jeudi 22 mai 2008 à 19:10
Prévention de l'homophobie à l'école : des associations catholiques attaquent en justice

SOS homophobie dispose depuis 2004 de l'agrément du rectorat de Versailles pour intervenir dans les établissements scolaires afin de lutter contre les préjugés homophobes. Cette situation déplait manifestement à certaines associations catholiques qui attaquent le rectorat en justice afin d'obtenir le retrait de cet agrément.
De nombreuses associations interviennent dans les établissements d’enseignement, notamment au titre de la prévention des discriminations racistes, sexistes, et autres. Certaines, dites complémentaires de l’enseignement public, peuvent bénéficier d’un agrément des rectorats au titre de ces interventions.
C'est à ce titre que SOS homophobie bénéficie depuis juillet 2004 d’un agrément de principe du rectorat de l’académie de Versailles, renouvelé chaque année. Cet agrément s’inscrit dans le cadre des circulaires de l’Education nationale visant à lutter contre les stéréotypes et comportements homophobes, en proposant " une réflexion permettant aux élèves de comprendre et respecter les orientations sexuelles de chacun et de chacune ". "Les interventions de l’association ont lieu depuis plusieurs années sans le moindre problème avec élèves, enseignants, et membres de la communauté éducative", souligne SOS.
Pourtant, cette décision d’agrément déplait manifestement à certaines associations catholiques. Elle causerait " un préjudice moral " à ces associations familiales catholiques et certains parents qui poursuivent le rectorat devant le Tribunal Administratif de Versailles, en demandant le retrait de l’agrément et des dommages-intérêts. Le tribunal administratif de Versailles statuera le 27 mai 2007 sur cette demande.
"Les interventions en milieu scolaire de SOS Homophobie respectent les principes de stricte neutralité dans les domaines religieux, philosophique et politique, et sont effectuées dans le cadre strict de la laïcité et de l’universalisme républicain, à l’exclusion de tout communautarisme", explique l'association. Si SOS homophobie dénonce régulièrement les prises de position publiques rétrogrades de divers dignitaires religieux et sectaires, et notamment la doctrine officielle du Vatican sur l’homosexualité, "ces critiques ne visent en aucune manière la communauté des croyants ni ne stigmatisent les pratiques religieuses", précise ses responsables.
Comme le note le recteur de l’académie de Versailles, SOS Homophobie n’a ni le désir ni le pouvoir de s’immiscer dans l’intimité des familles, dans le cadre de laquelle les parents ont toute liberté pour inculquer leurs propres valeurs, si discutables soient-elles. C'est "dans cet esprit" que l’association entend aborderla procédure pendante devant le tribunal administratif de Versailles.
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