Tuesday 15 January 2008 à 00:19
pas d'esclavage dans certains pays musulmans , dubaï la cité de la honte.
A Dubaï, les nouveaux esclaves se révoltent Ils sont originaires d'Inde, du Pakistan et du Bangladesh, travaillent sur le chantier d'un des prestigieux projets immobiliers et touristiques de Dubaï et n’ont pas été payés depuis des mois. Ce lundi, des centaines d’entre eux ont manifesté leur colère.
Ces ouvriers se sont rassemblés dans la matinée sur leur lieu de travail, une île artificielle en forme de palmier actuellement en construction dans les eaux du Golfe, et ont décidé de se mettre en grève, alors que la législation l’interdit.
En bleu de travail, ils se sont ensuite dirigés vers la route Cheikh Zayed, qui relie Dubaï à Abou Dhabi, où la circulation a été temporairement perturbée, provoquant des embouteillages monstres sur cet axe routier névralgique.
Ils ont rapidement été évacués dans le calme par les forces de l'ordre et emmenés en autobus sur leur lieu de résidence, un camp de baraques en bois établi à la lisière d'une cité résidentielle.
"Les salaires impayés portent sur quatre mois et concernent 2.000 ouvriers", a affirmé à l'AFP un responsable du ministère émirati du Travail, qui a requis l'anonymat.
Les grévistes travaillent pour Al-Hamed Construction, une société exécutant un projet sur le Palm Jumeira - une île artificielle en forme de palmier actuellement en construction dans les eaux du Golfe - pour le compte de Nakheel, l'une des deux plus grandes compagnies immobilières de Dubaï.
"Les salaires impayés portent sur cinq à six mois selon les cas", a affirmé à l'AFP un ouvrier, suant à grosses gouttes sous un soleil de plomb.
"Le salaire (mensuel) ne dépasse guère les 600 dirhams (quelque 164 dollars)", a ajouté cet Indien dans la "cuisine" du camp, constituée de deux salles inachevées et sans carrelage où ont été installés des dizaines de réchauds à gaz destinés à l'usage des locataires.
Quelques heures plus tard, l'agence de presse émiratie Wam (officielle) a annoncé que le ministère du Travail avait infligé à la société Al-Hamed, qui appartient à des Emiratis et à des Jordaniens, une amende d'un montant non précisé et lui avait donné un ultimatum de 24 heures pour qu'elle paie ses ouvriers.
Si elle ne le fait pas, les ouvriers auront le droit de travailler pour un autre employeur. La société s'exposera aussi à des poursuites judiciaires et ne pourra pas recruter de nouveaux ouvriers pendant six mois.
Généralement sous-payés et mal logés, les ouvriers étrangers, en majorité asiatiques, employés dans le secteur du bâtiment dans les Emirats, principalement à Dubaï, expriment depuis peu de plus en plus ouvertement leur malaise.
A tel point que la presse locale s'en fait l'écho quasi-quotidiennement: des dizaines d'ouvriers du bâtiment asiatiques, "affamés" pour avoir été privés de leurs salaires "pendant quatre mois" par leur employeur saoudien, ont observé un sit-in dimanche devant le ministère du Travail à Dubaï, rapportait ainsi lundi le quotidien Gulf News.
Simultanément, une action similaire était entreprise devant le ministère du Travail à Abou Dhabi, la capitale fédérale, par 200 autres ouvriers réclamant "six mois de salaires impayés", selon le quotidien Al-Bayan.
Ces manifestants, qui dénonçaient aussi leurs mauvaises conditions de logement, avaient protesté une première fois il y a quatre mois, mais leur employeur, "qui n'a pas répondu à leurs demandes, a licencié les ouvriers qui les ont représentés (pour présenter leurs doléances) auprès du ministère", a ajouté Al-Bayan.