mardi 07 juin 2005 à 14:45
A propos de triche, le dopage n'est pas non plus un phénomène récent :
Le recours à des techniques ou substances visant à augmenter artificiellement puissance, qualité ou rendement de l’athlète a toujours existé. Sans s’attarder sur l’usage fait du
pavot durant l’ère néolithique, il est bon de se souvenir que
l’opium était très prisé par les Egyptiens et les Latins, mais également par les Grecs. Ceux-là, pendant les Jeux, vouaient, de surcroît, une affection particulière à la
viande de bœuf qui, le pensaient-ils, décuplaient leurs forces.
Et pendant ce temps, voire même plus tard, dans d’autres parties du monde, les racines de
ginseng, les feuilles de
coca ou le
chanvre étaient très prisés.
Toutefois, le dopage, tel qu’il est considéré aujourd’hui, apparaît réellement dans le courant du 19.e siècle. Les progrès de la médecine et la naissance du sport moderne le génèrent, en quelque sorte. Ainsi,
l’héroïne et la
morphine sont, en tout premier lieu, utilisées. La première circule particulièrement dans les milieux hippiques. La seconde est très en vogue dans l’univers de la boxe et dans les sports dits d’endurance. Elle est mise en cause, en tout cas, dans la mort d’Arthur Lindon. Ce Gallois, coureur cycliste, décédé quelques mois après Bordeaux-Paris en 1896, serait, du coup, la première victime recensée du dopage.
Au début de ce siècle, les choses s’affolent. Il est question, alors, de
strychnine, d’
éphédrine, voire de
stéroïdes. L’entourage de Thomas Hicks a clairement recours à la première, mêlée à l’alcool et à la cocaïne, pour porter cet athlète vers la victoire dans le marathon des Jeux olympiques de 1904 à Londres. La deuxième préfigure tout simplement ce que seront les amphétamines. Mises au point au début des années 30, elles ont pénétré l’univers sportif au moment des Jeux olympiques de Berlin en 1936. Couramment utilisées sur les champs de bataille durant la deuxième guerre mondiale, elles suscitent une véritable ferveur dans les années qui suivent. Leur usage est d’autant plus banal qu’elles sont, la plupart du temps, en vente libre.
Quelque temps plus tard, cependant, elles apparaissent comme responsables de trois décès au moins. Il s’agit de deux cyclistes : le Danois Knut Enemark Jensen dans l’épreuve des 100 kilomètres contre la montre des Jeux olympiques de Rome en 1960 et l’Anglais Tom Simpson au Tour de France en 1967. Il est question aussi d’un footballeur français, Jean-Louis Quadri, mort en 1968.
Le dopage
hormonal, enfin, découle des travaux réalisés en 1889, déjà, par un physiologiste français, Edouard Brown-Séquard, et en 1935 par Ernest Laqueur, lequel isole l’hormone mâle, la
testostérone. Quatre ans plus tard, les footballeurs de Wolverhampton, en Angleterre, s’y essayent. Ce n’est pourtant que dans les années 50 que les
anabolisants pénètrent vraiment dans l’univers sportif, dans le milieu de l’haltérophilie et de l’athlétisme, en tout premier lieu. Mais ils se répandent vite. Le joueur de tennis espagnol Andres Gimeno a avoué y avoir eu recours en 1959.
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