jeudi 06 décembre 2007 à 00:44
mardi 04 décembre 2007 à 11:26 Dans cette course vers les investissements en Algérie, le gouvernement a choisi délibérément, et en fonction des sommes investies à brader la qualité, la durabilité et les conséquences sur le long terme de beaucoup de projets, entre autres les aménagements urbanistiques et architecturaux, et ceci contre une poignée de quelques milliers de dollars.
Le temps est grave. Quand on observe de plus près ce que font, dans la précipitation du gain rapide et facile, certaines entreprises comme catastrophes techniques, écologiques et humanitaires ( les Chinois, par exemple ), on se demande où est passée la pertinence des choix de ces messieurs les ministres. Alors pays arabes ou pas, c'est le gouvernement qui signe.
"Privilégier les entreprises algériennes"
Je dirai que c'est une belle phrase, mais bon.
Elles sont presque inexistantes, ces entreprises, pour construire un pays aussi vaste et aussi riche que l'Algérie, et surtout sur une échelle de temps record. D'où la nécessité de travailler, les formations et les expertises locales, en moyennant une part des investissements pour les investigations techniques sur le savoir-faire national ( la langue et la culture européenne en héritage, sert à promulguer, à enrichir et à acquérir ce savoir-faire.)
Voilà pour vous.
Un article qui souligne parfaitement mes propos, cités là-dessus.
L'Algérie a un manque flagrant de cerveaux en management.
Ce n'est pas les bras qui manquent, mais les stratégies efficaces et durables sur le long terme.
Le management, un savoir-faire, "des hommes" ( je dirai des femmes* aussi , mais bon ) qui manquent cruellement.
* Comme moi, par exemple, haha!
Algérie : pays riche, peuple pauvreLE MONDE | 04.12.07 | 15h13
On présente souvent l'Algérie comme
"un pays pauvre à milliards", pour illustrer le paradoxe national. Beaucoup accusent les responsables - généraux en tête - de détourner l'argent des hydrocarbures. Si la corruption gangrène toutes les couches de la société, les sommes détournées sont relativement peu de chose au regard de l'énorme gaspillage qui prévaut et des erreurs de gestion. Pour l'Algérie, la manne pétrolière est autant une chance qu'une malédiction, car elle n'incite pas l'Etat à se réformer.
Echaudé par les crises pétrolières successives de ces vingt dernières années, l'Etat thésaurise en bon père de famille. Trois secteurs ont droit à ses largesses : les dépenses militaires (2,63 % du PIB en 2006), les importations massives de biens et de services (au détriment de la production locale), et les infrastructures.
Ces derniers temps, l'Algérie s'est transformée en vaste chantier : autoroutes, chemins de fer, barrages, aéroports...
On construit partout (en y mettant le temps et pas toujours la qualité). Les sommes injectées sont colossales. Mais cette politique de grands travaux ne fournit pas d'emplois durables et laisse les Algériens sur leur faim. "Le pays se développe incontestablement. On trouve de tout dans les magasins, mais les gens n'ont guère les moyens d'acheter. Ils ne voient pas d'amélioration dans leur vie quotidienne", souligne Nassim Kerdjoudj, jeune chef d'entreprise.
A ceux qui critiquent le choix du gouvernement de privilégier les infrastructures, Mohamed Segur Babes, président du Conseil national économique et social (CNES), répond que l'Algérie avait
"vingt ans de retard dans ce domaine" et qu
'"il fallait passer par là". L'économiste Abdelhak Lamiri, directeur de l'Institut international de management (Insim), y met un bémol.
"Le dosage n'est pas bon", estime-t-il. Autrement dit, on en fait trop dans ce secteur, au détriment du reste, et on
"oriente mal les crédits bancaires".
Trop d'entreprises publiques ne remboursent jamais leurs emprunts. Et l'Etat se ruine à renflouer à fonds perdus des entreprises déstructurées. Au lieu de favoriser les PME et PMI, créatrices d'emplois, il donne la priorité aux importateurs,
"qui tuent l'emploi". Résultat : la masse des Algériens subsiste grâce à l'économie informelle (environ 30 % du PIB), tandis qu'une poignée d'autres s'enrichit par la spéculation, dans l'immobilier surtout.
L'Algérie souffre avant tout d'un problème de management. "Il y a ici beaucoup d'hommes de bonne volonté, mais nous n'avons pas la méthode. Les ministères lancent une trentaine de plans différents, mais il n'y a personne pour les centraliser ! Comme nous manquons de chef d'orchestre, le résultat est incohérent", relève M. Lamiri avant d'ajouter, souriant :
"Je dis toujours à mes interlocuteurs : "Au lieu d'avoir un cerveau, vous avez trente cervelles !""L'absence de stratégie de planification est dénoncée par tous les experts. Depuis la fin des années 1980, il n'y a plus de ministère du plan. Aucun organisme sérieux n'a pris la relève. Pas de prévisions. Pas de régulation. Pas de vision d'ensemble. Le pays navigue à vue, sans cohérence. Abderrahmane Hadj Nacer, banquier d'affaires et ancien gouverneur de la Banque centrale d'Algérie, ne cesse de répéter que cette absence de prospective est le fléau de l'Algérie.
A cela s'ajoute l'état sinistré de deux secteurs-clés : l'éducation et la formation. S'il y a une urgence, c'est bien celle-là, estime Samir Hamouda, avocat et membre du Cercle d'action et de réflexion (CAR). Ils sont nombreux à dénoncer, comme lui,
"le manque dramatique de compétences, à tous les niveaux et dans tous les secteurs".
L'Algérie ne peut plus se contenter d'être
"un grand tube digestif" ou
"un sous-sol et un estomac", comme on l'entend si souvent dire à Alger, par dérision.
Il ne suffit pas de lancer de grands projets. Encore faut-il être capable de les gérer. "Cessons de former des cadres médiocres. Donnons d'urgence la priorité à la qualité de nos universités et de nos formateurs. Faute de quoi, nous ne pourrons jamais mettre le pays à niveau", plaide Abdelhak Lamiri. Pour cet économiste reconnu, la solution passe par la modernisation des programmes,
le recours aux universités étrangères, la multiplication des jumelages, l'autorisation des universités privées... "C'est la seule solution pour sortir de l'équation impossible dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui", prévient-il.
Suite ici:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-...1-981390,0.html
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