Saturday 29 September 2007 à 16:47
Saturday 29 September 2007 à 11:50 C'est bien le but de l'Histoire à l'inverse de la propagande.
Le mythe de Jeanne d'Arc est né de l'imaginaire de propagandiste. Il revient aux historiens de démonter le vrai du faux...
Je suis historien et chercheur et je pense que la quête absolue de la véracité historique n'est pas appropriée dans ce genre de cas. Je veux dire par là que les mythes populaires font partie de l'histoire des peuples, de la façon dont ils se représentent et dont ils se perçoivent face à d'autres. Les peuples ont besoin d'imaginaire pour se valoriser. Que Jeanne ait été bergère ou notable à la Cour de France n'a pas vraiment d'importance. C'est l'image qu'elle véhicule qui l'est. Elle a incarné à elle seule la France et la résistance à l'Angleterre. Il est évident que son image a été récupérée par la propagande royale. Les pouvoirs ont toujours agi ainsi. C'est ce qui fait la beauté de l'histoire et qui fait rêver les peuples. Alexandre de Macédoine reste dans l'histoire humaine comme l'un des plus grands conquérants que la Terre ait connu. Pourtant, il n'a pas toujours été ce brillantissime visionnaire qui voulait unifier les mondes connus de la Grèce à l'Indus. Ses conquêtes sont avant tout de terribles massacres. Mais Alexandre est un mythe tel qu'il en est inattaquable. De même pour Clovis, Charlemagne, Napoléon, Catherine II de Russie, Elizabeth I, Pierre le Grand, Louis XIV...Que serait l'histoire de la Grèce sans les récits d'Homère? Que serait la Grèce sans les légendes entourant les mythes? Qui n'a jamais entendu parlé de la mythique Troie et du fabuleux récit de la fondation de Carthage, par un exilé troyen?
On se doute bien que l'histoire du cadeau de la déesse Athéna aux futurs Athéniens, à savoir un olivier, et qui a décidé du nom de la cité est une pure invention. Mais qu'elle est belle cette histoire!
L'histoire doit savoir faire place aux mythes, légendes et rêves autant qu'être une science.