Depuis que Bruxelles a autorisé mardi la culture de la pomme de terre OGM Amflora en se fondant sur l'avis positif de l'EFSA, de nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer les méthodes d'évaluation de ces scientifiques et leur manque d'indépendance.
Des démissions demandéesCette décision en faveur de l'industriel BASF intervient alors que
José Manuel Barroso ne cesse d'encourager les biotechnologies, en contradiction avec une partie des Etats membres qui militent pour appliquer le principe de précaution sur le dossier OGM.
La secrétaire d'Etat à l'écologie, Chantal Jouanno, refuse d'ailleurs de « se voir imposer » l'Amflora en
France, au motif qu'elle ne « reconnaît pas, sur le fond, l'expertise » de l'EFSA. Fin 2008 déjà, les ministres de l'Environnement de l'Union européenne avaient regretté que cette agence ne prenne pas assez en compte les impacts environnementaux des OGM. Une autre affaire a depuis alimenté les soupçons sur l'indépendance de ces experts. L'une des membres de l'EFSA chargée du dossier OGM a en effet quitté l'agence pour être embauchée par un semencier.
Hier à Bruxelles, l'euro-députée et ancienne ministre de l'Environnement
Corinne Lepage a estimé que « la question de la démission » de la directrice de l'EFSA se posait. « L'EFSA est à mes yeux discréditée, car elle a pris des positions récurrentes en faveur des OGM et il y a visiblement des passerelles manifestes entre certains de ses experts et les firmes, déplore le sénateur Vert du Bas-Rhin Jacques Muller. On ne peut pas être juge et partie. »