mardi 14 août 2007 à 16:02
Abou el Kacem Chebbi (considéré unanimement comme le poète national de la Tunisie) Abou el Kacem Chebbi (أبو القاسم الشابي), également orthographié Aboul Kacem Chabbi ou Aboul-Qacem Echebbi, né en février 1909 à Tozeur et décédé le 9 octobre 1934 à Tunis, est un poète tunisien qui est considéré unanimement comme le poète national de la Tunisie.
Chebbi naît en 1909 au sein d'une famille lettrée et noble. Son père, zitounien de l'Université al-Azhar du Caire, est un cadi. Cette fonction amènera la famille Chebbi à parcourir la Tunisie : Siliana, Gafsa, Gabès, Thala, Medjez el-Bab, Ras Jebel, Zaghouan, etc. Sa poésie gardera la trace de la variété de ces paysages, d'autant plus que le jeune garçon mène une vie plus contemplative que ses camarades car il souffre très tôt d'un cœur fragile.
En octobre 1920, il doit suivre la voie tracée par son père : il entre à l'Université Zitouna à Tunis et habitera dans des médersas pendant 10 ans. Il apprend à connaître les auteurs occidentaux (Alphonse de Lamartine, John Keats, etc.) à travers les traductions arabes qu'il trouve dans la fréquentation assidue des bibliothèques de la Khaldounia (institut fondé par les nationalistes tunisiens) ou du Club littéraire des anciens du collège Sadiki. Il lit également les poètes arabes (notamment libanais) comme Khalil Gibran. Il participe aussi à l'effervescence de la jeunesse intellectuelle dans un climat de contestation de l'enseignement zitounien qui agite alors la capitale. Dès l'âge de 14 ans, Chebbi écrit ses premiers poèmes.
La rencontre de Chebbi à 18 ans, avec l'éditeur As-Snusi, qui tient une sorte de cénacle littéraire dans son imprimerie, Dar El Arab, sera importante. Celui-ci publie, l'année suivante (en 1928), une anthologie de la littérature tunisienne contemporaine en arabe où il a consacré pas moins de 30 pages à son jeune ami : une somme de 27 poèmes. Chebbi, dandy et poète auquel les milieux intellectuels et artistiques s'intéressent, s'installe alors à l'hôtel et s'inscrit en cours de droit.
Le 1er février 1929, à la Khaldounia, Chebbi tient une conférence retentissante de 2 heures sur le thème de l'imagination poétique chez les Arabes dans laquelle le jeune homme de 20 ans, qui ne connaît aucune langue étrangère et n'a jamais quitté son pays, surprend par l'originalité de ses idées et l'audace de ses jugements :« Les poètes arabes n'ont jamais exprimé de sentiments profonds car ils ne considéraient pas la nature avec un sentiment vivant et méditatif, comme quelque chose de sublime, mais plutôt comme on regarde d'un œil satisfait un vêtement bien tissé et coloré ou un beau tapis, rien de plus. »
Chebbi décède d’une myocardite à l'aube du 9 octobre1934 âgé d'à peine 25 ans.
Héritage
Il écrit un total de 132 poèmes et publie des articles dans différentes revues. Mais il ne parviendra pas, malgré deux tentatives, à faire éditer son diwan, recueil de poèmes qu'il a sélectionnés, et qui ne sera publié qu'en 1955 (plus de 20 ans après sa mort), après qu'un critique littéraire venu d'Égypte, Omar Faroukh, mit en lumière son génie poétique et son talent.
La reconnaissance du génie de Chebbi est pourtant marquante bien que tardive. Son image figure sur trois timbres de La Poste Tunisienne (dessins de Hatem El Mekki) et sur un billet émis en 1997 par la Banque centrale de Tunisie. Des rues, des places, le lycée de Kasserine et un prix littéraire portent son nom. On trouve à Tozeur, sa ville natale, de nombreuses traces de Chebbi : son tombeau, transformé ensuite en mausolée, est inauguré le 17 mai 1946. Un médaillon de bronze est scellé au mur de Bab El Hawa en 1995. Une statue de lui est érigée dans la zone touristique en 2000. Son buste est élevé à Ras El Aïn, en 2002, face à un aigle. Enfin, 2 vers de Chebbi, issus de son plus fameux poème La volonté de vivre, sont intégrés à la fin de l'hymne national tunisien, Humat Al-Hima, dont celui-ci :"Lorsqu'un peuple veut la vie, force est au destin de répondre."
Parmi ses poèmes d'amour et de liberté, de résistance à la mort et à l'occupation, on peut citer celui intitulé Prières dans le temple de l'amour qui s'ouvre ainsi :
"Exquise tu es comme l'enfance,comme les rêves, comme la musique, comme le matin nouveau, comme le ciel rieur, comme la nuit de pleine lune, comme les fleurs, comme le sourire d'un enfant… "http://fr.wikipedia.org/wiki/Abou_el_Kacem_ChebbiLe texte de l'un de ces poèmes (Arabe/Français) sur:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ela_Toghat_Al_AlaamPortrait Abou el Kacem Chebbi sur un billet de trente dinars tunisiens
Buste de Chebbi à Ras El Aïn (Tozeur)