. D'ailleurs on retrouve un peu ça quand tu dis blablabla les faibles ils ont qu'à se prendre en mains eux-mêmes (sous-entendu c'est leur faute) , c'est ce que beaucoup de gens pensent des chômeurs actuellement...
Sunday 20 April 2008 à 10:03
Citer +Citer
en résumé, est il préférable d'être : riche et névrosé, que pauvre et libéré ?

si l'anarchis est le désordre dans la liberté de l'undividu, l'homme s'évertue t-il à "ordonner"(mais dans quel but) si ce n'est "le pouvoir" au détriment des plus faibles.

c'est ça le commencement la la civilisation.....
et la fin de la liberté.....


liberté, égalité, fraternité ! faut-il savoit encore appliqué......

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Suggestion de sujets
Je tiens d'abord à préciser que je me pose simplement la question, je n'ai aucune position ni réelles compétences sur ce sujet ( sur