- question 1:
j'ai passé les 10 dernières années à ne rien faire. quand je dis rien, c'est R-I-E-N.
par choix. parce que je préférais passer 20h par jour à dormir, me balader, trainassouiller.
du point de vue d'un connard d'occidental (je pèse mes mots) ma vie n'a servi à rien.
un oriental (que ce soit maghreb ou asie) aurait compris, lui, la valeur de ce temps, passé à "ne rien faire".
je refuse de travailler parce que mon temps a plus de valeur à mes yeux que tous les salaires qu'on pourrait me verser pour que je le mette à la disposition d'un autre. vous avez le droit de penser que votre valeur est symétrique à celle de votre TRAVAIL, et moi, j'ai le droit de penser que vous passez à côté de votre vie.
20h de sieste a plus de valeur à mes yeux que 20h du travail de bill gate en personne.
et à mes yeux, bill gate est un connard. (pas du point de vue de son monopole, machin, la petite gueguerre des fondus d'informatique, non, pas du tout, au contraire, je considère que dans le pire, au moins, il a fait du mieux qu'il pouvait pour se gâcher la vie. non, c'est un connard parce qu'il est la représentation parfaite de l'esclavage de l'homme par le travail et l'argent.)
20h à dormir ont plus de valeur à mes yeux que 20h à souffrir pour fournir un travail, en échange d'un petit billet de papier, qui n'a de valeur ajoutée que l'impression qu'il porte. et cette logique s'applique aussi à tous ceux qui sont hyperactifs pour avoir l'impression de vivre ou d'avoir fait quelque chose de leur vie, au nombre des accusés, j'ajoute donc ceux qui s'organisent un emploi du temps de ministre pour avoir l'impression de faire quelque chose, qui partent en voyage organisé, mitraillent les oeuvres du louvre (ou autre), etc.
être ne signifie pas faire. et ceux qui ont besoin de FAIRE quelque chose pour avoir l'impression d'exister, ceux-là précisément, ne savent pas exister.
j'ajouterais à ceci que vu que je reprends des études maintenant, je suis en train de revenir dans le "circuit normal" d'un point de vue extérieur. je suis lucide par rapport à ça, tout comme je suis lucide par rapport à ce à quoi je ressemblais quand je n'étais pas "dans le circuit". le regard des autres va changer sur moi, mais...
je suis la même dedans. je veux dire que le jugement dont je vais faire l'objet à partir de septembre va changer, mais ce changement sera aussi débile que le jugement dont je faisais l'objet avant:
"elle travaille pas, elle est totalement dépendante des autres, c'est une inutile".
si les gens normaux n'ont pas compris pourquoi je ne travaillais pas (d'ailleurs je crois que ça ne passerait dans la tête de personne de se dire qu'il y a sans doute une excellente raison au fait de ne pas travailler!!!), ils ne comprendront pas mieux pourquoi maintenant je reprends des études, qui vont certainement me diriger vers un métier prenant.
depuis que je sais que
je ne veux faire que ce qui me fait VRAIMENT envie dans la vie, je m'y suis tenue, et c'est aussi ce que je vais faire à partir de septembre. que ça vous semble plus normal, ou moins normal, ne change rien.
j'allais oublier... lol... si on ajoute à ça que je suis libre-amoureuse (pratiquante de l'amour libre, aussi bien dans le corps que dans les sentiments, c'est à dire que j'ai la liberté de choisir l'amant qui me plait, et même de l'aimer, si je veux, en plus de ma relation stable et très épanouïssante avec mon mari), on comprend assez bien que je ne vis vraiment pas comme tout le monde...!

et je n'attend même plus qu'on me comprenne.
2 - la question du choix je me la suis posée quelques fois, et je ne sais pas quelle réponse lui apporter. je crois que ma nature est telle que je n'ai pas le choix, je n'arrive pas à me forcer. si je devais me comporter comme tout le monde aujourd'hui, je crois d'abord que je serai très malheureuse, ensuite, je n'y arriverais pas.
3 - ce qui est dur est aussi ce sur lequel parfois je m'en fous: le regard des autres.
quand on a besoin des autres (et ça arrive régulièrement, pour ne pas dire toujours) et que ces autres vous jugent mal, ben la plus part du temps on n'en obtient pas l'aide qu'on en attend. ça c'est parfois très dur. ou simplement le fait que je me fasse souvent "ostraciser" (mettre à l'écart).
mais bon, je me dis que c'est pas facile pour les autres non plus, aussi "normaux" qu'ils puissent être, et que chaque voie a ses avantages et ses inconvénients.
Ce message a été modifié par didam - Saturday 28 August 2010 à 10:49.