Wednesday 14 May 2008 à 07:32
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13/05/2008 20:03
L’Eglise en Sarthe prépare son avenir


Pour clore deux années de démarche diocésaine, les catholiques du Mans ont célébré une Pentecôte grandiose, avec spectacle nocturne et proclamation de sept priorités pastorales

La nuit est tombée sur la cathédrale du Mans, en ce dimanche de Pentecôte. Sur les arcs-boutants de l’imposant chevet, un dragon et un griffon, tout droit sortis du bestiaire du peintre vénitien du XVe siècle Vittore Carpaccio, semblent se poursuivre dans des flamboiements d’or et de bleu, tandis que la voix du philosophe Michel Serres invite à méditer sur la violence : « Nous sommes nous-mêmes des bêtes violentes… Comment domestiquer nos bêtes sauvages ? Comment passer de la violence à la paix ? »

Sur l’écran géant dressé plus loin sur la place des Jacobins, défilent des images d’attentats et de conflits actuels, pendant qu’au-dessus de la cathédrale éclate un feu d’artifice. Le calme revenu, les voix des comédiens Marie-Christine Barrault et Jean-François Balmer lancent les versets d’Isaïe prophétisant un monde réconcilié, lorsque « la connaissance du Seigneur remplira la terre » (Is 11, 9). La voix de Michel Serres retentit une dernière fois, dans un splendide « Alléluia » entonné par la maîtrise de la cathédrale du Mans : « Nous n’avons pas d’autre choix que d’espérer la paix… La Pentecôte prépare la paix universelle. »

C’est en se liant d’amitié avec Michel Serres, rencontré dans la cathédrale du Mans il y a quatre ans, que le P. Christophe LeSourt, curé de la cathédrale, a eu l’idée de solliciter l’académicien pour un grand spectacle nocturne (1). De même qu’en 1988, un son et lumière sur la cathédrale avait marqué la fin du synode du diocèse, il s’agissait, vingt ans après, en cette Pentecôte 2008, de clôturer deux ans de démarche diocésaine. S’inspirant de son récent ouvrage sur Carpaccio, Michel Serres a conçu une méditation en lien avec le thème de la démarche diocésaine, « Servir ce monde aimé de Dieu ». Selon le P. LeSourt, « l’une des meilleures manières de servir ce monde, c’est de promouvoir la paix ».

Triple démarche diocésaine
Une triple démarche diocésaine avait été lancée en septembre 2006 par Mgr Jacques Faivre. « Il s’agissait de relire les lois synodales de 1988, de discerner les traits nouveaux de notre Église et de fixer des priorités pastorales pour les années à venir », explique l’évêque du Mans. Il faut dire qu’en onze ans, le visage de l’Église, en Sarthe comme ailleurs, s’est considérablement modifié. « En onze ans, j’ai ordonné 14 prêtres, mais 86 autres sont décédés », rappelle Mgr Faivre, qui sait aussi que nombre des regroupements paroissiaux, mis en place par son prédécesseur, Mgr Georges Gilson, étaient « dépassés » déjà à son arrivée par manque de prêtres.

Un comité de pilotage de huit prêtres et laïcs en responsabilité fut mis en place pour être la cheville ouvrière de cette démarche. Puis, en janvier 2007, deux questionnaires étaient distribués à travers le diocèse : un « bleu » à destination des chrétiens engagés ; un « vert » pour les croyants plus éloignés. Au total, 3 200 questionnaires et 105 travaux de groupes seront renvoyés, puis analysés et synthétisés par un comité de relecture. « Un travail épuisant, mais passionnant », estime Isabelle Livache, mère de famille à Changé qui, en tant que responsable diocésaine de la Pastorale des jeunes, avait été nommée aux deux comités de pilotage et de relecture. « Et puis, travailler ensemble aussi intensément, ça arme un diocèse pour la suite ! »

Raréfaction des eucharisties, vieillissement des fidèles, diminution du nombre d’enfants catéchisés, augmentation des baptêmes d’adultes, éclatement des familles, besoin de repères et de formation… Tout est pris en compte dans le document présenté aux 250 délégués des doyennés, mouvements et services lors de l’assemblée diocésaine en février dernier. Au terme de son travail, l’assemblée remet ses conclusions à l’évêque. Celui-ci, après les avoir retravaillées avec ses plus proches collaborateurs, les a présentées officiellement dimanche, au début de la célébration de la Pentecôte, devant plus de 2 000 fidèles dans la cathédrale Saint-Julien.

Un observatoire sociétal
Comme le résume une brochure d’une cinquantaine de pages, sept priorités pastorales sont mises en avant pour l’Église en Sarthe, dans la dynamique du synode de 1988 (Mgr Gilson était invité dimanche à concélébrer aux côtés de Mgr Faivre) : créer un observatoire sociétal pour aider l’évêque et les différents conseils à « mieux servir ce monde » ; garder le souci des petites communautés locales, tout en favorisant les regroupements à l’échelle du doyenné ; procurer une formation préalable à tous les laïcs en responsabilité ; adapter la catéchèse à tous les âges et au cœur de toutes les communautés ; évangéliser les plus jeunes ; veiller au renouvellement des équipes d’animation pastorale (avec célébration d’envoi présidée par l’évêque) ; enfin, porter le souci de l’éducation à l’affectivité, notamment dans le cadre de la préparation au mariage.

Dans cette brochure, d’autres « chantiers à travailler » sont également évoqués (communication, pastorale des vocations, œcuménisme, finances…) ainsi que des « questions qui demeurent en suspens » : accueil des divorcés remariés, diaconat permanent exercé par des femmes, sacrement des malades célébré par des laïcs… « Je souhaite ardemment que toutes les communautés se saisissent de ces textes et se les approprient, pour intensifier leur témoignage de disciples du Christ », soulignait Mgr Faivre au début de cette célébration, au cours de laquelle 34 adultes ont reçu la confirmation.

L’émotion en cette Pentecôte était d’autant plus forte qu’il s’agissait de la dernière célébration diocésaine de Mgr Faivre avant son adieu au diocèse, prévu pour le 29 juin. Pour raisons de santé, cet évêque originaire de Lyon a annoncé il y a quelques mois qu’il quittera sa charge avant ses 75 ans. Reste à savoir si son successeur aura à cœur de recevoir et de poursuivre le formidable travail réalisé au cours de ces deux ans par l’Église en Sarthe.

Claire LESEGRETAIN

(1) « Bestiaire, récits pour notre temps », présenté par l’association Présence cathédrale Saint-Julien.

(La Croix)


Thursday 15 May 2008 à 09:12
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13/05/2008 20:05
Le cardinal Gantin s'est éteint


Il n’y avait pas cinq ans que Vatican II s’était achevé, quand Paul VI fit un geste décisif pour l’internationalisation de la Curie romaine. En 1971, il appela à ses côtés, à Rome, deux archevêques, d’Asie et d’Afrique, les nommant l’un et l’autre secrétaires adjoints de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples, le dicastère de la Curie romaine qui s’occupe précisément des jeunes Églises.

L’un était Mgr Duraisamy Simon Lourdusamy, de Bangalore (Inde), l’autre Mgr Bernardin Gantin, de Cotonou (Bénin). Celui-ci, qui était devenu en 1960 à Cotonou – à 37 ans ! – le premier archevêque noir de toute l’Afrique, est décédé mardi 13 mai à Paris, où il avait été hospitalisé en urgence il y a quelques jours. Il venait tout juste d’avoir 86 ans. Ses obsèques auront lieu au Bénin.

À travers lui, le pape prenait acte de l’importance, mais aussi de la maturité de la jeune Église africaine. Pourtant, lorsqu’il est arrivé à Rome, en 1971, personne n’attendait à l’aéroport l’archevêque africain, se souvenait le cardinal Gantin, avec un sourire, plus de trente ans plus tard. « Pour moi, cela importait peu. Mais le pape Montini lui s’était senti mortifié, et s’en était ensuite excusé », confia-t-il au mensuel Trenta Giorni. Aux dires de tous ceux qui l’ont connu à Rome, où il était resté jusqu’en 2002, ce mélange d’humilité et de grande gentillesse était la caractéristique de l’ancien archevêque de Cotonou.

L’un des derniers cardinaux créés par Paul VI
Avec le cardinal Gantin disparaît l’un des derniers cardinaux créés par Paul VI, avec le cardinal Joseph Ratzinger. Et surtout, celui qui su, par sa vie et ses responsabilités, incarner la croissance, mais aussi les interrogations de l’Église africaine. Son bureau même, au cœur du Vatican, était, avec ses fauteuils en bois sculpté et ses statues, un petit coin d’Afrique. C’est que, même romain, le cardinal ne s’est jamais départi de ses racines.

Son nom même, aimait-il rappeler, signifiait « l’arbre de fer de la terre africaine »… Et comme l’écrivit le cardinal Ratzinger dans un volume de mélanges publié en son hommage, cette fidélité en faisait un « évêque vraiment catholique », « très enraciné dans sa terre natale, mais tout à fait chez lui dans l’Église, cette Église qui parle dans toutes les langues et les amène à se comprendre les unes les autres ».

Né le 8 mai 1922 dans ce qui s’appelait alors le Dahomey, colonie française, originaire d’une ancienne famille béninoise, il fut nommé très jeune, à 34 ans, par Pie XII, évêque auxiliaire de Cotonou, pour remplacer son mentor et ami, Mgr Louis Parisot, qui l’avait ordonné prêtre en 1951 et auquel il succède après trois ans. Dans son diocèse, il subdivise le territoire pour pouvoir suivre plus efficacement chaque situation particulière, il encourage l’enseignement en s’appuyant sur des congrégations de religieuses. Il est alors le symbole d’une Église africaine à qui, progressivement, les missionnaires passent le relais.

Un proche de Jean-Paul II
Le jeune archevêque de Cotonou participera à tout Vatican II. « Nous, évêques africains, encore relativement peu nombreux et jeunes, nous avons pris alors conscience du changement considérable que le Concile pouvait représenter pour notre épiscopat et le futur de notre apostolat », confiait-il en 1992 au journal Avvenire. C’est au Concile qu’il fit la connaissance de Mgr Karol Wojtyla. Il intervint en assemblée sur « l’inculturation, base et condition pour une évangélisation solide et renouvelée », et participa aux discussions sur le décret Ad gentes, qui prône une évangélisation respectueuse des cultures et des traditions spirituelles des pays. Le jeune archevêque connaissait d’ailleurs déjà Rome, où il avait fait, en 1953, une partie de ses études en théologie et en droit canonique.

Ce n’est donc pas un inconnu que Paul VI fait venir à la Curie en 1971. Devenu secrétaire à part entière deux ans plus tard, il fut nommé, par le même Paul VI, vice-président en 1975 puis président en 1976 du Conseil pontifical Justice et Paix ; une charge qu’il cumulera avec celle du Conseil pontifical Cor unum. Il fut créé cardinal lors du dernier consistoire de ce pontificat, en 1977.

Jean-Paul II s’appuiera naturellement sur ce proche. Il lui confie la très sensible Congrégation pour les évêques, dont il devient préfet en 1984 : l’un des postes les plus importants de la Curie, puisqu’il gère la nomination des évêques du monde entier, mis à part justement ceux des pays de mission. À cette charge, dont il démissionnera en 1998 pour raison d’âge, il dut notamment gérer la crise lefebvriste en 1988. Mgr Gantin avait bien connu Mgr Lefebvre lorsque ce dernier était délégué du pape pour l’Afrique francophone, et il fit tout son possible, en vain, pour le dissuader de consacrer de nouveaux évêques contre l’avis de Rome.

Rentrer "comme un missionnaire romain en Afrique"
De même, en janvier 1995, c’est lui qui dut notifier à Mgr Jacques Gaillot la perspective d’une démission forcée. Le cardinal garda une grande amertume de l’épisode, estimant avoir été dupé par l’évêque d’Évreux, qui communiqua lui-même la menace aux médias après l’entretien et rendit la sanction ainsi inévitable. À cette même Congrégation pour les évêques, le cardinal africain s’était efforcé de lutter contre ce qu’il appelait le « carriérisme épiscopal », à savoir l’habitude des évêques de changer de diocèse pour un diocèse plus important, comme on change de niveau professionnel.

Nommé doyen du Sacré-Collège par Jean-Paul II en 1993, il resta à Rome après sa démission en 1998. À 80 ans cependant, en 2002, il émit le vœu de rentrer dans son pays, comme « un missionnaire romain en Afrique », disait-il en se moquant de lui-même. Un certain cardinal Ratzinger lui succédera comme doyen… Lui voulait continuer la mission en Afrique, certain, comme il l’avait dit un jour à des journalistes francophones, qu’à Rome comme au Bénin, le problème de l’Église était le même, à savoir un problème de foi : « Si nous ne nous accordons pas sur l’essentiel que Dieu nous a demandé par Jésus-Christ, tout le reste s’en va. »

Isabelle DE GAULMYN, à Rome
(la Croix)
Thursday 15 May 2008 à 09:13
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14/05/2008 19:00
Le CECEF fête ses 20 ans en signant la Charte oecuménique


L'instance de dialogue entre Églises catholique, protestantes, orthodoxes et arménienne de France marquait mercredi 14 mai deux décennies d'existence en signant la Charte adoptée en 2001 à Strasbourg par les Églises d'Europe

C’est un geste symbolique et important que les trois coprésidents du Conseil d’Églises chrétiennes en France (CECEF) ont posé, mercredi soir, à la cathédrale grecque-orthodoxe Saint-Étienne de Paris : la signature de la Charte œcuménique européenne.

À vrai dire, le cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris et président de la Conférence des évêques de France, le pasteur Claude Baty, président de la Fédération protestante de France, et le métropolite Emmanuel, président de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France, n’étaient pas réellement obligés d’apposer leur signature sur ce texte, paraphé en 2001 à Strasbourg par les responsables de la Conférence des Églises européennes (KEK) et du Conseil des conférences épiscopales d’Europe (CCEE).

« L’idée de notre geste est plutôt celui d’une appropriation », explique à La Croix le pasteur Baty, qui reconnaît que « la Charte œcuménique n’a pas pénétré toutes les strates des différentes Églises en France ».

C’est lors du 3e rassemblement œcuménique européen, à Sibiu (Roumanie) en septembre dernier, que nombre de délégués avaient été frappés de voir combien ce document, qui définit une vision et des pratiques œcuméniques, restait méconnu des fidèles. Y compris de ceux qui sont engagés dans l’œcuménisme.

Mieux faire connaître cette charte
« Au moment de sa signature, les responsables français n’avaient pas voulu faire quelque chose de spectaculaire : du coup, la Charte est passée un peu inaperçue », reconnaît le P. Michel Mallèvre, directeur du Service national de l’épiscopat pour l’unité des chrétiens. L’objectif du geste de mercredi est donc de mieux faire connaître cette charte en lui donnant un second souffle en France.

« En France, l’œcuménisme n’intéresse finalement une forte majorité de catholiques que dans la mesure où ils sont confrontés à un problème œcuménique. Pour les protestants, chez qui, par exemple, neuf mariages sur dix sont interconfessionnels, les choses sont un peu différentes », explique le P. Mallèvre.

C’est d’ailleurs sur ce point que les trois coprésidents du CECEF interpellent leurs fidèles dans le message publié mercredi à l’occasion de ses 20 ans. « Il n’est pas vrai que le mouvement œcuménique stagne, affirment-ils. Les grands rassemblements européens de Stuttgart et Sibiu en 2007, les accords de théologiens dans des documents trop peu connus et l’action commune de membres de nos Églises pour la justice, la paix et la sauvegarde de la Création en témoignent. Toutefois ces avancées ne porteront vraiment du fruit que si elles sont reçues et portées par l’ensemble du peuple de Dieu : par vous tous ! »

C’est en 1987 que le cardinal Albert Decourtray, le pasteur Jacques Stewart et le métropolite Meletios avaient créé le Conseil d’Églises chrétiennes en France, rassemblant catholiques, protestants, orthodoxes et arméniens apostoliques. Le but était alors de « constituer un lieu d’échange, d’écoute et de dialogue », mais aussi de « faciliter la réflexion et des initatives communes » dans les domaines de présence chrétienne à la société, du service et du témoignage.

Un organe qui pèse mais "fonctionne lentement"
Dès sa première réunion, le CECEF s’était donné pour tâche de travailler plus précisément sur « la solidarité avec les pauvres, les immigrés, les étrangers », ainsi que sur les questions de laïcité.

Vingt ans plus tard, ces deux thèmes sont ceux qui ont le plus été évoqués par la centaine de messages et déclarations du Conseil, y compris celle qui vient d'être publiée, à l'occasion de la présidence française de l'Union européenne à venir. Certaines ont marqué, comme celles s’élevant contre la loi interdisant les signes religieux à l’école, contre la guerre en Irak ou en faveur de la Constitution européenne. Des voyages ont été organisés – ainsi en 2006 en solidarité avec les chrétiens du Liban.

« Souvent, si l’Église catholique s’était exprimée seule, cela aurait été perçu différemment. Même avec la disproportion démographique des catholiques, une voix commune des chrétiens est importante », relève le P. Mallèvre, qui insiste aussi sur le climat qui règne au sein du CECEF : « C’est un lieu où les responsables des Églises peuvent se dire franchement les choses. »

« C’est un organe important, et pas si fréquent que cela quand on regarde ce qui se passe dans les autres pays », souligne de son côté le pasteur Baty, qui pointe toutefois les difficultés de fonctionnement d’un organe qui se réunit cinq fois par an et peine à être réactif sur les grandes questions d’actualité.

« Le CECEF est un organe qui fonctionne lentement, et il n’est pas toujours facile de dire quelque chose ensemble… » « Le risque serait qu’il devienne un cercle réservé, renchérit Carol Saba, porte-parole de l’Assemblée des évêques orthodoxes. Il faut faire en sorte que cette tradition d’écoute qui existe en son sein puisse s’exprimer au niveau des communautés. Mais comment faire descendre dans la pastorale le vécu théologique ? Comment passer à un œcuménisme pratique ? »
Nicolas SENÈZE

(La Croix)
Friday 16 May 2008 à 08:53
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15/05/2008 20:45
L'Eglise est invitée à rejoindre les milieux populaires


Réunis en session à côté de Nantes, les membres du Grepo entendent renforcer leurs partenariats avec d'autres acteurs de la mission en milieu populaire

Elle enjoint à l’Église d’être davantage « au cœur des détresses». Lydie Lamarque, religieuse des sœurs de la Providence de Gap et bénévole aux Restos du cœur dans une commune rurale du Gers, suit de près une soixantaine de familles en grande précarité.

Elle anime un lieu de parole autour de l’Évangile destiné à soutenir des mères de famille en difficulté, qui n’ont pas d’autres liens avec la religion que celui-là.

Membre du Groupe de réflexion sur la présence et l’action de l’Église en milieux populaires (Grepo) depuis quatre ans, Lydie Lamarque fait partie des nouveaux visages de cette instance de la Mission ouvrière d’abord réservée aux prêtres, puis ouverte aux religieux et aux laïcs en 2003.

Réunis en session nationale du lundi 12 au jeudi 15 mai au centre spirituel des Naudières de Rezé (Loire-Atlantique), une centaine de membres du Grepo – qui en regroupe 400 au total – se sont interrogés sur les nouveaux contours de leur mission en milieu populaire. « De plus en plus de gens mènent une vie difficile, les familles décomposées augmentent et la société est de plus en plus coupée en deux », constate le P. Bernard Rosnet, prêtre à Thiers.

Une réalité qui oblige l’Église à revoir ses pratiques
Cette réalité oblige selon lui l’Église à revoir ses pratiques. « Il faut être à l’écoute des gens, estime-t-il. Il faut les prendre là où ils en sont dans la foi et ne pas plaquer nos manières traditionnelles de faire. » Prêtre à Marseille, le P. Robert Peloux dresse la même analyse. « Dans ces quartiers, les gens nous font des demandes d’Église pour un baptême ou des obsèques. C’est à nous d’accueillir leur vie telle qu’elle est, de leur montrer qu’elle a de la valeur et que Dieu y est présent. »

Autre évolution à prendre en compte, selon le P. Guy Poisley, prêtre du diocèse de Versailles invité par le Grepo, l’apport des migrations à la pratique religieuse des milieux populaires. « Les gens qui viennent d’Afrique vivent la foi sur d’autres registres, explique-t-il. Pour eux, tout part de la Bible, de la prière. Il faut travailler sur cette réalité-là. »

L’attention aux démunis représente un enjeu d’avenir
Ce sera d’ailleurs le thème de la session du Grepo, l’an prochain : « La religiosité en milieu populaire. » Pour Denis Durand, prêtre de 37 ans dans le diocèse de Sées (Orne), un des plus jeunes membres du Grepo, l’attention aux démunis représente bel et bien un enjeu d’avenir.

« Dans ces quartiers, la population est multiculturelle et multireligieuse. Elle représente la société de demain et c’est pour ça qu’il faut y être présent aujourd’hui, soutient-il. Le problème, c’est qu’avec la baisse du nombre de prêtres, on a tendance à se concentrer sur ceux qui sont déjà présents dans l’Église… »

Pour relever ces nouveaux défis, les membres du Grepo insistent sur la nécessité de renforcer leurs liens avec d’autres acteurs de la mission en milieu populaire : partenaires de la Mission ouvrière (ACE, JOC, ACO), mais aussi Secours catholique, société de Saint-Vincent-de-Paul, équipes d’animation paroissiales, etc.

« Outre les religieuses, nos liens avec les quartiers passent beaucoup par le tissu associatif », remarque le P. Robert Peloux, pour qui la société civile représente aussi un partenaire.
Florence PAGNEUX, Rezé (Loire-Atlantique)

(la Croix)
Saturday 17 May 2008 à 09:47
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16/05/2008 16:32
Un « Cantique des cantiques » étudié et interprété


Souvent médité comme une allégorie de l’Alliance entre Dieu et son peuple, ce poème d’amour est lu aussi comme une rencontre amoureuse exemplaire

«Le Cantique des cantiques, c’est une machine à créer de l’altérité ! » Frank Lalou a l’art de la formule. Cet artiste juif de 50 ans, à la fois plasticien- calligraphe, écrivain et producteur de spectacles, n’a de cesse, depuis vingt-cinq ans, de travailler sur ce livre de la Bible. « J’ai été effaré par sa beauté quand je l’ai lu la première fois, à 14 ans, en Israël ; je l’ai relu à 17 ans, à 20 ans, à 30 ans… Le Cantique m’accompagne. »

Il l’a traduit et commenté dans une quarantaine d’ouvrages ; il en a calligraphié les 117 versets en lettres hébraïques ; il l’a chanté avec des mélodies judéo-espagnoles… Ses expositions à New York, Nice ou Tokyo montrent des photos d’un corps de femme sur lequel sont projetés les versets calligraphiés du poème biblique : « Le Cantique des cantiques trouve sa place sur le corps de l’aimée. Où mieux le situer ? », interroge-t-il.

L’artiste anime aussi des sessions sur le Cantique au cours desquelles, s’appuyant sur sa connaissance de l’hébreu et des traditions juive et chrétienne, il en propose une lecture amoureuse, voire érotique. Car ce chant d’amour est riche en métaphores audacieuses. Les atouts de la bien-aimée sont comparés à « deux faons jumeaux d’une gazelle » (ses seins), à « une tour d’ivoire » (son cou), à « un troupeau de chèvres ondulant sur les pentes de Galaad » (ses cheveux), à « un monceau de froment environné de lys » (son ventre).

« Des colombes près d’un cours d’eau »
Quant au bien-aimé, ses yeux sont décrits comme « des colombes près d’un cours d’eau », sa joue comme « un parterre d’aromates », ses lèvres comme « des lys distillant la myrrhe » et ses jambes « des colonnes d’albâtre plantées sur des socles d’or pur »…

Ce chant met en scène la quête éperdue d’une bien-aimée qui interroge les gardes ou les filles de Jérusalem à propos de son bien-aimé. « Sa fuite m’a fait rendre l’âme. Je l’ai cherché et ne l’ai pas trouvé, je l’ai appelé, il ne m’a pas répondu » (Ct 5, 6). Entre rapprochement et éloignement des deux amants, le poème oscille comme pour signifier que l’amour a besoin d’un tel balancier. « Entre fusion et séparation, le Cantique, comme toute la Bible, nous apprend à aimer », résume Frank Lalou.

D’autres déjà y ont puisé une inspiration sensuelle et poétique. Chagall, peignant une bien-aimée aux yeux fermés, flottant dans un ciel rouge. Victor Hugo, Umberto Eco ou Julia Kristeva… Le chanteur Alain Bashung en a repris la nouvelle traduction, faite pour Bayard par l’écrivain Olivier Cadiot et l’exégète Michel Berder, dans son album L’Imprudence, reconnaissant ne pas avoir « trouvé de mots plus beaux pour exprimer l’amour humain ».

«C’est parce qu’il y a du manque, qu’il y a du désir»
Les psychanalystes aussi sont nombreux à s’être intéressés à ce texte biblique. « C’est parce qu’il y a du manque, qu’il y a du désir. Et, du fait de l’impossibilité d’atteindre l’objet d’amour, le désir peut se renouveler », rappelle Henri Cohen Solal, psychanalyste à Paris et fondateur des institutions éducatives Beit Ham en Israël. Rien d’étonnant, donc, si le Cantique utilise des métaphores d’animaux fuyants (renards, biches…) et si son rythme est répétitif, voire obsédant, comme un songe.

« De même qu’un rêveur restructure le monde, les amoureux réorganisent l’univers à leur goût, dans toute sa puissance d’évocation », note Henri Cohen Solal. Et d’identifier « l’arbre de la connaissance du bien et du mal », dont l’homme ne doit pas manger le fruit (Gn 2, 17), au pommier sous lequel la bien-aimée retrouve son bien-aimé dans l’épilogue (Ct 8, 5).

Parce que le fait d’aimer renouvelle la manière d’habiter le monde, « cet arbre de la connaissance est aussi le lieu de l’amour sublime ». Pour le psychanalyste, la menace qui pèse sur l’homme et la femme de la Genèse – s’ils venaient à consommer du fruit de l’arbre de la connaissance – serait de voir « le secret de la vie, qui réside dans l’amour capté par la connaissance, par la science… »

Comme un rêve
Cette interprétation du Cantique des cantiques comme un rêve est aussi celle que propose la théologienne Marina Poydenot, enseignante au Centre Sèvres à Paris. À 21 ans, au moment de sa conversion, cette musicienne qui compose des chansons, par ailleurs engagée dans la communauté du Chemin-Neuf, a découvert le Cantique. Elle en perçoit alors le sens doublement allégorique (amour entre Dieu et les siens, et entre l’âme et Dieu), mais le sens littéral, celui du désir mutuel entre l’homme et la femme, ne lui parle pas.

Après plusieurs années de travail, guidée notamment par les travaux des juifs américains, du salésien italien Gianni Barbiero, ou encore du jésuite Paul Beauchamp, elle en propose une réflexion personnelle, partant de l’hypothèse qu’il s’agit d’un rêve.

Un rêve éveillé de la bien-aimée qui se remémore ses unions amoureuses avec le bien-aimé. Pour preuve de cette « écriture nocturne », la jeune théologienne relève divers « marqueurs oniriques » («Ne réveillez pas l’amour », « Sur les lèvres de ceux qui sommeillent »…) évoquant ce qui échappe à la maîtrise. « Ce songe tourne autour d’un même objet sans jamais le montrer entièrement, poursuit-elle. On ne sait si le bien-aimé est là ou pas ; quant à la bien-aimée, c’est dans son imagination qu’elle est portée vers lui. »

Si la plupart des exégètes s’accordent aujourd’hui pour considérer que des rédacteurs différents ont écrit les divers poèmes du Cantique et qu’une main unique les a ensuite rassemblés en leur donnant « une touche stylistique finale », certains – tels le Canadien André LaCocque – font l’hypothèse que cette main pourrait être féminine. « Qui peut parler aussi bien le langage de l’intériorité, si ce n’est une femme ? », interroge aussi Marina Poydenot, soulignant l’alternance des pronoms personnels et l’importance du décor… indices de féminité.

"Erotisme subversif"
Selon André LaCocque, l’érotisme du Cantique est « subversif », en ce sens qu’il est « un défi intentionnel aux institutions coutumières » : l’amour qui y est célébré est « libre » (il n’est pas question de mariage ou d’engagement social entre les deux amants), ce qui « augmente le caractère de protestation de l’œuvre » (1).

Après des siècles de lecture allégorique du Cantique des Cantiques, c’est donc davantage son sens littéral qui se voit retenu depuis quelques décennies, y compris par des chrétiens. Ce poème « donne à entendre l’expression d’un amour qui est relation, donc qui incorpore l’expérience d’une distance irréductible », résume Anne-Marie Pelletier (2).

À la différence des cultures antiques orientales et gréco-romaines, où le sacré était massivement sexualisé et l’amour humain conçu comme mimant l’amour des divinités, le Cantique, selon cette enseignante à l’École Cathédrale de Paris, « démythologise éros en le déliant de toute sacralité. Ici, aucun horizon divin n’est évoqué : l’amour humain se suffit à lui-même. »

Mieux, pour Anne-Marie Pelletier : le fait que le Cantique soit inséré au milieu des livres bibliques sapientiaux « évoque aussi la relation que Dieu met entre lui et l’humanité », un face-à-face, un appel à vivre en relation d’amour avec lui. « Le Cantique invite à reconnaître une humanité qui tire sa dignité, et tout simplement son existence, d’être interpellée par Dieu. »

Grande actualité
Il reste une parole singulière qui inaugure en Occident une nouvelle conception de l’amour. « Le Cantique nous apprend que c’est l’amour qui révèle Dieu, poursuit Marina Poydenot. Au fond, même de son désir le plus humain et le plus archaïque se révèle l’habitation divine. »

S’il s’agit de redécouvrir ce poème comme un éloge de l’amour et de la beauté des corps, c’est aussi parce que le couple du Cantique des cantiques dit la grandeur de la rencontre, corps et âme. Et qu’à son écoute, on peut entendre ce que la Bible pense de l’amour. « Le Cantique des cantiques est peut-être le cœur de l’Écriture », n’hésite pas à écrire Sœur Marie-Ancilla, dominicaine, certaine de la « grande actualité » de ce poème en ces temps où beaucoup sont en quête d’expérience mystique (3).

Car l’amour n’est autre que le nom donné à Dieu par l’évangéliste Jean puis par des générations de mystiques. D’Origène à Thérèse d’Avila, de Grégoire de Nysse à Madame Guyon, de Bernard de Clairvaux à Lemaistre de Sacy, de Bossuet à Jean Guitton et de Jean de la Croix à François de Sales ou Thérèse de Lisieux… tous ont perçu que les langages de l’amour, comme ceux du rêve, sont toujours surprenants.

Claire LESEGRETAIN

(1) Article « L’amour au temps de la Bible », dans Le Monde de la Bible n° 128, 8 €.
(2) Dans son Petit bilan herméneutique de l’histoire du Cantique des cantiques (Éd. J.-M. Auwers, 2005).
(3) Dans Le Royaume de Dieu est en vous. Une lecture symbolique du Cantique des cantiques (Parole et Silence, 200 p., 18 €).
(La Croix)
Sunday 18 May 2008 à 23:56
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Cité du Vatican, le 16 mai 2008 - (E.S.M.) - Le pape Benoît XVI a utilisé des paroles fortes et a condamné l'« exploitation d'êtres humains, en particulier des femmes et enfants », tout comme le trafic humain. « La préoccupation essentielle est la plaie du trafic de femmes et d'enfants, et la prostitution - a souligné Benoît XVI en rencontrant les évêques de Thaïlande.

Les évêques de la conférence épiscopale de Thaïlande

La douleur du Saint Père : « l'abominable exploitation des femmes et enfants à des fins sexuelles en Thaïlande »

Synthèse du discours du Saint-Père aux évêques thaïlandais en visite ad limina

Le Pape Benoît XVI a reçu les prélats de la Conférence épiscopale thaïlandais en visite Ad Limina, auxquels il a dit que la mission évangélisatrice de leur petite communauté "prend place dans le cadre des rapports avec le Bouddhisme. Votre respect des monastères bouddhistes -a-t-il ajouté- témoigne de l'estime dont jouit l'Eglise pour sa contribution à la vie socio-culturelle du pays".

"La coexistence des communautés religieuses s'inscrit dans la globalisation et l'accroissement des liens économiques et culturels accroît la solidarité et la responsabilité partagée". Mais il y a des signes préoccupants de fragmentation sou la poussée individualiste...qui marginalise le transcendant et le sacré, éclipse la source d'harmonie et d'unité universelle". Rappelant les "aspects négatifs d'un phénomène qui vous embarrasse comme d'autres responsables religieux, il faut encourager à favoriser avec les Bouddhistes un accord réciproque sur la transmission des traditions, l'affirmation des valeurs perceptibles par la raison, le respect du transcendant, de la prière et de la contemplation".

Rappelant à ses hôtes que l'effusion de l'Esprit est don et devoir, Benoît XVI a dit que la proposition du Christ et de son amour pour le monde s'exprime en Thaïlande "dans les hôpitaux et œuvres sociales de l'Eglise comme les écoles. Puis qu'en plus d'une formation intellectuelle, collèges et écoles catholiques doivent contribuer à la formation spirituelle et morale des jeunes: "J'encourage donc religieux et religieuses à agir avec diligence dans l'éducation diocésaine, là où la mission doit prendre le dessus sur la gestion. Il est très important que les religieux soient proches des écoliers et de leurs familles, notamment avec les classes de catéchèse dans la formation morale et l'attention spirituelle dès le début du cursus". Le Saint-Père a aussi demandé que congrégations et enseignement catholique soient plus ouverts aux pauvres qui, souvent désirent d'approcher du Christ".

Benoît XVI a ajouté que les catéchistes n'ont pas une mission exclusive et que la mission des prêtres est d'annoncer précisément la Parole et de la transmettre à tous. Il a salué "les efforts de la communauté catholique thaïlandaise dans son soutien à la vie, à la dignité de la plus vulnérable, dénonçant en particulier le trafic des femmes et des enfants, ainsi que la prostitution". La pauvreté est un facteur du phénomène, c'est pourquoi il faut être reconnaissants pour les programmes de développement pilotés par l'Eglise qui lutte aussi contre un autre fléau, "l'abominable exploitation humaine qu'elle fait reculer. Il a stigmatisé la banalisation de la sexualité dans les médias et le spectacle qui alimente le déclin de la morale et porte à la dégradation de la femme, à l'affaiblissement de la fidélité matrimoniale et à l'abus de l'enfance .


SANS COMMENTAIRES .
Monday 19 May 2008 à 08:30
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18/05/2008 16:32
Benoît XVI publie une prière pour la Chine


A la veille de la Journée de prière pour l'Église en Chine, le 24 mai, le pape a publié une invocation pour les catholiques de ce pays

Benoît XVI a décidément le regard tourné vers l’Orient. Vendredi 23 mai, le Vatican a rendu public une prière écrite de sa main pour la Journée mondiale de prière pour l’Église de Chine, instituée par lui et qui aura lieu le 24 mai, un an après l’importante lettre qu’il lui avait adressée.

Une première, qu’il faut rattacher à tous ses efforts pour normaliser la situation de cette Église divisée et affirmer son lien avec Rome. Cette prière du pape, publiée aussi en chinois traditionnel et en chinois simplifié, est adressée à la Vierge de Sheshan, près de Shanghai, où de nombreux pèlerins ont coutume de se rendre au mois de mai.

Le pape y évoque "l'engagement de tous ceux" qui en Chine "ne craignent pas de parler de Jésus" malgré les "difficultés quotidiennes". Il demande aussi que les catholiques chinois soient "en toute circonstance un ferment de cohabitation harmonieuse entre tous les citoyens".




Isabelle DE GAULMYN

(La Croix)
Tuesday 20 May 2008 à 10:15
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Libé/Lyon

A voile et sans pudeur


SOCIÉTÉ - L’université de la mode de Lyon-II s’est penchée sur une étoffe qui, a priori, ne relève pas vraiment du champ de la mode: le voile. A côté d’une exposition sur les «Voiles d’Eglise» (1), l’université Lyon-II a réuni durant deux jours historiens des Colloque08 religions et spécialistes de la mode, pour discuter chiffon sur la tête. Les actes de ce colloque sont publiés ce mois-ci. Ou comment un objet religieux recouvre souvent d’autres usages que ceux qui lui ont été attribués par les Ecritures et leur cortège d’exégètes. Comment la frontière entre souci de pudeur et désir de séduction est parfois mince. Comment la mode s’est emparée de ce morceau de tissu pour en faire un symbole de la femme fatale. Levée de voiles...

Séduction biblique

Si les textes ne sont jamais très précis sur le rôle et la forme du voile, quelques fondamentaux mettent à peu près les religions monothéistes d’accord: le voile est signe de soumission à Dieu, de fidélité à son mari et un garde-fou aux tentations de libertinage. Diluée dans le temps et digérée par des sociétés laïcisées, la fonction du voile se résume un peu rapidement par cette formule: «Il n’est pas correct pour une femme de s’afficher en cheveux.» Pourtant, dès les premières références au voile dans la Bible, sa symbolique du voile était plus complexe et plus ambiguë: «Qu’il s’agisse du voile porté par la future mariée ou de celui de la prostituée, le voile précède souvent l’acte sexuel», note Daniel Faivre, historien des religions au Centre universitaire catholique de Bourgogne. Dans un ouvrage datant du Ier siècle avant notre ère,assez clairement intitulé les Pièges de la femme et qualifié par Daniel Faivre de «monument de la misogynie mondiale», le voile est comparé à un filet dans lequel les hommes se prennent etpar lesquels ils se font entraîner vers les enfers féminins. Selon lui, dans l’Ancien Testament, le voile dit biblique symbolisait finalement «peut-être moins la faiblesse des femmes qu’une certaine forme de puissance, une manière spécifique d’affirmer leur différence et de prendre un moment l’ascendant sur l’homme.»

Se couvrir pour mieux se découvrir

«Le voile cache mais, contrairement aux autres artifices habituellement utilisés à cette fin, il montre et affiche qu’il cache, comme s’il avait pour fonction essentielle d’attirer le regard», expose Bruno Gelas, professeur de littérature à Lyon-II, s’interrogeant sur les jeux de voile et l’éveil du désir. Jeux que l’on retrouvera, au-delà des voiles strictement religieux, dans ses différentes déclinaisons culturelles, de la voilette à la mantille. Selon la culture, l’interprétation religieuse ou l’époque, la partie à cacher varie: chevelure, une partie du visage, tout le visage, voire tout le corps… Il n’y a pas de zone érogène en soi. Mais «Ce qui est caché l’est pour être ensuite montré», explique Bruno Gelas, professeur à Lyon-II. Bref,Autrement dit, si l’on se voile, c’est toujours pour mieux se dévoiler.

De la morale au foulard

Le voile, débarrassé de sa signification religieuse ou morale, s’appelle le foulard. Et, cContrairement à une idée reçue, «il est plutôt symbole de liberté et d’élégance», selon Alexandre Fiette, conservateur au musée d’Art et d’histoire de Genève. Même s’il est avant tout là pour donner une allure «correcte» à la femme. Le foulard fait sa réelle apparition dans la mode entre les deux guerres. Il a d’abord une fonction pratique. C’est l’époque de la bicyclette et des premières tentatives de casual wear. Les femmes découvrent la jupe-culotte, le sac en bandoulière… Et le foulard. Nettement plus fonctionnel que le chapeau pour se promener à vélo.La Seconde Guerre mondiale et ses privations vont accélèrent le mouvement. Le foulard s’avère bien utile et peu onéreux pour cacher des cheveux que l’on n’a plus les moyens d’entretenir. Le chapeau des modistes devient un luxe. Et, petit à petit, un objet cantonné aux grandes occasions et à certaines femmes. Après-guerre, les coiffeurs, maîtrisant désormais la science du volume capillaire, lui portent un coup fatal. Le foulard prend le dessus et devient l’accessoire phare de la mode jusqu’au petit milieu des années 60. Associé à la conductrice de cabriolet ou à la star hollywoodienne, il symbolise la femme fatale et libre. Cette dernière, toute libérée qu’elle était, pourtant, devait toujours éviter de «sortir en cheveux». En 1963, Vogue décrète subitement que le foulard est has been. L’oracle a parlé. Le foulard disparaît dans les années qui suivent. Puis 68 est passé par là (peut-être plus sûrement queVogue) autorisant la femme à sortir tête nue.

La mode revisite l’islam

Le retour du voile religieux, via le foulard islamique, dans les sociétés occidentales n’a pas échappé au souci d’élégance. «Il suffit de regarder les jeunes filles musulmanes voilées aujourd’hui en France pour constater qu’au-delà de la démarche religieuse, il y a souvent aussi la volonté d’être jolies», note Nadine Gelas, présidente de l’université de la mode. Noué derrière la nuque, sous le menton ou en turban, accessoirisé de rubans ou de barrettes, coloré, le voile islamique est devenu chez certaines jeunes filles objet de recherche en coquetterie. S’inspirant principalement des codes de modes orientaux et le remettant au goût du jour. «On sent une influence très nette depuis quelques années de cette mode au travers du retour des superpositions de tissus, les tuniques sur pantalons, que l’on retrouve aujourd’hui partout», explique Nadine Gelas. Notant même cette année l’arrivée du keffieh, le foulard des Bédouins devenu symbole des Palestiniens, dans les collections du printemps-été 2008.

A.Gd


http://libelyon.blogs.liberation.fr/info/2...le-et-sans.html



Tuesday 20 May 2008 à 19:57
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Est-on sur que Juda est un traite ?comme certains le disent

Sans son action la passion n'aurait pas eu lieu!






Wednesday 21 May 2008 à 09:48
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20/05/2008 20:45
Les religieux à la pointe de la lutte mondiale contre le sida


Les instituts de religieux et religieuses ont mené une grande enquête internationale pour faire connaître leur action contre la pandémie. Une action qui manque cruellement de moyens

C’est un fait peu connu : les congrégations religieuses ont été parmi les tout premiers dans le monde à se mobiliser dans la lutte contre le sida et la prise en charge des malades. En Jamaïque, par exemple, elles ont construit des centres de soins palliatifs dès le milieu des années 1980.

Et le premier hôpital pour les malades du sida à New York a été créé en 1985 par Mère Teresa. Depuis, cet engagement n’a pas cessé, à la hauteur d’une maladie qui touche aujourd’hui 33 millions de personnes, et continue à en tuer chaque année près de 3 millions.

Or, ce travail reste largement sous-estimé : « On se contente d’une vision caricaturale négative de l’Église catholique sur ce sujet, uniquement à travers la fenêtre du préservatif », déplore Sœur Maria Martinelli, missionnaire combonienne. De ce fait, les instituts religieux passent pour difficilement crédibles dans la lutte contre le sida, alors qu’ils en sont l’un des acteurs majeurs : « On ne nous écoute pas, on ne nous aide pas », indique la religieuse.

Destinataires de 5 % du fonds global de l’ONU
Par exemple, on estime que 26 % des services utilisés contre le sida dans le monde viennent de congrégations religieuses. Or ces dernières ne sont destinataires que d’une minuscule fraction – 5 % – du fonds global de l’ONU consacré au sida, à la tuberculose et au paludisme. « Dans certains pays pauvres, renchérit le P. Frank Monks, camillien, les religieux représentent plus de 40 % des services sanitaires, mais ils ne sont jamais consultés et sont contraints de travailler seuls, avec des résultats difficiles. »

Manque d’estime, manque de visibilité : l’Union des supérieurs généraux (USG) et l’Union internationale des supérieures générales (UISG), qui regroupent les responsables des instituts masculins et féminins, ont ressenti le besoin de mieux connaître et faire connaître leur action contre le sida : « Aujourd’hui, il devient important aussi de démontrer son professionnalisme. C’est aussi un moyen pour pouvoir ensuite peser sur les décisions », explique Sœur Maria Martinelli. Il a semblé nécessaire aussi de mettre en commun expériences et compétences, pour éviter que chacun s’épuise dans ce combat.

Aidés par l’université jésuite Georgetown de Washington et par les Nations unies, les responsables de l’USG et de l’UISG se sont donc lancés il y a deux ans dans un grand travail d’enquête sur le terrain, un mapping (inventaire systématique par zone géographique), de façon à déterminer jusqu’à quel point religieuses et religieux sont engagés dans la lutte contre le sida, et sur quelques domaines en particulier. Le résultat en est un état des lieux très complet.

Une implication massive des congrégations
Premier enseignement : au regard des réponses reçues, l’implication des congrégations est en effet massive. Pour la seule Afrique, elles travaillent – avec des laïcs – dans près de 1 000 hôpitaux, 5 000 dispensaires et 800 orphelinats.

La spécificité des religieux, c’est que leur implication va au-delà des soins médicaux proprement dits : « Le sida n’est pas seulement à combattre avec des médicaments, explique Sœur Maria Martinelli, médecin avec une longue expérience en Afrique. L’aspect social, éducatif, de prévention, mais aussi l’assistance spirituelle et pastorale sont importants. »

40 % ont un service de dépistage et de prévention
Parmi les instituts qui ont répondu, 40 % ont un service de dépistage et de prévention face au sida, la moitié assurent des services sociaux, et la très grande majorité – 91 % – est impliquée dans des services d’information et d’éducation.

Sur la prévention, poursuit la religieuse, « nous pensons que justement, la lutte contre le sida ne se réduit pas au problème du préservatif. Sur le terrain, les campagnes de prévention qui sont faites uniquement sur l’usage du préservatif ne marchent pas. Cela concerne tous les aspects de la vie et de la société, éducation, entourage. Mais ensuite, nous rencontrons des situations très diverses dont il faut tenir compte : prostituées, couples dont l’un est infecté… On ne peut pas avoir une réponse trop nette : on connaît la position morale de l’Église, mais, contre le sida, il est important de mettre en œuvre tout ce qui sert à prévenir, et dans certaines situations, le préservatif entre dans ce cadre. »

Les trois quarts des ordres religieux assurent aussi une assistance de type pastoral, face à aux conséquences de la pandémie, prenant en compte toutes les personnes concernées, notamment les orphelins : comme l’explique l’étude, l’État a souvent du mal à s’occuper des jeunes générations, privées de parents.

Lutte contre la stigmatisation des malades
On compte aujourd’hui 15 millions d’orphelins dans le monde à cause du sida. Les religieux sont fortement engagés également dans la lutte contre toute stigmatisation des malades, et deux tiers des congrégations sont engagées dans des programmes de conscientisation des personnes, y compris à destination des leaders, de « tous ceux qui ont une position d’autorité et peuvent déterminer, au vrai sens, l’avenir de la pandémie et de ceux qui sont atteints de cette terrible maladie ».

En revanche, sur le plan médical, peu d’instituts religieux disposent d’un laboratoire, et 39 % seulement ont donné à leurs membres une formation spéciale sur les médicaments antirétroviraux (ARV), qui jouent un rôle essentiel pour enrayer la pandémie.

C’est que les religieux, montre cette enquête, manquent cruellement de moyens : « Ils passent un temps infini à la recherche de fonds, et beaucoup sont gênés par le manque d’infrastructures financières », signale le rapport. Or, le besoin d’argent va croissant, pour assurer aux malades les soins de base, sans parler des médicaments ARV… et de la recherche.

Isabelle DE GAULMYN, à Rome

(La Croix)
Wednesday 21 May 2008 à 10:42
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Tunisie: environ 6.000 pèlerins juifs attendus à la Ghriba

AP - Mardi 20 mai, 18h52

TUNIS - Environ 6.000 personnes, dont plus d'un millier venant d'Israël, devraient effectuer cette année le pèlerinage à la synagogue de la Ghriba, l'un des plus anciens lieux de culte juif bâti il y a quelque 2.500 ans sur l'île de Djerba, dans le sud tunisien, selon la tradition.
(Publicité)

Les pèlerins ont commencé à arriver dimanche pour un séjour qui atteindra son apogée jeudi lors de la procession rituelle, en présence du ministre tunisien du tourisme Khalil Laajimi et des autorités régionales, a expliqué à l'Associated Press, le président de la Ghriba, Perez Trabelsi.

Selon le gardien de cette prestigieuse synagogue, il y aura cette année 40% de plus de pèlerins qu'en 2007: la désaffection qui avait suivi l'attentat perpétré par Al-Qaïda en avril 2002 (21 morts), semble oubliée. Depuis, un dispositif de sécurité renforcé est déployé sur l'île en la circonstance.

La plupart des pèlerins viennent de France, les autres de divers pays européens et d'Amérique du Nord. Les Israéliens transiteront par eux par la Turquie, Malte ou la France. "S'il y avait des vols directs, leur nombre pourrait atteindre les 20.000", estime Perez Trabelsi.

Parmi les personnalités attendues, il a cité le grand rabbin de Berlin, Abraham Haus, outre quelque 100 juifs du Canada,.

La communauté juive de Tunisie que préside le sénateur Roger Bismuth, compte environ 1.500 personnes, la plupart vivant à Djerba, "en bonne entente avec les musulmans de l'île depuis des siècles", se félicite Perez Trabelsi. AP

http://fr.news.yahoo.com/ap/20080520/twl-t...ge-1be00ca.html

Thursday 22 May 2008 à 15:41
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« Si je ne peux pas rentrer en Inde, je vais mourir »



L'écrivain Taslima Nasreen raconte son départ d'Inde...


Pourquoi les autorités indiennes ont-elles décidé de vous enfermer, vous, et pas les islamistes qui vous menaçaient ?

Le gouvernement indien ne veut pas perdre de voix, même quand elles viennent de criminels. Les autorités n'ont rien fait contre eux, mais contre moi. Pour les satisfaire, c'est moi qu'ils ont arrêtée et placée en résidence surveillée. Or, émettre une fatwa contre quelqu'un est illégal en Inde. Pire, à Hyderâbâd, en septembre 2007, j'ai été physiquement attaquée par des islamistes. Mais personne n'a été inquiété par la justice.

Pourtant, en 1994, lorsque vous avez dû quitter le Bangladesh, l'Inde vous avait défendue...

Je suis une écrivain laïque. Quand j'ai été attaquée au Bangladesh, en 1994, beaucoup d'écrivains, d'hommes politiques, de partis politiques indiens ont pris position en ma faveur. Mais en 2008, quand la même chose est arrivée en Inde, personne, ou très peu, ne m'a défendue. Parce qu'au­jourd'hui, en Inde, la défense des minorités semble supplanter la défense de la laïcité. Or, c'est une erreur, le fondamentalisme reste du fondamentalisme même s'il provient d'une minorité opprimée, comme celle des musulmans en Inde. L'Inde, qui se veut une grande démocratie, devrait défendre des voix comme la mienne. Pour moi, les droits de l'homme ne sont pas compatibles avec les religions. L'islam, comme les autres religions, doit accepter la critique. On me considère comme un écrivain anti-islam, mais ce n'est pas le cas, je critique toutes les religions. Sauf que, pour l'instant, on ne peut pas critiquer l'islam.

D'autant plus quand on est une femme, comme vous l'écrivez dans votre livre ?

Oui, je crois que si j'avais été un homme, je n'aurais pas été forcée de quitter le Bangladesh, puis l'Inde. Parce que traditionnellement, en Inde, au Bangladesh et dans le sous-continent en général, les femmes sont calmes et douces et ne prennent pas la parole. Le fait que je le fasse, cela dérange tout le monde : les islamistes bien sûr, mais aussi les athées dont certains sont très misogynes, ou même les communistes, qui, en Inde, sont très attachés au schéma patriarcal.

Comment, dans un tel environnement, avez-vous pu devenir féministe ?

J'ai été élevée dans un milieu peu religieux, mais très conservateur. Assez rapidement, je me suis interrogée sur les raisons pour lesquelles je n'étais pas autorisée à faire les mêmes choses que les hommes. Sans rien lire, sur la base de mon expérience, j'en ai conclu que les femmes n'étaient pas traitées comme des êtres humains à part entière. Et j'ai commencé à me battre contre cela, seule. Mais dès que j'ai commencé à écrire, j'ai reçu beaucoup de soutien. J'ai reçu autant d'amour de mes lecteurs que de haine de mes détracteurs.

Vous réussissez à écrire en ce moment ?

Non, je suis trop déprimée. En 1994 aussi, quand j'ai été expulsée du Bangladesh, je n'ai pas pu écrire pendant des mois. Le cauchemar recommence. Cela me tue. Si je ne peux pas rentrer en Inde, je vais mourir. Le Bangladesh, l'Inde sont mon oxygène.



Recueilli par Armelle Le Goff

http://www.20minutes.fr/article/231806/Mon...vais-mourir.php


Ce message a été modifié par Okomarac - Thursday 22 May 2008 à 15:43.
Saturday 24 May 2008 à 11:02
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Le Québec s’accroche à son crucifix
HÉLÈNE DESPIC-POPOVIC
QUOTIDIEN : samedi 24 mai 2008


Le Québec ne retirera pas le crucifix qui trône derrière le siège du président du parlement de la Belle Province. C’est ce qu’ont décidé, jeudi, les députés par un vote à l’unanimité des présents. «L’Eglise a joué un rôle important dans l’histoire du Québec, et le crucifix est le symbole de cette histoire. Ce n’est pas seulement religieux», a justifié le Premier ministre québécois, le libéral Jean Charest. La motion de son gouvernement constitue une première fin de non-recevoir aux recommandations de la commission créée pour repenser les problèmes nés de la diversité ethnique, culturelle et religieuse. L’an dernier, ce débat sur les concessions envisageables à l’égard des minorités afin qu’elles ne se sentent pas discriminées, qu’on appelle au Québec les «accommodements raisonnables», avait révélé le malaise identitaire des Québécois francophones, minoritaires au Canada, mais majoritaires dans la province et devant composer avec des immigrants du monde entier.

Montés en épingle par les populistes, plusieurs incidents avaient frappé l’opinion comme la querelle autour du port du kirpan (poignard) sikh dans une école, ou l’interdiction de la lapidation des femmes édictée par une commune où ne vit aucun immigré. Pour prévenir les dérapages racistes, la commission formée par Gérard Bouchard et Charles Taylor a donc présenté une série de propositions qui se veulent proches des attentes des gens. Ainsi, procureurs ou policiers n’auraient pas le droit de porter des insignes religieux, mais celui-ci serait reconnu aux enseignants ou aux infirmières.

La motion sur le crucifix montre que les recommandations des deux intellectuels - l’un est francophone et l’autre anglophone - ne seront pas appliquées telles quelles. Pour les nouveaux venus, qui devront à l’avenir signer une déclaration sur les valeurs communes, «immigrer est un privilège», a souligné Jean Charest. Les aider à s’intégrer est par contre de «la responsabilité» des Québécois.

(Libé)
Saturday 24 May 2008 à 13:37
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Le roi Abdallah fustigé par Al-Qaïda

Dans un document vidéo diffusé sur internet, un dirigeant d'Al-Qaïda accuse l'Arabie saoudite et son souverain de céder aux ennemis de l'islam en prônant la modération et un dialogue avec les juifs et les chrétiens. Ce message d'Abou Yahya al Libi survient alors qu'une conférence de dignitaires musulmans est envisagée cette année en Arabie afin de combattre l'extrémisme, à la suite de l'appel au dialogue interreligieux qu'a lancé en mars le roi Abdallah. "Celui que des religieux flagorneurs appellent défenseur du monothéisme hisse le drapeau de la fraternité entre les religions (...) et pense avoir trouvé une sagesse qui arrête les guerres et supprime les facteurs d'hostilité entre les religions et les peuples", dit Libi en faisant clairement allusion au souverain saoudien. "Par Allah, si vous ne résistez pas héroïquement à ce tyran vicieux (...) le jour viendra où les cloches d'église résonneront en plein coeur de la péninsule d'Arabie. Et le cas du Qatar n'est pas loin de vous." Libi se réfère ici à la décision prise en mars par le Qatar d'autoriser l'inauguration de la première église de l'émirat du Golfe, qui est un allié des Etats-Unis. La vidéo a été diffusée jeudi sur des sites internet utilisés par Al-Qaïda et ses émules. Le roi Abdallah dirige les opérations menées par le gouvernement saoudien pour éliminer des activistes de la nébuleuse terroriste en guerre contre la famille royale depuis 2003.

http://www.lejdd.fr/cmc/scanner/internatio...9492.html?popup



Ce message a été modifié par Okomarac - Saturday 24 May 2008 à 13:38.
Sunday 25 May 2008 à 09:21
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Religion et lutte contre l'excision : Karamoko Befo déclaré «indésirable» par le Bureau national de la LIMAMA
Bamako Hebdo, 24/05/2008
Le prêcheur El Hadji Issa Sacko, dit Karamoko Bèfo, s'était contredit il y a quelques jours en lançant des nouvelles cassettes sur l'islam et l'excision. Au cours de la cérémonie de lancement de ces nouvelles cassettes, Karamoko Bèfo avait dit ceci: "il n y a aucune phrase du Saint Coran qui dise que l'excision est obligatoire". Cette phrase n'a pas été du tout appréciée par la Ligue Malienne des Imams et Erudits pour la Solidarité Islamique (LIMAMA).

Dans une déclaration de la LIMAMA dont nous avons reçu copie, il est mentionné que "suite au lancement , mardi 6 mai, au début du journal télévisé de 20 h 15 d'une cassette vidéo prétendant que la pratique de l'excision est sans fondement religieux, le Bureau National de la LIMAMA , réuni en session extraordinaire le dimanche 11 mai 2008 ", pense que les propos contenus dans la cassette incriminée sont contraires à la vérité, "parce que contraires à l'esprit et à la lettre des textes qui fondent la loi, le Coran et les Hadith en particulier".

Mieux ,selon le bureau de l'ensemble des Imams du Mali les motifs, qui selon plusieurs témoignages, ont convaincu et décidé l'auteur sont indignes d'un savant religieux ."Les termes, le style et le ton employés par l'auteur de la cassette sont une insulte pour l'Islam et pour les musulmans, ceux de notre pays en particulier. Parce que ces termes, ce style et ce ton constituent un outrage à la famille du Prophète, PSL ". C'est pourquoi le bureau de la LIMAMA, conformément aux conclusions du séminaire organisé par le Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM), au Centre Islamique de Hamdallaye les 29, 30, et 31 Mars 2005 et animé par la conférence des Oulémas affirme "que la pratique de l'excision des fillettes se fonde sur le Coran et les Hadith, qu'en conséquence elle est licite".

D'après la déclaration de la LIMAMA, Issa Sacko dit Karamoko Bèfo, puisqu'il s'agit de lui, "n'a parlé qu'en son seul nom. Il est désormais déclaré indésirable dans les réunions , conférences et autres manifestations organisées par les Imams, en un mot Karamoko Bèfo peut se considérer comme banni par les religieux de notre pays". Pour ce qui de l'applicabilité de cette décision, les imams ne se font aucun souci, car tous les imams du pays ont reçu la lettre et que, de plus, la déclaration a été envoyée dans toutes les mosquées du pays. Les membres du bureau ont ajouté que cette affaire ne devait pas rester impunie " ça va créer des précédents, c'est pour éviter tout problème".

Le Président du Haut Conseil Islamique du Mali, El Hadji Mahamoud Dicko, qui est aussi imam, nous a fait savoir que les propos de Karamoko Bèfo sont blasphématoires. C'est pourquoi cette décision a été prise à l'unanimité des imams présents à la réunion. "Nous ne l'empêcherons pas de vaqguer à ses occupations, nous avons dit aux gens de ne pas le toucher. Pas de violence. Mais pour ce qui est des manifestations, elles lui sont interdites. Parce qu'il ne faut pas que les gens s'amusent avec la religion. Et, en tant que président du Haut Conseil, notre devoir est d'assainir les prêches et de sensibiliser les prêcheurs. C'est d'ailleurs l'une des missions de mon bureau et nous allons travailler avec les responsables des radios pour assainir les prêches sur les antennes du pays".

Selon Mahamoud Dicko, il n'est plus question de laisser les gens faire n'importe quoi au nom de la religion musulmane, car cela ne fait pas honneur à la majorité des Maliens, qui sont musulmans.
Kassim TRAORE


http://www.maliweb.net/category.php?NID=31305&intr=
Sunday 25 May 2008 à 09:24
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Le vendredi 23 mai 2008

Cours d'éthique et culture religieuse: des parents montent au créneau
http://www.cyberpresse.ca/article/20080523...19/CPACTUALITES
Louise Leduc

La Presse

Les opposants au cours d'éthique et culture religieuse ont pris les grands moyens hier: une pleine page de publicité dans six grands journaux du Québec, invitant les parents à écrire à leur directeur d'école pour faire exempter leur enfant de ce programme qui sera lancé l'automne prochain.


La Coalition pour la liberté de choix en éducation, qui a manifestement les moyens financiers de ses ambitions, a fait valoir dans ses publicités que le nouveau cours de religion est susceptible de causer «des préjudices graves» à l'enfant en brimant «ses libertés fondamentales de religion, de conscience, d'opinion et d'expression» et en l'exposant «au courant philosophique mis de l'avant par l'État: le relativisme». Mais surtout, conclut le texte, ce futur cours porte «atteinte à la foi de l'enfant».

Antoine Mallek, porte-parole de la Coalition, ne digère pas que le ministère de l'Éducation soit allé de l'avant sans réelle consultation indépendante et sans se préoccuper du fait que les enseignants devront se présenter devant les enfants avec une formation minimale «d'à peine huit heures», au mieux. «Qu'a donc la ministre (de l'Éducation) Michelle Courchesne contre le cours de religion chrétienne?» demande M. Mallek.

La stratégie de sa Coalition - qui est financé par des dons privés, précise M. Mallek - est d'encourager les parents à user de cette même exemption, dit-il, qui a fait en sorte que les enfants ont pu, pendant des années, suivre des cours d'enseignement moral plutôt que religieux.

La loi peut-elle quelque chose pour les parents qui veulent le statu quo et le maintien des cours plus traditionnels de religion? Au ministère de l'Éducation, l'attaché de presse Jean-Pascal Bernier souligne que la loi sur l'instruction publique comporte une clause prévoyant que pour des raisons humanitaires ou pour éviter un préjudice grave à un élève, la commission scolaire puisse l'exempter d'un cours particulier.

Mais, précise-t-il, si des parents ont déjà présenté de telles demandes, «aucune n'a répondu à cette clause. Toutes les demandes sont cependant étudiées».
Monday 26 May 2008 à 09:52
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Les évangélistes, accros à Dieu et prosélytes en diable
Religion. Samedi, la Marche pour Jésus a rassemblé ce courant protestant très militant.

CATHERINE COROLLER


«Ça décape, hein ?» lance l’homme avec un grand sourire. Le bruit est effectivement infernal. «On parle toujours du "petit" Jésus mais Dieu, c’est la puissance» , hurle-t-il. Samedi à Paris. Dans un déluge de décibels, la 19e Marche pour Jésus vient de quitter la place de la République pour celle de la Nation. Un premier camion emportant un prédicateur et des musiciens, sono à fond, enfile le boulevard Voltaire, suivi d’un groupe de danseurs du Centre de formation artistique chrétien Psalmodia, vêtus d’un pantalon de treillis et d’un tee-shirt blanc. «Cet après-midi, vous voyez des milliers de personnes qui marchent et chantent joyeusement dans les rues de Paris. Savez-vous pourquoi ?» interroge le tract distribué aux passants. Réponse : pour proclamer leur foi urbi et orbi.


Finie l’époque des catacombes. Les religions ne se cachent plus. Elles entendent exister au grand jour. Créée en 1991 par des «chrétiens de toutes dénominations» appartenant majoritairement à la mouvance protestante évangélique, la Marche pour Jésus rassemble chaque année quelques milliers de fidèles, noirs pour la plupart.

Retape. Le cortège a à peine quitté République qu’il s’arrête. Le pasteur, juché sur le camion de tête, bénit «M. Sarkozy, les membres du gouvernement, le maire de Paris». Certaines banderoles affichent cette même tonalité patriotique : «France, nous prions pour toi.»

Sur les trottoirs, les fidèles évangélisent les badauds. Distribuant des tracts au son d’un vibrant «Jésus vous aime», entrant dans les magasins pour porter la bonne parole à des commerçants éberlués. Un homme propose à une passante sceptique de lui donner son numéro de portable pour qu’elle l’appelle si elle décidait enfin d’ouvrir son cœur à Dieu.

Yolande et Colette, 59 et 65 ans, se présentent comme des «missionnaires». Enfants, elles ont eu une éducation catholique, mais ont entendu un jour «l’appel de Dieu» et se sont converties au protestantisme évangélique. Depuis, elles font de la retape. «Mais ça n’est pas nous qui convertissons, c’est le Seigneur qui touche les cœurs.» Au-dessus de deux grosses cylindrées, un calicot : «Association des motards évangéliques.» Edy est l’un de ses membres. D’«origine catholique» , blanc, il a été militaire pendant vingt-cinq ans. Aujourd’hui, il est musicien professionnel, membre de la très sérieuse Eglise réformée de France, mais participe également à des «groupes de louanges» .

Sectes. Aux côtés des 66 églises membres de l’association Marche pour Jésus, les fidèles de l’église évangélique Charisma sont présents en nombre. Leurs revendications sont plus politiques. Ils sont venus avec des panneaux sur lesquels on peut lire : «Nous voulons des temples», «Athées en voie de disparition», «Pour la liberté de croire» , «Laïcité, la cité pour tous».

Les protestants évangéliques se plaignent d’être maltraités. Par les médias qui en font des agents des sectes américaines accusées de vouloir conquérir le monde . Et par les municipalités qui leur refusent les lieux de culte qu’elles accordent désormais aux musulmans.

Pour François Célier, pasteur et écrivain, chargé de la communication de la Marche pour Jésus, le climat est toutefois en train d’évoluer :«On peut plus facilement exprimer sa foi.» Les prises de position de Nicolas Sarkozy sur la place du religieux y ont-elles contribué ? «Il a libéré la parole», confirme-t-il. Mais qu’est-ce que ces protestants évangéliques ont à dire ? «Nous sommes très attachés aux valeurs de la famille, et contre l’avortement», résume Dominique Leuliet, président de la Marche pour Jésus. Pour lui, les religions doivent «sortir des lieux de culte et impacter toutes les sphères de la société». Autre position typiquement évangélique : «Il y a de grandes probabilités créationnistes», avance François Célier. En résumé, contrairement à ce qu’a montré Darwin, l’homme ne descendrait pas du singe.

Shofar. Ces militants affichent d’autres sympathies. Avant le départ de la manifestation, on avait aperçu dans la foule des petits drapeaux israéliens. Le départ du cortège a été donné au son du shofar, corne de bélier utilisée dans la tradition juive pour appeler les fidèles à des cérémonies ou au combat. Au passage du cortège apparaît soudain un petit groupe arborant des grands drapeaux hébreux. Ce sont les juifs messianiques. Pour eux, Jésus était le Messie attendu par le peuple juif. Officiellement toutefois, la Marche pour Jésus ne roule pas pour Israël. Si 54 % des protestants évangéliques américains soutiennent l’Etat hébreu, leurs homologues français sont plus pudiques. François Célier est pourtant vice-président de la très droitiste Union des patrons et professionnels juifs de France (UPJF) et membre directeur de France-Israël. Fabienne Petit, co-organisatrice de la Marche pour Jésus, qui sonnait gaillardement du shofar, affiche aussi ses sympathies pour l’Etat d’Israël et était présente, hier, aux cérémonies du 60e anniversaire de l’Etat hébreu.

(Libération)


Ce message a été modifié par sandie72 - Monday 26 May 2008 à 09:53.
Tuesday 27 May 2008 à 08:16
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Angleterre: les Juifs libéraux renforcent le rôle de la femme et renoncent à nommer Dieu au masculin
26-05-2008

Le mouvement britannique pour un judaïsme réformé insiste sur l'égalité des droits entre femmes et hommes dans la religion juive. Un livre de prière publié le 19 mai renonce pour la première fois à donner à Dieu des noms et attributs exclusivement masculins.

Des figures bibliques féminines comme Rachel et Sarah ont des places aussi importantes que les figures masculines dans ce recueil de prières quotidiennes.

Outre le livre de prière, le mouvement a également publié les résultats d'une enquête sur la question religieuse du genre.

Trois quarts des chrétiens, mais moins de la moitié de la population anglaise, estiment que Dieu est de sexe masculin.

Pour 60% des personnes interrogées chaque religion est en principe sexiste. Cependant plus de deux tiers de la population lui accordent une importance capitale pour la vie moderne.

Le mouvement pour un judaïsme réformé adopte une position libérale sur de nombreuses questions religieuses et de société, comme par exemple sur l'homosexualité. Il s'oppose en ce sens aux juifs orthodoxes. Un quart des 300'000 juifs britanniques soutient ce mouvement de réforme.


http://www.bonnenouvelle.ch/20080526605/br...u-masculin.html


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Wednesday 28 May 2008 à 09:28