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Livenet > Forum > Musiques du monde
Friday 30 June 2006 à 17:44
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Ce message a été modifié par ahmed aljazayri - Friday 30 June 2006 à 17:54.
Friday 30 June 2006 à 17:45
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Ce message a été modifié par ahmed aljazayri - Friday 30 June 2006 à 17:54.
Friday 30 June 2006 à 17:50
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QUOTE (kilyoum @ 30 Jun 2006 à 17:43)
hmad et loona c un sujet pour idir dry.gif

dslé pour le dérangement!!! huh.gif
Friday 30 June 2006 à 17:50
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QUOTE (ahmed aljazayri @ 30 Jun 2006 à 17:45)
je sais mais elle veut comprendre quelque mot en tamazight ça te derange?

oui ça me derange
Friday 30 June 2006 à 17:51
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QUOTE (ahmed aljazayri @ 30 Jun 2006 à 17:44)
QUOTE (loona82 @ 30 Jun 2006 à 17:40)
QUOTE (ahmed aljazayri @ 30 Jun 2006 à 17:36)
tu sais sa veut dire koi    i7mlagh-kem

mais il ya une simple difference entre tamazight algerienne et marocaine

i7mlagh-kem ? non ça veut dire koi?

je connais que des mots simple comme amane=eau
aghroum= pain
j m'y connais pas par contre mes parents si et ils comprennet bien l9bayliya car tmasight de figuig est entre kabyl et rifi du maroc!!!

je te donne quelque mots

i7megh-kem=je t'aime pour une femme
i7melghk= je ta'ime pour un homme


ou bien ichteghkem/ichetaghk

amane=de l'eau
aghroum=le pain
aksum=la viande
akham= la maison
akkal=la terre
tburt=la porte
aqchich=garcon
taqchict=fille

merci ahmed!!!


akhame en amazigh de figuig veut dire tiens ou prend
Friday 30 June 2006 à 17:51
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QUOTE (kilyoum @ 30 Jun 2006 à 17:50)
oui ça me derange

alors je ne particpe pas dans ton topic ... j'effacerais mes interventions c ça?

bye c'est un simple service pour loona82
Friday 30 June 2006 à 18:05
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deoui haly


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Gnawa Diffusion – Fermez les stores

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Gnawa diffusion

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Gnawa diffusion : inaal ding dong


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Gnawa diffusion : ouvrez les stores

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awa Diffusion – Charlatown

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small sample, including a live performance from 2005


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Gnawa Diffusion – Live at Sfinks

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Gnawa Diffusion - Baba Salem

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Gnawa Diffusion – Ombre elle


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Printemps pervers

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Josephine



At first, this algerian band of mixed nationality seems to fall into a common immigrant music nether zone. It's one step removed from the traditional gnawa music played by artists in Morocco -- keyboards and samples figure in along with flowing acoustic gimbri lines -- but equally far from the fully realized electric mix of modern world dance and pop elements that a group like Zebda offers. Lead singer Amaz isn't one of those spiraling Islamic vocal masters, which may account for Gnawa Diffusion aiming for the kind of link between reggae rhythms and gnawa melodies that Sargento Garcia is pursuing with salsa and ragamuffin. "Ouvrez les Stores" may be the clearest example -- it starts with pure rapid-fire dancehall toasting, shifts abruptly to long gimbri lines and Arabic vocals, and then trades back and forth between the two. But marimbas come out to play on "Madanga," "Kabariou" boasts 12-string acoustic slide guitar blues soloing over clattering hand percussion (always more Arabic than Jamaican), and a wah-wah electric slide guitar (?!) is featured down in the reggae rhythm of the title track, which is built around an Arabic keyboard melody. "Chara Allah" and "Gazal au Fond de la Nuit" are traditional Arabic, ska skank guitar meets the marimba on "Daka Barimba," and "Sabrina/Gas Naturel" alternates accordion and gimbri over reggae chop guitar. If this sounds haphazard and all over the map, not yet fully formed may be a better description for Bab el Oued Kingston. There seems to be an underlying method to the ideas in Gnawa Diffusion's music that a bit of judicious editing and focus would throw into sharper relief. ~ Don Snowden, All Music Guide





Friday 30 June 2006 à 18:08
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Friday 30 June 2006 à 18:18
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Friday 30 June 2006 à 18:19
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Friday 30 June 2006 à 22:18
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Gnawa Diffusion


Le métissage n'a jamais pris un sens aussi fort que lorsqu'on aborde la petite histoire de Gnawa Diffusion. Emmenée par Amezigh Kateb, cette bande de copains est originaire de Grenoble dans le sud-est de la France.

Les membres du groupe sont issus de différents horizons, un peu plus loin au large de la Méditerranée. Rap, ragga, reggae, jazz, raï, on trouve de tout chez Gnawa Diffusion. Gnawa comme le peuple du Soudan Occidental déporté en Afrique du Nord au XVIème siècle par des seigneurs de Fès et d'Alger. S'ils ont été islamisés, ils n'en ont pas moins gardé leur croyance dans leurs dieux africains.

Combatif



Cette épopée est le reflet symbolique de ce que les immigrés en France ont vécu. C'est Amazigh lui-même qui le déclare et le clame. Il se sent proche de ces hommes déracinés. Fils du célèbre écrivain algérien Kateb Yacine, débarqué en 88 en France à l'âge de seize ans, il développe très vite une philosophie de combatif voir de contestataire. La situation doit changer et les inégalités disparaître. Gnawa Diffusion est le moteur indispensable pour faire passer le message de la contestation.

Le groupe existe depuis 1992. Les textes sont écrits et chantés par Amazigh en trois langues, l'arabe, le français et l'anglais. Côté disque, c'est en 93 que sort un CD cinq titres intitulé "Légitime différence" qui leur permet de se lancer sur scène. Commence alors une série de concerts en France avec des artistes comme FFF, Zebda, Massilia Sound System ou Princess Erika.

Ombre-elle



Remarqué parmi les nouveaux groupes qui allient musique métissée et revendications hexagonales, Gnawa sort un véritable album en 97 en même temps que sa popularité grandit. Avec "Algéria" chez GDO Records et le simple "Ombre-elle", la critique et le public sont au rendez-vous.

Entre acoustique et électrique, le voyage musical prend toute son ampleur avec la prestation du groupe sur scène, comme son passage de pendant deux jours à la grande Halle de la Villette à Paris dans le cadre des "Rencontres des Cultures Urbaines" en novembre 97. Et pour se faire connaître et reconnaître, rien ne vaut les tournées : l'année 98 est réservée à ça avec la tournée "Chibani Tour" qui rend hommage aux cultures passées. Avec un sens de la fête certain, le groupe réunit 5000 personnes chez eux à Grenoble au printemps 98.

C'est en janvier 99 que Gnawa se lance dans l'enregistrement d'un second album qui voit le jour en mai sous le nom de "Bab El Oued-Kingston". Toujours habité par le métissage des cultures, leur travail puise cette fois très loin dans les racines. Preuve en est ce titre, "Chara'Allah", vieux de trois siècles.
Dès la sortie du disque, démarre à Toulouse une tournée qui les mènera en Europe, au Moyen Orient, en Afrique et sur innombrables festivals estivaux pour se terminer fin 99.

On les retrouve en juin 2000 avec un nouvel album, "Bab El Oued 2". Cette année-là, ils tournent en Algérie en fin d'année avant d'y revenir en 2001 pour une série de concerts.

De cette épopée algérienne, ils graveront un double disque live Live DZ, premier disque live enregistré lors d'une tournée en Algérie.

Souk System



Quatre musiciens sont partis et d'autres ont intégré le groupe. Gnawa Diffusion se compose dorénavant de Pierre et Philippe Bonnet (batterie et basse), Pierre Feugier (guitare), Mohamed Abdenour (banjo, mandole), Abdel Aziz Maysour (guembri), Salah Meguiba (clavier et percus) et toujours Amazigh Kateb.

Le nouvel opus des Grenoblois, "Souk System" sort en juin 2003. Chantés en français, anglais, arabe, les textes semblent plus politiques que dans les précédents albums. Ils font référence en grande partie à l'actualité internationale, entre dénonciation et satire. La recette musicale elle, est toujours plus ou moins la même, reggae, ragga, châabi et musique gnawa.


Ce message a été modifié par kilyoum - Friday 30 June 2006 à 22:21.
Friday 30 June 2006 à 23:48
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est ce que amazigh kateb est le fils de kateb yacine
Saturday 01 July 2006 à 14:26
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QUOTE (salimaR @ 30 Jun 2006 à 23:48)
est ce que amazigh kateb est le fils de kateb yacine

oui c le fils de kateb yacine
Saturday 01 July 2006 à 16:15
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Quand j'écoute la chanson "Pourquoi cette pluie" sur les inondations de Bab el Oued,j'en pleurs....
Saturday 01 July 2006 à 22:25
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QUOTE (urgences @ 01 Jul 2006 à 16:15)
Quand j'écoute la chanson "Pourquoi cette pluie" sur les inondations de Bab el Oued,j'en pleurs....

ya aussi Ssendu wub.gif
Sunday 02 July 2006 à 17:19
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« Itinéraire d’un Kabyle mental »

Aussi loin qu’il s’en souvient, « AKLI D. », né dans un petit village de Kabylie en Algérie, a grandi en musique. Très jeune, il est bercé par les mélodies de sa mère, interprète de chants spirituels traditionnels, et entouré d’une famille de musiciens. C’est en Kabylie, dans son village natal qu’il participe pour la première fois, à l’âge de 13 ans, à un concert de lycée, à partir de là il décide de ne plus quitter sa guitare, elle sera son passeport pour les voyages et les rencontres qui jalonneront son itinéraire de « troubadour des temps modernes ».
Il écoute les grands noms de la chanson kabyle comme Idir, Cheikh El Hasnaoui et Slimane Azem, mais une autre oreille est restée attentive aux « protest-songs » de Bob Dylan ou Neil Young, au rock déjanté de Jacques Higelin, au mouvement rasta, au blues du Mississipi et autres échos du m’balax.

Arrivé en France au début des années 80, Akli D. fuit alors une Algérie amère réprimant les velléités identitaires de la Kabylie. « Le printemps berbère», marqué par la répression armée cause des dizaines de morts et des centaines de prisonniers politiques.
Akli, acteur témoin des événements doit prendre le chemin de l’exil. Il débarque, par un beau matin d’été, à Paris, avec peu de sous en poche et quelques adresses de compatriotes. Il est sans grandes illusions et conscient des difficultés qui l’attendent, mais il compte bien enrichir ses connaissances par des rencontres de qualité. Alors qu’il se balade à Beaubourg, il emprunte le banjo d’un musicien de rue et s’essaie à cet art. Ainsi commence la longue aventure des places publiques et des couloirs du métro parisien. Il s’essaiera progressivement aux musiques de tous horizons : le blues, le rock, le reggae, le folk... qui viendront plus tard alimenter ses compositions.

Chaque franc gagné nourrit un rêve, le cinéma ! Passionné du 7ème art, Il fait escale au Café de la Gare à Paris avec la formation « Actor Studio ». avant de s’envoler, avec l’aide d’une mécène américaine déposée devant lui par le « mektoub » (le destin), aux Etats-Unis. C’est à San Francisco, ville de toutes les audaces créatrices, qu’il atterrit et c’est là, notamment, au café INTERNATIONALE, qu’il étonne le public par des mélodies jusque-là inconnues outre Atlantique. Une expérience irlandaise, tout aussi passionnante et plus familière sur le plan musical, succèdera à l’aventure américaine...
De retour à Paris, la tête encore pleine de trésors artistiques, il accompagne deux charmantes chanteuses versant dans le blues chaâbi-saharien, au sein du combo « El Djazira », puis fonde sa première formation, pertinemment nommée « Les Rebeuhs des Bois ». Cela lui permet de tourner dans plusieurs lieux underground de Paris et d’ailleurs. Il navigue alors entre « La guinguette Pirate », le café « La Liberté » ou « Le Lou Pascalou », situés dans des quartiers où l’on brasse autant de styles et de mélanges que de bières.

L’aboutissement de ces premières aventures se matérialise par un premier album « Anef-as Trankil » réalisé dans les conditions du direct, le côté « cheap » étant vite effacé par des compositions à l’image de l’artiste : folk-country kabyle et chaâbi (style typique des faubourgs algérois), mais ouvertes sur la vie et les autres, comme ses frères du continent noir, de la planète reggae ou du delta de Chicago. L’opus est salué par la critique pour son originalité et apprécié par un public autant français que communautaire. Il faut souligner que le fait était majeur pour les Kabyles, lassés par les plats uniformes (musiques soutenues par derbouka et mandole, souvent, à quelques exceptions près, répétitives) qu’on lui servait jusque-là.

« La tradition du poète Kabyle »

La musique est pour lui un mode de vie, un univers de rencontre, de partage et de guérison. Akli D a choisi son havre de paix à Paris, dans un troquet emblématique de Ménilmontant, un des derniers bastions « apaches » de la capitale. Ce café l’un des rares lieux de rencontres spontanées où on organise des « concerts sauvages » autour de guitares, bendirs, et derboukas... Ces « jams » entre musiciens durent souvent toute la nuit. Akli D y retrouve cette atmosphère typique des gnawas de l’Afrique occidentale, peuple Berbère comme lui, le Kabyle.
Manu Chao, quand il est à Paris, baigne aussi dans ces soirées. Très vite, il découvre cet artiste atypique qui pose sa poésie kabyle sur une musique mariant folk, jazz manouche et musique Châabi.
La rencontre humaine devient artistique, Manu va écouter les enregistrements pour le nouveau projet d’album, il sera séduit en une écoute. C’est alors qu’il propose de réaliser l’album d’Akli D...
Manu Chao découvre Akli et en cerne toutes les potentialités... Cette « amitié complicité », entretenue en musique, décidera de la confection, ensemble, de ce nouvel album, plus élaboré, plus travaillé certes, mais sans en perdre une miette question nature, spontanéité et sincérité de l’artiste.
Intitulé « Ma Yela », il matérialise tous les songes artistiques d’Akli et résume parfaitement son parcours.

« Akli D. un artiste engagé ? »

Il répond en tous cas présent pour soutenir des actions telles que l’aide aux orphelins tchétchènes, le combat des sans papiers, la lutte des femmes contre le code de la famille en Algérie et de manière générale toutes les causes qui touchent ce troubadour soucieux des difficultés de son époque (de la grande « marche des Beurs » à laquelle il participe en 1985 alors qu’il est jeune immigré, au combat pour les sans papiers, en passant par les manifestations étudiantes, théâtre de la mort de Malik Oussekine)... son engagement lui inspirera ses chansons (« Tchetchenia », « Malik », «Salam », « Ar Paris »...)
Il présente aujourd’hui un nouvel album riche en métissage, des textes de paix de fraternité et d’amour, après son premier album à l’identité culturelle, il décide de produire un album à l’identité humaine, servi par un univers musical démesuré et envoûtant.

Sunday 02 July 2006 à 19:48
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AKLI D songs SOON wub.gif
Sunday 02 July 2006 à 22:08
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Monday 03 July 2006 à 14:25
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Monday 03 July 2006 à 16:15
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http://www.unesco.org/courier/2000_04/fr/doss13.htm

Idir et la défense du berbère

Le chanteur algérien Idir lutte pour la reconnaissance du berbère dans son pays, aux côtés de l’arabe et du français. Pour être «un Algérien à part entière et non plus entièrement à part».

«Txilek elli yi n taburt a vava invba / ccencen tizebgatin im a yelli ghriba» («Je t’en prie, père Inouba, ouvre-moi la porte/ O fille Ghriba, fais tinter tes bracelets»). Ce refrain de la chanson kabyle «A Vava Inouva» a fait le tour du monde, au début des années 70. Mais seuls les quelque 12 millions de Berbères dispersés dans l’Afrique septentrionale et saharienne ont pu comprendre le sens de ces paroles. Cette chanson est pourtant devenue un «tube» international. Son auteur, le jeune Algérien Hamid Cheriet, a choisi le pseudonyme Idir («Il vivra» en kabyle). «A l’époque des grandes épidémies, on prénommait ainsi les nouveaux-nés pour conjurer le sort. Je l’ai choisi en pensant à ma culture, que je sentais menacée», dit-il.
Essentiellement concentrés dans les montagnes du Maroc et de l’Algérie, les Berbères parlent chaoui, chleuh, kabyle, mzab, rifain, shawiya, tshalhit, touareg, targui, tarifit, autant de dialectes du tamazight, leur langue maternelle, qui n’est reconnue comme nationale qu’au Niger et au Mali. Ailleurs, la berbérité est ignorée, voire bannie.
«On me donne un passeport algérien, mais il me faut une autorisation pour parler ma langue», proteste Idir qui, à l’instar du grand poète martiniquais Aimé Césaire, prête sa voix à «ceux qui n’ont pas de voix». Ecrire en français, la langue du colonisateur, dans laquelle il a fait toutes ses études — du primaire au doctorat en géologie —, ou en arabe, enseigné à l’époque comme seconde langue en Algérie, ne lui est jamais venu à l’esprit. «De toute façon, si je n’étais pas sorti de mon village, je n’aurais pas parlé un mot d’arabe» dit-il, avant d’ajouter: «Le français ou l’arabe me permettraient sans doute de faire passer mon message à un public plus large, mais je ne saurais ni comment m’y prendre, ni quoi dire».
Sa poésie vient naturellement en kabyle, langue des émotions et des premiers contes. Mais c’est aussi un choix: «Chanter en kabyle est en soi un acte de militantisme, une façon d’exprimer ma révolte, de dire que j’existe. Si j’avais fait un autre métier, j’aurais trouvé d’autres moyens pour exprimer les mêmes revendications».

Penser en français, pleurer en kabyle
La chanson est un accident de parcours dans la vie de Hamid Cheriet, né en 1955 à Aït Lahcêne, village reculé de la montagne Djurdjura, en Grande Kabylie. A l’âge de neuf ans, il suit son père à Alger, avec sa mère, sa sœur et ses deux frères. Il y fréquente l’école des missionnaires jésuites. «Etre kabyle passe alors pour une marque de dissidence bouseuse», remarque-t-il. C’est son professeur de sciences naturelles qui lui apprend à «gratouiller la guitare». Le futur géologue se met à composer dès l’âge de 16 ans et sympathise avec des chanteurs kabyles. En 1973, il est appelé à remplacer in extremis la célèbre chanteuse Nouara, empêchée d’interpréter en direct sur la radio kabyle d’Alger la berceuse qu’il a composée pour elle.
Le succès est immédiat. En 1975, il va à Paris pour signer un contrat avec Pathé-Marconi et il y reste. Depuis, l’enfant des Aurès ne cesse de défendre la culture berbère, prolongeant ainsi un mouvement lancé à partir des années 40 par de grands écrivains algériens tels que Jean Amrouche, Mouloud Mammeri, Mouloud Feraoun, Kateb Yacine. Pour ces pionniers, la défense de la langue berbère devait passer par le français, s’ils voulaient se faire entendre. Amrouche confiait: «Je pense et j’écris en français, mais je pleure en kabyle». Aujourd’hui, Idir peut aller plus loin.
Il revendique trois langues pour l’Algérie: l’arabe, le berbère et le français. «Je souhaiterais que l’Algérie tienne compte de ceux qu’elle a vu vivre sur sa terre, de ceux qui l’aiment et qui veulent la construire quelles que soient leurs origines, leur langue ou leur religion. L’islam n’a pas à être une religion d’Etat. La religion, c’est pour les croyants et non pour les gouvernements. L’arabe n’a pas à avoir un statut privilégié, sous prétexte qu’il est la langue sacrée du Coran. A plus forte raison l’arabe classique, langue aseptisée que le peuple ne comprend pas. Aucune langue n’est plus légitime qu’une autre, même si le berbère est chronologiquement la plus ancienne. Le hasard de l’histoire a installé ces trois langues sur cette terre. Elles doivent y rester».

Option facultative
Mais pour le moment, l’unique média en berbère sur le territoire algérien reste la radio kabyle mise en ondes en 1948, «la seule qui soit soumise à une commission de censure». Héritage français: «le berbère permet de gagner des points au baccalauréat, comme option facultative». Mais l’apprentissage de cette langue ne figure pas au programme de l’éducation nationale. Depuis son élection en avril 1999, le président Abdelaziz Bouteflika a, à son tour, écarté l’éventualité de reconnaître officiellement le berbère, si ce n’est à l’issue d’un référendum. Les Kabyles sont réticents à cette idée, qu’Idir considère comme «très dangereuse». «Si ce référendum a lieu, le résultat sera sans doute négatif, estime-t-il. Et si le peuple dit non à une partie de lui-même, cela signifierait que nous n’avons rien à faire ensemble. Or, à aucun moment de l’histoire, les Berbères n’ont souhaité l’indépendance, à l’exception de quelques illuminés.» Leur principale revendication est la reconnaissance de leur identité au sein de leur patrie. «En tant que Kabyle, je voudrais être un Algérien à part entière et non entièrement à part, comme c’est le cas aujourd’hui.»
Minoritaire en Algérie, comme en France, Idir opte pour le partage. Le titre de son dernier album, sorti chez Sony à la fin de 1999 (déjà disque d’or, soit 250 000 exemplaires vendus) n’est pas anodin: Identités, au pluriel. Il y chante avec, entre autres, l’Irlandaise Karen Matheson, l’Ougandais Geoffrey Oryema, les Bretons Gilles Servat et Dan Ar Braz, le Franco-Galicien Manu Chao, les groupes Gnawa diffusion et Zebda, d’origine berbère, arabe et française. Autant de représentants de cultures marginalisées, qui lui ont permis de montrer que sa culture «aussi minoritaire soit-elle, peut s’inscrire dans l’universel».


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