Thursday 26 July 2012 à 18:25
Ben écoute, ma boule de cristal m'annonce que tu vas rencontrer la femme de tes rêves dans cinq... quatre... trois... deux... un...
RÉVEILLE-TOI.
La femme de tes rêves, elle s'appelle 43 fillette et c'est ma chaussure de guerre qui va te botter le derrière !
La première fois n'est pas le truc "magique" que le lavage de cerveau culturel t'a enferré dans le crâne. La première fois est une belle expérience, mais tu n'as pas besoin d'attendre l'Amour Vrai pour t'y mettre. Tu n'es pas un salaud si ta première fois se passe avec une fille de passage...
Et surtout, tu ne deviens pas meilleur, saint, exemple, lumineuse incarnation de la vertu amoureuse et de toutes les valeurs du romantisme classique, si tu attends ton âme soeur.
Au contraire ! Chaque année que l'on passe dans la virginité rend plus maladroit et circonspect vis-à-vis de la sexualité. À seize ans, c'est mignon. À vingt ans, c'est une preuve de timidité. À vingt-cinq ans, ça commence à s'encroûter. Et si tu te retrouves vierge à trente-cinq ans... Comme l'a dit un jour Didam, je crois, sur ce forum, vierge à la trentaine ou à la quarantaine, ce n'est plus craquant du tout, ça devient stressant, angoissant, et décevant pour le partenaire. Ça ne met pas à l'aise.
Les personnes de ton âge sont déjà rompues aux expériences diverses, et elles recherchent généralement quelqu'un d'un peu rodé, pas un débutant à initier. Ça passe encore, mais ça ne passera pas toujours.
Autre problème : l'identité et la compatibilité sexuelles. Pour l'instant, tu es une page vierge. Tu sais ce qui t'excite, tu sais sur quoi tu te masturbes, mais tu ne connais pas ta sexualité au-delà de l'onanisme. Tu ne sais pas comment tu réagis avec un partenaire, ce que tu aimes faire avec un partenaire, ce que tu aimes qu'un partenaire te fasse. Tu n'as pas appris à trouver les limites, à caresser, à masser, à dévêtir, à savoir requérir une pratique, une position, sans même l'aide de mots. Tu ne sais pas de combien de relations tu as besoin par jour, si tu pourrais vivre avec une personne qui aimerait/n'aimerait pas la sodomie ou la fellation, etc.
Or tout le monde est différent à ce niveau. La fréquence de rapports, la durée du rapport, le rythme, les préliminaires (ou l'absence de préliminaires), les pratiques, les possibles jouets ou autres aspects exotiques... La majeure partie des êtres humains recherchent la variété, ne cessent d'évoluer, et peuvent s'adapter, mais nous avons une identité sexuelle, nous ne sommes pas des êtres malléables à l'envi.
Les premières expériences te permettent de tâter le terrain et d'identifier la manière dont tu fonctionnes à ce niveau-là. En fait, même pas forcément "les premières expériences". Il m'a fallu des années pour déterminer que j'avais besoin de six rapports sexuels par jour dans l'idéal, que je ne pouvais pas envisager de relation à long terme avec une partenaire qui n'aimait pas la sodomie, et qui n'aimait pas la variété au lit, aussi, s'amuser, rigoler.
Or le sexe est une composante essentielle d'un couple qui marche. Et cela même si les deux partenaires le considèrent comme secondaire ! Car ça aussi, c'est un élément de l'identité sexuelle, le fait que les partenaires soient asexuels ou aient peu d'intérêt pour la sexualité. Il va de soi qu'une personne très peu intéressée casée avec une autre qui est extrêmement ardente, c'est la meilleure des recettes pour le malheur de tous...
Avoir une vie sexuelle peut te permettre d'avoir une vie sentimentale plus réussie à long terme.