lundi 09 avril 2007 à 17:53
Je suis tombée sur un article parlant de cet homme dans le n°22 du Monde des religions. Voici ce qu'il en dit (je ne restranscris qu'un passage):
Krishnamurti, le voyant qui marchait seulLe sage indien Jiddu Krishnamurti (1895-1986), proclamé "Instructeur du Monde" à seize ans par les responsables de la Société théosophique, renonce à ce rôle après plusieurs révélations intérieures.Une révolution de la conscienceL'essentiel de son propos tient en une phrase « La Vérité est un pays sans chemin.» Lorsque sa biographe anglaise, Mary Luytens, lui demande en 1980 de résumer son enseignement, Krishnamurti ajoute:
«Les croyances sont les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. [...] La nature unique de l'individu réside dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience. [...] Seule la vision pénétrante de tous mouvements de la conscience, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.»
Pendant 50 ans, il appelle à une révolution de la conscience, ne fondant ni groupe, ni mouvement. Ses paroles incendiaires bouleversent des millions de personnes de toutes races, religions et classes; les plus grands esprits de David Bohm au Dalaï-Lama, le rencontrent pour débattre de l'amour, la mort, la nature, la pensée, l'observation, la méditation, l'éducation...
Il sera aussi critiqué, combattu, haï, trahi.
Il meur à Ojaï le 17 février 1986, d'un cancer, à quelques pas du poivrier au pied duquel, 64 ans auparavant tout a commencé. Lors de son incinération, ni cérémonie, ni prière. Pas de stèle commémorative non plus pour éviter tout culte de la personnalité. Son héritage? Un enseignement hors du commun, une soixantaine d'ouvrages traduits en 50 langues, des centaines d'heures d'enregistrement vidéo, 7 écoles pour enfants, germe possible d'une humanité nouvelle.
(François Favre)
L'enseignement de Krishnamurti « La Vérité est un pays sans chemin.»
Aucune organisation, aucune foi, nul dogme, prêtre ou rituel, nulle connaissance philosophique ou technique de psychologie ne peuvent y conduire l'homme. Il lui faut la trouver dans le miroir de la relation, par la compréhension du contenu de son propre esprit, par l'observation et non par l'analyse intellectuelle ou la dissection introspective. L'homme s'est construit des images religieuses, politiques ou personnelles, lui procurant un sentiment de sécurité. Celles-ci se manifestent en symboles, idées et croyances. Le fardeau qu'elles constituent domine la pensée de l'homme, ses relations et sa vie quotidienne. Ce sont là les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. Sa perception de la vie est façonnée par les concepts préétablis dans son esprit. Le contenu de sa conscience est cette conscience. Ce contenu est commun à toute l'humanité. L'individualité est le nom, la forme et la culture superficielle que l'homme acquiert au contact de son environnement. La nature unique de l'individu ne réside pas dans cet aspect superficiel, mais dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience.
La liberté n'est pas une réaction; la liberté n'est pas le choix. C'est la vanité de l'homme qui le pousse à se croire libre par le choix dont il dispose. La liberté est pure observation, sans orientation, sans crainte ni menace de punition, sans récompense. La liberté n'a pas de motif; la liberté ne se trouve pas au terme de l'évolution de l'homme mais réside dans le premier pas de son existence. C'est dans l'observation que l'on commence à découvrir le manque de liberté. La liberté se trouve dans une attention vigilante et sans choix au cours de notre existence quotidienne.
La pensée est temps. La pensée est née de l'expérience, du savoir, inséparables du temps. Le temps est l'ennemi psychologique de l'homme. Notre action est basée sur le savoir et donc sur le temps, ainsi l'homme se trouve toujours esclave du passé.
Quand l'homme percevra le mouvement de sa propre conscience il verra la division entre le penseur et la pensée, l'observateur et l'observé, l'expérimentateur et l'expérience. Il découvrira que cette division est une illusion. Alors seulement apparaît la pure observation qui est vision directe, sans aucune ombre provenant du passé. Cette vision pénétrante, hors du temps, produit dans l'esprit un changement profond et radical.
La négation totale est l'essence de l'affirmation. Quand il y a négation de tout ce qui n'est pas amour - le désir, le plaisir - alors l'amour est, avec sa compassion et son intelligence.
http://www.kfoundation.org/France/essence.htmAutres documents:
http://www.kfoundation.org/France/extraits.htmQu'est-ce que son enseignement vous inspire ?
Peut-on encore espérer un exercice de la spiritualité libérée de tout dogmes et de toutes croyances ?