samedi 07 juillet 2007 à 21:30
Al Hassan ibn al-haytham, fondateur de l’optique moderne 5 siècles avant Descartes, Kepler et Newton, il a été le promoteur d’une véritable démarche scientifique - assez différente de celles des savants grecs.

Physicien, mathématicien et philosophe irakien, 965-1039
Ibn Al-Haytham, connu par l’Occident médiéval sous le nom d’Alhazen - dérivé de son prénom al Hassan - fut sans doute l’un des plus grands physiciens de l’Islam.
Son parcours est particulier : après avoir quitté son Irak natal pour se rendre au Caire, haut lieu de la culture scientifique, il persuada le Calife de financer un projet de barrage pour réguler les eaux du Nil, dont les crues parfois catastrophiques pouvaient noyer des villages entiers. Mais devant l’ampleur de la tâche, il dut y renoncer (le projet pris alors « quelques » années de retard jusqu’en 1902, date de construction du premier barrage d’Assouan !). Craignant la colère du Prince, il décida alors de feindre la folie et ce n’est qu’à la mort de celui-ci qu’il put enfin se consacrer à ses travaux, jeune scientifique de… près de 60 ans !
Les domaines où il exerça ses talents furent les mathématiques et l’optique (son œuvre traduite en « opticæ thesaurus » sera l’ouvrage de base de toute la physique médiévale occidentale). Comme nombre de ses collègues arabes du Moyen-âge, il a été le promoteur d’une véritable démarche scientifique - assez différente de celles des « savants » grecs - faite d’expérimentation rigoureuse et de traduction des phénomènes sous forme de lois mathématiques.
Il reprit les travaux des savants de l’Antiquité, d’Euclide à Ptolémée, pour lesquels la notion de lumière est étroitement liée à la notion de vision : la lumière n’était pas un sujet d’études en soi mais plutôt considérée comme le vecteur de l’image d’un objet jusqu’à notre œil, la principale question étant de savoir si l’œil a un rôle passif dans ce processus ou s’il envoie une sorte de fluide pour « interroger » l’objet. Par ses études du mécanisme de la vision, Ibn Al-Haytham montra que l’œil était un instrument d’optique !
Il rationalisa les lois de la réflexion de la lumière sur une surface (comme celle d’un miroir), déjà énoncées par Ptolémée. Il confirma aussi la propagation rectiligne de la lumière et pressentit déjà qu’elle devait avoir une vitesse considérable mais finie !
Il étudia également le phénomène de réfraction, c'est à dire la déviation d'un rayon lumineux quand il passe d'un milieu à un autre, par exemple de l'air à l'eau. Mais heureusement pour la notoriété de Descartes et ses fameuses formules qui trônent dans nos manuels, il ne put élaborer la loi qui permet de calculer l’angle de réfraction. On lui doit de nombreux dispositifs optiques (lentilles, miroirs sphériques et paraboliques) et aussi la fameuse camera obscura (chambre noire des photographes) : la lumière passait à travers un petit trou dans un mur et on y observait une image, projetée sur le mur opposé.
Vint donc le tour de Descartes, puis Newton, qui démontèrent les mécanismes de réfraction des rayons lumineux, étudièrent la décomposition de la lumière blanche en ses différentes longueurs d’onde (plus rien de magique alors dans un arc en ciel ?). Puis les théories ondulatoires… puis les théories corpusculaires…
http://www.cnrs.fr/sciencespourtous/abeced...s/alhaytham.htm