Sunday 09 September 2007 à 21:42
Enquête sur l'homophobie en milieu scolaire : des chifres alarmants
A quelques heures de la rentrée scolaire, SOS homophobie publie les chiffres d'une enquête sur l'homophobie à l'école. Des chiffres alarmants qui témoignent de la persistance d'un climat homophobe qui va de la moquerie à l'agression physique.
L'étude de SOS homophobie a été réalisée à l'échelle nationale (principalement par le biais de son site web) en 20052006. Les résultats portent sur 712 réponses au questionnaire de l'association.
L'homophobie à l'école est une bien une réalité et l'Education Nationale ne fait pas ce qu'il faut pour la combattre: tels sont les enseignements majeurs de l'enquête.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes.
58% des personnes interrogées déclarent avoir été victimes ou témoins d'actes homophobes.
Le lycée (40 % des cas) et le collège (38 %) sont les lieux privilégiés de ces actes homophobes.
Les manifestations de l'homophobie sont principalement des moqueries (29 % des cas) et insultes (26 %). Toutefois, dans 5 % des cas il y a coups et blessures.
Ces faits sont souvent renouvelés ou permanents (46 %).
Autre information inquiétante : 21 % des personnes interrogées déclarent avoir été victimes ou témoins d'homophobie de la part de l'institution (encadrement, administration).
Les conséquences de cette homophobie apparaissent alarmantes en termes d'incidences sur la scolarité et la santé des personnes qui ont sont victimes. Baisse des notes (16 %), mal-être, déprime (35 %), conduites à risques (9 %), ou tentatives de suicide (5 %) en sont les principaux symptômes.
Face à ces faits, la réaction de l'institution apparaît insuffisante quand elle n'est pas inexistante. Globalement, les faits restent souvent ignorés des adultes. 44 % des victimes n'ont jamais osé en parler et quand la situation est connue, seulement 5 % d'entre-elles déclarent avoir reçu un soutien de la part de l'encadrement.
Les victimes estiment pour 89 % d'entre elles que l'homophobie est passée sous silence dans les manuels scolaires et à 79 % par les enseignant-e-s. 88 % sont d'avis que l'Éducation Nationale ne fait pas ce qu'il faut et 90 % d'entre-elles pensent que les personnels devraient être formés à la lutte contre l'homophobie.
Face à ce constat, SOS homophobie interpelle à nouveau les autorités publiques pour la mise en place, conformément aux engagements du Président de la République, d'une véritable politique de lutte contre l'homophobie.
Pour SOS homophobie, "l'institution doit faire des gestes forts, les personnels doivent être formés (IUFM, formation continue), les élèves doivent être sensibilisés, les programmes et les manuels ne doivent plus passer sous silence les questions liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre". "Ce sont en effet l'ignorance et les clichés qui constituent le terrain de l'homophobie, de la lesbophobie et de la transphobie ordinaires" estime l'association.
Si les associations peuvent obtenir un agrément auprès des rectorats pour effectuer des actions de sensibilisation en milieu scolaire, leurs demandes se voient très souvent refusées sous les prétextes les plus fallacieux : dossiers non parvenus, manque de pièce, ou encore, sous prétexte que le but de l'association n'est pas en adéquation avec la mission de sensibilisation.
SOS homophobie met également en question l'usage font les autorités rectorales des trois circulaires ministérielles qui ont mis la lutte contre l'homophobie dans les établissements scolaires à l'ordre du jour et recommandent l'intervention d'associations partenaires si possible agréées.
Bien qu'ayant reçu l'agrément d'une Académie, SOS homophobie, victime comme les autres associations de tracasseries et de refus pour une autre demande, va intenter un recours devant le Tribunal Administratif et se joindre à la saisine de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Égalité (HALDE), faite par l'association Couleurs Gaies sur le refus d'agrément qu'elle a reçu de l'Académie de Metz.
L'intégralité de cette étude est disponible sur notre site web http://www.sos-homophobie.org
SOS homophobie
c/o CGL, 3 rue Keller, BP 255, 75524 Paris cedex 11
www.sos-homophobie.org
Source